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<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"><title>Altay - Mi-nerd, mie de pain</title><link href="https://blog.altay.fr/" rel="alternate"></link><link href="https://blog.altay.fr/feeds/all.atom.xml" rel="self"></link><id>https://blog.altay.fr/</id><updated>2026-03-15T00:00:00+01:00</updated><entry><title>J'aime bien Paris</title><link href="https://blog.altay.fr/j-aime-bien-paris.html" rel="alternate"></link><published>2026-03-15T00:00:00+01:00</published><updated>2026-03-15T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2026-03-15:/j-aime-bien-paris.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;J'aime vivre à Paris. Ce n'est pas une affirmation que j'aurais imaginé prononcer ne serait-ce qu'il y a cinq ans. À part quelques mois par-ci par-là, j'ai vécu toute ma vie en Île-de-France. Mes années formatrices se sont déroulées au fin fond du 91 et aller à Paris était une …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;J'aime vivre à Paris. Ce n'est pas une affirmation que j'aurais imaginé prononcer ne serait-ce qu'il y a cinq ans. À part quelques mois par-ci par-là, j'ai vécu toute ma vie en Île-de-France. Mes années formatrices se sont déroulées au fin fond du 91 et aller à Paris était une petite aventure en soi : en voiture avec mes parents, ou bien en RER quand j'étais ado. Venant d'un petit village d'Essonne, la capitale ne m'attirait pas particulièrement, exception faite des conventions dont je rafolais malgré ma timidité (Japan Expo, Paris Games Week, Paris Manga).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai d'abord vécu trois ans à Paris en classe prépa et je ne peux pas dire que j'en ai profité. J'allais au lycée à pied, je prenais le métro deux ou trois fois par mois pour des sorties occasionnelles (à l'époque j'aimais bien traîner au Virgin Megastore des Champs-Élysées). Le seul bénéfice que je voyais à Paris était la présence d'une librairie juste en face du lycée, ce qui m'a permis de me ruiner en bouquins de SF. Mais pour moi, Paris restait simplement une ville chère dont je ne voyais qu'une partie minuscule. Comme je rentrais le plus souvent chez mes parents le week-end, il n'y a guère que les jours fériés qui permettaient de casser la routine pour de rares sorties musées ou ciné.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis j'ai vécu sur le plateau de Saclay pendant plusieurs années, pendant mon école d'ingénieur d'abord puis ensuite parce que j'y travaillais. Passer le permis et avoir une voiture m'a permis de gagner en autonomie et de casser l'isolement provoqué par le manque de transports en commun. Aller jusqu'au RER B à pied était une expédition d'une bonne demi-heure, ou alors nécessitait de tourner des plombes pour se garer en y allant en voiture. Autant dire qu'on sortait peu sur Paris, et qu'on revenait tôt pour éviter de louper le dernier train. Bref, pour moi, Paris était une ville dont je ne saisissais pas l'intérêt puisqu'elle était proche, chère, mais paradoxalement aussi inaccessible. Et puis j'ai trouvé un boulot en plein centre de la capitale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors j'ai déménagé une première fois en proche banlieue dans le 92, dans un coin huppé de la « petite couronne », comme on dit. L'accès au métro a changé ma vie. Déjà parce que je travaillais, comme je l'ai dit, dans Paris. En abandonnant le RER, mon temps de trajet s'est retrouvé divisé par deux. Je pouvais sortir tard dans Paris, et surtout sortir le week-end sans flinguer une journée entière. C'est à ce moment que j'ai commencé à réellement profiter de la ville : cinéma, musées, commerces, expos, bars, restos. Et puis les escape games bien sûr, et les après-midi entre potes facilitées par l'accès aux transports. À l'époque (2019), je restais convaincu que j'allais déménager dans une grande ville de province dans les dix prochaines années. Premièrement, parce que les loyers parisiens sont démesurés. Deuxièmement, parce que je n'avais la sensation de tant profiter de Paris, même en étant plus proche. En habitant en terminus d'une ligne de métro, le moindre incident rend compliqué les trajets retour. Et le réseau en étoile créait régulièrement une frustration: aller à Paris centre me prenait ~25 minutes, mais aller n'importe où ailleurs dépassait rapidement 45 minutes, voire une heure pour les arrondissements du nord. Troisièmement, je n'aimais tout simplement pas la ville, que je trouvais un peu moche, désuette et trop fréquentée. À l'inverse, des capitales régionales comme Rennes, Nantes ou même Lyon me semblaient à taille plus humaine, moins chères, sans pour autant sacrifier les transports en commun ni les activités.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis j'ai déménagé une seconde fois dans un autre coin de la banlieue, cette fois-ci bien plus populaire dans le 94. Étrangement, alors même que le cadre était moins agréable et que la desserte des transports en commun moins bonne &lt;sup id="fnref:metro"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:metro"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, j'ai commencé à me faire à l'idée de rester à Paris. À force de multiplier les sorties et de découvrir les bonnes adresses, j'ai fini par identifier les quartiers que j'appréciais. En gros, je suis devenu un parisien, capable de différencier le Marais de la Butte aux Cailles et du quartier latin. Marcher dans les rues, surtout l'été quand elles sont désertes &lt;sup id="fnref:touristes"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:touristes"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; était devenu une expérience agréable. Inversement, à force de voyager dans les autres villes, l'effet « vacances » a fini par s'estomper et je me suis mis à reconnaître dans Nantes, Rennes et les autres, les mêmes travers qu'à Paris, inhérents aux grandes métropoles. J'ai vu les nouveaux métro inaugurés pour les JO, réduisant la durée de mes trajets quotidiens et me permettant encore plus de profiter de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis ma boboisation s'est achevée l'année dernière quand j'ai déménagé dans Paris intra-muros. C'est une position privilégiée (j'ai changé de job et mon salaire a augmenté, me permettant de louer un appartement dans la capitale, j'ai bien conscience que tout le monde ne peut pas se le permettre). Mais qu'est-ce que c'est confortable ! Je suis dans un quartier sympa (le 12e arrondissement), je mets rarement plus de 30 minutes à me rendre quelque part, j'ai cinq lignes métros différentes accessibles à moins de dix minutes de marche. Mon bureau de poste est à 300 mètres, il y a une librairie, un cinéma et une vingtaine de restaurants dans ma rue, sans parler des pharmacies et des supermarchés. Quand je rentre chez moi, je suis content, content de mon appartement qui est joli et calme, content d'avoir tout ce dont je peux pas avoir besoin à portée de marche, content de savoir que je peux voir mes potes sans avoir besoin de monter une expédition, content de pouvoir aller au ciné et au musée sur un coup de tête, comme ça, après le boulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ça va bientôt faire un an que je vis de nouveau dans Paris. Mon expérience est très différente que celle que j'ai vécu il y a quinze ans. Le contexte est différent aussi. Mais pour la première fois, je commence à ressentir de l'attachement à cette ville. Aujourd'hui, j'ai voté à Paris pour les municipales, et je l'ai fait de bon cœur, parce que pour une fois, je me suis senti concerné. Je ne pense pas que je quitterai Paris durant cette décennie. Et j'espère que cette ville continuera à me rendre heureux comme elle l'a fait ces dix derniers mois.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;la ligne 7 sud est bien pire que la ligne 13 sud et je défie quiconque de prétendre le contraire.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:metro" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;li id="fn:touristes"&gt;
&lt;p&gt;hors des axes touristiques, qu'on s'entende bien.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:touristes" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Ma vie"></category><category term="meta"></category><category term="paris"></category><category term="irl"></category></entry><entry><title>Critique de film - Papamobile</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-papamobile.html" rel="alternate"></link><published>2026-01-18T00:00:00+01:00</published><updated>2026-01-18T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2026-01-18:/critique-papamobile.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Poussé par une curiosité détraquée, j'ai vu le désormais célèbre &lt;strong&gt;Papamobile&lt;/strong&gt; (2025), comédie de Sylvain Estibal dans laquelle le sosie du pape (Kad Merad) est enlevé par la patronne d'un cartel mexicain (Myriam Tekaïa). Sur le papier, le film semble doté d'une bonne génétique : Estibal a été journaliste spécialiste du …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Poussé par une curiosité détraquée, j'ai vu le désormais célèbre &lt;strong&gt;Papamobile&lt;/strong&gt; (2025), comédie de Sylvain Estibal dans laquelle le sosie du pape (Kad Merad) est enlevé par la patronne d'un cartel mexicain (Myriam Tekaïa). Sur le papier, le film semble doté d'une bonne génétique : Estibal a été journaliste spécialiste du Mexique, son premier film (&lt;em&gt;Le Cochon de Gaza&lt;/em&gt;) a décroché le César du premier film en 2012 et la présence de Kad Merad dans le rôle principal est plutôt prometteuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, la réalité en a voulu autrement, preuve que le génotype n'est pas le phénotype. Le film s'est fait descendre par la critique (à raison, on y reviendra), le producteur (Jean Bréhat) avouant au Canard Enchaîné qu'il considérait le film « raté ». Pour vous dire, The Jokers a même refusé de le distribuer au cinéma au-delà d'une sortie technique, initialement prévue dans sept salles et aucune à Paris &lt;sup id="fnref:0"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:0"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Le &lt;em&gt;bad buzz&lt;/em&gt; ayant eu son petit effet dans la presse, &lt;strong&gt;Papamobile&lt;/strong&gt; a finalement obtenu une sortie confidentielle dans une trentaine de salles pour moins de 500 entrées, d'après les derniers chiffres que j'ai pu trouver. En dépit du tollé critique et commercial, Kad Merad a pas mal défendu le film dans les médias, allant jusqu'à affirmer chez &lt;a href="https://www.ozap.com/actu/jai-pris-ce-risque-et-je-suis-content-de-lavoir-pris-kad-merad-revient-sur-la-polemique-entourant-papamobile-son-dernier-film-sorti-dans-7-cinemas-en-france/651657"&gt;Puremédias&lt;/a&gt; : « &lt;em&gt;Dès le départ, le film était très particulier, très insolite, très curieux, très atypique. [...] Le film est ce qu'il est, moi je l'aime, je le trouve intéressant et insolite. Comme l'a dit le réalisateur, ou ça passe ou ça casse. Bon ça a plutôt cassé.&lt;/em&gt; ».&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ai visionné &lt;strong&gt;Papamobile&lt;/strong&gt; avec des attentes élevées, espérant un authentique nanar et la réalité est plutôt décevante. Sans être une catastrophe absolue, c'est un beau foirage. Le synopsis est loufoque mais sert de prétexte à quelques sympathiques gags absurdes qui m'ont fait rire de bon cœur (les équipements débiles de la papamobile, notamment). Pourtant, dans l'ensemble on ne rit pas beaucoup dans cette comédie, l'humour étant complètement sabordé par un timing comique aux fraises. Le montage est assez lunaire : on a l'impression qu'il manque la moitié des plans de transition, les scènes coupent abruptement ou traînent en longueur, ce qui contribue à donner un sentiment de scénario sans queue ni tête. Le rythme n'est pas aidé par les têtes d'affiche. Myriam Tekaïa surjoue pour un oui pour un non sans que l'on comprenne si c'est volontaire ou accidentel, tandis que Kad essaie désespérément de rendre drôle des dialogues assez ennuyeux mais ne parvient le plus souvent qu'à sourire bêtement devant la caméra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est dommage parce qu'on sent qu'il y a de l'idée, notamment sur l'image qui comporte quelques jolis plans dans les 1h20 que durent le film. L'introduction bénéficie notamment des décors naturels mexicains, un atout qui sera vendangé pour le reste du film qui se déroule pour la majeure partie dans des intérieurs interchangeables et des jardins génériques. Le scénario est absurde, pourquoi pas, c'est moins gros sabots que les comédies françaises pouet pouet ou beaufs qui cartonnent habituellement. Le problème, c'est que &lt;strong&gt;Papamobile&lt;/strong&gt; semble être un brouillon d'un film, comme si l'équipe avait débarqué au Mexique sans storyboard ni liste de plans à tourner. Ce qui est confirmé en creux par le réalisateur, qui affirme que « &lt;em&gt;C’était un tournage un peu empirique, avec beaucoup d’improvisation.&lt;/em&gt; » Estibal se réfugie ainsi beaucoup lors des &lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=L6PzrpZ0hsE"&gt;interviews&lt;/a&gt; derrière l'excuse du manque de moyens et du « sixième degré », prétextant un film fauché mais assumé &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. C'est complètement hypocrite. Premièrement, le sixième degré n'excuse en rien les vannes qui tombent à plat à cause d'une exécution foireuse. Deuxièmement, si le manque de moyens est bien réel (1,2 million d'euros contre quasiment 3 millions prévus au départ), il n'impacte que des scènes qui étaient de toute façon trop ambitieuses pour ce qu'elles apportent au film. Un simple exemple : le scénario prévoit que les personnages vont du Mexique au Vatican en sous-marin. Problème, il n'y a pas d'argent ni pour une maquette, ni pour des CGI. Donc Estibal filme à la place Kad et Myriam dans un genre de clip aquatique sur fond de chanson d'amour. Pourquoi ? C'est pas drôle, ça sort du film et ça se réglait très facilement en retouchant le scénario. Et ce genre d'anecdote se décline à l'envie sur la plupart des scènes : le crocodile télécommandé, les plans de Rome qui viennent de Dijon, les stock shots, et j'en passe.  &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le véritable indice qui montre que le film n'était pas fini, c'est la présence régulière et injustifiée de la voix off, qui sert à la fois à expliquer le scénario et à gratter quelques minutes de film pour des raisons de contrat de diffusion sur Amazon Prime Video &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Si je persiflais un peu, la présence de nombreux « Estibal » au générique de fin donne un peu l'impression que le réal s'est payé un délire de vacances au Mexique avec la famille, une vague idée de film en tête mais sans le moindre plan concret. Maintenant, il se réfugie derrière « les autres ». Le crocodile télécommandé ? C'est parce qu'il s'est fait arnaquer par le dresseur de crocodile sur place. Pas d'establishing shots ? La prod' a réduit le budget donc on il a fallu tourner au Mexique les scènes du « Vatican » plutôt qu'en Italie. Et de défendre mordicus un film sous prétexte qu'une poignée de spectateur⋅ices auraient trouvé ça super et original, alors que c'était évident qu'il a fallait faire un four. Je crois volontiers Sylvain Estibal quand il annonce avoir voulu réaliser un film d'auteur, et que ses ambitions ont souffert du manque de moyens. Mais qu'une équipe professionnelle délivre un résultat aussi inabouti est à mon avis le symptôme d'un manque de préparation et de vision cohérente d'un bout à l'autre du film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce qu'il faut voir &lt;strong&gt;Papamobile&lt;/strong&gt; ? Honnêtement, ça ne vaut pas le coup et je ne recommande même pas un visionnage pour rire. C'est un film à l'exécution ratée, un résultat médiocre construit sur ce qui était sûrement une montagne de bonnes intentions, mais qui souffre d'une absence de vision et d'une exécution trop bricolée pour être réussi. &lt;em&gt;Habemus napus&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
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&lt;ol&gt;
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&lt;p&gt;il semblerait que le contrat prévoyait au départ 200 000€ de frais de sortie et de promotion du film, que The Jokers a refusé de débourser vu le résultat.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:0" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;tiré de l'édifiant article &lt;a href="https://www.lepoint.fr/pop-culture/jai-fait-un-film-dauteur-les-coulisses-de-papamobile-le-nanar-avec-kad-merad-6MKZQOX5E5DETNFAQV4EUTT7D4/"&gt;du Point&lt;/a&gt; qui interroge Estibal sur les conditions du tournage.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;idem.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
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&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;le premier montage faisait 1h15 alors que Prime exigeait 1h30. Il semblerait qu'un accord ait été trouvé pour une durée intermédiaire de 1h22. C'est étonnamment long.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category><category term="nanar"></category></entry><entry><title>Rétrospective de l'année 2025</title><link href="https://blog.altay.fr/retrospective-2025.html" rel="alternate"></link><published>2025-12-31T11:49:00+01:00</published><updated>2025-12-31T11:49:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2025-12-31:/retrospective-2025.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;img alt="Capture d'écran du jeu PS2 Yakuza. Kiryu est devant une tombe. &amp;quot;Has it been a year already?&amp;quot; &amp;quot;Recall the events of last year?&amp;quot; (le menu sélectionne l'option &amp;quot;No&amp;quot;) &amp;quot;Leave those memories undisturbed?&amp;quot; (le menu sélectionne l'option &amp;quot;Yes&amp;quot;)." src="images/yakuza_one_year.jpg"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais un peu la flemme de récapituler mon année 2025 et puis des gens bien, comme &lt;a href="https://anowan.blogspot.com/2025/12/quelle-annee-2025-cest-dire.html"&gt;@now@n&lt;/a&gt;, ont écrit leur bilan, ce qui m'a donné l'impetus pour m'y mettre. En règle générale je ne raconte pas ma vie ici, c'est plutôt devenu par la force des choses un blog …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;img alt="Capture d'écran du jeu PS2 Yakuza. Kiryu est devant une tombe. &amp;quot;Has it been a year already?&amp;quot; &amp;quot;Recall the events of last year?&amp;quot; (le menu sélectionne l'option &amp;quot;No&amp;quot;) &amp;quot;Leave those memories undisturbed?&amp;quot; (le menu sélectionne l'option &amp;quot;Yes&amp;quot;)." src="images/yakuza_one_year.jpg"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'avais un peu la flemme de récapituler mon année 2025 et puis des gens bien, comme &lt;a href="https://anowan.blogspot.com/2025/12/quelle-annee-2025-cest-dire.html"&gt;@now@n&lt;/a&gt;, ont écrit leur bilan, ce qui m'a donné l'impetus pour m'y mettre. En règle générale je ne raconte pas ma vie ici, c'est plutôt devenu par la force des choses un blog de critiques ciné/séries, mais la ligne éditoriale étant inexistante qui va m'interdire de faire une exception ? &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Contexte&lt;/strong&gt; Donc, 2025 est une année sortie le 1er janvier 2025, avec un budget colossal et une équipe technique d'environ 8 milliards de personnes au dernier décompte. Je pense que c'est la première année où je suis aussi sélectif sur mes activités, car même si j'en ai encore trop fait, je ne regrette quasiment rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une murder party, encore ? Oui.&lt;/strong&gt; Mon premier fait d'armes de 2025 est l'écriture et le playtest de &lt;em&gt;Meurtre obscènes en Haut-de-Seine&lt;/em&gt;, une murder party se déroulant dans le petit monde des magouilles politiques d'un parti politique de droite à l'aube de l'élection présidentielle de 2017. C'est une intrigue que j'ai pris énormément de plaisir à écrire et les joueur⋅euses se sont éclaté⋅es à incarner des personnages aussi varié⋅es que Francis Pécrillon ou Johnny Dallihay. Le maquettage a subi un coup d'arrêt en mars, faute de motivation, mais j'ai repris tranquillement à l'automne et j'ai bon espoir qu'elle sorte en 2026 &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jeu eud' rôle.&lt;/strong&gt; Côté jeu de rôle sur table, le bilan est assez timide avec une moyenne d'une partie par mois, soit douze séances sur l'année. Cette apparente régularité cache pourtant une forte hétérogénéité. En réalité, les sessions se sont concentrées sur le premier trimestre, avec trois parties de &lt;em&gt;Unknown Armies&lt;/em&gt; (une superbe découverte) et une chouette mini-campagne de deux scénarios de &lt;em&gt;Donjons &amp;amp; Dragons&lt;/em&gt; en six sessions. Le tableau est complété par trois parties en présentiel : &lt;em&gt;Donjon &amp;amp; Cie&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;INS/MV&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;The Heist&lt;/em&gt;. La raison est simple : à partir de mars, mon temps libre a été monopolisé par d'autres activités, notamment le théâtre. C'est, entre autres, une des raisons pour lesquelles je n'ai pas participé au défi 3 fois forgé cette année.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une poignée d'euros.&lt;/strong&gt; Mes scénarios et aides de jeux continuent leur vie sur différentes plateformes. Tout est à prix libre et je ne vise absolument pas d'en vivre. Heureusement d'ailleurs, puisque les ventes m'ont rapporté tout juste 30€ cette année, ce qui est stable par rapport à 2024. Il faudrait que j'homogénéise un peu ma gestion des différentes plateformes : je suis sur Drivethrurpg (mais seulement en anglais), itch.io (anglais et français) et Lulu (français mais seulement en impression à la demande). C'est un peu fouillis et il manque d'un espace pour « centraliser » tout le contenu rôliste que je créé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous partîmes cinq cents.&lt;/strong&gt; Comme je le laissais entendre, l'année a en effet été riche en répétitions et en représentations. J'ai participé à pas moins de 14 représentations et des dizaines de répétition. 2025 a été tout particulièrement l'année de l'improvisation avec trois spectacles différents en &lt;em&gt;long form&lt;/em&gt;. Je suis ravi de la tournure qu'a pris cette activité pour moi, alors que je n'avais que très peu d'expérience de l'impro théâtrale encore l'année dernière. J'ai assisté à pas mal de spectacles, d'impro mais pas seulement, comme l'excellent &lt;em&gt;Peau d'homme&lt;/em&gt;, qui m'ont amené à me balader jusqu'à Nantes sur un coup de tête pour voir la dernière du &lt;em&gt;Trône de Faltazi&lt;/em&gt;. Même si le théâtre a pris le pas sur le JdR ces derniers temps, ces deux activités se répondent et s'alimentent mutuellement. Il n'est pas exclu que 2026 soit donc riche en expériences rôlistes, en tout cas c'est mon vœu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;60 minutes chrono.&lt;/strong&gt; Dans l'entre deux, 2025 a été l'occasion de continuer d'explorer les escape games parisiens, avec une dizaine de salles testées durant l'année. Si tout n'était pas une folle réussite, j'ai eu un coup de cœur pour l'exceptionnel &lt;a href="https://artifact-escape.fr/"&gt;Prime Artifact&lt;/a&gt;, mais je recommande tout aussi chaudement Mission Galactique chez Majestic Escape Game dont les décors sont phénoménaux. Si je n'avais pas déjà un job à temps plein et qu'on me confiait un budget illimité, je pense que &lt;em&gt;game designer&lt;/em&gt; m'aurait bien plu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je mets les pieds où je veux.&lt;/strong&gt; 2025 a été une bonne année pour ma cinéphilie nanardesque. Déjà parce qu'il y a eu une Nuit Nanarland en septembre, ce qui est toujours un événement exceptionnel. Mais aussi parce que j'ai pu enrichir ma culture avec plusieurs sagas d'exception, comme Ducobu, les &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%80_la_poursuite_du_tr%C3%A9sor_oubli%C3%A9"&gt;aventures d'Eik Meiers&lt;/a&gt; (sorte de sous-Flynn Carson allemand), Bloodrayne ou encore Les Municipaux. Tout n'a pas fait l'objet d'une critique sur ce blog, j'y travaille pour certains et pour d'autres je vous les épargne car les navets ne sont pas tous recommandables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et chacun se mette à chanter.&lt;/strong&gt; Artistiquement parlant, c'est aussi cette année que j'ai enfin repris la composition musicale. Dans l'idée, ces nouveaux morceaux ont vocation à accompagner une pièce de théâtre que j'ai écrit fin 2023/début 2024 &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et j'ai également griffonné quelques mouvements en l'air. Je ne sais pas si je trouverai le temps de m'y coller plus en profondeur en 2026, mais j'aimerais pouvoir me plonger sérieusement dans FL Studio ou Reaper histoire de mettre ces notes en musique plus écoutable. J'ai aussi embrassé définitivement que j'aimais bien les karaokés, après dix ans de déni tout de même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des cartons.&lt;/strong&gt; Sur un plan plus privé, 2025 a également été l'année du déménagement (encore !). Après plus d'un an à chercher un appartement qui me convenait, j'ai fini par en dénicher un en plein Paris, et j'y habite depuis le mois de mai. Il faut bien avouer qu'après dix ans à vivre en banlieue plus ou moins proche, les temps de trajet réduits et la proximité d'à peu près toutes les aménités parisiennes a grandement amélioré ma qualité de vie. Avec un coût non négligeable, j'en conviens tout de même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des disquettes.&lt;/strong&gt; Et puis sur un plan encore plus privé, c'est l'année de ma vie où je me suis le plus confronté à la scène du &lt;em&gt;dating&lt;/em&gt; parisien. Il y aurait de quoi en tartiner des pages et probablement d'écrire une thèse sur la socio-démographie des applications de rencontre. Je ne suis pas du genre à &lt;em&gt;kiss and tell&lt;/em&gt; donc vous n'en saurez pas plus mais si vous me payez un coup j'ai deux-trois anecdotes rigolotes à raconter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'encre.&lt;/strong&gt; Enfin, 2025 c'est aussi l'année durant laquelle j'ai fait réaliser mes deux premiers tatouages. Après cinq ans de tergiversations, oui, oui ! Il a fallu passer le pas mais la machine est lancée, et je suis déjà en pleine réflexion pour le suivant. Ils sont pour l'instant plutôt discrets et faciles à dissimuler, histoire de ne pas trop impacter ma vie professionnelle dans l'immédiat. Mais me connaissant, ce tabou auto-imposé ne durera pas longtemps.  &lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;2026 à l'horizon, quoi de neuf mon bon ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;De façon imminente, seize représentations au théâtre au premier trimestre. Si tout se passe bien, j'espère pouvoir sortir en impression à la demande au moins une murder party dans le courant de l'année. Et dans l'intervalle, j'espère continuer à profiter comme cette année, avec du jeu de rôle en pagaille, quelques films pourris et je croise les doigts pour ne plus avoir à déménager avant un bon bout de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous souhaite à toutes et tous une excellente année 2026, inscrivez-vous sur les listes électorales, votez à gauche, prenez soin des gens qui vous aiment et gratouillez votre chat sur la tête de ma part !