C'est désormais une tradition : les vacances de Noël sont l'occasion pour moi de regarder avec un plaisir coupable des comédies parmi les plus mauvaises que le cinéma français a à offrir. Il y a deux ans, je me suis régalé de la saga Taxi, l'année dernière Les Chevaliers du Fiel m'ont rassasié avec Les Municipaux et sa suite, le bien nommé Les Municipaux, trop c'est trop !. Cette année, je me suis plongé à corps perdu dans une pentalogie d'exception, adaptée d'une bande-dessinée franco-belge déjà pas folichonne : Ducobu. Plongez-moi avec moi dans une rétrospective des aventures sur grand écran du seul cancre aux rayures jaunes et noires.
Ducobu, c'est quoi ?
Ducobu, c'est une bande dessinée belge de Zidrou au scénario et Godi au dessin. Ducobu est un élève de primaire, flemmard de première, qui déploie de nombreuses façons plus ou moins créatives de tricher sur sa voisine, Léonie Gratin. Il échoue la plupart du temps et termine invariablement au coin, bonnet d'âne sur la tête, la punition favorite de l'institeur Gustave Latouche. Il en profite pour discuter avec son copain, Néness, le squelette de la classe utilisé pour les cours d'anatomie.
J'ai personnellement découvert Ducobu, comme beaucoup d'autres, dans Le Journal de Mickey. Les albums ont plutôt cartonné (150 000 ventes par album), même si l'humour potache réserve plutôt cette BD à un public jeune. Toujours est-il qu'en 2011, après pas moins de 17 tomes, sort la première adaptation au cinéma de Ducobu.
L'Élève Ducobu (2011)
L'Élève Ducobu est né sous les pires auspices possibles. Déjà, il est réalisé par Philippe de Chauveron, qui réalisera par la suite Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu et les suivants, ainsi que l'ignoble À bras ouverts. Il est assisté au scénario par son frère, Marc de Chauveron, qui avait déjà officié sur le médiocre Neuilly sa mère !. Ducobu et Léonie, les personnages principaux, sont incarnés à l'écran par Vincent Claude 1 (12 ans) et Juliette Chappey 2 (10 ans). C'est un pari osé, car si les enfants sont attachants, ils ne jouent malheureusement pas très bien. Le trio de tête est complété par Élie Semoun en professeur Latouche, un choix casse-gueule et au final plutôt foireux. Viennent compléter le tableau: Joséphine de Meaux en Ghislaine Rateau (la prof de musique), Bruno Podalydès en père de Ducobu et Helena Noguerra en mère de Léonie.
Le film raconte donc l'histoire de l'arrivée de Ducobu à l'école Saint-Potache. Après s'être fait viré de son école, il déménage avec son père et atterrit dans la classe de Monsieur Latouche. Sommé par son père d'avoir de bonnes notes, Ducobu bricole de nouvelles tricheries : sonotone/oreillette, flûte électronique, fausse dispense de sport, etc. C'est avant tout un film à sketchs, pas particulièrement drôles (même pour des enfants). Tandis que Latouche finit par se douter de quelque chose, la classe passe en séjour à la campagne, prétexte pour mettre en scène la romance entre Latouche et Rateau. Les élèves se perdent en forêt mais sont sauvés par la débrouillardise de Ducobu, qui reçoit les félicitations de l'école.
Bref, une comédie potache mâtinée d'un soupçon d'aventures. Sauf que rien ne fonctionne. Je l'ai déjà dit, les enfants ne jouent pas particulièrement bien, mais le problème vient avant tout des adultes et de leur sur-représentation dans le film. Gustave Latouche, dans la BD, est un prof exigeant, sévère, mais qui cache aussi une certaine mélancolie, proche parfois du burnout, et qui porte en lui un vrai idéal de « l'éducation », qui fait de lui un antagoniste certes, mais équilibré. La version de Semoun est un instituteur braillard, qui hurle en permanence d'une voix aigrelette et jubile à l'idée de punir Ducobu. Le résultat est plus proche des personnages des sketchs d'Élie Semoun que de la bande-dessinée, et c'est bien dommage car on y perd. En rendant Latouche aussi pénible, en décuplant son côté loser en amour qui vit chez sa mère, on a plus l'impression de voir un resucée de duel entre Bart Simpson et Seymour Skinner. C'est d'autant plus frustrant que le casting inclut François Levantal et Edgar Givry, qui auraient tous les deux fait d'excellents Latouche. Semoun pousse même le vice à se grimer en vieille dame pour jouer la mère de Latouche, un ajout que personne n'avait demandé et je n'ai toujours pas compris si la référence à Psychose était volontaire ou non. Par ailleurs, autre addition inutile, la romance de Latouche avec la prof de musique n'a absolument aucun intérêt, à part accentuer ce côté « quarante ans toujours puceau » qui ne fait rire personne, sauf peut-être les scénaristes. Le summum du gag visuel est semble-t-il le fait que Ghislaine souffre d'un fort strabisme lorsqu'elle enlève ses lunettes, arrachant d'un cri d'effroi à Semoun à chaque fois. Voilà, voilà. Il faut ajouter à ça le père de Ducobu, dont la caractérisation passe de père solo mais prévenant et à l'écoute à père râleur et agacé, ce qui va empirer dans les opus suivants. La mère de Léonie est là principalement pour lui servir d'objet de désir, permettant aux dialogues de caler des sous-entendus sexuels navrants.