&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;aussi, je ne parlerai pas de boulot, d'une part parce que ça ne vous concerne pas sur ce blog, d'autre part parce que ma vie se définit avant tout par ce que je fais de mon temps &lt;em&gt;libre&lt;/em&gt;.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;peut-être quand même après son grand frère, &lt;em&gt;2 Fast 2 Murder&lt;/em&gt;, dont le maquettage est à 90% terminé.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;ne cherchez pas, vous ne la trouverez nulle part.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Ma vie"></category><category term="meta"></category></entry><entry><title>Critique de film - Ducobu</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-la-saga-ducobu.html" rel="alternate"></link><published>2025-12-29T00:00:00+01:00</published><updated>2025-12-29T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2025-12-29:/critique-la-saga-ducobu.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;C'est désormais une tradition : les vacances de Noël sont l'occasion pour moi de regarder avec un plaisir coupable des comédies parmi les plus mauvaises que le cinéma français a à offrir. Il y a deux ans, je me suis régalé de la saga &lt;em&gt;Taxi&lt;/em&gt;, l'année dernière Les Chevaliers du Fiel …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;C'est désormais une tradition : les vacances de Noël sont l'occasion pour moi de regarder avec un plaisir coupable des comédies parmi les plus mauvaises que le cinéma français a à offrir. Il y a deux ans, je me suis régalé de la saga &lt;em&gt;Taxi&lt;/em&gt;, l'année dernière Les Chevaliers du Fiel m'ont rassasié avec &lt;em&gt;Les Municipaux&lt;/em&gt; et sa suite, le bien nommé &lt;em&gt;Les Municipaux, trop c'est trop !&lt;/em&gt;. Cette année, je me suis plongé à corps perdu dans une pentalogie d'exception, adaptée d'une bande-dessinée franco-belge déjà pas folichonne : Ducobu. Plongez-moi avec moi dans une rétrospective des aventures sur grand écran du seul cancre aux rayures jaunes et noires.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Ducobu, c'est quoi ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ducobu"&gt;Ducobu&lt;/a&gt;, c'est une bande dessinée belge de Zidrou au scénario et Godi au dessin. Ducobu est un élève de primaire, flemmard de première, qui déploie de nombreuses façons plus ou moins créatives de tricher sur sa voisine, Léonie Gratin. Il échoue la plupart du temps et termine invariablement au coin, bonnet d'âne sur la tête, la punition favorite de l'institeur Gustave Latouche. Il en profite pour discuter avec son copain, Néness, le squelette de la classe utilisé pour les cours d'anatomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai personnellement découvert Ducobu, comme beaucoup d'autres, dans &lt;em&gt;Le Journal de Mickey&lt;/em&gt;. Les albums ont plutôt cartonné (150 000 ventes par album), même si l'humour potache réserve plutôt cette BD à un public jeune. Toujours est-il qu'en 2011, après pas moins de 17 tomes, sort la première adaptation au cinéma de Ducobu.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;L'Élève Ducobu (2011)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Élève Ducobu&lt;/strong&gt; est né sous les pires auspices possibles. Déjà, il est réalisé par Philippe de Chauveron, qui réalisera par la suite &lt;em&gt;Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu&lt;/em&gt; et les suivants, ainsi que l'ignoble &lt;em&gt;À bras ouverts&lt;/em&gt;. Il est assisté au scénario par son frère, Marc de Chauveron, qui avait déjà officié sur le médiocre &lt;em&gt;Neuilly sa mère !&lt;/em&gt;. Ducobu et Léonie, les personnages principaux, sont incarnés à l'écran par Vincent Claude &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; (12 ans) et Juliette Chappey &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; (10 ans). C'est un pari osé, car si les enfants sont attachants, ils ne jouent malheureusement pas très bien. Le trio de tête est complété par Élie Semoun en professeur Latouche, un choix casse-gueule et au final plutôt foireux. Viennent compléter le tableau: Joséphine de Meaux en Ghislaine Rateau (la prof de musique), Bruno Podalydès en père de Ducobu et Helena Noguerra en mère de Léonie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film raconte donc l'histoire de l'arrivée de Ducobu à l'école Saint-Potache. Après s'être fait viré de son école, il déménage avec son père et atterrit dans la classe de Monsieur Latouche. Sommé par son père d'avoir de bonnes notes, Ducobu bricole de nouvelles tricheries : sonotone/oreillette, flûte électronique, fausse dispense de sport, etc. C'est avant tout un film à sketchs, pas particulièrement drôles (même pour des enfants). Tandis que Latouche finit par se douter de quelque chose, la classe passe en séjour à la campagne, prétexte pour mettre en scène la romance entre Latouche et Rateau. Les élèves se perdent en forêt mais sont sauvés par la débrouillardise de Ducobu, qui reçoit les félicitations de l'école.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, une comédie potache mâtinée d'un soupçon d'aventures. Sauf que rien ne fonctionne. Je l'ai déjà dit, les enfants ne jouent pas particulièrement bien, mais le problème vient avant tout des adultes et de leur sur-représentation dans le film. Gustave Latouche, dans la BD, est un prof exigeant, sévère, mais qui cache aussi une certaine mélancolie, proche parfois du burnout, et qui porte en lui un vrai idéal de « l'éducation », qui fait de lui un antagoniste certes, mais équilibré. La version de Semoun est un instituteur braillard, qui hurle en permanence d'une voix aigrelette et jubile à l'idée de punir Ducobu. Le résultat est plus proche des personnages des sketchs d'Élie Semoun que de la bande-dessinée, et c'est bien dommage car on y perd. En rendant Latouche aussi pénible, en décuplant son côté loser en amour qui vit chez sa mère, on a plus l'impression de voir un resucée de duel entre Bart Simpson et Seymour Skinner. C'est d'autant plus frustrant que le casting inclut François Levantal et Edgar Givry, qui auraient tous les deux fait d'excellents Latouche. Semoun pousse même le vice à se grimer en vieille dame pour jouer la mère de Latouche, un ajout que personne n'avait demandé et je n'ai toujours pas compris si la référence à &lt;em&gt;Psychose&lt;/em&gt; était volontaire ou non. Par ailleurs, autre addition inutile, la romance de Latouche avec la prof de musique n'a absolument aucun intérêt, à part accentuer ce côté « quarante ans toujours puceau » qui ne fait rire personne, sauf peut-être les scénaristes. Le summum du gag visuel est semble-t-il le fait que Ghislaine souffre d'un fort strabisme lorsqu'elle enlève ses lunettes, arrachant d'un cri d'effroi à Semoun à chaque fois. Voilà, voilà. Il faut ajouter à ça le père de Ducobu, dont la caractérisation passe de père solo mais prévenant et à l'écoute à père râleur et agacé, ce qui va empirer dans les opus suivants. La mère de Léonie est là principalement pour lui servir d'objet de désir, permettant aux dialogues de caler des sous-entendus sexuels navrants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'y a-t-il à sauver dans ce premier volet ? Pas grand chose. Les décors sont plutôt bons. Les extérieurs sont complètement factices mais le rendu n'est pas déplaisant. Il y a quelques effets visuels sympathiques rappelant la BD, en particulier la maison des Gratin et sa débauche de panneaux de signalisation (normale, pour une monitrice d'auto-école). L'école Saint-Potache en elle-même est plutôt bien reproduite, avec une esthétique mi-moderne mi-années 60 qui me semble bien coller avec la BD. La musique est passable et la réalisation, sans être d'une grande inventivité, n'est pas honteuse non plus. Ce n'est pas le pire film que j'ai jamais vu mais c'est un film assez pauvre. L'histoire est simplette, les gags tombent à plat, l'humour de la BD n'est même pas bien retranscrit et seul l'aspect visuel rattrape un peu l'ensemble. C'est un 3/10 amplement mérité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pour information, la première blague de pet arrive après 5 minutes et 28 secondes de film.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Les Vacances de Ducobu (2012)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Apparemment, le premier volet a bien marché (1,5 million d'entrées) et il est rentré dans ses frais, malgré un budget de 10 millions d'euros &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. L'année suivante, rebelote donc, avec la même équipe aux manettes et les frères de Chauveron à la réalisation et au scénario. Comme les enfants ont la fâcheuse tendance à grandir, c'est désormais le petit François Viette qui incarne Ducobu, tandis que Juliette Chappey a la chance de garder son rôle pour le film. Le changement est d'autant plus visible que François fait une tête de moins que son prédecesseur, ce qui crève les yeux dès le premier plan où on le voit juste à côté de Léonie. Autre changement côté Ducobu, exit Bruno Podalydès, c'est désormais Pierre-François Martin-Laval (dit Pef) qui incarne le papa, apportant avec lui toute la lourdeur dont il est capable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme visiblement les scénaristes avaient épuisé toutes leurs idées de blagues concernant l'école dans le premier volet &lt;sup id="fnref:4"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:4"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, ce volet nous emmène à la plage. Ducobu père/fils et Gratin mère/fille partent ensemble dans un camping. Malheureusement, c'est sans compter sur le couple Latouche/Rateau qui par hasard passe ses vacances au même endroit ! Coïncidence supplémentaire, le Club Mickey du camping est animé par Esteban (Bruno Salomone), un ancien amour d'enfance de mademoiselle Rateau. De quoi rendre Latouche fou de jalousie. Ah oui, et pendant ce temps, Ducobu entend parler d'un trésor perdu sur une île au large, qui serait hantée par le Pours, un monstre mi-porc mi-ours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va passer rapidement sur ce second volet, &lt;strong&gt;Les Vacances de Ducobu&lt;/strong&gt; accumule les mêmes défauts que le premier film et les empire. Pef passe son temps à mater le cul d'Helena Noguerra, les gags racistes et les accents éclatés au sol font leur apparition, Élie Semoun est en roue libre, bref, plus personne n'essaie de faire semblant qu'il s'agit à la base d'une comédie écolière. La moitié du film tourne autour de la compétition entre Latouche et Esteban, qui n'a aucun intérêt dans un film &lt;em&gt;Ducobu&lt;/em&gt;. Le pauvre est relégué car quelques triches inintéressantes lors des olympiades du club Mickey (en gros, il triche au tir à l'arc, super). L'autre moitié est un film d'aventure médiocre, où Ducobu embarque Léonie, puis Latouche et Rateau dans une excursion sur l'île, où il finit par dénicher le trésor et démasquer le Pours (c'est Esteban dans un costume). En parallèle de toutes ces histoires, la mère de Léonie et le père de Ducobu sont très inquiet et tombent amoureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Restent une poignée de gags visuels (les pulls de Ducobu accrochés au fil à linge, c'est drôle) et une musique peu inspirée qui va allègrement pomper sur &lt;em&gt;Camping&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Les Bronzés&lt;/em&gt; pour se donner un air estival. Si la réalisation n'est pas indécente, le montage m'a semblé cruellement manquer de rythme, notamment lors des gags qui durent beaucoup trop longtemps. Le film m'a semblé long alors qu'il ne dure qu'1h30. Cette suite est nettement en-deçà de l'original, ce qui s'est ressenti avec seulement un million d'entrées tout juste, pour un budget équivalent. 2/10 et c'est bien payé.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Ducobu 3 (2020)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il a fallu 8 ans pour qu'un troisième volet sorte, probablement le temps de convaincre la production de remettre le couvert. Une petite lueur d'espoir pointe son nez : exit Philippe de Chauveron, c'est désormais Élie Semoun qui s'occupe lui-même de la réalisation. Malheureusement, il s'adjoint encore les services de Marc de Chauveron au scénario, doublé de son collaborateur récurrent Guy Laurent &lt;sup id="fnref:5"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:5"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Puisque les années ont passé, le casting change massivement. Joséphine de Meaux est trop occupée par le théâtre, ce sera désormais Émilie Caen qui campera mademoiselle Rateau. Les parents sont remplacés respectivement par Loïc Legendre pour Hervé Ducobu et Frédérique Bel pour Adeline Gratin. Et bien entendu, les enfants ont changé, il s'agit cette fois de Mathys Gros pour Ducobu et Leeloo Eyme pour Léonie. On peut remarquer que le casting fait la belle part aux comédien⋅nes de la saga &lt;em&gt;Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?&lt;/em&gt;, ce qui suffit à éteindre la toute maigre étincelle d'espoir que j'évoquais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors &lt;strong&gt;Ducobu 3&lt;/strong&gt; (puisque visiblement la cohérence des titres n'a aucune importance), de quoi ça parle ? C'est la rentrée des classes et deux élèves viennent perturber le fragile écosystème de Saint-Potache. D'une part, Théo-Georges Vincent (dit TGV, haha, c'est drôle), vient challenger Ducobu en apportant avec lui la triche high-tech (il a des lunettes connectées). D'autre part, Willie Blancheberry, beau gosse britannique, débarque et séduit Léonie, ce qui agace encore plus Ducobu. On a le droit de se régaler de quelques sketchs hilarants, j'espère que vous avez envie d'une bonne rasade de Latouche parce que vous allez encore plus le voir dans ce troisième volet. De là à croire que Semoun s'est arrogé la réalisation d'un &lt;em&gt;vanity project&lt;/em&gt;, il n'y a qu'un pas, que je vous laisse franchir. Bon, on ne va pas épiloguer, le cœur du film est que Saint-Potache a besoin d'argent. Pour sauver l'école, mademoiselle Rateau fait candidater Willie à un télé-crochet pour enfants. Ducobu le sabote et il doit déclarer forfait. Mais si l'école ferme, pas de triche ! Alors Ducobu demande l'aide de Monsieur Kitrich (Gérard Jugnot), qui tient la boutique de triche. Il embarque avec lui TGV pour concourir avec un micro truqué qui lui fait chanter à la perfection. Il chante Bella de Maître Gims &lt;sup id="fnref:6"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:6"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, gagne, mais finalement sa tricherie est dévoilée. Mais rebondissement, le présentateur de l'émission est touché quand Ducobu explique qu'il a triché pour sauver son école, et fait don de son salaire à Saint-Potache. Voilà. Ah oui, et en parallèle, Adeline et Hervé se mettent en couple. Mais Léonie fait croire à sa mère qu'Hervé n'aime que les fashionistas « genre Lady Gaga ou Kardashian » et Ducobu fait croire à son père qu'Adeline aime « les rappeurs musclés ». Du coup, quiproquo, déguisements rigolos, c'est malaisant à souhait et parfaitement inadapté dans un film Ducobu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas grand chose pour sauver ce film. Je pense qu'il part d'une bonne intention et Semoun semble vraiment attaché à son rôle. Les enfants ont l'air de s'éclater, Semoun paraît bien se marrer mais rien n'est drôle. Les scénaristes partent sur des histoires sans rapport avec Ducobu et multiplient les références à l'actualité qui ont déjà vieilli alors que le film n'a que cinq ans &lt;sup id="fnref:7"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:7"&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Alors oui, c'est sympa d'avoir remis Juliette Chappey, la Léonie des premiers films, dans un petit rôle d'assistante de production du télé-crochet. Oui, Gérard Jugnot est une chouette addition au casting. Mais tout le reste s'effondre. Les délires visuels ont complètement disparu, laissant une image lisse et plate, qui ressemble à n'importe quelle autre comédie française. Semoun se met en scène à tout bout de champ dans des scènes superflues, allant même jusqu'à s'inventer un troisième personnage. Mon gars, si ça te manque de jouer des pleins de personnages rigolos dans des sketchs, fais des sketchs ! &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/10 principalement parce que le film est un peu moins beauf que le précédent.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Ducobu Président ! (2022)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sans faire un carton absolu, &lt;strong&gt;Ducobu 3&lt;/strong&gt; a bien marché, avec 1,5 million d'entrées pour 9 millions d'euros de budget. Naturellement, une suite est mise dans les tuyaux. C'est la même équipe et donc le résultat du même tonneau. Ce sont désormais les jeunes Gabin Tomasino et Adèle Barazzuol qui incarnent Ducobu et Léonie, pour le reste, on en change pas une équipe qui gagne (ha, ha, ha). Et au cas où vous manquiez d'acteur issue des pires comédies françaises des vingt dernières années, on ajoute Ary Abittan au casting, pour le fun. Puis vous savez quoi ? On va lui demander de faire un accent allemand. Parce que C'EST MARRANT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ducobu Président !&lt;/strong&gt; est une véritable purge. Pourtant, sur le papier, c'est le scénario le plus compatible avec la BD. La famille Ducobu vit maintenant avec la famille Gratin. Flartf &lt;sup id="fnref:8"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:8"&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; (Ary Abittan) est un consultant allemand envoyé par le ministère pour promouvoir une éducation auto-organisée. Le directeur de l'école annonce donc des élections à Saint-Potache. Le ou la présidente décidera de l'organisation des cours, des récréations et tout le bazar. Candidatent donc Léonie et Ducobu, avec deux visions opposées pour l'école. Sauf que non. Ce qui aurait pu être un duel au sommet, avec une parodie facile mais sympathique des campagnes politiques, est remisé au placard. Oh, on voit brièvement Ducobu en Donald Trump, l'espace de quoi, quinze secondes ? Finalement Ducobu triche et gagne les élections. Il instaure une fête foraine permanente à la place de l'école, ce que le directeur laisse faire parce que c'est la démocratie, encouragé par Flartf. Latouche organise avec Léonie une résistance clandestine et continue à donner cours dans les sous-sols de l'école. Ça pourrait être une bonne idée si ça ne durait pas dix minutes montre en main. Parce qu'en réalité, tout ceci n'est qu'un complot de Flartf qui veut détruire l'école pour se venger de Latouche ! Car en réalité, il s'appelle Jean André Crottin, et quand il avait 10 ans, c'était de la voisin de classe de Latouche, et il l'a dénoncé alors qu'il copiait sur lui à un contrôle. Voilà. C'est symptomatique des Ducobu réalisés par Élie Semoun : il ramène tout à lui. Ah oui, et dans cet épisode, Ducobu une fan, Denise, qui est amoureuse de lui et qui rend Léonie jalouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce quatrième volet est pénible à regarder. Le personnage d'Ary Abittan est insupportable, le film n'est ni drôle, ni divertissant. On accumule les clichés racistes, les vannes sur les végétariens, les blagues misogynes et les blagues de pet. Un des candidats à la présidence est un enfant du nom de Benoît Petitpet, et c'est un descendant du préfet Poubelle. C'est marrant ? Non ? Bah non. Pour vous dire, la résolution finale est un maxi-coussin péteur que Ducobu utilise pour communiquer en morse. Et le film parvient à réussir le tour de force de rendre ce gag pas drôle. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À ce stade, il n'y a plus rien à sauver. Le caméo de Franck Dubosc ne me fait ressentir aucune émotion. Je suis vide. La seule qualité du film est de reconnaître l'existence de Néness le squelette, un des personnages secondaires les plus importants de la BD et qui n'avait jusque là pas eu une seule réplique (il en a deux dans ce film). 2/10 et ôtez-moi ce cancre de ma vue.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Ducobu passe au vert ! (2024)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Bon, malheureusement, le film a aussi bien marché que ses précédesseurs, donc j'ai dû me farcir le dernier. &lt;strong&gt;Ducobu passe au vert&lt;/strong&gt; est sorti en 2024, c'est toujours la même équipe, c'est le même casting, on va se poiler, je le sens, cette fois-ci c'est la bonne. Ah, et Damien Pauwels est Ducobu, tandis que Louise Riguidel Huon est Léonie. Allez, on y va, je sens que ça va être bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scénario ne fait pas rêver. Une nouvelle prof de gym rejoint Saint-Potache, Fiona (Caroline Anglade), qui est très intéressée par Latouche, sucitant la jalousie de mademoiselle Rateau, avec qui il est fiancé. Oui, encore une romance mais pour une fois, elle restera reléguée à l'arrière-plan. L'intrigue principale se concentre sur Ducobu, qui découvre l'écologie lorsque Léonie lui parle de son idole : la militante Rita Greenberg. Il décide donc de prendre lui aussi une année sabatique, prétextant que quitter l'école est le meilleur moyen de protéger la planète. Il milite contre écrire sur des arbres morts, organise une sortie « nettoyage de plage » et tourne une vidéo avec Macadam et Débilo (urgh) pour parler écologie. Bien sûr, le cancre en profite pour glander, au grand dam de Léonie. En parallèle, Latouche assiste à une réunion de climatosceptiques, organisée par Patrick Moisi, un promoteur immobilier véreux. Celui-ci veut « éliminer » Ducobu, dont la propagande écolo met en difficulté son plan pour raser le parc jouxtant Saint-Potache. Latouche réalise qu'il est allé trop loin et se fait kidnapper, forceant Rateau à partir sa recherche. De son côté, Ducobu se découvre une vraie vocation lorsque son parc préféré est menacé. Avec Léonie et monsieur Kitrich, les élèves se lancent dans une lutte contre les pelleteuses et parviennent à déjouer les plans de Moisi. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le plus supportable des cinq films. Même si les références à l'actualité (Mbappé, Greta Thunberg, la « parodie » de McFly et Carlito) m'ont tiré des soupirs las, le message vaguement écolo consensuel me semble adapté à une comédie pour enfants de ce calibre. Le couple Latouche/Rateau reste encore trop présent, mais est contre-balancé par le renforcement de la présence de Kitrish en vieux sage et Kaskou, un élève qui a quelques gags pas si mauvais. La présence de Fiona est très superflue mais dans l'ensemble le film se tient. En revanche, visuellement c'est d'une terrible banalité. Même si la cohérence n'a jamais été le fort de la saga (le magasin de Kitrish, la maison de Ducobu et l'école Saint-Potache changent d'apparence à chaque film), quel dommage d'aller vers des décors aussi fades. Dans l'ensemble, &lt;strong&gt;Ducobu passe au vert&lt;/strong&gt; demeure un film d'aventure un peu concon mais qui échappe aux pires travers de ses prédécesseurs. Même si le premier gag de pet arrive à 10:20. C'est un 4/10, en progrès à confirmer.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Conclusion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer, que dire ? Les adaptations au cinéma de BD franco-belges n'ont pas bonne réputation et ce ne sont pas les cinq films Ducobu qui viennent relever le niveau. Ce qui est incompréhensible, c'est que les films ne s'inspirent de l'univers que d'une façon superficielle. Les gags de triche, qui font le sel de la BD, n'ont aucun intérêt une fois à l'écran, faute de créativité aussi bien du scénario que du montage. Neness, pourtant un sidekick bourré de potentiel, est absent de tous les films. Le père de Ducobu, un père aimant et soutenant dans la bande-dessinée, est remplacé par un père banal, à qui on refourge une romance amoureuse histoire de lui donner des choses à faire. Et j'ai déjà parlé en long et en large et en travers du sort réservé à Latouche, qui passe d'antagoniste torturé au rang de bouffon ridicule.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est terrible c'est que les films fonctionnent et passent systématiquement le million d'entrées. Il y a d'ores et déjà un sixième opus annoncé pour 2026. C'est visiblement un projet passion pour Élie Semoun. Mon seul souhait serait qu'il s'entoure de meilleurs scénaristes, pour enfin donner à ces films la caractère comique qu'ils méritent. Et si c'est encore un de Chauveron, ce sera sans moi.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;qui jouait Alceste dans le film &lt;em&gt;Le Petit Nicolas&lt;/em&gt; et qui ne semble pas avoir eu une grande carrière par la suite. Sa page Wikipédia indique  qu'il est devenu pâtissier.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;qui a eu un petit rôle à la télé et semble avoir surtout fait de la figuration par la suite, à l'exception d'un rôle mineur dans Ducobu 3, on y reviendra.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;j'imagine que le cachet de Semoun a bien contribué à faire gonfler la note.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:4"&gt;
&lt;p&gt;rappelons que le dernier tiers se passait en classe verte, signe qu'ils avaient déjà dû trouver des subterfuges pour parler d'autre chose que Saint-Potache.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:4" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:5"&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Qu'est-ce qu'on a fait au Bon Dieu ?&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;La Beuze&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;À bras ouverts&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;All Inclusive&lt;/em&gt;, non franchement c'est gentil il fallait pas.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:5" title="Jump back to footnote 5 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:6"&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=GMqemGhoCxU"&gt;véridique&lt;/a&gt;. Cette scène m'a arraché un fou rire nerveux.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:6" title="Jump back to footnote 6 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:7"&gt;
&lt;p&gt;notamment un caméo de Norman, ça met assez mal à l'aise de le voir près d'une école, même fictionnelle.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:7" title="Jump back to footnote 7 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:8"&gt;
&lt;p&gt;parce qu'il est allemand et son nom est imprononçable C'EST DRÔLE OK.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:8" title="Jump back to footnote 8 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique - Picsou et les bit-coincoins</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-picsou-et-les-bitcoincoins.html" rel="alternate"></link><published>2025-11-17T00:00:00+01:00</published><updated>2025-11-17T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2025-11-17:/critique-picsou-et-les-bitcoincoins.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Picsou et les Bit-coincoins&lt;/strong&gt; est une bande dessinée de Jul (scénario) et Kéramidas (dessin) publiée par Glénat dans la collection &lt;em&gt;Mickey vu par...&lt;/em&gt;, une série de tomes dans l'univers Disney (Donald, Mickey, Picsou, Dingo, etc.) confiant les clés d'un album à des nouveaux auteurs.
De fait, c'est une drôle de …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Picsou et les Bit-coincoins&lt;/strong&gt; est une bande dessinée de Jul (scénario) et Kéramidas (dessin) publiée par Glénat dans la collection &lt;em&gt;Mickey vu par...&lt;/em&gt;, une série de tomes dans l'univers Disney (Donald, Mickey, Picsou, Dingo, etc.) confiant les clés d'un album à des nouveaux auteurs.
De fait, c'est une drôle de surprise de voir une aventure de Picsou avec un tel duo aux manettes.
Si Nicolas Kéramidas, qui s'occupe de la mise en dessin, a déjà œuvré sur du Disney, Jul me semblait plutôt adepte de la BD sarcastique, puisqu'il est connu par avoir scénarisé Silex and the City et pour avoir dessiné pour Charlie Hebdo et Fluide Gacial.
Toutefois, après quelques incursions dans la BD franco-belge (il a écrit quelques albums récents de Lucky Luke et Spirou), le voilà sur mon territoire de prédilection : la BD de canards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Picsou et les Bit-coincoins&lt;/strong&gt; est donc une tentative de « mettre à la mode » les aventures de Picsou en lui faisant découvrir les cryptomonnaies et autres joyeuses modernités financières. L'idée semble bonne sur le papier mais l'exécution est assez creuse. En réalité, le pitch est surtout un prétexte pour que Jul déroule des vannes assez convenues sur Internet, les réseaux sociaux, Elon Musk et le cinéma. Oui oui, un bon quart de l'intrigue est passé à se moquer gentiment du « Festival de Canes ». À la relecture, ce n'est pas tant une aventure de Picsou qu'une suite de courtes histoires à gags : les Rapetou apprennent le hacking, Riri, Fifi et Loulou jouent les influenceurs, Picsou spécule sur le Bitcoin. C'est décousu, sans grande cohérence narrative, pour le plaisir de caser quelques calembours assez usés (et pourtant j'adore ça).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, on a plutôt l'impression de lire un album de commande. Jul ne semble pas tellement s'intéresser aux personnages, se contentant de les faire rentrer au chausse-pied dans une histoire satirique qui aurait s'adapter à n'importe quel univers. Pourtant il y aurait eu long à en dire sur la dématérialisation et la spéculation. Picsou, en dépit d'être d'un avare notoire, est aussi extrêmement attaché à ses possessions matérielles, qui sont autant de souvenirs pour lui. Il aime l'argent physique, au point d'en faire un coffre. Il aime conquérir ses richesses par la force de son travail et le génie de son cerveau, accumuler des trésors et les collectionner. Il y avait une histoire fascinante à raconter sur l'émergence de la « monnaie virtuelle » et la fortune en actifs financiers immatériels, qui est aux antipodes des valeurs du canard le plus riche du monde. Mais cette idée est complètement liquidée au profit d'un humour gentiment réac', qui tire sur l'ambulance des réseaux sociaux. Hardi harr harr, les canards font une &lt;em&gt;duck face&lt;/em&gt;, c'est si drôle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Côté dessin, je dois aussi avouer que le style choisi par Kéramidas n'est pas particulièrement réussi. Pourtant ce que j'ai vu dans ses autres incursions dans la BD Disney (notamment une aventure de Donald et une aventure de Mickey, toutes deux scénarisées par Trondheim) me semblaient mieux intégrer l'aspect enfantin et cartoonesque de l'univers. Ce n'est pas non plus un raté total, juste pas mon style. Mentionnons quand même quelques planches à la composition très réussie (malheureusement trop rares), notamment dès qu'il s'agit de montrer le coffre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les interviews et les critiques presse me laissent vraiment perplexes, car je ne comprends pas ce que Jul a essayé de faire. Il affirme avoir voulu moderniser les références de Picsou, mais les BD canardesques se sont rarement appuyées sur des références de l'actualité, qui seront périmées dans quelques années (voire déjà périmées...). C'est plutôt une ambiance, une esthétique et des clins d'œil à genre narratif, notamment l'aventure pulp, qui sont mobilisés. Et surtout le scénario, Jul reconnaît lui-même se sentir « largué » par le fonctionnement des cryptomonnaies, ce qui explique le sentiment de vacuité de l'intrigue. Bref, on sent un auteur qui a voulu tout dire et rien dire en même temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, qu'en retire-t-on ? La sale impression de lire un album parodique, qui tente une satire opportuniste sans jamais réussir à être ni mordant, ni drôle. Toutes les BD Picsou ne peuvent pas être de Don Rosa ou Carl Barks, mais la plupart ont au moins le mérite d'essayer. Il paraîtrait que Jul ambitionne d'alterner chaque année un Lucky Luke et un Picsou. Souhaitons que Disney laisse plutôt leur chance à des jeunes scénaristes avec un peu plus d'imagination.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="critique"></category><category term="bd"></category></entry><entry><title>Critique de film - Le Maître d'école</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-le-ma%C3%AEtre-d%C3%A9cole.html" rel="alternate"></link><published>2025-11-14T00:00:00+01:00</published><updated>2025-11-14T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2025-11-14:/critique-le-maître-décole.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Une certaine déception au visionnage de ce film, que j'avais vu il y a plus de dix ans et qui m'avait beaucoup ému. &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Ma%C3%AEtre_d'%C3%A9cole_film%2C_1981"&gt;Le Maître d'école&lt;/a&gt; est un film de Claude Berri, sorti en 1981, adaptant plus ou moins le livre &lt;em&gt;Journal d'un éducastreur&lt;/em&gt; dans lequel Jules Celma, à l'époque …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Une certaine déception au visionnage de ce film, que j'avais vu il y a plus de dix ans et qui m'avait beaucoup ému. &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Ma%C3%AEtre_d'%C3%A9cole_film%2C_1981"&gt;Le Maître d'école&lt;/a&gt; est un film de Claude Berri, sorti en 1981, adaptant plus ou moins le livre &lt;em&gt;Journal d'un éducastreur&lt;/em&gt; dans lequel Jules Celma, à l'époque instituteur suppléant, prônait des méthodes d'éducation laissant plus d'autonomie aux élèves. Dans le film, Gérard Barbier (Coluche) est un tout jeune instit' remplaçant qui découvre le métier dans une école de banlieue, tenue par le pète-sec directeur (Jacques Debary) et où il aura pour collègues la dépressive Mademoiselle Lajoie (Josiane Balasko) et le syndicaliste Monsieur Meignant (Roland Giraud). Ce scénario permet à Claude Berri de dépeindre avec bonne humeur les craquelures du système scolaire dans la France du début des années 80, avec pour toile de fond l'arrivée de Mitterrand à la présidence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, le film enchaîne des scènes avec peu de lien entre elles, se contentant de balayer les sujets « du moment » : débat sur la peine de mort, homosexualité, multiplication des divorces, nouvelles méthodes pédagogiques, santé mentale et surtout manque de moyens de l'éducation nationale. La salle de classe permet d'exprimer des opinions candides par la bouche des enfants, qui sont bien sympathiques et semblent s'être bien amusés sur le tournage avec Coluche. Mais le fond demeure assez convenu : les enfants sont notre avenir, on doit se donner les moyens de les éduquer et il ne faut pas faire prof si on n'aime pas les enfants, ce que le ministère oublie un peu facilement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon. Après 40 ans de politique d'austérité, difficile de ne pas voir dans le film une forme de naïveté sans borne. Les faibles moyens dont se plaignent les personnages prêtent à sourire quand on connaît l'état de l'école en 2025. Et les personnages n'ont pas conscience de ce qui les attend, créant une frustration terrible au visionnage. Par exemple, lorsque Mademoiselle Lajoie est en arrêt maladie pour plusieurs jours, c'est Barbier qui récupère une partie de ses élèves. Puis les syndicats interviennent : hors de question, il faut faire revenir un remplaçant. Non, dit le directeur, il n'y en a pas de disponible. Le « compromis » proposé par Barbier consiste finalement à... se coucher et à continuer à remplacer Lajoie, compliquant ainsi son métier pour ne pas pénaliser les parents et les enfants. Bref, on compense le manque de moyens en se crevant à la tâche pour faire tourner la boutique. Une morale qui fera rire jaune les fonctionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi un passage franchement embarrassant quand Barbier accueille chez lui une gamine ayant fugué suite à une dispute entre ses parents, qui a je trouve très mal vieilli et illustre bien cette naïveté du propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le reste, Le Maître d'école offre tout de même quelques moments touchants, où l'on entrevoit un film qui aurait été non pas une comédie, mais un drame social. Il semblerait que Coluche était en dépression lors du tournage, ce qui explique peut-être cette jovialité forcée qui a du mal à prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan technique, l'image est assez banale, mais elle retranscrit fidèlement cette banlieue lointaine que sont les Yvelines des années 80. Richard Gotainer a écrit spécialement le thème du film qui m'est bien resté en tête, même si dans l'ensemble la musique est plutôt discrète.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, je n'ai pas retrouvé l'émotion que j'avais ressenti lors de mon premier visionnage. Je crois que Le maître d'école dépeint une époque révolue, où les inquiétudes des chocs pétroliers se croisaient à l'optimisme timide qui a suivi la victoire de la gauche aux élections. Si le message d'amour aux enfants qui est au cœur du film est intemporel, quatre décennies plus tard, ses questionnements politico-sociaux semblent bien ingénus.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Retour sur la Nuit Nanarland 2025</title><link href="https://blog.altay.fr/retour-nuit-nanarland-2025.html" rel="alternate"></link><published>2025-10-02T00:00:00+02:00</published><updated>2025-10-02T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2025-10-02:/retour-nuit-nanarland-2025.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Samedi 20 septembre 2025 a eu lieu au Grand Rex la Nuit Nanarland 8, qui est également l'avant-dernière &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Pour l'occasion, l'équipe du site &lt;a href="https://www.nanarland.com/"&gt;Nanarland&lt;/a&gt; nous a dégotté une sélection exceptionnelle de 4 films nanardesques à souhait à visionner de 19h30 jusqu'à 8h du matin.
Petit retour sur cette longue …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Samedi 20 septembre 2025 a eu lieu au Grand Rex la Nuit Nanarland 8, qui est également l'avant-dernière &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Pour l'occasion, l'équipe du site &lt;a href="https://www.nanarland.com/"&gt;Nanarland&lt;/a&gt; nous a dégotté une sélection exceptionnelle de 4 films nanardesques à souhait à visionner de 19h30 jusqu'à 8h du matin.
Petit retour sur cette longue nuit, durant laquelle votre serviteur n'a pas dormi &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; histoire de s'en coller plein les mirettes.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Fight of Fury (2020)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fight of Fury&lt;/strong&gt; est un film d'arts martiaux produit et réalisé par Shuny Bee, un professeur de jeet kune do (inventé par Bruce Lee) originaire du Népal et installé à New York.
Comme dans beaucoup de films qui sont des projets « passion », il incarne le premier rôle, un prof de jeet kune do, originaire du Népal et installé à New York.
Je ne fais pas un AVC, il se joue grosso lui-même, dans un long-métrage à sa gloire puisqu'il va être le héros d'une sombre histoire de vengeance.
Le scénario est épais comme deux cheveux (Shuny recueille une jeune femme traquée par la mafia) et est avant tout un prétexte pour que Shuny démontre ses prouesses martiales à l'écran, en tentant une imitation vocale médiocre de Bruce Lee.
Ce qui pourrait être un simple film de kung-fu à deux balles est transcendé par un montage 100% raté mais toujours surprenant, mêlant faux raccords, raccords dans l'axe et fascination étrange pour les voitures qui démarrent &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, pas la peine d'élaborer sur la technique: la direction d'acteur est inexistante, les dialogues semblent avoir été écrits par un enfant de huit ans et les scènes se passent toutes dans le même décor bricolé à la va-vite, à l'exception d'un combat d'anthologie qui se passe dans un jardin, entre les parpaings et le barbecue. Bref, on est sur un vrai nanar d'action et je rigole encore rien que d'y penser à l'inanité absolue des bastons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut saluer le travail remarquable de Nanarland qui a importé le film pour la première fois en France et qui a donc produit un sous-titrage pour nous projeter une VOSTFR de grande qualité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shuny travaille paraît-il sur un deuxième opus, puisque le premier film se termine sur un odieux cliffhanger. Espérons qu'il y parvienne, en attendant je vous laisse avec la &lt;a href="https://youtu.be/BJ82P2QsFMA"&gt;bande-annonce&lt;/a&gt; avant de passer au second film.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Voyage of the Rock Aliens (1984)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Retour quarante ans plus tôt avec un film musical qui sent bon les années 80: &lt;strong&gt;Voyage of the Rock Aliens&lt;/strong&gt;, de James Fargo. Long-métrage au pitch assez bizarre (des aliens fans de musique explorent la galaxie à la recherche du rock, qu'ils finissent par trouver sur Terre), prétexte à enchaîner des scènes à sketchs qui se suivent sans jamais se ressembler. Difficile de dire s'il s'agit d'une bonne comédie musicale façon série Z qui a un peu trop abusé sur le port'nawak, ou si c'est un vrai nanar pur jus. Les costumes sont bariolés, les effets spéciaux pas honteux mais généralement débiles, les dialogues à la limite de la parodie et le jeu d'acteur fait penser à Tex Avery plus qu'à The Wall. Et pourtant, il faut avouer que dans le genre parodie de &lt;em&gt;Grease&lt;/em&gt;/&lt;em&gt;West Side Story&lt;/em&gt;, ben le film tape plutôt dans le mille. Dee Dee, jouée par Pia Zadora (chanteuse un peu populaire à l'époque) est tiraillée entre Frankie, son copain blouson noir, et le fraîchement débarqué Abcid, un alien donc. Ajoutez par-dessus des chansons plutôt catchy, d'autant que Nanarland encore une fois nous a offert un sous-titrage karaoké qui a ambiancé le Grand Rex comme jamais, et l'ensemble s'avère pas désagréable à regarder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a semble-t-il débat pour savoir si &lt;strong&gt;Voyage of the Rock Aliens&lt;/strong&gt; est un authentique nanar, ou bien une parodie réussie. À mon avis, il s'agit bel et bien d'un authentique nanar. Si les bases sont évidemment parodiques, c'est une parodie qui a échappé à tout bon sens de création, dérapant dans le n'importe quoi de façon incontrôlée et s'écrasant dans le mur de la bêtise. Attention tout de même, car il faut une bonne dose de résistance à la pop mielleuse des années 80 pour supporter le film, comme en atteste la &lt;a href="https://youtu.be/y5MlE7P9S_w"&gt;bande-annonce&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Les Fantastiques Supermen Chinois (1976)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On continue à remonter les époques pour arriver aux &lt;strong&gt;Fantastiques Supermen Chinois&lt;/strong&gt;, composition baroque qui mêle des extraits de &lt;em&gt;Kamen Riders&lt;/em&gt; (un super sentai japonais extrêmement populaire, une sorte de Power Rangers avec des motos) et des nouvelles scènes tournées à l'occasion par des producteurs taïwanais peu scrupuleux. Oui, on est à peu de choses près sur un 2-en-1. Donc, au programme, 1h30 de faux Power Rangers, avec des héros en costume flashy qui tapent des monstres en latex avec moults acrobaties et effets sonores à base de pif, paf, pouf, woosh et pistolets lasers. Le scénario est à crever de rire (l'organisation Satan envoie ses deux meilleurs généraux, le Docteur Mort et l'Agent des Enfers, conquérir la Terre et est arrêtée par un jeune héros flamboyant désigné pour rejoindre les Super Riders, des super-motards insectes, relisez ça à voix haute et dites moi si c'est pas ridicule), mais c'est surtout la réalisation qui sublime l'ensemble. Les effets spéciaux sont d'une pauvreté absolue, ce qui n'empêche pas le réalisateur de vouloir en caser trois par scènes, avec des roulades, des saltos, des explosions et des course-poursuites tout simplement épatantes de mollesse. Le doublage français est en permanence à côté de la plaque, de toute évidence enregistré à la va-vite et avec fort peu d'attention portée à la qualité de la traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encore une fois, l'équipe de Nanarland n'a pas démérité puisque nous avons pu visionner le film grâce à une copie 35 mm exceptionnelle de la VF, stockée à la Cinémathèque française. Jetez un œil à la &lt;a href="https://youtu.be/JiPWRQLU-JA"&gt;bande-annonce&lt;/a&gt; pour vous convaincre que c'est &lt;em&gt;le&lt;/em&gt; film à regarder si vous êtes fan de Power Rangers, ou de super sentai en général.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Crocodile Fury (1988)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour clôturer la nuit, c'est &lt;strong&gt;Crocodile Fury&lt;/strong&gt; qui a été désigné, un film culte du site Nanarland. Film deux-en-un, il mélange des extraits d'un film thaïlandais (Krai Thong 2) et une poignée de nouvelles scènes hong-kongaises, tournées avec des acteurs occidentaux. Tout est réécrit et redoublé pour donner l'impression que le film est cohérent, même si la supercherie ne tient pas plus de dix minutes. Le scénario est tout bonnement inexplicable, mais peut se résumer grosso modo à « la financée de Jack est morte et s'est réincarnée en un crocodile qui terrorise le village, obéissant aux ordres de la méchante sorcière Monica ». C'est à se pisser dessus de rire, tant rien n'a de sens. Les personnages (pour beaucoup joués par des thaïlandais) ont des noms américains stéréotypiques, comme le grand méchant sorcier du nom de... Cooper. Les acteurs occidentaux des nouvelles scènes jouent comme des patates, avec un doublage français qui parachève de transformer le moindre dialogue en concours de qui pourra donner l'intonation la plus inappropriée possible à ses répliques. Sans trop gâcher la surprise, il faut voir la marionnette de crocodile bouffer des villageois à la chaîne et les zombies-vampires cracher puis ravaler des poissons pour comprendre que réaliser un film n'est pas donné à tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nanarland nous a présenté une version restaurée depuis une VHS car le film est hélas introuvable en qualité supérieure. Toutefois, la bonne nouvelle, c'est qu'il disponible en intégralité sur &lt;a href="https://youtu.be/soUa9p6u9o0"&gt;YouTube&lt;/a&gt; et je ne peux que vous recommander de trouver quelques potes, du pop-corn, et de lancer ça pour occuper une soirée d'hiver.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;techniquement la dernière, puisque l'&lt;strong&gt;Ultime Nuit Nanarland&lt;/strong&gt; programmée pour 2027 sera un &lt;em&gt;best of&lt;/em&gt; de quatre films déjà diffusés lors des nuits passées.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;à peine somnolé pendant le troisième film.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;ou qui s'arrêtent.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de série - Invincible</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-invincible.html" rel="alternate"></link><published>2025-02-25T00:00:00+01:00</published><updated>2025-02-25T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2025-02-25:/critique-invincible.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Invincible_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e_d%27animation)"&gt;Invincible&lt;/a&gt; est l'adaptation en série animée d'un comics écrit par Robert Kirkman (&lt;em&gt;The Walking Dead&lt;/em&gt;) et dessiné par Cory Walker (&lt;em&gt;Spiderman&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;The Punisher&lt;/em&gt;). Le pitch est assez simple: Mark est un ado américain dont le père est Omni-Man, genre de Superman et accessoirement super-héros ultra puissant. Il se découvre des …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Invincible_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e_d%27animation)"&gt;Invincible&lt;/a&gt; est l'adaptation en série animée d'un comics écrit par Robert Kirkman (&lt;em&gt;The Walking Dead&lt;/em&gt;) et dessiné par Cory Walker (&lt;em&gt;Spiderman&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;The Punisher&lt;/em&gt;). Le pitch est assez simple: Mark est un ado américain dont le père est Omni-Man, genre de Superman et accessoirement super-héros ultra puissant. Il se découvre des pouvoirs, mais aussi la véritable origine de son père : un extra-terrestre qui n'a pas que des bonnes intentions pour la Terre. Le concept est alléchant, &lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt; s'inscrit dans une ligne d'histoires de super-héros pour les adultes, avec des morts, des traumatismes et des considérations philosophiques sur ce qu'impliquent les super-pouvoirs. Je n'avais pas lu le comics avant de me lancer dans la série animée, toutefois je savais que celle-ci avait été beaucoup comparée à &lt;em&gt;The Boys&lt;/em&gt; pour son traitement &lt;em&gt;gritty&lt;/em&gt; des super-héros.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Assez vincible quand même&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Après trois saisons, &lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt; me laisse sur ma faim. Sur le plan technique déjà, la série est un cran en-dessous des standards actuels de l'animation, aussi bien concernant l'image que le son. Pourtant, le casting voix est de grande qualité, avec des noms prestigieux et des voix mémorables, comme J. K. Simmons, Sandra Oh, Steven Yeun et Gillian Jacobs. Toutefois, l'exécution est bancale. Certes, les dialogues n'ont rien d'exceptionnels, et ce n'a jamais été le fort de Kirkman de toute façon. Reste qu'ils sont gravement desservis par une direction d'acteur aux fraises, qui laisse passer des répliques mollassonnes, voire des intonations complètement à côté de la plaque. Côté visuel, la majorité des plans sont rigides, avec une mise en scène statique qui engendre un rythme mou du genou. Visiblement, tous les efforts ont été concentrés sur les scènes de baston, qui sont décemment animées mais dont les enjeux peinent à convaincre, on le verra plus tard. Bref, la réalisation fait pitié à côté de n'importe quel anime à succès.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;C'est pas la super-forme&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sur le fond, la série se cherche beaucoup et tourne souvent autour du pot sans savoir comment conclure. Il y aurait pourtant plein de choses à dire sur la condition de « super-héros », la responsabilité que cela implique et le risque que posent des êtres humains capables de se transformer en armes de destruction massive du juor au lendemain. Pourtant, &lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt; peine à tracer sa voie et sortir des sentiers battus déjà explorés dans le mainstream. Le scénario alterne entre des questionnements existentiels sur l'héroïsme et romances adolescentes au travers de l'origin story de Mark, dans une histoire d'ado super-héros vue, revue et re-revue. Pour tenter de relancer la machine, des scènes chocs viennent s'intercaler dans ce schéma bien rodé, souvent gratuitement. Je trouve que Kirkman confond « scénario adulte » avec « violence et traumatisme » et oublie d'insérer des enjeux intéressants dans sa narration. Il y a quelques scènes de violence particulièrement marquantes mais elles sont souvent assez gratuites et semblent avoir pour raison d'être la volonté de faire d'&lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt; un produit &lt;em&gt;adulte&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, Kirkman se prend régulièrement les pieds dans le tapis de sa propre construction narrative. C'est vrai qu'il n'épargne à rien à ses personnages, qui souffrent en permanence face à une vie qui est loin d'être aussi rose que dans les comics de l'âge d'or. Néanmoins, la majeure partie de cette souffrance est purement sans conséquence. Les blessures physiques sont résorbées en un claquement de doigts grâce à la magie de la « médecine du futur high-tech » qui permet d'absolument tout réparer, de la chaire déchirée aux os brisés, en quelques jours. Les traumas psychologiques sont abordés pendant un ou deux épisodes, puis souvent abandonnés, à l'exception des méchants qui ont généralement le droit à une &lt;em&gt;backstory&lt;/em&gt; larmoyante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, les questionnements autour de la place des super-héros dans la société, pourtant centraux dans l'univers d'&lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt;, sont traités maladroitement. Kirkman ne semble jamais réussir à trancher par exemple la place que doit occuper Omni-Man, le père du héros et donc personnage à haute portée symbolique, qui oscille lentement entre allié et antagoniste, le cul entre deux chaises. D'ailleurs [spoiler] le scénario tient un double discours assez douteux autour du fait de tuer une personne pour en sauver d'autres, même involontairement. Dans la saison 1, Mark est gravement traumatisé par le fait d'avoir tué des innocents dans des dommages collatéraux, ce qui est parfaitement compréhensible. Pourtant, les super-héros de l'univers de la série ont une approche assez brutale, susceptible de provoquer beaucoup de dégâts et ce sujet n'est jamais évoqué avant la fin de saison, alors même que l'on assiste à plusieurs interventions franchement dangereuses de divers groupes de héros. En fait, personne d'autre que Mark ne semble se poser la question, ce qui est franchement étrange. Un autre exemple de moralité à géométrie variable est le semi-arc de rédemption amorcé par Omni-Man dans la saison 2 : Grayson est littéralement sauvé de sa programmation éthique Viltrumite par « le pouvoir de l'amour », ce qui ne présage rien de bon tant le personnage a commis (littéralement) des crimes contre l'humanité. Ces questionnements et ces contradictions peuvent donner lieu à des débats intéressants : au début de la saison 3, Mark s'oppose frontalement à Cecil et le GDA concernant la possibilité de réformer d'anciens super-vilains. Cecil pointe alors justement du doigt que Mark refuse aux autres la clémence qu'il a accordé à son propre père. J'espère que Kirkman résoudra cet arc narratif mais jusqu'à présent, tous les conflits entre les « gentils » se sont résolus de manière simple, voire simpliste (Mark n'a plus de problème d'identité secrète depuis qu'il est en couple avec une super-héroïne, Debbie a accepté Oliver malgré ses réticentes initiales, etc.). Je termine ici les spoilers mais je trouvais important de donner des exemples concrets du flou artistique que je reproche dans la façon qu'a Kirkman de construire son histoire.