Qu'y a-t-il à sauver dans ce premier volet ? Pas grand chose. Les décors sont plutôt bons. Les extérieurs sont complètement factices mais le rendu n'est pas déplaisant. Il y a quelques effets visuels sympathiques rappelant la BD, en particulier la maison des Gratin et sa débauche de panneaux de signalisation (normale, pour une monitrice d'auto-école). L'école Saint-Potache en elle-même est plutôt bien reproduite, avec une esthétique mi-moderne mi-années 60 qui me semble bien coller avec la BD. La musique est passable et la réalisation, sans être d'une grande inventivité, n'est pas honteuse non plus. Ce n'est pas le pire film que j'ai jamais vu mais c'est un film assez pauvre. L'histoire est simplette, les gags tombent à plat, l'humour de la BD n'est même pas bien retranscrit et seul l'aspect visuel rattrape un peu l'ensemble. C'est un 3/10 amplement mérité.
Et, pour information, la première blague de pet arrive après 5 minutes et 28 secondes de film.
Les Vacances de Ducobu (2012)
Apparemment, le premier volet a bien marché (1,5 million d'entrées) et il est rentré dans ses frais, malgré un budget de 10 millions d'euros 3. L'année suivante, rebelote donc, avec la même équipe aux manettes et les frères de Chauveron à la réalisation et au scénario. Comme les enfants ont la fâcheuse tendance à grandir, c'est désormais le petit François Viette qui incarne Ducobu, tandis que Juliette Chappey a la chance de garder son rôle pour le film. Le changement est d'autant plus visible que François fait une tête de moins que son prédecesseur, ce qui crève les yeux dès le premier plan où on le voit juste à côté de Léonie. Autre changement côté Ducobu, exit Bruno Podalydès, c'est désormais Pierre-François Martin-Laval (dit Pef) qui incarne le papa, apportant avec lui toute la lourdeur dont il est capable.
Comme visiblement les scénaristes avaient épuisé toutes leurs idées de blagues concernant l'école dans le premier volet 4, ce volet nous emmène à la plage. Ducobu père/fils et Gratin mère/fille partent ensemble dans un camping. Malheureusement, c'est sans compter sur le couple Latouche/Rateau qui par hasard passe ses vacances au même endroit ! Coïncidence supplémentaire, le Club Mickey du camping est animé par Esteban (Bruno Salomone), un ancien amour d'enfance de mademoiselle Rateau. De quoi rendre Latouche fou de jalousie. Ah oui, et pendant ce temps, Ducobu entend parler d'un trésor perdu sur une île au large, qui serait hantée par le Pours, un monstre mi-porc mi-ours.
On va passer rapidement sur ce second volet, Les Vacances de Ducobu accumule les mêmes défauts que le premier film et les empire. Pef passe son temps à mater le cul d'Helena Noguerra, les gags racistes et les accents éclatés au sol font leur apparition, Élie Semoun est en roue libre, bref, plus personne n'essaie de faire semblant qu'il s'agit à la base d'une comédie écolière. La moitié du film tourne autour de la compétition entre Latouche et Esteban, qui n'a aucun intérêt dans un film Ducobu. Le pauvre est relégué car quelques triches inintéressantes lors des olympiades du club Mickey (en gros, il triche au tir à l'arc, super). L'autre moitié est un film d'aventure médiocre, où Ducobu embarque Léonie, puis Latouche et Rateau dans une excursion sur l'île, où il finit par dénicher le trésor et démasquer le Pours (c'est Esteban dans un costume). En parallèle de toutes ces histoires, la mère de Léonie et le père de Ducobu sont très inquiet et tombent amoureux.