[/spoiler].&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Hippopotame ou rhinocéros ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon dernier grief concernant &lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt; est son &lt;em&gt;power scaling&lt;/em&gt;. Il est de tradition dans les comics que le super-vilain soit juste assez fort pour tenir tête au super-héros, et souvent un peu plus fort pour forcer le héros à trouver un moyen de le battre. Dans &lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt;, ce principe est poussé à son paroxysme. D'un côté, Mark et ses ami⋅es ont des pouvoirs incroyables et absolument inégalé⋅es (Atomic Eve peut manipuler les fondamentaux de la matière). Pourtant, le moindre super-vilain venu est capable de les mettre en difficulté. Et même pas de façon intelligente en prenant des otages ou en entravant leurs pouvoirs, non, juste en étant costaud. En pratique, cela signifie que les capacités des super-héros fluctuent énormément d'un épisode à l'autre. Invincible est aussi faible ou fort que ce que le scénario impose dans une scène donnée, ce qui sabote la cohérence interne du récit. C'est un artifice acceptable dans un comics classique, mais &lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt; se positionne justement dans le camp des histoires &lt;em&gt;gritty&lt;/em&gt;, qui montre la face cachée plus réaliste des super-héros et des conséquences de leur existence dans un monde similaire au notre. Cet aspect est à mon sens complètement raté et participe à faire d'&lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt; un énième comics « pour adulte », confondant vulgarité avec maturité &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Finissons-en&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pendant mon visionnage des trois saisons d'&lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt;, j'ai lu beaucoup de critiques concernant cette série, dont quelques comparaisons avec le comics. Je trouve que les critiques ont été complaisantes avec cette série. C'est une adaptation passable d'un comics pour jeune adulte qui était peut-être novateur en 2004, mais qui a du mal à dégager un message clair qui justifierait sa popularité en 2025. Pour ma part, impossible de mettre une bonne note tant la réalisation accumule les défauts. Le pire, c'est que les auteurs en sont conscients, puisqu'ils plaisantent au sujet de l'animation dans la saison 2. Mais c'est pire de faire du mauvais boulot et d'en être conscient, une blagounette n'excusant pas la faiblesse technique. Le scénario de Kirkman souffre des travers de &lt;em&gt;The Walking Dead&lt;/em&gt; : des bonnes idées mais des arcs narratifs qui mettent des plombes à se résoudre, pour des payoffs rarement incroyables une fois que l'on retire le facteur choc des scènes traumatiques. En résumé, &lt;strong&gt;Invincible&lt;/strong&gt; est une série qui a du potentiel mais largement inexploité. Un peu comme son personnage titre, finalement.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;D'ailleurs la série est particulièrement prude en ce qui concerne la sexualité des personnages. D'un côté, tant mieux puisque ce sont des ados, de l'autre, c'est aussi un signe que le scénario n'est pas &lt;em&gt;si&lt;/em&gt; adulte que ça.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="série"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Daaaaaalí !</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-daaaaaali.html" rel="alternate"></link><published>2024-12-30T00:00:00+01:00</published><updated>2024-12-30T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-12-30:/critique-daaaaaali.html</id><summary type="html">&lt;h1&gt;Salvabof Dali&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Passons tout de suite aux choses qui fâchent : &lt;strong&gt;Daaaaaalí !&lt;/strong&gt; n'est pas le film qui va me rabibocher avec Quentin Dupieux. C'est un réalisateur que je n'apprécie guère à cause de ce que j'appellerai une flemmingite aiguë. Dupieux construit des univers fascinants, esthétiquement superbes, puis s'en lasse à environ …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;h1&gt;Salvabof Dali&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Passons tout de suite aux choses qui fâchent : &lt;strong&gt;Daaaaaalí !&lt;/strong&gt; n'est pas le film qui va me rabibocher avec Quentin Dupieux. C'est un réalisateur que je n'apprécie guère à cause de ce que j'appellerai une flemmingite aiguë. Dupieux construit des univers fascinants, esthétiquement superbes, puis s'en lasse à environ la moitié du film et finit par conclure sur une fin bâclée. Je partais donc avec un a priori négatif, d'autant plus que le sujet n'était pas pour me plaire : Dali, figure du surréalisme certes, mais aussi affreux personnage, réactionnaire, misogyne, prétentieux et chouchou de la droite monarchiste par-dessus le marché. Néanmoins, ce n'est pas un biopic que réalise Dupieux mais un « objet filmique », alors comme on dit, laissons sa chance au produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commençons par les éloges habituels. Oui, c'est très joli. L'univers décalé et absurde cher à Dupieux se marie parfaitement avec l'esthétique surréaliste de Dali. Le film a des plans superbes et de belles idées de mise en scène. Mais bon sang, que c'est frustrant de regarder un film qui se désamorce systématiquement à chaque fois qu'il s'apprête à dire quelque chose. Mon grief est récurrent envers le cinéma de Dupieux, cette manie de toujours se défausser par l'absurde. Ce schéma se répète dans tous ses films, comme si avoir un propos, une réflexion philosophique ou politique, risquait de l'exposer à la critique. Alors voilà, le film est court, pour une fois il a une vraie fin (même si bon, hein, quelle originalité d'avoir écrit une fin qui laisse planer le doute sur ce qui est réalité et fiction ! &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;). Ça n'empêche qu'il ne m'a pas beaucoup accroché, faute à un univers joli mais désespérement vide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le choix d'alterner entre quatre acteurs pour incarner Dali est audacieux mais sans réelle justification (ou alors j'ai loupé quelque chose). En pratique, ça se casse la gueule, en créant un mélange des genres entre un Jonathan Cohen plutôt inspiré &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, un Pio Marmaï tout à fait décent, un Gilles Lelouche et surtout un Edouard Baer complètement aux fraises qui peinent à être convaincants dans la peau du peintre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que le film ne traite en réalité pas tellement de Dali, qui est un prétexte pour nous parler d'autre chose. La véritable protagoniste de l'histoire est une journaliste envoyée interviewer le peintre, incarnée par Anais Desmoustier, par ailleurs excellente dans son rôle. Dupieux intègre dans son scénario un sous-texte : la journaliste souffre du syndrome de l'imposteur et est méprisée par le monde du documentaire. Dali l'utilise autant qu'elle l'utilise, comme faire-valoir afin de se faire une place dans son milieu. Cette histoire d'outsider inconnu, marginalisé par ses pairs, effectue un parallèle assez net avec Dupieux lui-même et sa place dans le cinéma français. Mais est-ce bien sérieux ? Je trouve ça complètement déconnecté de la part de Dupieux se positionner comme un &lt;em&gt;underdog&lt;/em&gt; du 7e art alors que c'est sûrement un des cinéastes français les plus bankables des dix dernières années.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout ceci est d'autant plus frustrant que j'ai envie d'aimer le cinéma de Dupieux. J'aime l'absurde, j'aime son esthétique, j'aime les prémices de ses films aux concepts complètement dingues. Pourtant, en arrivant au générique de fin, j'ai l'impression de ne rien avoir eu à me mettre sous la dent. Il m'en reste encore pas mal à voir, dont ses premiers (&lt;em&gt;Steak&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Rubber&lt;/em&gt; et surtout &lt;em&gt;Réalité&lt;/em&gt; que l'on m'a vendu comme un de ses meilleurs). Peut-être qu'il faut que je remonte à la source pour trouver cet électron libre, cet OVNI du cinéma français que la presse me promet avant chaque projection. Pour l'instant, je vois surtout un poseur qui a des bonnes idées mais un mal de chien à les mener au bout. Mais bon, je dois reconnaître que c'était beau, bien exécuté et qu'il y a du talent dans tous les départements. J'aurais juste aimé que ça prenne parti. Que ça dise quelque chose. N'importe quoi, qui ne consiste pas à part se regarder dans le miroir.&lt;/p&gt;
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&lt;p&gt;c'est bien sûr du sarcasme vu que Dupieux fait ça dans la moitié de ses films.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;il joue autre chose que Jonathan Cohen, ça fait plaisir à voir parce que c'est un comédien que j'ai envie d'apprécier mais qui sort rarement de sa zone de confort.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de BD - Les Envahichieurs</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-les-envahichieurs.html" rel="alternate"></link><published>2024-12-30T00:00:00+01:00</published><updated>2024-12-30T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-12-30:/critique-les-envahichieurs.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Envahichieurs&lt;/strong&gt; est un album de bande dessinée écrit et dessiné par l'excellent &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Dubuisson"&gt;Marc Dubuisson&lt;/a&gt;. C'est un recueil de strips, dans l'esprit de ses productions précédentes (&lt;em&gt;Ab absurdo&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Amour, djihad et RTT&lt;/em&gt;, que j'avais adoré), dans lequel des extraterrestres débarquent sur Terre suite à un désastre écologique sur leur …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les Envahichieurs&lt;/strong&gt; est un album de bande dessinée écrit et dessiné par l'excellent &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Marc_Dubuisson"&gt;Marc Dubuisson&lt;/a&gt;. C'est un recueil de strips, dans l'esprit de ses productions précédentes (&lt;em&gt;Ab absurdo&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Amour, djihad et RTT&lt;/em&gt;, que j'avais adoré), dans lequel des extraterrestres débarquent sur Terre suite à un désastre écologique sur leur planète. En vain, les aliens vont tenter d'avertir l'humanité que celle-ci court à sa perte si elle n'abandonne pas sa croissance capitaliste effrénée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, moi qui suis d'habitude très client de l'humour de Marc Dubuisson, cet album ne m'a pas laissé une forte impression. Comme d'habitude, le dessin est épuré, pour ne pas dire minimaliste, mais ce n'est pas gênant, l'humour des strips étant - d'habitude - porté par un sens affûté de la punchline. Mais est-ce que c'est parce que le maître a, à force, épuisé tous les sujets ? Ou bien simplement ce qui me faisait rire il y a quelques années a perdu toute rigolitude face à un climat politique particulièrement anxiogène ? Je ne sais pas. Cela fait déjà plusieurs années que je trouve que les strips de Dubuisson tournent en rond, sans beaucoup de renouvellement. Il faut bien dire que depuis le premier &lt;em&gt;Ab absurdo&lt;/em&gt; (sorti en 2016), peu de choses ont changé. L'écologie est toujours la cinquième roue du carosse et le macronisme est encore bien vivant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, les « envahichieurs », ces aliens pétris de bonne volonté prêtent à sourire. Après avoir détruit leur planète à grands coups d'industrialisation, les voilà sur Terre à prévenir l'humanité afin de lui épargner de subir à son tour le même sort. Ces envahisseurs sont immédiatemment catalogués bobos-écolos-wokistes par les humains, et donc rebaptisés « envahichieurs », jeu de mot digne de l'oncle gênant à Noël.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de plus ? Pas grand chose, hélas. Les gags tournent autour des marottes habituelles de Dubuisson et puisent allègrement dans l'actualité : les éditorialistes de télé, les politiques, l'écologie, le capitalisme, etc. Ce n'est pas particulièrement fin et la majeure partie des strips partagent d'ailleurs le même ressort comique :&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;un alien décrit factuellement un comportement humain,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;un autre alien décortique ce comportement au point de le rendre absurde,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;les aliens s'étonnent que les humains adoptent ce comportement absurde.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Un exemple suffit pour illustrer le schéma qui va se répéter dans tout l'album : « oh là là, les humains se partagent des techniques d'amincissement en se privant de nutrition pourtant essentielle, quitte à risquer leur santé ?! » dans un strip qui dénonce les régimes. Et vous avez le principe, qui pourra être décliné à toutes les sauces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au bout du compte, les vannes sont finalement très consensuelles &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et n'ont ni le mordant, ni le cynisme qu'on pouvvait retrouver dans &lt;em&gt;Start-up nation&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Amour, djihad et RTT&lt;/em&gt;. Si vous ne connaissez pas Dubuisson, je vous conseille d'ailleurs de commencer par ces deux albums, bien plus réussis à mon avis. Il faut dire également que le dessin simpliste contribue à une forme de répétitivité dans l'album, contrairement par exemple à &lt;em&gt;Charles Charles profession président&lt;/em&gt; &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, qui introduisait quelques gags visuels pour casser la routine. Globalement, &lt;strong&gt;Les Envahichieurs&lt;/strong&gt; s'installent rapidement dans une routine qui manque cruellement de variété et de renouvellement. Ça fait gentiment sourire, sans plus. J'espère que Dubuisson nous proposera d'autres albums un peu plus conceptuels par la suite &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;pour le public de Dubuisson, a priori de gauche.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;avec James au dessin.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;je vous conseille également &lt;em&gt;Le président est une noix de coco&lt;/em&gt;, au pitch absurde mais qui réussit à dire des choses sur l'état de la politique française.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="bd"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Red One</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-red-one.html" rel="alternate"></link><published>2024-12-20T00:00:00+01:00</published><updated>2024-12-20T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-12-20:/critique-red-one.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Red_One_(film)"&gt;Red One&lt;/a&gt; est un blockbuster Amazon au ubdget faramineux de 250 millions de dollars sorti en France juste avant les fêtes de Noël. Je m'attendais à ce que ce soit franchement nul et c'était juste moyen. Sur le papier, c'est sensé être fou : le père Noël (J.K. Simmons) est …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Red_One_(film)"&gt;Red One&lt;/a&gt; est un blockbuster Amazon au ubdget faramineux de 250 millions de dollars sorti en France juste avant les fêtes de Noël. Je m'attendais à ce que ce soit franchement nul et c'était juste moyen. Sur le papier, c'est sensé être fou : le père Noël (J.K. Simmons) est enlevé et son bras droit (Dwayne Johnson) s'associe avec un mercenaire (Chris Evans) pour retrouver sa trace. Le tout avec un casting secondaire fabuleux (Lucy Liu, Bonnie Hunt, Kristofer Hivju, Mary Elizabeth Ellis, Marc Evan Jackson, Nick Kroll et Kiernan Shipka). Un film d'action à gros budget dans un enrobage de film de Noël, que demande le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Évacuons déjà l'éléphant dans la pièce : oui, c'est un scénario de blockbuster, cousu de fil blanc et pétri de bons sentiments. Les gentils sont gentils, les méchants sont méchants, il y a de la bagarre, des punchlines rigolotes et des effets spéciaux en veux-tu en voilà. C'est pas moche mais c'est rarement beau, même s'il y a quelques efforts de direction artistique que j'ai bien apprécié (les bonhommes de neige, Garcia et Krampus en particulier). Le film dure 2h, ce qui est un peu long, la faute à un prologue mollasson qui met 30 minutes à installer une intrigue bête comme chou avec un B-plot sur Chris Evans et son fils.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un problème majeur, c'est que le buddy movie Dwayne Johnson/Chris Evans s'essouffle rapidement. The Rock est en pilote automatique complet depuis 10 ans (les mauvaises longues diront 20) et nous ressort exactement le même personnage de bourrin au grand cœur qu'à son habitude. Avec un peu d'autodérision, certes, mais complètement factice. Johnson joue quelqu'un qui ne se prend pas au sérieux, plutôt que de l'être. Chris Evans s'en sort plutôt pas mal dans un registre mi-action hero, mi-comique, qui m'a rappelé Ryan Gosling dans The Nice Guys. Malheureusement, en tant qu'outsider au « monde de Noël », il se retrouve généralement cantonné à répéter ce que dit Johnson avec un air surpris pour bien souligner que c'est quand même TROP BIZARRE ces trucs magiques de Noël ! Les dialogues suivent à peu près tous le même schéma et puis Dwayne ne perd jamais, donc on s'ennuie pas mal, même quand ça se tape dessus. On ne peut même pas s'appuyer sur les personnages secondaires qui cumulent chacun même pas cinq minutes de présence à l'écran. Lucy Liu fait du kung fu pendant environ vingt secondes. Quel gâchis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre souci, de fond cette fois-ci, c'est que le film militarise Noël. Oui oui. Le pôle Nord est une sorte d'Isengard de la production de joujous, fortifiée comme une base de l'US Army. Dans une des premières scènes du film, le père Noël est escorté jusqu'à chez lui par des F-16. Ajoutez à ça un service de sécurité, des connexions à une agence gouvernementale et vous avez un joli glouba-boulga au centre duquel le père Noël est en gros l'équivalent du président américain dans les innombrables films de kidnapping. J'ai été franchement dérangé par cette propagande militariste en filigrane tout le long du film et qui me semble vraiment de mauvais goût en juxtaposition avec un film d'action certes, mais à portée familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bilan des courses, c'est un 5/10 un peu piteux. C'est un blockbuster pas désagréable à regarder et j'aurais sûrement trouvé ça sympa quand j'avais 11 ans. Néanmoins, ça confirme la trajectoire prise par Dwayne Johnson et signe, hélas, la fin de mon appréciation de cet acteur dont la présence est désormais signe de film sans intérêt.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Ne coupez pas !/Coupez !</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-ne-coupez-pas.html" rel="alternate"></link><published>2024-11-03T00:00:00+01:00</published><updated>2024-11-03T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-11-03:/critique-ne-coupez-pas.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Une fois n'est pas coutume, cette critique parle de deux films en même temps : d'une part &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ne_coupez_pas_!"&gt;Ne coupez pas !&lt;/a&gt; réalisé par Shin'ichiro Ueda et sorti en 2017, d'autre part de son remake français &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coupez_!_(film)"&gt;Coupez !&lt;/a&gt; réalisé par Michel Hazanivicius et sorti cinq ans plus tard en 2022. Si vous n'avez vu …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Une fois n'est pas coutume, cette critique parle de deux films en même temps : d'une part &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Ne_coupez_pas_!"&gt;Ne coupez pas !&lt;/a&gt; réalisé par Shin'ichiro Ueda et sorti en 2017, d'autre part de son remake français &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Coupez_!_(film)"&gt;Coupez !&lt;/a&gt; réalisé par Michel Hazanivicius et sorti cinq ans plus tard en 2022. Si vous n'avez vu aucun de ces films, je vous invite sérieusement à fermer cet onglet et revenir plus tard. Je suis loin d'être procédurier concernant les &lt;em&gt;spoilers&lt;/em&gt; mais &lt;strong&gt;(Ne) coupez (pas) !&lt;/strong&gt; est un des rares films qu'il me semble réellement bénéfioque de voir sans aucune information préalable. Pas seulement pour l'effet de surprise mais aussi pour profiter au mieux du message du film. Contrairement à d'autres critiques du blog, je vais entrer dans les détails et dévoiler énormément de choses. Fin de l'avertissement, on entre dans le vif du sujet.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Ne coupez pas ! : un miracle en trois actes&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne coupez pas !&lt;/strong&gt; est le premier long métrage de Shin'ichiro Ueda, tourné avec un budget dérisoise (3 millions de yen, soit environ 20 000€) avec des étudiant⋅es d'une école d'art dramatique. Je précise car le contexte a son importance. Le film a mis du temps à être distribué (il n'est sorti en France qu'en 2019) et ne l'a été que grâce à son succès au box-office japonais, où il a fait un carton (plus de 20 millions d'euros). Je m'y suis intéressé assez tôt : avant même sa sortie française, le bruit courait sur les forums de nerds et les réseaux sociaux que le film était une petite pépite. On me l'avait vendu avec des critiques dithyrambiques concernant sa mise en scène, les twists de son scénario et son jeu avec la quatrième mur. Mais surtout on m'avait recommandé d'y aller sans me renseigner avant. Bilan des courses, j'ai réussi à voir le film récemment (oui, il m'a fallu six ans pour trouver l'occasion) à peu près à l'aveugle, connaissant seulement de l'intrigue un bref synopsis : un réalisateur tourne un film de zombies et ça part en vrille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;90 minutes plus tard, quelle merveilleuse surprise. &lt;strong&gt;Ne coupez pas !&lt;/strong&gt; est bien plus qu'un film de zombies, c'est un film sur le cinéma, sur la création artistique et sur la puissance du collectif. J'ai énormément d'affection pour les films qui arrivent à faire beaucoup avec peu. &lt;strong&gt;Ne coupez pas !&lt;/strong&gt; est clairement un petit miracle de ce point de vue. Film fauché par excellence, qui embarque des comédien⋅nes inconnu⋅es dans un ambitieux plan séquence de 30 minutes, bricolé avec les moyens du bord, la prouesse technique est impressionnante.
Comme je pense beaucoup de gens, j'ai douté devant les erreurs manifestes du début du film. Les dialogues hésitants, les effets spéciaux approximatifs, je me suis demandé : vraiment, c'est un film aussi amateur que ça ?
Chaque « erreur » est bien sûr en réalité millimétrée, mais participe à faire douter le public à chaque instant.
Même des aspects techniques « objectivement » perfectibles, comme la photo et le cadrage, sont tout simplement parfaits et servent le propos du film.
Je trouve que le film dans le film, qui nous est montré dans le premier tiers, a un cachet exceptionnel. On croit viscéralement à l'amateurisme de ce court-métrage de zombies fauché, parce que... ben &lt;strong&gt;Ne coupez pas !&lt;/strong&gt; est un film de zombies fauché.
Les comédien⋅nes sont excellent⋅es, avec une direction d'acteur qui gère à merveille la mise en abyme du film dans le film dans le film. On passe avec fluidité des personnages du film à leurs comédien⋅nes, avec une justesse remarquable.
Et je pense que c'est l'expérience du tournage de &lt;strong&gt;Ne coupez pas !&lt;/strong&gt; avec si peu de budget et plein de débrouille qui permet de retranscrire cette vision au sein même du film.
L'utilisation des véritables noms des comédien⋅nes pour les personnages brouille encore plus les pistes et contribue à ce gradient fictionnel entre la réalité, le film et le film dans le film et le film dans le film dans le film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, il faut admette que le second tiers de &lt;strong&gt;Ne coupez pas !&lt;/strong&gt; est un peu mou. Revenir sur les conditions dans lesquels Takayuki se retrouve à réaliser &lt;em&gt;One cut of the Dead&lt;/em&gt; soulève des questions intéressantes sur le cinéma et les compromis inhérents à la création artistique moderne. Takayuki, tiraillé entre sa famille, la production et ses aspirations de réalisateur est éminemment sympathique. Reste que cette partie du scénario est un peu nombriliste et illustre encore que le cinéma adore une chose : parler de lui-même.