Restent une poignée de gags visuels (les pulls de Ducobu accrochés au fil à linge, c'est drôle) et une musique peu inspirée qui va allègrement pomper sur Camping et Les Bronzés pour se donner un air estival. Si la réalisation n'est pas indécente, le montage m'a semblé cruellement manquer de rythme, notamment lors des gags qui durent beaucoup trop longtemps. Le film m'a semblé long alors qu'il ne dure qu'1h30. Cette suite est nettement en-deçà de l'original, ce qui s'est ressenti avec seulement un million d'entrées tout juste, pour un budget équivalent. 2/10 et c'est bien payé.
Ducobu 3 (2020)
Il a fallu 8 ans pour qu'un troisième volet sorte, probablement le temps de convaincre la production de remettre le couvert. Une petite lueur d'espoir pointe son nez : exit Philippe de Chauveron, c'est désormais Élie Semoun qui s'occupe lui-même de la réalisation. Malheureusement, il s'adjoint encore les services de Marc de Chauveron au scénario, doublé de son collaborateur récurrent Guy Laurent 5. Puisque les années ont passé, le casting change massivement. Joséphine de Meaux est trop occupée par le théâtre, ce sera désormais Émilie Caen qui campera mademoiselle Rateau. Les parents sont remplacés respectivement par Loïc Legendre pour Hervé Ducobu et Frédérique Bel pour Adeline Gratin. Et bien entendu, les enfants ont changé, il s'agit cette fois de Mathys Gros pour Ducobu et Leeloo Eyme pour Léonie. On peut remarquer que le casting fait la belle part aux comédien⋅nes de la saga Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, ce qui suffit à éteindre la toute maigre étincelle d'espoir que j'évoquais.
Alors Ducobu 3 (puisque visiblement la cohérence des titres n'a aucune importance), de quoi ça parle ? C'est la rentrée des classes et deux élèves viennent perturber le fragile écosystème de Saint-Potache. D'une part, Théo-Georges Vincent (dit TGV, haha, c'est drôle), vient challenger Ducobu en apportant avec lui la triche high-tech (il a des lunettes connectées). D'autre part, Willie Blancheberry, beau gosse britannique, débarque et séduit Léonie, ce qui agace encore plus Ducobu. On a le droit de se régaler de quelques sketchs hilarants, j'espère que vous avez envie d'une bonne rasade de Latouche parce que vous allez encore plus le voir dans ce troisième volet. De là à croire que Semoun s'est arrogé la réalisation d'un vanity project, il n'y a qu'un pas, que je vous laisse franchir. Bon, on ne va pas épiloguer, le cœur du film est que Saint-Potache a besoin d'argent. Pour sauver l'école, mademoiselle Rateau fait candidater Willie à un télé-crochet pour enfants. Ducobu le sabote et il doit déclarer forfait. Mais si l'école ferme, pas de triche ! Alors Ducobu demande l'aide de Monsieur Kitrich (Gérard Jugnot), qui tient la boutique de triche. Il embarque avec lui TGV pour concourir avec un micro truqué qui lui fait chanter à la perfection. Il chante Bella de Maître Gims 6, gagne, mais finalement sa tricherie est dévoilée. Mais rebondissement, le présentateur de l'émission est touché quand Ducobu explique qu'il a triché pour sauver son école, et fait don de son salaire à Saint-Potache. Voilà. Ah oui, et en parallèle, Adeline et Hervé se mettent en couple. Mais Léonie fait croire à sa mère qu'Hervé n'aime que les fashionistas « genre Lady Gaga ou Kardashian » et Ducobu fait croire à son père qu'Adeline aime « les rappeurs musclés ». Du coup, quiproquo, déguisements rigolos, c'est malaisant à souhait et parfaitement inadapté dans un film Ducobu.
Il n'y a pas grand chose pour sauver ce film. Je pense qu'il part d'une bonne intention et Semoun semble vraiment attaché à son rôle. Les enfants ont l'air de s'éclater, Semoun paraît bien se marrer mais rien n'est drôle. Les scénaristes partent sur des histoires sans rapport avec Ducobu et multiplient les références à l'actualité qui ont déjà vieilli alors que le film n'a que cinq ans 7. Alors oui, c'est sympa d'avoir remis Juliette Chappey, la Léonie des premiers films, dans un petit rôle d'assistante de production du télé-crochet. Oui, Gérard Jugnot est une chouette addition au casting. Mais tout le reste s'effondre. Les délires visuels ont complètement disparu, laissant une image lisse et plate, qui ressemble à n'importe quelle autre comédie française. Semoun se met en scène à tout bout de champ dans des scènes superflues, allant même jusqu'à s'inventer un troisième personnage. Mon gars, si ça te manque de jouer des pleins de personnages rigolos dans des sketchs, fais des sketchs !
3/10 principalement parce que le film est un peu moins beauf que le précédent.
Ducobu Président ! (2022)
Sans faire un carton absolu, Ducobu 3 a bien marché, avec 1,5 million d'entrées pour 9 millions d'euros de budget. Naturellement, une suite est mise dans les tuyaux. C'est la même équipe et donc le résultat du même tonneau. Ce sont désormais les jeunes Gabin Tomasino et Adèle Barazzuol qui incarnent Ducobu et Léonie, pour le reste, on en change pas une équipe qui gagne (ha, ha, ha). Et au cas où vous manquiez d'acteur issue des pires comédies françaises des vingt dernières années, on ajoute Ary Abittan au casting, pour le fun. Puis vous savez quoi ? On va lui demander de faire un accent allemand. Parce que C'EST MARRANT.
Ducobu Président ! est une véritable purge. Pourtant, sur le papier, c'est le scénario le plus compatible avec la BD. La famille Ducobu vit maintenant avec la famille Gratin. Flartf 8 (Ary Abittan) est un consultant allemand envoyé par le ministère pour promouvoir une éducation auto-organisée. Le directeur de l'école annonce donc des élections à Saint-Potache. Le ou la présidente décidera de l'organisation des cours, des récréations et tout le bazar. Candidatent donc Léonie et Ducobu, avec deux visions opposées pour l'école. Sauf que non. Ce qui aurait pu être un duel au sommet, avec une parodie facile mais sympathique des campagnes politiques, est remisé au placard. Oh, on voit brièvement Ducobu en Donald Trump, l'espace de quoi, quinze secondes ? Finalement Ducobu triche et gagne les élections. Il instaure une fête foraine permanente à la place de l'école, ce que le directeur laisse faire parce que c'est la démocratie, encouragé par Flartf. Latouche organise avec Léonie une résistance clandestine et continue à donner cours dans les sous-sols de l'école. Ça pourrait être une bonne idée si ça ne durait pas dix minutes montre en main. Parce qu'en réalité, tout ceci n'est qu'un complot de Flartf qui veut détruire l'école pour se venger de Latouche ! Car en réalité, il s'appelle Jean André Crottin, et quand il avait 10 ans, c'était de la voisin de classe de Latouche, et il l'a dénoncé alors qu'il copiait sur lui à un contrôle. Voilà. C'est symptomatique des Ducobu réalisés par Élie Semoun : il ramène tout à lui. Ah oui, et dans cet épisode, Ducobu une fan, Denise, qui est amoureuse de lui et qui rend Léonie jalouse.
Ce quatrième volet est pénible à regarder. Le personnage d'Ary Abittan est insupportable, le film n'est ni drôle, ni divertissant. On accumule les clichés racistes, les vannes sur les végétariens, les blagues misogynes et les blagues de pet. Un des candidats à la présidence est un enfant du nom de Benoît Petitpet, et c'est un descendant du préfet Poubelle. C'est marrant ? Non ? Bah non. Pour vous dire, la résolution finale est un maxi-coussin péteur que Ducobu utilise pour communiquer en morse. Et le film parvient à réussir le tour de force de rendre ce gag pas drôle.
À ce stade, il n'y a plus rien à sauver. Le caméo de Franck Dubosc ne me fait ressentir aucune émotion. Je suis vide. La seule qualité du film est de reconnaître l'existence de Néness le squelette, un des personnages secondaires les plus importants de la BD et qui n'avait jusque là pas eu une seule réplique (il en a deux dans ce film). 2/10 et ôtez-moi ce cancre de ma vue.
Ducobu passe au vert ! (2024)
Bon, malheureusement, le film a aussi bien marché que ses précédesseurs, donc j'ai dû me farcir le dernier. Ducobu passe au vert est sorti en 2024, c'est toujours la même équipe, c'est le même casting, on va se poiler, je le sens, cette fois-ci c'est la bonne. Ah, et Damien Pauwels est Ducobu, tandis que Louise Riguidel Huon est Léonie. Allez, on y va, je sens que ça va être bien.