Même si tout est « nécessaire » pour bien culminer vers le climax, la mise en scène et les dialogues dans la « vraie vie » manquent de punch et l'intrigue semble pédaler dans la choucroute. J'ai été curieux de voir comment chaque participant⋅e au projet allait s'y retrouver mais honnêtement, il y a eu une bonne quinzaine de minutes pendant lesquelles je me suis demandé où l'histoire comptait m'amener. Je me doutais que l'on verrait les coulisses de ce fameux tournage en live de &lt;em&gt;One Cut of the Dead&lt;/em&gt;. L'astuce d'en faire une diffusion en direct créé également un nouvel enjeu : on sait que Takayuki va y arriver, mais on se demande maintenant par quels moyens il y est parvenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est toute la beauté du dernier tiers de &lt;strong&gt;Ne coupez pas !&lt;/strong&gt;. Un nouveau plan de séquence de 30 minutes qui nous montre littéralement l'envvers du décor. C'est une belle astuce du scénario et une jolie ruse du réalisateur, qui a semé derrière lui de nombreuses « erreurs » dont on va désormais découvrir qu'elles étaient parfaitement calculées. C'est tout simplement génial. Malgré tout, tous les personnages se valent pas. La petite famille Takayuki, Mao et Harumi bénéficie de bien plus d'emphase que Aika et Chinatsu, par exemple, dont l'arc narratif se termine en eau de boudin, sans aucune résolution claire. Mais quel concept ! Quelle exécution ! Nous présenter une galerie d'être humains, faillibles chacun⋅e à leur façon, qui parviennent à surmonter les obstacles pour construire ensemble une œuvre artistique, de façon aussi &lt;em&gt;vraie&lt;/em&gt;, c'est épatant. Cerise sur le gâteau, j'ai adoré la fin, où l'absence de grue pour lever la caméra est surmontée par une littérale pyramide humaine, triomphe du collectif sur l'individuel. J'ai trouvé ce message de conclusion touchant et porteur d'espoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne coupez pas !&lt;/strong&gt; a été une excellente surprise, une petite pépite rendue possible par un alignement d'astres qui ne se reproduira pas de sitôt.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Coupez ! : copie conforme&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Et voilà qu'en 2022 sort en salles &lt;strong&gt;Coupez !&lt;/strong&gt;, nouveau film de Michel Hazanavicius, réalisateur en tête de gondole du cinéma français des deux dernières décennies (césarisé, oscarisé, rien que ça). Comme beaucoup j'ai découvert ado &lt;em&gt;La Classe américaine&lt;/em&gt; et j'ai eu ma dose de rires devant les deux premiers &lt;em&gt;OSS 117&lt;/em&gt;. Néanmoins, j'ai des a priori négatifs concernant les adaptations occidentales de films du cinéma asiatique, tout particulièrement des griefs envers les repompes des classiques du cinéma japonais et coréen &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Hazanavicius reste un cinéaste que j'apprécie &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; donc il faut donner sa chance au produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, je trouve que l'adaptation est bien fichue. Je ne reviens pas sur le scénario puisque c'est un décalque quasiment plan par plan du film de Shin'ichiro Ueda. Le remake se place à la fois dans la continuité de l'original sans prétendre à le remplacer. En clin d'œil à l'original, Rémi, le personnage principal du réalisateur &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, a pour mission d'adapter &lt;em&gt;One cut of the Dead&lt;/em&gt;, petit film japonais de zombies, en plan séquence, diffusé en direct et qui a fait un carton dans son pays. C'est une plutôt bonne idée qui permet de replacer le scénario dans l'espace culturel français avec ses acteurs et actrices bien de chez nous. Il y a quelques trouvailles que j'ai bien aimé, comme le fait d'avoir conservé les noms japonais, extrêmement perturbant mais justifié dans le film par la volonté de la production d'emmerder le réalisateur qui n'en fait qu'à sa tête. L'ajout de Faith, musicien et bruiteur qui n'a pas d'équivalent dans l'original, incarné par le souvent drôle Jean-Pascal Zadi, ajoute quelques bons gags au film. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci étant dit, la magie à l'œuvre dans &lt;em&gt;Ne coupez pas!&lt;/em&gt; était celle du cinéma indépendant, à la limite de la production amateur. Hazanavicius ne joue absolument pas dans la même, son remake étant d'ailleurs doté d'un budget plus de cent fois supérieur à celui de l'original. Cette adaptation manque cruellement du charme de la débrouille. La photo est trop propre, la lumière trop jolie et surtout les comédien⋅nes sont trop connu⋅es : Romain Duris, Bérénice Béjo, Jean-Pascal Zadi, Grégory Gadebois, Matilda Lutz, Raphaël Quenard, Finnegan Oldfield, je fais la liste pour bien que vous compreniez le niveau. En castant autant de personnalités en vogue du cinéma français, en abusant de la débauche de moyens auxquels il a accès, Hazanivicius sabote toute la subtile confusion de l'original qui savait flouter la frontière entre réalité et fiction. Du coup, les « erreurs » sautent aux yeux du public, mais on conscientise parfaitement que celles-ci sont volontaires. C'est un film d'Hazanavicius et c'est Bérénice Bajo qui est en train de bafouiller sa réplique, bien sûr que c'est fait exprès ! Comment ça ne pourrait pas être fait exprès ? En fin de compte, le métrage fait « faux », presque pastiche, là où l'original laissait toujours planer le doute : qu'est-ce qui est fait exprès, qu'est-ce qui est accident ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis voilà, côté casting, c'est &lt;em&gt;hit and miss&lt;/em&gt;. Je trouve que Romain Duris est souvent à côté de ses pompes et a du mal à sortir le même enthousiasme chaotique de Takayuki Hamatsu dans son rôle de réalisateur médiocre mais inspiré. Les membres du trio de tête (Finnegan Oldfield, Bérénice Bejo et Matilda Lutz) font du bon boulot, même si les dialogues écartèle parfois leurs personnages dans des directions un peu confuses, la faute à une traduction française peut-être un peu trop franchouillarde. Côté personnages secondaires, c'est simple, on prend des gens qui jouent ont l'habitude jouer un peu tout le temps la même chose. Donc on retrouve avec plaisir Gadebois, Zadi, Chassagne et Quenard qui jouent... la même chose que d'habitude, chef. Les adaptations du scénario et des dialogues m'ont semblées superflues à plusieurs reprises, préférant souvent la blague un peu facile plutôt que conserver les aspérités des personnages. L'ensemble laisse une impression plus lisse, plus consensuelles et moins anguleuse que l'original.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la réflexion, je trouve en fait qu'il y a quelque chose d'extrêmement prétentieux à vouloir refaire &lt;em&gt;Ne coupez pas !&lt;/em&gt; en singeant son aspect cheap. Dans l'original, la débrouille est nécessaire, c'est un indispensable face aux moyens ridicules dont disposaient Ueda. Du coup, le film transpire l'amateurisme parce que c'est amateur, c'est un premier long-métrage, fauché, techniquement sous-équipé, joué par des gens dont c'est la première apparition à l'écran. Voir Hazanavicius débarquer avec ses potes et cinq millions d'euros en poche pour refaire le film en bien mieux, puis lui ajouter un vernis « bricolé » me semble malhonnête artistiquement. &lt;strong&gt;Coupez !&lt;/strong&gt; m'a donné par moments l'impression de voir une bande de premiers de la classe faire les idiots, dans le luxe et le confort de leur position privilégiée du cinéma français. Iels savent pertinemment que ce film ne comporte aucun risque pour leur avenir, qu'au pire iels n'auront fait que s'amuser, grâce au filet de sécurité que représentent leurs carrières respectives. &lt;sup id="fnref:4"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:4"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En résumé, je ne peux pas dire que j'ai passé un mauvais moment devant &lt;strong&gt;Coupez !&lt;/strong&gt;. Cependant, j'aurais apprécié un peu plus d'humilité de la part des égéries du cinéma français. Ce remake force trop le trait pour être attachant. Si j'avais dû confier cette adaptation à un⋅e français⋅e, j'aurais préféré dénicher un⋅e réal moins connu⋅e, avec un budget moins élevé et surtout moins de star talent, pour faire honneur à l'original. Ça reste une adaptation qui se regarde et aura le mérite de faire découvrir le film aux allergiques de la VOST ou de l'esthétique du cinéma japonais.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;je pense en particulier à &lt;em&gt;Oldboy&lt;/em&gt; (remake mal fichu par Spike Lee de l'excellent film de Park Chan-wook) et à &lt;em&gt;The Ring&lt;/em&gt; (classique de l'horreur japonaise réalisaé par Hideo Nakata, remake passable mais peu intéressant par Gore Verbinski).&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;dans le domaine de la comédie du moins, j'ai détesté &lt;em&gt;The Artist&lt;/em&gt; que j'ai trouvé crâneur et creux.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;incarné par Romain Duris, qui me sort par les trous de nez mais c'est peu pertinent à préciser ici.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:4"&gt;
&lt;p&gt;un travers qui est partagé avec &lt;em&gt;The Disaster Artist&lt;/em&gt; de James Franco, qui se moque allègrement de &lt;em&gt;The Room&lt;/em&gt; du détestable Tommy Wiseau, en retournant ses mauvaises scènes les plus cultes juste pour le fun.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:4" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Loups-Garous</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-loups-garous.html" rel="alternate"></link><published>2024-11-02T00:00:00+01:00</published><updated>2024-11-02T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-11-02:/critique-loups-garous.html</id><summary type="html">&lt;h1&gt;Lourds-Garous&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Par curiosité un peu morbide, j'ai vu &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loups-garous_(film,_2024)"&gt;&lt;strong&gt;Loups-Garous&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, film Netflix réalisé par François Uzan (surtout connu pour la série &lt;em&gt;Lupin&lt;/em&gt;) et adaptation officielle du jeu &lt;em&gt;Loups-Garous de Thiercelieux&lt;/em&gt;.  Oui, le concept est un peu bizarre mais je dois avouer que voir Franck Dubosc et Jean Reno dans ce film …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;h1&gt;Lourds-Garous&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Par curiosité un peu morbide, j'ai vu &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Loups-garous_(film,_2024)"&gt;&lt;strong&gt;Loups-Garous&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;, film Netflix réalisé par François Uzan (surtout connu pour la série &lt;em&gt;Lupin&lt;/em&gt;) et adaptation officielle du jeu &lt;em&gt;Loups-Garous de Thiercelieux&lt;/em&gt;.  Oui, le concept est un peu bizarre mais je dois avouer que voir Franck Dubosc et Jean Reno dans ce film a questionné le nanardeur qui sommeille en moi. Je me suis donc lancé bon an mal an dans ce visionnage, espérant une pépite honteuse mais j'ai finalement trouvé un film d'aventure passable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors oui, le scénario n'est pas très finaud, on est face à un croisement entre &lt;em&gt;Jumanji&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Loups-Garous de Thiercelieux&lt;/em&gt;. Une famille banale (un papa, une maman, une fille, un garçon et le grand-père) se retrouve emportée dans le monde de Loups-Garous et doit, bien sûr, trouver le moyen d'en sortir. Le jeu d'acteur est comme trop souvent desservi par des dialogues d'une platitude invraisemblable. Il n'y a aucune alchimie entre les comédien⋅nes et on ne croit pas un seul instant à la famille qui nous est présenté. Chaque réplique sonne tragiquement faux, les ados s'expriment comme des adultes et les adultes comme des poupées de cire. Mais bon, on n'est pas là pour un drame familial, on est là pour une petite comédie d'action à se mater au coin du feu. Pas de bol, l'humour est assez faiblard, reposant surtout sur l'incongruité pour une famille moderne de se retrouver au Moyen-Âge, ressortant ainsi des gags et des situations vus et revus des centaines de fois. Mince.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En dépit de ces défauts, le film reste mignonnet. Le scénario est un peu couillon par moments mais bien moins que ce qu'il aurait pu être. Dubosc, sans être d'une grande subtilité, parvient à peu près à se réfréner dans le cabotinage &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, Suzanne Clément parvient à rendre sincère des discours féministes franchement fades et Jean Reno est touchant en vieux papi pétri de bons sentiments. Les jeunes comédien⋅nes qui incarnent les ados s'en sortent même plutôt bien, le scénario ayant la bonne idée de les placer au centre de l'intrigue avec quelques bonnes idées thématiques (l'influenceuse se retrouve condamnée à être invisible, tandis que le jeune ado qui cherche sa voie a le pouvoir de voler l'identité des autres). Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, ces bonnes idées sont sous-exploitées mais elles ont le mérite d'exister dans un film qui aurait pu être franchement plus con. Dans l'ensemble, il n'y a rien de révolutionnaire et &lt;strong&gt;Loups-Garous&lt;/strong&gt; n'échappe pas à quelques gags crasses, voire carrément homophobes à chacune des apparitions du personnage de Piero.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis techniquement, ce n'est pas si pire. Il y a quelques idées de mise en scène (pas forcément réussies mais au moins le film &lt;em&gt;tente&lt;/em&gt; des choses), des effets spéciaux assez parcimonieux (à part à la fin où c'est le festival à la saucisse) et les décors et les costumes sont d'étonnamment bonne facture pour une production Netflix. Il y a du budget, la photo est propre, le montage est fluide, on est loin de la catastrophe que j'imaginais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors voilà, je n'ai pas honte de le dire : si je l'avais vu étant gosse, j'aurais bien aimé ce film. Le thème est familial et même s'il y a bien sûr des libertés prises par rapport au jeu, je trouve que c'est une adaptation &lt;em&gt;correcte&lt;/em&gt; de &lt;em&gt;Loups-Garous&lt;/em&gt; et tout à fait compréhensible, que l'on ait joué au jeu de société ou non. Au fond, je suis un peu déçu du film, parce que je m'attendais à un bon gros navet et j'ai en réalité vu « juste » un film moyen. Dubosc m'avait habitué à mieux ! Ou pire, je sais plus.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;à l'exception d'une scène qui m'a donné envie d'envoyer la télécommande dans la télé, vous saurez si vous regardez le film.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - The Apprentice</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-the-apprentice.html" rel="alternate"></link><published>2024-11-01T00:00:00+01:00</published><updated>2024-11-01T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-11-01:/critique-the-apprentice.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Je suis mitigé. &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Apprentice_(film)"&gt;The Apprentice&lt;/a&gt; est un biopic à la fois bien et mal fait. Il est réalisé par Ali Abbasi, qui bénéficie d'une certaine liberté grâce au carton de la série &lt;em&gt;The Last of Us&lt;/em&gt;. En dépit du titre, qui référence l'émission de téléréalité animée par Trump dans les …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Je suis mitigé. &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/The_Apprentice_(film)"&gt;The Apprentice&lt;/a&gt; est un biopic à la fois bien et mal fait. Il est réalisé par Ali Abbasi, qui bénéficie d'une certaine liberté grâce au carton de la série &lt;em&gt;The Last of Us&lt;/em&gt;. En dépit du titre, qui référence l'émission de téléréalité animée par Trump dans les années 2000, &lt;strong&gt;The Apprentice&lt;/strong&gt; se concentre sur le début de sa carrière, de sa rencontre avec son mentor Roy Cohn en 1973 jusqu'à l'écriture de son autobiographie à la fin des années 80.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Techniquement, c'est bien foutu. Sebastian Stan est excellent en Donald Trump, captant ses mimiques et son phrasé sans pour autant tomber dans une caricature digne du SNL. Jeremy Strong, déjà solide dans &lt;em&gt;Succession&lt;/em&gt;, campe ici un Roy Cohn aussi charismatique que détestable. Cerise sur le gâteau, Maria Bakalova incarne une Ivana Trump crédible, ni gaudiche, ni femme-trophée. Le soin apporté à l'image est considérable et permet à Abbasi de retranscrire la photo de l'époque. Pourtant, le scénario est surprenamment tiède pour une personnalité aussi hideuse que celle de Trump. La première moitié du film est absolument dominée par Roy Cohn, dont je ne connaissais pas bien l'histoire mais qui se révèle être un personnage nettement plus intéressant que le jeune Donald. Passé la moitié du métrage, Cohn laisse la place à Trump et le film s'affaisse d'un seul coup, mêlant des scènes anecdotiques de la biographie de l'ex (et futur) président américain. Certes, ces moments illustrent tour à tour différentes facettes de la personnalité de Trump, aussi bien misogyne, arnaqueur, égocentrique, raciste et violeur. L'ensemble perd cependant en cohérence et peine à transcrire comment cet homme d'affaires véreux a réussi à tirer son épingle du jeu à coups de services rendus et renvois d'ascenseur. Qui plus est, chaque scène est l'occasion d'introduire de nouveaux personnages secondaires, sans épaisseur et qui n'interviendront qu'une fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fond du problème, c'est finalement que Trump est une personne réelle. Si &lt;strong&gt;The Apprentice&lt;/strong&gt; était une pure fiction, ce serait un bon film sur les rouages du monde des affaires américain dans les années 70/80. Néanmoins, c'est impossible de faire abstraction du contexte, surtout qu'il sort en salles trois semaines avant l'élection américaine. Avec cette perspective à l'esprit, difficile de comprendre pourquoi &lt;strong&gt;The Apprentice&lt;/strong&gt; n'est pas plus « explosif ». Les crimes, financiers ou non, commis par Trump sont évoqués du bout des lèvres, sans aucune conséquence sur la narration. L'histoire s'arrête juste avant ses déboires financiers majeurs des années 90 et son premier divorce, ce qui est à mon avis une erreur majeure. On termine avec un Trump certes détestable, mais au sommet de sa gloire. Il ment à tout le monde, mais avant tout à lui même, ce qui l'humanise beaucoup. Involontairement, le film est en fait une figure de requin, impitoyable et à succès. Pourtant, c'est bel et bien un château de cartes que Trump a construit, d'une fragilité considérable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus maladroit encore, le film sous-entend que toute la stratégie de communication politique de Trump était déjà intégrée dans son fonctionnement il y a cinquante ans. En hérigeant Roy Cohn en figure de mentor, la tactique du &lt;em&gt;deny, deflect, delay&lt;/em&gt; devient un héritage spirituel adapté par Trump à sa sauce. Je trouve cette construction narrative complètement artificielle, en plus d'être simpliste. Le système Trump a bénéficié de nombreuses complicités dans les institutions américaines, aussi bien le parti Républicain qui l'a accepté en son sein, mais aussi les médias, conservateurs comme progressistes, qui lui ont déroulé le tapis rouge sans discernement, ni discours contradictoire. La responsabilité des élites américaines est quasi-intégralement éludée dans le message de fin renvoyé par &lt;strong&gt;The Apprentice&lt;/strong&gt;, rendant Trump présidentiable de façon immanente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, il y a à mon sens un énorme problème de timing dans ce film et le message qu'il porte. C'est sûrement un joli coup marketing pour Abbasi qui surfe sur la médiatisation de Trump actuelle. Néanmoins, j'ai du mal à ne pas y voir une bonne dose de cynisme. Une petite déception.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>J'ai joué à Far Cry 6</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-far-cry-6.html" rel="alternate"></link><published>2024-10-06T00:00:00+02:00</published><updated>2024-10-06T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-10-06:/critique-far-cry-6.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Ma confession nulle du jour, c'est que j'aime bien la licence &lt;strong&gt;Far Cry&lt;/strong&gt;.
J'avais un peu joué à la première partie du premier Far Cry (2004), avant de lâcher quand les monstres débarquent.
J'ai souvenir de passages dans les bunkers assez difficiles et un peu flippants qui m'ont découragé quand …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Ma confession nulle du jour, c'est que j'aime bien la licence &lt;strong&gt;Far Cry&lt;/strong&gt;.
J'avais un peu joué à la première partie du premier Far Cry (2004), avant de lâcher quand les monstres débarquent.
J'ai souvenir de passages dans les bunkers assez difficiles et un peu flippants qui m'ont découragé quand j'y ai joué vers 2006/2007.
Cela dit, c'est une exception dans la licence puisque c'est le seul à avoir été par un studio externe à Ubisoft: Crytek.Far Cry utilise un moteur de jeu spécialement développé pour, le CryEngine, qui offrait des graphismes exceptionnels pour l'époque.
Crytek sera ensuite embauché par EA pour développer l'excellent Crysis, que j'ai poncé comme jamais quand j'avais quinze ans.
Néanmoins, la licence Far Cry est elle restée dans les mains d'Ubisoft, qui l'a confiée en interne à son studio Ubisoft Montréal.
Autant je n'ai pas d'amour particulier pour Far Cry 1, autant j'ai adoré Far Cry 2 (2008).
Son ambiance incroyable de guerre civile en Afrique centrale était unique en son genre avec une grande carte ouverte de 50km². Il utilise alors le Dunia Engine, en fait le CryEngine adapté à la sauce Ubisoft, qui servira de base à tous les Far Cry suivants. Le moteur délivre des prestations visuelles encore magnifiques, en plus d'une gestion des incendies qui m'a réconcilié avec le cocktail Molotov dans les jeux vidéo.
Comme beaucoup, j'ai ensuite pris la « claque » Far Cry 3, dont le succès retentissant, critique et commercial, en a fait mètre-étalon pour les épisodes suivants. 
La mise en abyme du scénario qui questionnait les joueur⋅euses sur notre enthousiasme collectif pour la violence vidéoludique était une grande surprise de la part d'Ubisoft, qui nous avait habitué à des scénarios sans queue ni tête (Far Cry 3 sort en 2012, soit la même année qu'Assassin's Creed III).
Far Cry 4 (2014) a tenté de conserver cette magie, en s'éloignant du soleil des îles du sud, remplacées par les montagnes de l'Himalaya. Pourtant, la dictature fictive du Kyrat n'a pas fait grande impression, le gameplay n'arrivant pas à se renouveler. Qui plus est, les scénaristes se prennent les pieds dans le tapis à vouloir se montrer « plus malin que les joueur⋅euses ».
J'avais de bonnes attentes pour Far Cry 5 (2018), dont la bande-annonce promettait un discours radical sur la montée du fascisme trumpiste dans le Montana. Peine perdue, toute idéologie politique est diluée dans du relativisme à deux balles, la plupart des personnages n'ayant aucune agentivité et donc aucune responsabilité à cause d'une sombre histoire de contrôle mental.
Le jeu est sauvé par un gameplay divertissant, quoique répétitif, qui propose un bon équilibre entre infiltration, gunfight et exploration.
Alors, avec Far Cry 6, sorti en 2021, est-ce que Ubisoft renouvelle sa licence ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je veux dire, bien sûr que non.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Sang chaud de Cuba&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme de coutume depuis Far Cry 2, le jeu se déroule dans une nation fictive mais fortement inspiré d'un pays réel.
Après le Rwanda, la Papouasie Nouvelle-Guinée, le Bhoutan et le Montana, Ubisoft met le cap direction donc Cuba, pardon Yara.
L'archipel est sous la mainmise d'Anton Castillo (incarné par Giancarlo Esposito, excusez du peu), fils du précédent dictateur de l'île qui avait pourtant été renversé en 1967.
Anton est parvenu à se faire élire et a instauré une nouvelle dictature, suivant ainsi les traces de son papounet. Comme tout bon despote, il prépare son fils de 13 ans, Diego, à prendre sa suite.
Mais c'est bien sûr sans compter plusieurs factions adeptes de la guerilla qui cherchent à libérer le pays, à commencer par Libertad, la faction que rejoindra læ protagoniste Dani Rojas &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; au début du jeu.
Oui, læ, puisqu'il est possible de choisir si Dani est un homme ou une femme. Bravo Ubi, trois ans après Assassin's Creed Odyssey, vous préférez encore payer les doublages deux fois plutôt que d'assumer de mettre un protagoniste féminin dans vos licences. Au moins, l'option existe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, après une intro un peu longuette durant laquelle Dani voit ses potes mourir lors d'un raid des milices, on comprend vite qu'on va manger du dialogue hispanisant, ponctué de &lt;em&gt;amigo&lt;/em&gt; et de &lt;em&gt;guerrillero&lt;/em&gt; à tout bout de champ.
C'est sympa, ça fait couleur local et, comme dans les opus précédents, les environnements sont franchement jolis, ça donne envie de se balader.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Et ça fait bim, bam, boum&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Côté gameplay, c'est simple : on prend Far Cry 5 et on recommence. Tout y est, de la wingsuit pour se déplacer plus rapidement aux camps à libérer en passant par les innombrables coffres à déverrouiller pour des nouveaux équipements.
Il y a, comme dans tous les jeux Ubisoft, beaucoup trop d'objets à collectionner et la carte fourmille de marqueurs à visiter, à en donner le tournis. Sincèrement, je pense ne pas avoir fait le tiers des activités prévus et j'ai pourtant passé les 30 heures de jeu.