Le scénario ne fait pas rêver. Une nouvelle prof de gym rejoint Saint-Potache, Fiona (Caroline Anglade), qui est très intéressée par Latouche, sucitant la jalousie de mademoiselle Rateau, avec qui il est fiancé. Oui, encore une romance mais pour une fois, elle restera reléguée à l'arrière-plan. L'intrigue principale se concentre sur Ducobu, qui découvre l'écologie lorsque Léonie lui parle de son idole : la militante Rita Greenberg. Il décide donc de prendre lui aussi une année sabatique, prétextant que quitter l'école est le meilleur moyen de protéger la planète. Il milite contre écrire sur des arbres morts, organise une sortie « nettoyage de plage » et tourne une vidéo avec Macadam et Débilo (urgh) pour parler écologie. Bien sûr, le cancre en profite pour glander, au grand dam de Léonie. En parallèle, Latouche assiste à une réunion de climatosceptiques, organisée par Patrick Moisi, un promoteur immobilier véreux. Celui-ci veut « éliminer » Ducobu, dont la propagande écolo met en difficulté son plan pour raser le parc jouxtant Saint-Potache. Latouche réalise qu'il est allé trop loin et se fait kidnapper, forceant Rateau à partir sa recherche. De son côté, Ducobu se découvre une vraie vocation lorsque son parc préféré est menacé. Avec Léonie et monsieur Kitrich, les élèves se lancent dans une lutte contre les pelleteuses et parviennent à déjouer les plans de Moisi.
C'est le plus supportable des cinq films. Même si les références à l'actualité (Mbappé, Greta Thunberg, la « parodie » de McFly et Carlito) m'ont tiré des soupirs las, le message vaguement écolo consensuel me semble adapté à une comédie pour enfants de ce calibre. Le couple Latouche/Rateau reste encore trop présent, mais est contre-balancé par le renforcement de la présence de Kitrish en vieux sage et Kaskou, un élève qui a quelques gags pas si mauvais. La présence de Fiona est très superflue mais dans l'ensemble le film se tient. En revanche, visuellement c'est d'une terrible banalité. Même si la cohérence n'a jamais été le fort de la saga (le magasin de Kitrish, la maison de Ducobu et l'école Saint-Potache changent d'apparence à chaque film), quel dommage d'aller vers des décors aussi fades. Dans l'ensemble, Ducobu passe au vert demeure un film d'aventure un peu concon mais qui échappe aux pires travers de ses prédécesseurs. Même si le premier gag de pet arrive à 10:20. C'est un 4/10, en progrès à confirmer.
Conclusion
Pour terminer, que dire ? Les adaptations au cinéma de BD franco-belges n'ont pas bonne réputation et ce ne sont pas les cinq films Ducobu qui viennent relever le niveau. Ce qui est incompréhensible, c'est que les films ne s'inspirent de l'univers que d'une façon superficielle. Les gags de triche, qui font le sel de la BD, n'ont aucun intérêt une fois à l'écran, faute de créativité aussi bien du scénario que du montage. Neness, pourtant un sidekick bourré de potentiel, est absent de tous les films. Le père de Ducobu, un père aimant et soutenant dans la bande-dessinée, est remplacé par un père banal, à qui on refourge une romance amoureuse histoire de lui donner des choses à faire. Et j'ai déjà parlé en long et en large et en travers du sort réservé à Latouche, qui passe d'antagoniste torturé au rang de bouffon ridicule.
Ce qui est terrible c'est que les films fonctionnent et passent systématiquement le million d'entrées. Il y a d'ores et déjà un sixième opus annoncé pour 2026. C'est visiblement un projet passion pour Élie Semoun. Mon seul souhait serait qu'il s'entoure de meilleurs scénaristes, pour enfin donner à ces films la caractère comique qu'ils méritent. Et si c'est encore un de Chauveron, ce sera sans moi.
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qui jouait Alceste dans le film Le Petit Nicolas et qui ne semble pas avoir eu une grande carrière par la suite. Sa page Wikipédia indique qu'il est devenu pâtissier. ↩
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qui a eu un petit rôle à la télé et semble avoir surtout fait de la figuration par la suite, à l'exception d'un rôle mineur dans Ducobu 3, on y reviendra. ↩
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j'imagine que le cachet de Semoun a bien contribué à faire gonfler la note. ↩
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rappelons que le dernier tiers se passait en classe verte, signe qu'ils avaient déjà dû trouver des subterfuges pour parler d'autre chose que Saint-Potache. ↩
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Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?, La Beuze, À bras ouverts, All Inclusive, non franchement c'est gentil il fallait pas. ↩
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notamment un caméo de Norman, ça met assez mal à l'aise de le voir près d'une école, même fictionnelle. ↩
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parce qu'il est allemand et son nom est imprononçable C'EST DRÔLE OK. ↩