C'est juste trop répétitif sur la durée.
Néanmoins, le feeling des combats est bon. Le jeu propose une bonne diversité d'armes, combinée à des équipements et des modifications à fabriquer qui permettent d'envisager pas mal d'approches différentes.
Cela dit, cette diversité ne s'est pas vraiment ressentie dans ma façon de jouer.
En effet, j'ai tendance à converger vers un arsenal qui convient à mon approche et à m'y tenir.
En conséquent, mon équipement n'a pas changé d'un pouce pendant le dernier tiers du jeu, sachant que j'avais de toute façon déjà débloqué les armes les plus puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois dire par ailleurs que les micro-transactions, bien que complètement optionnelles, gâchent complètement le plaisir de l'exploration. En dépensant quelques euros, il est possible d'accéder dès le début du jeu à des armes bien meilleures que tout ce qu'il est possible de dénicher en jouant normalement.
Je ne vois pas l'intérêt et j'imagine que c'est une décision imposée par le département monétisation pour tenter d'extraire quelques brouzoufs en plus de la licence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, j'ai quand même passé un bon moment à jouer (la preuve, j'ai fini le scénario principal). Les missions sont plutôt variées, même s'il y a un peu de remplissage ici et là. Les environnements offrent une bonne diversité, le monde complètement ouvert contient des tonnes de véhicules pour se déplacer (même des zèbres !), la bagarre est plaisante sans être trop punitive. Bref, c'est une expérience de jeu tout à fait satisfaisante. Je regrette tout de même que, comme depuis Far Cry 3, il soit plus ou moins obligatoire de chasser des animaux pour le craft. Far Cry 6 se permet même d'en rajouter une couche avec un mini-jeu de combat de coqs, heureusement complètement facultatif. C'est de manière générale une tar dont souffre tous les épisodes de la licence, qui se ressemblent éhontément, jusqu'à systématiqument partager les mêmes missions, par exemple la sempiternelle mission « sous influence » avec des hallucinations et autres effets de distorsions visuelles, ou encore la mission « cramer des champs de [X] » (généralement de la drogue, ici du tabac).&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;T'es qui là ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Côté histoire, le tableau est moins reluisant.
Pour la première fois dans la licence, les cinématiques sont à la troisième personne et le personnage, Dani, a une voix tout du long.
C'est plutôt une bonne chose: en lui donnant une personnalité, on s'intéresse plus aisément à l'intrigue.
Cela permet aussi aux narrative designer d'expérimenter avec une mise en scène plus cinématographique, même on tombe parfois dans le travers inverse : abuser des effets de caméra pour se donner un vernis « cinéma », sans avoir creuser le fond.
Sur le papier, Ubisoft affirme que les scénaristes ont planché sur la révolution cubaine de 1959 et ont voulu traiter de thèmes politiquement marqués (l'impérialisme, la démocratie, la révolution).
En pratique c'est mouuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuuu. Ce n'est même pas centriste, le jeu évite tout simplement de se positionner sur le moindre sujet.
La seule incartade réellement assumée est la collusion entre la CIA et les rebelles, explicitement réprouvée par Dani puisque les américains traitent aussi avec le régime de Castillo pour l'exploitation d'un produit miracle anti-cancer, le Viviro, produit sur l'île.
Pour le reste, les dialogues veulent avoir l'air intelligents, mais les personnages se content d'aligner des poncifs du style « Le peuple doit vouloir sa propre liberté » et « La démocratie a un coût ».
On doit se coltiner des tonnes de personnages secondaires franchement inintéressants. Certains m'ont semblé repompés sur la franchise &lt;strong&gt;Just Cause&lt;/strong&gt;, mais sans le côté série B jubilatoire de la licence d'Avalanche Studios.
Ce qui est dommage, c'est que le jeu est divisé en trois zones complètement distinctes à « libérer », chacune avec sa propre faction et que celles-ci sont très inégales.
La « première » (dans le sens où le jeu nous encourage à commencer par cette zone), les Montada, est une faction de fermiers rebelles qui manque cruellement de profondeur en comparaison des deux autres. Si j'avais su, j'aurais plutôt commencé par la zone sud, occupée par &lt;em&gt;La Morale&lt;/em&gt; et les &lt;em&gt;Légendes de 67&lt;/em&gt;, qui présentent un diptyque bien plus riche en mettant en contraste les « anciens » et les « jeunes » révolutionnaires, dont les méthodes et des idéaux ne sont pas toujours compatibles.
Même si les PNJ sont largement oubliables, il y a quand même deux points positifs: j'ai beaucoup aimé le personnage de Paolo, rappeur trans écrit avec une finesse surprenante, ainsi que Jonjon, grosse bourrine qu'on ne voit malheureusement pas assez.
Je salue les efforts qui ont été fait sur l'inclusivité dans le jeu, notamment en ce qui concerne la mixité de genre. C'est par exemple la première fois que je remarque une quasi-totale parité parmi les antagonistes, à presque tous les niveaux. Même les sbires de bas rang qui sont aussi bien des soldats hommes que des femmes, ce qui n'est pas franchement courant. Ubisoft a visiblement appris de ses erreurs et il semble loin le temps où &lt;a href="https://www.themarysue.com/ubisoft-female-characters-assassins-creed-unity/"&gt;animer des femmes était trop coûteux&lt;/a&gt; dans leurs productions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Globalement, c'est quand même écrit avec des gros sabots. Il n'y a pas vraiment de surprises, les twists se voient venir à des kilomètres et puis il faut quand admettre que c'est vraiment cliché. &lt;strong&gt;Far Cry 6&lt;/strong&gt; introduit à tout bout de champ des références et clins d'œils à la culture latine, quitte à être limite offensant à certains moments.
Politiquement, comme je le disais, ça ne va nulle part et Ubi semble encore avoir du mal à assumer des prises de position franches et marquées.
Il y a aussi une forte dissonnance ludo-narrative entre les scènes qui tentent d'évoquer la place de la violence dans une révolution et le fait qu'on massacre des soldat⋅es du régime à tour de bras.
Ce n'est pas dramatique mais c'est une énième occasion manquée, même si je préfère nettement le scénario de Far Cry 6 au gâchis total qu'était son précédesseur.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;C'est bien ou pas ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ben, ça va ? Si on aime le gameplay des Far Cry, le sixième opus est un jeu tout à fait acceptable qui promet une trentaine d'heures de jeu sympathiques à faire péter des trucs et tuer des proto-fascistes.
Le contrat habituel est rempli par Ubisoft : une carte foisonnante de marqueurs et des trucs à faire à chaque coin de rue.
OK, le scénario n'est pas dingue mais l'ambiance n'est pas désagréable. Je me suis plus amusé que dans Far Cry 4 ou Far Cry 5, par exemple, à l'atmosphère &lt;em&gt;gritty&lt;/em&gt; et ultra-sérieuse parce que la violence c'est dark, tu vois ?
En plus, visuellement c'est superbe.
Je regrette encore l'époque de Far Cry 3, cela dit je me rends à l'évidence : le 3 était un accident de parcours et ça ne se reproduira pas.
Si vous cherchez un FPS ensoleillé pour l'hiver, donnez sa chance à Far Cry 3. Et si vous y avez déjà joué, essayez Far Cry 6 ? Au pire, vous risquez de bien aimer.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;non, pas le footballeur de Ted Lasso.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Jeux vidéo"></category><category term="film"></category><category term="jeu"></category></entry><entry><title>Critique de film - Le Procès du chien</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-proces-du-chien.html" rel="alternate"></link><published>2024-10-05T00:00:00+02:00</published><updated>2024-10-05T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-10-05:/critique-proces-du-chien.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Enthousiasmé par les retours qui ont suivis sa projection à Cannes &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, je suis allé au cinéma voir &lt;strong&gt;&lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Proc%C3%A8s_du_chien"&gt;Le Procès du chien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une comédie française et premier film de l'actrice/réalisatrice Lætitia Dosch. Le casting fait plutôt rêver puisque François Damiens, Jean-Pascal Zadi, Anne Dorval et bien sûr le chien …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Enthousiasmé par les retours qui ont suivis sa projection à Cannes &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, je suis allé au cinéma voir &lt;strong&gt;&lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Proc%C3%A8s_du_chien"&gt;Le Procès du chien&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;, une comédie française et premier film de l'actrice/réalisatrice Lætitia Dosch. Le casting fait plutôt rêver puisque François Damiens, Jean-Pascal Zadi, Anne Dorval et bien sûr le chien Kodi entourent Dosch qui tient le premier rôle.
En quelques mots, c'est l'histoire d'Avril (Læetitia Dosch), avocate, qui accepte de défendre Dariuch (François Damiens), pauvre hère malvoyant dont le chien Cosmos (Kodi) a mordu et défiguré son ancienne locataire.
La victime est défendue par Maîtresse Roseline Bruckenheimer (Anne Dorval), avocate mais surtout politicienne réactionnaire ayant la mairie dans le collimateur.
Rapidement, le procès du maître se transforme en procès du chien, avec une question centrale au cœur du débat: Cosmos est-il responsable de ses actes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un premier film donc je pardonne volontiers l'aspect occasionnellement brouillon du scénario. Le jeune ado voisin d'Avril, battu par son père, et son patron qui la harcèle sexuellement sont deux intrigues dont les thématiques ne sont pas vraiment exploitées et qui peinent à former un ensemble cohérent avec le procès.
Toutefois, le scénario est de toute façon volontairement foutraque, avec une Avril dépassée par l'escalade de plus en plus invraisemblable des enjeux à mesure que l'affaire entre dans la sphère médiatique.
La « personalité » de Cosmos le chien est examinée sous toutes les coutures, d'abord par un juge bien sûr, puis par un comité d'éthique multiconfessionnel, par des comportementalistes et, obligatoire en 2024, par les réseaux sociaux.
Même si le tableau d'ensemble est parfois bordélique, le film arrive à être le plus souvent drôle et même touchant à plusieurs reprises.
Il y a bien quelques gags qui se plantent mais ils sont vite effacés par les suivants.
J'apprécie que les personnages féminins soient bien exploités et toujours en première ligne, même dans la difficulté.
Si Avril est souvent mise à mal, elle est toujours aux commandes et j'ai adoré son duel voir Roseline, sorte de Marine Le Pen rose bonbon jusqu'à l'interview avec son animal de compagnie.
Le quatuor de personnages principaux tire le film vers le haut, notamment les interactions Zadi/Dosch et Damiens/Dosch qui sont particulièrement drôles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du point de vue technique, c'est propre avec une image très jolie et une mise en scène qui, sans être fofolle, parvient à soutenir le chaos du scénario.
La musique ne m'a pas marqué outre mesure, ce qui est à la fois une bonne et une mauvaise chose : elle est à sa place sans pour autant s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si j'avais quelques critiques, c'est que &lt;strong&gt;Le Procès du chien&lt;/strong&gt; sombre par moments dans la facilité.
Typiquement, j'ai trouvé la réaction « du grand public » vis à vis du procès particulièrement caricaturale.
D'un côté, Cosmos est accusé de misogynie car il n'a mordu que des femmes, ce qui lui vaut l'opprobre des organisations féministes (notamment les Femen).
De l'autre, il reçoit le soutien forcené des associations antispécistes.
Ce clivage me semble un peu forcé et mal à propos quand l'antagoniste du film, Bruckenheimer, offre déjà l'opportunité de mettre en scène un conflit entre un mouvement progressiste et une droite conservatrice et réactionnaire.
Niveau humour, il y a quelques vannes un peu vulgaires qui ne sont pas franchement au niveau du reste mais je crois que c'est intentionnel.
On voit peu de blagues crues dans des films réalisés et scénarisés par des femmes, donc je peux y voir une intention de casser un peu les codes, façon &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Girls_(s%C3%A9rie_t%C3%A9l%C3%A9vis%C3%A9e)"&gt;Girls&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En revanche, je me dois de saluer l'audace de la fin, dont le parti pris est assez fort et tranche radicalement avec les conclusions bâclées (&lt;em&gt;hum, hum&lt;/em&gt; Dupieux) ou mollassonnes qui entachent la plupart des films français.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, c'est une solide comédie que je ne regrette pas d'avoir vu. Je vous recommande &lt;strong&gt;Le Procès du chien&lt;/strong&gt; sans réserve, à moins de détester viscéralement l'humour et les animaux.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;Dans la sélection « Un certain regard ». Le Procès du chien y a d'ailleurs a reçu la &lt;em&gt;Palme Dog&lt;/em&gt;, jeu de mots débile pour récompenser la meilleure performance d'un chien à l'écran qui est parfaitement dans le ton du film.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Taxi</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-la-saga-taxi.html" rel="alternate"></link><published>2024-04-24T00:00:00+02:00</published><updated>2024-04-24T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-04-24:/critique-la-saga-taxi.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;J'avais annoncé dans ma critique du &lt;a href="https://blog.altay.fr/critique-la-saga-transporteur.html"&gt;Transporteur&lt;/a&gt; que je ferai une rétrospective sur une célèbre série de films de voitures. Et bien je n'ai pas menti, c'est maintenant. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début de l'année 2024, je me suis lancé dans le visionnage de l'intégralité des films de la franchise &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxi_(franchise)"&gt;Taxi&lt;/a&gt;, un peu …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;J'avais annoncé dans ma critique du &lt;a href="https://blog.altay.fr/critique-la-saga-transporteur.html"&gt;Transporteur&lt;/a&gt; que je ferai une rétrospective sur une célèbre série de films de voitures. Et bien je n'ai pas menti, c'est maintenant. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début de l'année 2024, je me suis lancé dans le visionnage de l'intégralité des films de la franchise &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Taxi_(franchise)"&gt;Taxi&lt;/a&gt;, un peu par hasard. Comme beaucoup de gens, j'ai vu les premiers films quand j'étais enfant puis ado. J'ai vu plusieurs fois Taxi 3 et c'est l'épisode de la licence dont j'avais le plus de souvenirs avant de les revoir. Taxi, c'est un peu notre Fast and Furious à nous: une voiture tunée qui va vite, des cascades improbables, des méchants de plus en plus méchants, le tout localisé sous le soleil marseillais. Alors, est-ce que ça vaut le coup de descendre sur le Vieux Port faire quelques donuts avec Daniel et Émilien ? On va voir ça ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Taxi, c'est qui, c'est quoi ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Taxi, c'est tout d'abord un film scénarisé et produit par Luc Besson &lt;sup id="fnref:besson"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:besson"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, sorti en 1998 et qui a rencontré un succès considérable au box office avec plus de 6 millions d'entrée en France. C'est d'ailleurs grâce à Taxi que la société de production de Besson va pouvoir grandir, jusqu'à prendre le nom EuropaCorp en 2000. Si vous êtes né⋅e en France au siècle dernier, vous avez certainement vu ce film, ou au moins vous en avez entendu parler.
Le concept est simple : Daniel (Samy Naceri) est chauffeur de taxi à Marseille. Il conduit une Peugeot 406 blanche customisée et a une petite réputation de chauffeur complètement fou, qui roule à tombeau ouvert dans les rues de la ville. Le hasard l'amène à se faire arrêter par Émilien (Frédéric Diefenthal), un inspecteur de police pas bien dégourdi. Les circonstances conduisent les deux hommes à coopérer sur une enquête visant à démanteler un gang de braqueurs terrorisant la métropole marseillaise. Bref, c'est une comédie policière qui se présente sous la forme d'un &lt;em&gt;buddy movie&lt;/em&gt; à la française, jusque là pas grand chose de particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que si. J'avais évoqué dans ma rétrospective sur Le Transporteur les tics scénaristiques de Luc Besson. Des signes avant-coureurs se cachaient dans Taxi. Dans ce premier film, et ses suites, on retrouve sans ambiguité les trois objets de fascination de Besson: les bagnoles, la banlieue et le crime organisé étranger &lt;sup id="fnref:mafia"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:mafia"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Les éléments de ce triptyque constellent les productions EuropaCorp des années 2000 dès lors que le scénario est signé Besson, à commencer par les bagnoles dans &lt;strong&gt;Le Transporteur&lt;/strong&gt; bien sûr, la banlieue dans &lt;strong&gt;Yamakasi&lt;/strong&gt;et &lt;strong&gt;Banlieue 13&lt;/strong&gt; et, dans une moindre mesure, la mafia dans &lt;strong&gt;Taken&lt;/strong&gt; et les yakuza dans &lt;strong&gt;Wasabi&lt;/strong&gt;.
La particularité de &lt;strong&gt;Taxi&lt;/strong&gt; est d'être une comédie, ce qui va avoir de nombreuses conséquences sur la mise en scène des personnages. En particulier, les interactions vont dégénrer régulièrement dans le burlesque, délaissant le premier degré habituel des films d'action EuropaCorp.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parlons un peu du film &lt;strong&gt;Taxi&lt;/strong&gt; en lui-même. Il est réalisé par Gérard Pirès, qui n'avait pas été derrière la caméra pendant presque 20 ans avant de s'y remettre pour Taxi. Il ne réalisera d'ailleurs pas grand chose après, si ce n'est l'exécrable &lt;strong&gt;Double Zéro&lt;/strong&gt; avec Éric et Ramzy en 2004 puis le passable &lt;strong&gt;Les Chevaliers du ciel&lt;/strong&gt; en 2005. Aussi incroyable que cela puisse paraître, &lt;strong&gt;Taxi&lt;/strong&gt; a été nommé aux Césars (meilleur film et meilleur réalisateur) en 1998 et je ne me l'explique pas, comme on le verra plus bas. Pour des raisons de budget, Besson choisit de caster des acteurs peu connus: Samy Naceri dans le rôle de Daniel, Frédéric Diefenthal pour Émilien et Marion Cotillard pour Lilly &lt;sup id="fnref:casting"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:casting"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Il délocalise le tournage à Marseille pour les mêmes raisons. Involontairement, ces choix ont participé à mon avis à rendre le film iconique.
Naceri est excellent en Daniel. Ce n'est certes pas un rôle de composition mais justement ! Son bagoût naturel en fait un chauffeur de taxi un peu prétentieux mais éminemment sympathique. Le décor marseillais est bien plus mémorable que le décor parisien, les petits détails ancrant les dialogues dans une certaine conception de la franchouillardise sudiste.
Cerise sur le gâteau, la bande-originale signée Akhenaton et ses comparses du rap marseillais est un artefact unique de la fin des années 90. 
Par ailleurs, le film a également pour grande qualité de dépeindre une police globalement incompétente et le plus souvent ridicule, à tous les niveaux. Qu'il s'agisse des gendarmes humiliés à chaque contrôle de vitesse, ou des collègues d'Émilien qui sont incapables de mener la moindre enquête, Taxi tourne en dérision les flics faisant de Daniel, « simple taxi », le vrai héros du film. En ce sens, il inverse le statut habituel des duos 1 flic/1 civil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire du reste du film ? Visuellement, c'est du classique. La réalisation n'a rien de particulièrement originale mais fait le job. La mise en scène est un peu légère, la plupart des gags se résolvent par un gros plan sur le personnage qui dit la blague. Si certaines vannes, notamment les plus visuelles, marchent encore, L'humour est parfois assez lourdingue, avec d'assez nombreuses « blagues » racistes ou homophobes qui ont très mal vieilli. Le commissaire Gibert (Bernard Farcy) est particulièrement gratiné de ce côté. Lilly (Marion Cotillard) passe les trois-quart de ses scènes en petite tenue sans justification et Alain Trésor (Édouard Montoute) sort toutes les blagues les plus limites, probablement pour esquiver les allégations de racisme.
La partie enquête du scénario est relativement correcte. Les braqueurs allemands, menés par Scholz (Richard Sammel), sont archétypaux mais raisonnablement crédibles en antagonistes. La romance entre Daniel et Lilly en revanche est franchement mal écrite, Lilly servant surtout de prétexte pour que Daniel soit en difficulté tout le film, avec un comportement irrationnel enraciné dans des quiproquo peu intéressants. Émilien n'est pas en reste, puisqu'il est amoureux de sa collègue Petra (Emma Sjöberg), qui finit inexplicablement par ressentir la même chose à la fin du film. C'est du Besson dans le texte. Côté action, le film reste &lt;em&gt;cheap&lt;/em&gt; dans la mesure où assez peu de scènes de courses-poursuites sont réellement filmées dans le détail. Seules deux scènes de bagnole sont vraiment montrées et n'ont rien d'époustouflant, même si les cascades ont clairement été travaillées.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, Taxi est un film d'action de seconde zone, qui tire sa force en premier lieu dans un humour un peu neuneu. La comédie puise à la fois dans un certain chauvinisme, qui a probablement trouvé une certaine résonance après la coupe du monde 98, et dans l'autodérision des institutions françaises, notamment la police. C'est aussi un produit de son époque, surprenamment bienveillant par la mise en avant de l'amitié entre un blanc et un maghrébin, aux personnalités aussi différentes que leurs carrières mais pourtant issus des mêmes quartiers. Ce n'est pas un chef d'œuvre mais c'est une comédie policière tout à fait raisonnable et il n'y a rien de surprenant à ce que l'originalité du pitch ait marqué les esprits en France, trois ans &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; la sortie du premier Fast and Furious.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Taxi 2, Besson contre-attaque&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sortie en 2000, la suite de Taxi marque le début d'une longue descente de la saga dans la beauferie. Du point de vue technique, la réalisation est désormais confiée à Gérard Krawczyk, Gérard Pirès étant hospitalisé. Krawczyk a déjà tourné trois longs-métrages dramatiques puis était déjà intervenu en remplacement sur Taxi pour remplacer Pirès au pied levé lors de sa maladie. Il réalisera par ailleurs Wasabi, autre film EuroCorp aux critiques mitigées du début des anneés 2000. Trêves de digression, Krawczyk est désormais au volant de la saga Taxi, dont il tournera les volets 2 à 4.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visuellement, Taxi 2 ne marque pas une grande différence avec le premier opus. Le film s'ouvre sur une scène de rallye avec une mise en scène plutôt rigolote, durant laquelle Daniel s'immisce dans une course afin d'amener un couple à la maternité. C'est malheureusement la seule bonne scène du film. Le scénario de Taxi 2 se divise rapidement en deux sous-intrigues. D'une part, le commissariat auquel appartient Émilien doit assurer la sécurité du ministre de la défense japonais durant sa visite à Marseille, visite qui sera mise à mal par l'intervention de yakuzas &lt;sup id="fnref:yakuzas"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:yakuzas"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.
De l'autre, Daniel est en difficulté avec Lilly, sa copine perpétuellement jalouse suite à une succession de quiproquos invraisemblables. 
Et c'est là que les choses se gâtent. En plus d'offrir des intrigues insipides, le film tombe rapidement dans l'humour bouffon. Le commissaire Gibert enchaîne les remarques racistes envers « les niaks », tandis que le général Bertineau, le père de Lilly, fait office de polichinelle militaire qui rappelle des trésors de comédie française, du style &lt;em&gt;Les Bidasses en folie&lt;/em&gt;.
Le scénario, toujours signé Besson, sacrifie presque systématiquement la cohérence aux gags, comme dans cette horriblement longue scène où Gibert n'arrive pas à utiliser un nouveau prototype de voiture qui ne démarre que par commande vocale, le mot-clé étant... « ninja ». On pourrait également parler du fait que les pizzerias marseillaises sont visiblement tenues informées de l'adresse de toutes les planques yakuzas à Paris, détail qui n'a semblé choquer personne à lecture du scénario.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette tendance perpétuelle aux gags n'est pourtant pas complètement dénuée d'intérêt. La scène de largage du taxi, parachuté sur Paris depuis un avion militaire, aurait tout à fait sa place dans un Fast and Furious &lt;sup id="fnref:parachute"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:parachute"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Le travail sur ls cascades est toujours aussi soigné, à l'exception d'une scène remplacée par des CGI suite au décès d'un caméraman (Alain Dutartre) lors du saut du taxi par-dessus un tank. Cependant, dans l'ensemble, l'action est moins crédible et plus stupide que dans le premier volet. Le mobile des yakuzas pour s'en prendre au ministre japonais n'a aucun sens, Besson insère en vrac des ninjas, du karaté et de l'hypnose. Chez les seconds couteaux du premier volet, Petra est absente de la moitié du film car elle est kidnappée (et sauvée par Émilien), contrairement au commissaire Gibert qui est plus présent. On y perd au change, puisque ce dernier a donc l'occasion de nous gratifier plus longtemps d'insupportables remarques racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, Taxi 2 est dans la continuité du premier volet mais s'avère plus difficile à visionner, la faute à cet humour beauf permanent, qui ne jure que par le cul et les vannes racistes. Même la bande-originale semble avoir perdu en niveau, Akhenaton laissant place à un mix rappé par Disiz la Peste et Faf Larage. Bref, Taxi 2 est moins recommandable que Taxi et sera malheureusement le mètre-étalon pour les suivants.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Taxi 3, le bon goût en option&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Après les succès en salles de Taxi et Taxi 2, le tournage d'une suite était une évidence. Taxi 3 est tourné de fin 2001 à début 2002, ce délai ayant permis à Samy Naceri de tourner quelques films entre temps. Studiocanal sort de la production, laissant la main à TF1 pour financer le film seul avec EuropaCorp. Le troisième volet sort finalement en janvier 2003. Le film s'ouvre, comme le veut la coutume, sur une scène de conduite assez intense avec un caméo de Sylvester Stallone plutôt prometteur sur fond de Misirlou repris par les Black Eyed Peas. C'est un peu daté maintenant, mais à l'époque on aimait ça ! S'ensuit un générique pastichant ceux des James Bond, sorte de rêve fiévreux dans lequel Samy Naceri et Frédéric Diefenthal se baladent en smoking devant des mères Noël en petite tenue.
Avec quasiment le double de budget du premier film, autant vous dire que cette entrée en matière n'est qu'un amuse-bouche devant le festival qui nous attend. Malheureusement, il s'agit surtout d'un festival de gênance et de racisme, cette fois-ci à l'encontre des chinois. En effet, pour ce troisième épisode, Besson choisit les triades comme antagonistes du film. Pour ce troisième volet, c'est l'heure du retour aux bases : les triades braquent des banques, déguisés en pères Noêl.
Comme d'habitude, se déroulent en parallèle des intrigues romantiques insipides concernant les deux couples qui se sont formés précédemment, celui d'Émilien et Petra (spoiler: elle est enceinte) et celui de Daniel et Lilly (spoiler: elle est enceinte).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne l'humour, le film touche le fond. Gibert, désormais omniprésent, enchaîne les répliques racistes, sexistes ou les deux &lt;sup id="fnref:qiu"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:qiu"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Durant l'enquête, Émilien est enlevé puis « torturé » par la cheffe des triades, torture dont il est fortement sous-entendu qu'il s'agit d'une fellation. Oui, c'est visiblement ce que Besson avait trouvé de plus drôle. Dans l'ensemble, l'idée du gang des braqueurs père Noël tourne rapidement au joyeux n'importe quoi, à la &lt;em&gt;Police Squad&lt;/em&gt; (ou plutôt &lt;em&gt;Police Academy&lt;/em&gt;). Nos deux génies réalisent qu'il y a de la neige fondue (de l'eau, quoi) au sol : cela veut forcément dire que les criminels sont venus par les montagnes et s'apprêtent à fuir par les Alpes ! Ils se lancent donc à leur poursuite en dévalant les pentes neigeuses en taxi, seul moment un peu fun du film. Le général Bertineau gagne à son tour du galon parmi les rôles mineurs, puisqu'il joue un rôle clé durant le dénouement du film en participant à la traque des triades depuis un avion militaire. Cette scène est d'ailleurs la seule cascade d'intérêt du film, les scènes de conduite étant moins nombreuses à partir de ce volet &lt;sup id="fnref:accident"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:accident"&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, Taxi 3 est franchement beauf. Les personnages sont de plus en plus caricaturaux et la place plus importante laissée à Gibert et Bertineau, les deux bouffons de service, désamorce systématiquement tous les enjeux du film. Il n'y a pas grand chose à sauver et même le budget supplémentaire alloué aux scènes d'action (y compris une scène de parkour à rollers pas mal filmée mais très superflue, probablement insérée par Besson parce qu'il préparait Yamakasi au même moment) ne permet pas de raviver l'intérêt d'un visionnage.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Taxi 4, panne sèche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Commercialement, Taxi 3 est un succès mais fait moins d'entrées que les premiers (6 millions contre 10 millions pour Taxi 2). Taxi 3 sort toutefois en 2007, dans un contexte difficile puisque Samy Naceri est alors condamné à de la prison ferme pour avoir insulté des policiers, puis pour différents faits de violence. Le scénario tient à nouveau sur un timbre poste : Émilien doit superviser avec Gibert le transfert d'un prisonnier, « Le Belge », un criminel extrêmement dangereux. Bien entendu, le Belge s'échappe et planifie le braquage d'une grande banque monégasque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de cet épisode ? C'est le pire de la série. L'humour est daté et complètement con, multipliant les gags pipi/sexe, en y ajoutant quelques références indigentes à Scarface et des blagues éculées sur la Belgique pour parfaire le tout. Le scénario est sans queue ni tête, toute tentative d'ancrer l'histoire dans la réalité ayant été visiblement abandonnée par Besson. Si quelques entorses au réalisme sont toujours compréhensibles, la cohérence interne reste quand même incontournable. Pas de bol, ce n'est pas à l'ordre du jour. L'essentiel de l'enquête est menée hors-champ par Petra, qui travaille désormais sous couverture pour les services secrets. Daniel et Émilien sont presque absents du film, leurs apparitions étant surtout cantonnées à des interactions avec leurs familles respectives et quelques scènes plan-plan sur leur difficulté à assumer leurs devoirs de père. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal ressort comique de Taxi 4 est la nationalité de l'antagoniste principal, renforcé par la présence de François Damiens en sbire pas bien dégourdi. Ce dernier tente comme il peut de rendre drôle des scènes bien mollassones. Mais que faire quand les gags tournent invariablement autour de réflexions adolescentes ? « Haha, les belges sont cons », « Haha il a pris de la coke », « haha le général Bertineau est fou de la guerre », « haha le sexe ». Si vous avez plus de 13 ans, ça ne vous fera probablement pas rire. Je trouve aussi que l'ambiance générale du film a vieilli, avec un caméo de Djibril Cissé qui semble particulièrement daté 15 ans plus tard. Quant à la bande-son originale, elle est signée Melissa M (qui ça ? exactement.). Mais le pire crime de Taxi 4 est probablement la quasi-disparition des scènes en taxi, la voiture étant reléguée au statut d'élément de décor et absente de la grande majorité du film. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant j'ai de l'affection nostalgique pour Taxi 3, film que j'ai vu plusieurs fois pendant mon enfance et mon adolescence, autant la découverte de Taxi 4 durant cette rétrospective a été une vraie douleur. C'est, à mon avis, le film le plus pénible de toute la saga.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Taxi 5, le reboot qui n'en était pas un&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Après les déboires judiciaires de Samy Naceri et l'échec critique de Taxi 4, la franchise semblait avoir atteint la ligne d'arrivée. Pourtant, en 2018 sort Taxi 5, aussi connu sous les appellations &lt;strong&gt;Taxi 5: La Relève&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Taxi 5 : il est temps de passer la cinquième !&lt;/strong&gt;. C'est un faux reboot de la franchise, qui s'inscrit dans le même univers mais avec une fausse continuité : Daniel et Émilien laissent ainsi leurs places à Sylvain (Franck Gastambide) et Eddy (Malik Bentalha), le neveu de Daniel. Le film est réalisé et scénarisé par Franck Gastambide, qui en est donc également la tête d'affiche. Un &lt;em&gt;vanity project&lt;/em&gt;? Oui, et pas qu'un peu. Du cast initial, seuls restent Bernard Farcy et Édouard Montoute, qui conservent leurs rôles respectifs de Gibert, désormais maire de Marseille, et Alain Trésor, désormais à la police municipale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pitch est inintéressant au possible : Sylvain est un super-flic parisien qui est mutué de force à la police municipale de Marseille après avoir couché avec la femme de son patron. Oui, c'est &lt;em&gt;Hot Fuzz&lt;/em&gt; en moins bien. Son nouveau job sera ainsi de lutter contre un gang de braqueurs italiens. On repassera pour l'originalité. Il rencontre fortuitement Eddy Maklouf, qui lui apprend l'existence d'une Peugeot 406 blanche légendaire &lt;sup id="fnref:407"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:407"&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, appartenant à son oncle Daniel. La voiture est donc rapatriée « du bled » (&lt;em&gt;sic&lt;/em&gt;) et voilà Sylvain aux manettes, prêt à courser les italiens dans les rues de la cité phocéenne. Et Eddy ? Ben c'est un boulet qu'il va devoir se traîner jusqu'à la fin du film.
Quoi, vous trouvez ça bizarre ? Et oui. Le ton de Taxi 5 est assez différent des quatre premiers films. Là où la police, au travers de Gibert mais aussi d'Émilien, était dépeinte comme incompétente, ici, Sylvain est un excellent flic dont le seul défaut est d'être un Don Juan. Eddy ne sert à absolument à rien, à part récupérer la voiture. Cette situation renverse complètement la dynamique du duo originel, où Émilien était le flic inefficace et Daniel était le chauffeur compétent. Qui plus est, le personnage de Sylvain est détestable et le jeu de Franck Gastambide n'arrange rien. Malik Bentalha est plutôt bon en Eddy mais est gravement desservi par l'absence de bonnes répliques, condamné à jouer l'abruti pendant tout le film et passant son temps à courir derrière une fille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'humour est vulgaire comme pas permis, avec une galerie de personnages secondaires qui tapent sur le système. Les gags ne tournent désormais presque exclusivement qu'autour du trio sexe/pipi/caca, avec une fliquette nymphoname, un nain, un flic « geek » incarné par Monsieur Poulpe &lt;sup id="fnref:poulpe"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:poulpe"&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et bien sûr le retour de Gibert. Le scénario, co-écrit par Gastambide, Besson et Stéphane Kazandjan &lt;sup id="fnref:kazandjan"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:kazandjan"&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, n'a aucun intérêt, en plus de repomper plusieurs éléments du premier film. Les scènes d'action sont moches, le taxi est sous-utilisé, la musique est médiocre, c'est beauf et le tout ressemble très fort à une tentative de remplir les caisses d'EuropaCorp en surfant sur une licence qu'il aurait fallu laisser mourir de sa belle mort.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, le film a une qualité : Samia, la sœur d'Eddy, une mécano personnage-fonction, digne de Megan Fox dans Transformers, mais dont la conclusion du film semble sous-entendre qu'elle aurait pu être la prochaine conductrice du taxi et donc la protagoniste d'un futur film.
Vu que ce film n'existe pas (et qu'il vaut mieux que ça reste ainsi), ça reste une maigre consolation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Taxi 5 est un véritable navet, déconnecté du reste de la franchise, et Gastambide aurait mieux fait d'écrire sa propre histoire à sa gloire plutôt que d'aller mettre le nez dans une saga qui n'avait vraiment pas besoin de ça.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;La ligne de l'arrivée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si vous êtes encore ici après avoir lu toutes ces élucubrations sur une série de films aux qualités pour le moins douteuses, bravo ! Que tirer comme conclusions de cette rétrospective ? Comme pour &lt;strong&gt;Le Transporteur&lt;/strong&gt;, on reconnaît aisément des thèmes récurrents du mythe bessonnien : des femmes à conquérir (mais qui savent se battre tout en étant sexy), une étrange fascination pour les mafias, notamment asiatiques, et un goût prononcé pour les voitures qui font vroum. &lt;strong&gt;Taxi&lt;/strong&gt; a démarré comme une comédie d'action passable, qui a donné sa chance à de jeunes comédiens plutôt talentueux, a su mettre en scène quelques belles cascades à la française et surfer sur un humour potache pas particulièrement brillant, mais pas si stupide. Et puis la saga a pris un mauvais virage et s'est engoncé dans une beauferie de plus en plus caricaturale, en oubliant que les bouffonneries seules ne suffisent pas à faire un bon film d'action, ou même un bon film tout court.
Contrairement au &lt;strong&gt;Transporteur&lt;/strong&gt;, je ne crois pas que la technique soit réellement le problème. La réalisation n'est pas la plus inventive mais Pirès comme Krawczyk ont su faire le boulot, et les comédiens sont à l'aise dans leurs rôles respectives. Non, le problème vient des scénarios écrits par Besson, qui contraignent les équipes du film à jouer et mettre en scène des dialogues et des situations absurdes. Bernard Farcy en particulier est un excellent acteur comique mais qui est gravement desservi par la nullité de ses répliques. Les rôles féminins sont aussi gravement en retrait, un travers récurrent des productions EuropaCorp, ce qui n'étonnera pas grand monde compte-tenu de la réputation de Besson dans le milieu du cinéma.
Enfin, le revival &lt;strong&gt;Taxi 5&lt;/strong&gt; est aussi le signe que cette série était un produit de son époque, qui ne pouvait exister que dans cette période où le chauvinisme était permis, l'époque du black-blanc-beur, de la dérision de la police et de la mode du tuning. La version de Franck Gastambide permet de se rendre compte d'à quel point le duo Naceri/Diefenthal était essentiel à l'alchimie de la saga, et qu'au bout du compte, Taxi est avant tout l'histoire de deux potes dans une voiture.
Que ce soit par nostalgie ou par curiosité pour une époque révolue, jetez un œil au premier film, cette drôle de capsule temporelle de la France de son époque. Et, à moins d'avoir, comme votre servieur, une curiosité morbide pour les films de piètre qualité, épargnez-vous les suites, qui sont bien trop engluées dans le sexisme et le racisme pour en recommender le visionnage, même entre potes.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:besson"&gt;
&lt;p&gt;je me permets de rappeler par ailleurs que Besson a un certain nombre d'affaires judiciaires aux fesses, à commencer par une condamnation pour harcèlement moral d'une employée d'EuropaCorp, une plainte pour viol (conclue par un non-lieu), plusieurs accusations d'abus sexuels et différents condamnations pour ne pas avoir rétribué à juste titre des collaborateurs et collaboratrices. C'est une personnalité détestable du cinéma français et je ne tiens absolument pas à en faire l'éloge.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:besson" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:mafia"&gt;
&lt;p&gt;j'entends par là les yakuza, les triades, la mafia italienne, la mafia russe, etc. Dans les films de Besson, les criminels ne sont presque jamais français.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:mafia" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:casting"&gt;
&lt;p&gt;après avoir songé à Patrick Bruel, Yvan Attal ou encore Benoît Magimel, le choc.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:casting" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:yakuzas"&gt;
&lt;p&gt;je vous avais prévenu, Besson adore le crime organisé étranger.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:yakuzas" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:parachute"&gt;
&lt;p&gt;scène qui aura d'ailleurs lieu dans &lt;em&gt;Fast and Furious 7&lt;/em&gt;, comme quoi Taxi aura été précuseur à plusieurs reprises.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:parachute" title="Jump back to footnote 5 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:qiu"&gt;
&lt;p&gt;une journaliste sino-suisse s'appelant Qiu (incarnée par Bai Ling), je vous laisse imaginer la qualité des jeux de mots.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:qiu" title="Jump back to footnote 6 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:accident"&gt;
&lt;p&gt;à noter qu'une cascadeuse est handicapée à vie suite au tournage d'une scène de poursuite, ayant perdu le contrôle de sa voiture.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:accident" title="Jump back to footnote 7 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:407"&gt;
&lt;p&gt;techniquement, le taxi est désormais une 407, Daniel ayant changé de voiture à une date non précisée entre le quatrième et le cinquième film.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:407" title="Jump back to footnote 8 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:poulpe"&gt;
&lt;p&gt;c'est le pire personnage du film et je suis persuadé que Poulpe se trouve drôle en revoyant ces scènes, alors qu'elles sont juste pitoyables.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:poulpe" title="Jump back to footnote 9 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:kazandjan"&gt;
&lt;p&gt;qui la même année a réalisé &lt;strong&gt;Bad Buzz&lt;/strong&gt;, l'effroyable film d'Éric et Quentin, et qui semble ne pas avoir écrit ou réalisé un seul film noté au-dessus de la moyenne sur IMDb. Je veux dire, il faut pas juger les gens seulement sur ça mais mon frère en Christ, qu'est-ce que c'est que ce pédigrée maudit.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:kazandjan" title="Jump back to footnote 10 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Le Transporteur (et ses suites)</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-la-saga-transporteur.html" rel="alternate"></link><published>2024-04-20T00:00:00+02:00</published><updated>2024-04-20T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2024-04-20:/critique-la-saga-transporteur.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;J'ai vu tous les films de la saga &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Transporteur"&gt;Le Transporteur&lt;/a&gt;. Ce n'est pas &lt;em&gt;vraiment&lt;/em&gt; une fierté mais, si vous me connaissez un peu, vous savez que j'ai un faible pour les films d'action avec des voitures, surtout s'ils ne se prennent pas trop au sérieux. Je vous prépare d'ailleurs une …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;J'ai vu tous les films de la saga &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Transporteur"&gt;Le Transporteur&lt;/a&gt;. Ce n'est pas &lt;em&gt;vraiment&lt;/em&gt; une fierté mais, si vous me connaissez un peu, vous savez que j'ai un faible pour les films d'action avec des voitures, surtout s'ils ne se prennent pas trop au sérieux. Je vous prépare d'ailleurs une rétrospective d'une saga plutôt connue sur le sujet, et c'est dans le cadre d'une étude comparative &lt;sup id="fnref:0"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:0"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; que j'ai visionné Le Transporteur, puis ses suites. Alors, accrochez vos ceintures, ajustez votre cravate et préparez votre regard le plus stathamesque, on y va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Transporteur&lt;/strong&gt; premier du nom est une production EuropaCorp (aïe) dont le scénario est signé Luc Besson, avec l'aide de Robert Mark Kamen. Ce dernier est notamment connu pour avoir écrit le scénario de Karaté Kid et de ses suites, et avait déjà collaboré avec Besson sur Le Cinquième Élément en 1997. Le Transporteur donc raconte les dangereuses péripéties de Frank Martin (Jason Statham), ex-militaire britannique, devenu conducteur de choc spécialiste du transport de marchandises pas vraiment légales. Sorti en 2002, c'est un pur produit de son époque, avec à la réalisation Louis Leterrier, dont c'est le premier long-métrage, et Corey Yuen, qui apporte au film son expertise de la tatane hong-kongaise.
Évacuons tout de suite les points qui fâchent. Niveau réal, on sent bien la &lt;em&gt;Bessson touch&lt;/em&gt;. C'est clinquant, il y a du budget pour tourner des courses-poursuites dans les rues cannoises et quelques plans pas dégueulasses sur les beaux paysages de la Côte d'Azur. L'ensemble est maîtrisé, même si on retrouve cette palette désaturée assez typique des films d'action de la fin des années 90/début des années 2000. Voilà pour l'image. Au son, on se paie quelques pistes produites par des figures du rap américain et du R'n'B, comme Fat Joe, Nate Dogg et Missy Elliott. Côté script, le scénario ne vaut pas grand chose: Frank découvre que la cargaison qu'il doit transporter est en réalité une jeune femme, Lai Kwai (Shu Qi), impliquée dans un trafic d'immigrés clandestins. Il va donc devoir casser la gueule à tout un tas de criminels pour que la justice triomphe. Et au passage, conquérir le cœur de sa nouvelle protégée. Bref, c'est con à manger du foin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'est-ce qu'il y a de bien à dire ? Les scènes d'action sont plus que correctes. Les bagarres sont nerveuses, avec une chorégraphie visuellement spectaculaire sans tomber dans le burlesque. Yuen et Leterrier ne tombent jamais dans l'écueil des cuts à répétition, une technique qui sera popularisée un peu plus tard et atteindra son apogée avec la saga Taken à la fin des années 2000. Tout reste lisible, y compris les courses poursuites qui délivrent quelques cascades impressionnantes. Elles ont d'ailleurs très bien vieilli, merci aux &lt;em&gt;stunt artists&lt;/em&gt; qui ont permis de ne pas recourir de façon trop ostentatoire aux CGI. &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;
Côté ambiance, la mise en scène vient renforcer la personnalité débonnaire de Frank, pour qui Statham délivre une prestation d'&lt;em&gt;action hero&lt;/em&gt; contre son gré, efficace mais râleur. La présence de l'inspecteur Tarconi, sous les traits de l'excellent François Berléand, est probablement une des meilleures idées du film, introduisant juste assez de comédie pour contrebalancer le premier degré un peu malaisant du scénario. La bande originale illustre d'ailleurs ce balancement, avec un mix rap, swing et R'n'B de plutôt bonne facture, ça paie d'avoir de la thune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il voir ce film ? Je n'ai pas passé un mauvais moment devant. C'est un film d'action popcorn bien fichu mais qui est victime des travers des productions Besson: les femmes sont des personnages-fonctions, style over substance, scénario sans intérêt. Ça se regarde entre potes comme un plaisir coupable de voir Statham cabotiner en costard pour la première fois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est sur ces considérations que je me suis lancé dans &lt;strong&gt;Le Transporteur 2&lt;/strong&gt;. Projeté dans les salles en 2005, la fiche technique ressemble à s'y méprendre à celle du premier volet: scénario signé Besson et Kamen et Louis Leterrier (seul, cette fois) à la réalisation. L'accroche est toujours aussi nulle: dans cet opus, Frank est le chauffeur d'un petit garçon, fils d'un politicien, qui est enlevé par un groupe mafieux au sombre dessein.
Au final, le scénario est encore plus con que dans le premier opus et, sans trop divulgâcher, implique une arme bactériologique diffusée pour des motifs géopolitiques assez abscons. Exit pour cet épisode Shu Qi, l'égérie chinoise laissant sa placede &lt;em&gt;love interest&lt;/em&gt; de Jason Statham à l'américaine Amber Valletta. C'est aussi l'introduction de la célèbre Audi A8 du transporteur, qui va devenir sa bagnole attitrée la suite de la saga. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on dire du deuxième volet ? Qu'il est moins bien, déjà. Besson voulait clairement plus d'enjeux scénaristiques et plus de spectacle, quitte à sacrifier le pseudo-réalisme du premier volet. Le film est sexiste à souhait, avec notamment une méchante incarnée par la mannequin Kate Nauta, mi-tueuse mi-succube, dont la scène la plus longue est un &lt;em&gt;gunfight&lt;/em&gt; en sous-vêtements. Les bastons à l'arme blanche sont moins intéressantes sans Corey Yuen à la réalisation, en dépit d'une première scène plutôt prometteuse. Les cascades sont aussi un cran en-dessous: en voulant les rendre plus spectaculaires, Leterrier est contraint par la technique de multiplier les plans et de recourir à des CGI pas toujours très heureux. Le film a remporté le &lt;em&gt;Gérard de la Plus mauvaise production, plus mauvaise réalisation ou plus mauvais scénario de Luc Besson&lt;/em&gt; en 2006, ça vous donne une idée de l'accueil qu'il a reçu à sa sortie. Dans l'ensemble, &lt;strong&gt;Le Transporteur 2&lt;/strong&gt; est en-dessous de son précédesseur. Plus d'ambition n'est pas toujours une bonne chose, surtout quand on se met à se prendre trop au sérieux. Ce second opus peut donc se voir à la suite du premier mais personne ne vous en voudra si vous faites l'impasse. À vouloir se la jouer blockbuster au premier degré, Statham commence à s'enfermer dans une caricature dont il aura du mal à sortir par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et parlons-en de la suite. &lt;strong&gt;Le Transporteur 3&lt;/strong&gt; sort en 2008 et est cette fois-ci réalisé par Olivier Megaton (qui réalisera plus tard Taken 2 et 3, tiens tiens). Je ne sais pas pourquoi Leterrier n'a pas rempilé, mais ce changement a visiblement compliqué le tournage &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, Megaton ayant du mal à s'imposer comme nouveau réal face à Statham, auréolé de sa célébrité acquise grâce aux deux premiers opus. Ça se voit puisque Statham est manifestement en &lt;em&gt;roue libre&lt;/em&gt; (vous l'avez ?) pendant les trois quart du film, jouant comme il l'entend au détriment de toute subtilité. Point de difficulté supplémentaire, le scénario est encore signé Besson et Kamen dont la capacité à se renouveler commence à pointer ses limites. Cette fois-ci, Frank va venger son pote Malcom (David Atrakchi), un ami transporteur qui le remplaçait pour une mission. Frank se retrouve alors embrigadé dans une nouvelle livraison: Valentiva Vasilev (Natalya Rudakova), une ukrainienne qu'il doit transporter à Odessa. On se retrouve concrètement dans la même structure que le premier film et vous commencez à piger le schéma: Frank va risquer sa vie pour une jolie jeune femme, qui en retour, s'ouvre peu à peu à lui. C'est ennuyeux, prévisible et truffé de sexisme ordinaire comme de coutume avec Besson. Comme pour les deux films précédents, Berléand est la seule touche un peu sympathique du film mais il est trop peu présent pour justifier de voir ce troisième volet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Côté réal, les bastons sombrent dans les travers de la période, multipliant les ralentis pour rallonger la sauce et compenser un montage haché moyennement compréhensible. La violence est étrangement aseptisée, avec beaucoup moins de sang et de blessures « visibles » que dans les films précédents. L'ambiance générale perd beaucoup au change: la musique est banale (exit le R&amp;amp;B, voilà de l'orchestral parfaitement oubliable), l'étalonnage alterne entre le bleu froid et le jaune tiède et Statham semble sur autopilote pour la majorité de ses dialogues. Natalya Rudakova balance dans un anglais passable des répliques franchement risibles, mais il faut dire à sa décharge qu'elle a visiblement été repérée par Besson en pleine rue, qui lui a ensuite payé des cours d'acting &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Je ne vais même pas évoquer l'histoire, qui n'a vraiment aucun intérêt, sans parler de la cascade finale qui réussit le tour de force d'être moins bonne que celle du Transporteur 2. Épargnez-vous ce troisième volet, qui n'a vraiment aucune qualité pour le sauver. En dépit d'un excellent box-office, aucune suite n'est annoncée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la saga n'est pas terminée pour autant. En 2015 sort &lt;strong&gt;Le Transporteur : Héritage&lt;/strong&gt; (en anglais, &lt;strong&gt;The Transporter: Refueled&lt;/strong&gt;, un bien meilleur titre si vous voulez mon avis, ce qui est le cas puisque vous lisez cette critique).
Initialement, le projet était une trilogie, cofinancée par une société chinoise, mais seul un opus est sorti.
C'est un &lt;em&gt;reboot&lt;/em&gt; de la franchise et sur le papier, il n'y a rien à en attendre: réalisé par Camille Delamarre (qui était monteur du troisième volet ainsi que de Taken 2, on y revient toujours), avec Besson au scénario (assisté par Bill Collage et Adam Cooper) et Ed Skrein en Frank Martin.
Et oui, Besson étant un pingre, il proposait à Statham un cachet moins élevé pour la nouvelle trilogie que pour le seul troisième film, s'assurant ainsi que Jason ne mettrait pas les pieds dans sa nouvelle production &lt;sup id="fnref:4"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:4"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Que vaut donc cette suite inattendue ? Pfffffffff (c'st le bruit d'un pneu qui crève).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film s'ouvre sur une séquence quasiment calquée sur &lt;strong&gt;Le Transporteur 2&lt;/strong&gt;, dans laquelle des voleurs de petit calibre tentent de chourrer à Frank son Audi A8 dans un parking. C'est l'occasion pour Ed Skrein de montrer sa plus belle imitation de Statham, qu'il va conserver tout au long du film. Il faut dire ce qui est: Skrein n'a pas le charisme débonnaire de Statham dans le premier film, mais fait un ersatz tout à fait convaincant, quoique plus filiforme que notre nageur préféré. Malgré la similarité visuelle, ce reboot s'embarque toutefois assez rapidement sur une voie différente de ses prédécesseurs. Si l'on retrouve bien des prostituées, comme souvent avec Besson, c'est parce que ce sont elles qui se vengent et vont embarquer Frank de force dans leur plan pour faire payer à leurs maquereaux des années de souffrance. La demoiselle en détresse est ainsi cette fois incarnée par Ray Stevenson qui joue... Frank Martin Sr., le père du transporteur, enlevé par Anna (Loan Chabanol) et Gina (Gabriella Wright) afin de contraindre Frank à travailler pour elles. S'ensuit alors une longue série de braquages pour dépouiller les trois mafieux russes de toutes leurs possessions, les montant ainsi les uns contre les autres afin de les amener à s'entretuer. Le scénario n'est pas beaucoup plus élaboré que précédemment mais a le mérite de renouveler un peu la formule. Le sexisme est même en retrait par rapport à la trilogie initiale, même si le personnage de Frank Sr. enchaîne les remarques misogynes porcasses durant tout le film. Exit aussi, malheureusement, François Berléand, ce qui créé un vide comique dans ce reboot qui réussit le miracle de se prendre encore plus au sérieux que les originaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne va pas faire de simagrées, l'ensemble est globalement médiocre. La réalisation est plutôt passable avec quelques jolis plans et un montage assez clean, même si la colorimétrie est toujours aussi fade. La musique n'a rien de particulier, exception faite du générique de fin qui s'élève nettement au-dessus du reste (&lt;em&gt;Rabid Animals&lt;/em&gt; de Mani Hoffman &amp;amp; The Leons). Niveau action, le film a quelques très bonnes séquences en voiture, notamment la scène de l'aéroport qui n'aurait pas détonné dans un Fast &amp;amp; Furious &lt;sup id="fnref:5"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:5"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. La bagarre est considérablement en-dessous, trop confuse, avec une gestion de l'espace extrêmement bizarre (il y a notamment une scène sur un yacht durant laquelle les personnages semblent rentrer et sortir en permanence de la même pièce). La chorégraphie est molle, sans inventivité, la mise en scène préférant faire joujou avec des effets de caméra « modernes » mais à des années lumière en deçà de ce qu'avait pu proposer &lt;strong&gt;John Wick&lt;/strong&gt; un an plus tôt. Le final est décevant et ne donne aucune perspective pour une suite, alors même qu'EuropaCorp avait annoncé vouloir co-produire trois nouveaux films avec la Chine. Ce reboot reste cependant à mon avis une des meilleurs itérations de la saga, probablement à égalité avec le premier film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure après avoir vu ces quatre films ? Déjà, Besson a ses marottes et ses tics scénaristiques sont détestables: femmes-objets, très jeunes, héros taciturnes qui s'enfoncent dans la masculinité toxique, enjeux inexistants, cohérence discutable et fascination pour les gros costauds et les grosses bagnoles. L'évolution de Statham sur la trilogie originale est clairement visible, se métamorphosant petit à petit en super-héros monolithique sans intérêt. De manière générale, seul le premier film possède une esthétique un tant soit peu intéressante, les suivants s'alignant sur les blockbusters d'action comme il en sort des dizaines chaque année.
En comparaison de Fast and Furious, &lt;strong&gt;Le Transporteur&lt;/strong&gt; manque d'introspection. Là où la saga de Vin Diesel a su prendre conscience de ses propres gimmicks, lui permettant d'en jouer, la saga de Besson est une succession de poncifs étalés au premier degré, avec la conviction que ces éléments sans originalité suffiront à faire de bons films.
C'est d'ailleurs attristant de voir que &lt;strong&gt;Fast X&lt;/strong&gt; est un film qui se prend nettement plus au sérieux que l'hilarant &lt;strong&gt;Fast and Furious 9&lt;/strong&gt;, et le fait que Louis Leterrier soit à la réalisation y est sûrement pour quelque chose.
Est-ce que cela condamne le dernier volet de FF à suivre le chemin du Transporteur ? Espérons que non.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:0"&gt;
&lt;p&gt;non.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:0" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;un pari osé de la part de EuropaCorp, qui avait dû essuyer des critiques suite à la mort d'un caméraman lors du tournage d'une cascade de Taxi 2 en 2000.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;en tout cas, selon Megaton lui-même d'après &lt;a href="https://www.cineserie.com/news/cinema/le-transporteur-3-pourquoi-le-film-a-ete-complique-a-realiser-5072544/"&gt;cette interview sur CinéSérie&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://web.archive.org/web/20081204112631/http://www.contactmusic.com/news.nsf/article/stathams%20love%20interest%20was%20plucked%20from%20obscurity_1086237"&gt;https://web.archive.org/web/20081204112631/http://www.contactmusic.com/news.nsf/article/stathams%20love%20interest%20was%20plucked%20from%20obscurity_1086237&lt;/a&gt; et franchement, ça ne fait que confirmer que Besson est un gros dégueulasse qui choisit des nanas purement pour leur physique, mais qui ça surprend ?&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:4"&gt;
&lt;p&gt;il faut dire qu'entre temps, Statham a débarqué dans &lt;strong&gt;Expendables&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Fast and Furious&lt;/strong&gt;, autant dire qu'EuropaCorp pourrait courir longtemps. Statham a aussi affirmé que l'absence de scénario l'a découragé de signer le contrat, mais entre nous j'ai du mal à voir ce que ça aurait changé vu les films dans lesquels il a tourné sur la période.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:4" title="Jump back to footnote 5 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:5"&gt;
&lt;p&gt;une des cascades ressemble d'ailleurs étrangement à celle de Fast &amp;amp; Furious 6 sorti deux ans plus tôt (2013), dans lequel joue Statham, comme quoi.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:5" title="Jump back to footnote 6 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - House of the Dead</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-house-of-the-dead.html" rel="alternate"></link><published>2023-11-19T00:00:00+01:00</published><updated>2023-11-19T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2023-11-19:/critique-house-of-the-dead.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Dans ma longue carrière de nanardeur, j'ai vu des films mauvais. Un certain nombre même. Souvent de mon plein gré. Et, au bout du compte, j'ai regretté très peu de films que j'ai vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut qu'on parle de &lt;strong&gt;House of the Dead&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va évacuer rapidement le préambule : &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/House_of_the_Dead_(film)"&gt;&lt;strong&gt;House …&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Dans ma longue carrière de nanardeur, j'ai vu des films mauvais. Un certain nombre même. Souvent de mon plein gré. Et, au bout du compte, j'ai regretté très peu de films que j'ai vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut qu'on parle de &lt;strong&gt;House of the Dead&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On va évacuer rapidement le préambule : &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/House_of_the_Dead_(film)"&gt;&lt;strong&gt;House of the Dead&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt; est une adaptation du jeu d'arcade éponyme, sortie en 2003 et réalisée par cet effroyable tâcheron d'Uwe Boll. Si vous avez déjà vu un de ses films, vous frissonnez peut-être un peu et vous avez bien raison Parce que non seulement ce film est nul, mais en plus il est énervant. Je vais essayer de structurer un peu mes pensées parce qu'il y a beaucoup de choses à en dire. Vous pouvez regarder &lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=6iRgq1gYYwc"&gt;l'épisode 5 de Crossed&lt;/a&gt; dans lequel Karim Debbache vous parle du film et de son horrible réalisateur allemand en attendant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;OK, c'est bon. Commençons par le casting. Uwe Boll, cet escroc, a toujours été particulièrement débrouillard pour financer ses films, surfant à la fois sur des financements publics allemands et la mode des adaptations de films de jeux vidéo au début des années 2000. Donc le budget n'est pas énorme mais il est loin d'être riquiqui, on parle de la bagatelle de 12 millions de dollars. N'empêche que le film fait appel à la troisième division hollywoodienne en piochant allègrement dans des seconds rôles de films d'horreur pas particulièrement mémorables, du style &lt;em&gt;Destination Finale 2&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Halloween 4&lt;/em&gt;. Oui, quand on va chercher les seconds rôles des &lt;em&gt;suites&lt;/em&gt; de licences pas terribles, moi j'appelle ça faire les fonds de tiroir des têtes vaguement connues, juste assez pour que le public se dise « ah mais attends il joue dans quoi lui ? ». On a quand même le droit à Jürgen Prochnow (Leto Atreides dans le &lt;em&gt;Dune&lt;/em&gt; de 194, oui oui), mais dans l'ensemble, on est sur des jeunes comédien⋅nes avec peu d'expérience qui auraient bien besoin d'un metteur en scène compétent pour les diriger. Sauf que Boll n'est rien de tout ça. Donc voilà, on se tape un bataillon de jeunes beaux et sexys mais inconnus qui débarquent pour une fête mystérieuse sur la &lt;em&gt;Isla de la Muerte&lt;/em&gt;. L'île de la mort (en espagnol). Voilà, va y avoir des zombies. Et un peu de baston à un moment, parce que dans &lt;em&gt;House of the Dead&lt;/em&gt; (le jeu), on passe surtout son temps à flinguer des zombies. Mais on n'est pas dans le jeu, on est dans le film.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et Boll c'est le spécialistes des adaptations de jeux vidéo en film, sachant que ce cher Uwe méprise ouvertement le médium (qu'il considère comme étant un loisir pour jeunes qui aiment la violence, les flingues et les nanas sexys). Il a porté à l'écran parmi les pires adaptations de jeu : &lt;em&gt;Alone in the Dark&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Postal&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Far Cry&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;BloodRayne&lt;/em&gt; &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et donc &lt;strong&gt;House of the Dead&lt;/strong&gt; &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Même si Boll prétend depuis quelques années qu'il aimait bien les jeux vidéo et qu'il se retrouvait « piégé » par les studios à devoir réaliser un film avec un budget bien plus faible que prévu, il ne faut pas oublier que Uwe est un fieffé menteur, expert en extorsion de financements publics auprès des autorités allemandes. D'ailleurs, les films originaux de Boll, sur lesquels il a donc eu un contrôle créatif total, sont de qualité tout aussi douteuses que ses adaptations. Parce que la réalité des choses, c'est que Uwe Boll n'est pas un bon réalisateur. Et c'est un bel euphémisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors tout de même, rendons à César ce qui est à César, une grande partie de la nullité du film est aussi la responsabilité de Mark Altman, le scénariste, aussi coupable d'avoir commis l'ignoble &lt;em&gt;DOA: Dead or Alive&lt;/em&gt; de 2007 &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. &lt;em&gt;The House of the Dead&lt;/em&gt;, à l'origine, est un rail shooter basique : deux agents spéciaux viennent fouiller un manoir envahi de zombies et font le nettoyage à grands coups de 9mm, Colt Python et autres fusils à pompe fabriqués dans cette belle nation qu'est l'Amérique. À la place, le film nous balance un groupe de jeunes qui explorent une île à la recherche d'une rave party... qui a donc été envahie de zombies. Je concède que le matériau de base n'était pas bien folichon, mais l'adaptation au grand écran méritait mieux qu'un slasher à deux balles sur lequel on a collé quelques plans nichons et un passage avec des flingues en vue à la première personne pour satisfaire les &lt;em&gt;gamerz&lt;/em&gt;. Les dialogues n'ont aucun intérêt, les acteurs sont à côté de leurs pompes en permanence &lt;sup id="fnref:4"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:4"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, on ne s'attache à personne, les personnages crèvent et on s'en fout complètement, les enjeux sont au raz des paquerêttes, pourquoi je regarde ça moi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pourriez me rétorquer que c'était évident que &lt;strong&gt;House of the Dead&lt;/strong&gt; aurait une histoire thématiquement un peu légère. Certes, mais parlons de la forme alors. Est-ce qu'à défaut d'être un grand film d'auteur, c'est un petit film de série B valable ? Ben non. Parce que, faut-il le répéter, Boll n'est pas un bon réalisateur. Il ne sait pas réaliser un film correct. Visuellement c'est odieux, c'est moche et ça pique les yeux. Je n'exagère pas, les scènes d'action abusent de ralentis ignobles qui tentent de singer &lt;em&gt;Matrix&lt;/em&gt;, des flashs épileptiques cachent la misère des effets spéciaux bâclés sur After Effects, la musique techno explose le crâne au bout de cinq minutes, les transitions entre les scènes sont entrecoupées d'inserts avec des extraits du jeu sans la moindre raison, la lumière est dégueulasse, le montage n'a aucun rythme, il n'y a rien qui va.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc voilà, pas de conclusion. Apprenez de mes erreurs, regardez autre chose, n'importe quoi, mais pas &lt;strong&gt;House of the Dead&lt;/strong&gt;. Même pour la blague, il n'y a rien à tirer de ce film, à part une appréciation renouvelée pour les longs-métrages qui n'accumulent pas autant d'erreur dans 90 minutes de pellicule.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
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&lt;p&gt;qui a eu non pas une, mais deux suites, comment c'est possible ? Ça restera pour moi un mystère plus grand que celui de la matière noire.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;et donc j'apprends qu'il a aussi eu une suite, que je vais donc devoir regarder, la malédiction ne cessera donc jamais ?&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;et encore une adaptation de jeu vidéo, tiens.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:4"&gt;
&lt;p&gt;j'ai vu le film deux fois, en VF et en VO, je peux vous garantir que c'est affreux dans les deux langues.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:4" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>RPG a Day 2023</title><link href="https://blog.altay.fr/rpg-a-day-2023.html" rel="alternate"></link><published>2023-08-31T00:00:00+02:00</published><updated>2023-08-31T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2023-08-31:/rpg-a-day-2023.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Vous connaissez le principe: 31 questions liées au jeu de rôle pour chaque jour du mois d'août. C'est l'édition 2023, la dixième de #RPGaDay et la quatrième à laquelle je participe. Allez, sans plus d'ambages, c'est parti.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;1. Premier jeu de rôle joué (cette année)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si mon agenda est correct …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Vous connaissez le principe: 31 questions liées au jeu de rôle pour chaque jour du mois d'août. C'est l'édition 2023, la dixième de #RPGaDay et la quatrième à laquelle je participe. Allez, sans plus d'ambages, c'est parti.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;1. Premier jeu de rôle joué (cette année)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si mon agenda est correct, il s'agit d'une séance de ma campagne hebdomadaire de &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/cops/cops-fr"&gt;COPS&lt;/a&gt;, le jeudi 12 janvier.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;2. Premier maître du jeu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon tout premier MJ était un camarade de lycée en seconde. J'avais été intrigué par la couverture d'un de ses livres de D&amp;amp;D3.5 en classe, le &lt;em&gt;Manuel des monstres&lt;/em&gt; si mes souvenirs sont bons. Il nous avait proposé d'organiser une partie à l'occasion. Le dernier jour de cours, il avait demandé à notre prof de bio si, plutôt que de regarder un film avec le reste de la classe, on pouvait s'isoler dans la salle d'à côté pour jouer à Donjons et Dragons. Le prof avait accepté et il nous a mené mon premier &lt;em&gt;one-shot&lt;/em&gt;. Je ne me souviens plus vraiment de mon personnage (pré-tiré, un ranger je crois). L'intrigue consistait à sauver la fille d'un notable du coin, kidnappée par des gobelins. En réalité, on a découvert à la fin que la jeune femme avait orchestré sa propre disparition pour échapper à un mariage arrangé. Merci Marc-Antoine, c'était une sacrée première aventure !&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;3. Premier jeu de rôle acheté (cette année)&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ai été assez sage cette année, d'autant que j'attendais encore quelques foulancements précommandés l'année dernière. Le premier jeu que j'ai acheté cette année est donc &lt;a href="https://www.gameontabletop.com/cf432/ultime-vengeance-3d.html"&gt;Ultime Vengeance 3D&lt;/a&gt; en financement participatif. C'est un jeu qui émule les mécanismes des films d'action, aussi bien des &lt;em&gt;blockbusters&lt;/em&gt; que des séries B. Le film est intradiégétique, un peu comme dans &lt;em&gt;Brain Soda&lt;/em&gt;, et la façon de raconter a autant d'importance que l'action en elle-même, un peu comme dans &lt;em&gt;Wushu&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;4. Dernier jeu de rôle acheté&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit d'un scénario de &lt;em&gt;Culinario Mortale&lt;/em&gt;, le dîner enquête grandeur nature : &lt;a href="https://www.culinario-mortale.fr/diner-enquete/expedition-mortelle"&gt;L'Expédition Mortelle&lt;/a&gt;. Un meurtre digne des meilleurs télénovellas, qui nous a donné deux heures et demi d'amusement, et qui m'a surtout permis, à moi le meurtrier, de m'en tirer in extremis. :D&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;5. Le plus vieux jeu auquel j'ai joué&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Sauf erreur de ma part et en ne comptant pas les jeux assez anciens mais pour lesquels je n'ai joué qu'à des éditions ultérieures, je pense que le jeu sorti le plus tôt auquel j'ai joué est &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/toon"&gt;Toon&lt;/a&gt;. C'est un jeu assez précurseur, sorti en 1984 (1994 en France) qui permet de jouer des cartoons, façon Looney Tunes ou Tex Avery. Je n'en ai fait qu'une seule partie, en vocal, vers 2011 ou 2012. Elle ne m'a pas laissé beaucoup de souvenirs à part que toutes nos actions avaient tendance à partir dans l'absurde. Je ne crois pas que ce soit la faute du jeu, plus un symptôme du type d'humour qui faisait rire la table. À retester à l'occasion.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;6. Mon jeu préféré auquel je ne peux jamais jouer&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'adore &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/methode-du-docteur-chestel/methode-du-docteur-chestel-fr"&gt;La Méthode du Docteur Chestel&lt;/a&gt;, un jeu de rôle permettant d'incarner des thérapeutes qui visitent littéralement la psychée inconsciente des patients pour les guérir de leurs afflictions. C'est un livret court mais écrit de manière particulièrement efficace (52 pages !), avec une grande originalité. Le jeu, français, est sorti en 1991, presque trente ans avant Inception (et pan, dans les dents Christopher). J'ai écrit plusieurs scénarios pour Chestel entre 2011 et 2016, mais aucun n'a jamais pu être joué parce que les joueurs motivés pour participer n'étaient jamais dispo au même moment. Cela dit, l'auteur du jeu, Daniel Danjean, a fait savoir qu'il travaillait actuellement sur une nouvelle édition. Peut-être que cette fois, ce sera la bonne ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;7. Le JDR le plus malin auquel j'ai joué&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pas vraiment le plus « malin », cela dit &lt;a href="https://www.trictrac.net/jeu-de-societe/fiasco"&gt;Fiasco&lt;/a&gt; est le jeu de rôle qui a le plus changé mes préconceptions sur le genre. C'est un jeu de rôle &lt;em&gt;narrativiste&lt;/em&gt;, qui permet de raconter des histoires d'arnaques et d'embrouilles ratées dignes des frères Cohen, &lt;em&gt;sans aucun MJ&lt;/em&gt;. Le game design est excellent, c'est une super façon de présenter le jeu de rôle à des débutant⋅es que les manuels de 400 pages rebutent.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;8. Personnage préféré&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette question sert surtout à me rappeler que je ne joue pas autant que ce que j'aimerais, et que je suis plus souvent meneur qu'à mon tour. Pas de réponse, toc, démerdez-vous avec ça.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;9. Dé préféré&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="Dé à dix faces, les chiffres sont inscrits en chiffres romains." src="https://blog.altay.fr/images/dé_romain.jpg"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;10. Mon histoire d'ambiance préférée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plupart des nouvelles écrites par G.E. Ranne pour INS/MV sont des petites pépites de narration et de sous-entendu. Je ne sais plus dans quel supplément elle se trouve &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, mais l'historette qui laisse à croire que l'Archange Laurent est responsable du 11 septembre 2001 me tue de rire.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;11. Le jeu le plus bizarre auquel j'ai joué&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://steve-j.itch.io/mais-comment-peut-on-tre-parasite"&gt;Mais comment peut-on être parasite ?&lt;/a&gt; ne peut que décrocher la palme d'or de cette catégorie. Quatre aliens planifiant l'invasion de la Terre prennent possession du cerveau d'un humain malheureux. Pas de chance, chaque alien contrôle une partie différente de sa délicieuse cervelle. En attendant que l'assimilation soit complète, il faut se comporter comme un humain parfaitement normal, et surtout, continuer à travailler : la malchanceuse victime est cadre au sein de l'entreprise UOB, leader dans le secteur péritels. C'est complètement barré, à la limite entre le génie et le délire fiévreux.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;12. Un vieux jeu auquel je joue encore&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/in-nomine-satanis-magna-veritas"&gt;INS/MV&lt;/a&gt;. Première édition sortie en 1991, ma première partie était en 2009, je ne passe jamais plus de trois mois sans y jouer. Des Anges, des Démons, une guerre secrète parmi les humains, en même temps, comment voulez-vous résister à ça ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;13. La fin tragique d'un personnage la plus mémorable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mes personnages ne meurent pas, ils prennent leur retraite.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;14. Mon achat préféré en convention&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je pense que je n'ai rien acheté lié au jeu de rôle en convention depuis au moins cinq ans, et je serais bien en peine de déterminer ce que c'était. Mon « achat » préféré de convention est &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/steamshadows"&gt;SteamShadows&lt;/a&gt;, dont deux exemplaires m'avaient été offerts par son auteur lors d'une convention que je co-organisais vers 2013/2014. Bon, l'un des exemplaires est parti en club, l'autre a été offert à une amie. Mais ça n'en restait pas moins une attention super gentille et le meilleur remerciement que l'on m'ait fait sur les trois ans où j'organisais cette conv.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;15. Mon module/one-shot préféré de convention&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je sais pas, c'est une question pour les américains qui jouent des modules scénarisés dans les conventions organisée par Wizards of the Coast, non ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;16. Un jeu que j'&lt;em&gt;aimerais&lt;/em&gt; avoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Oh ben plein mais la plupart de ceux que j'aime et auxquels je joue, je les ai. Enfin, par contre, je cherche encore le supplément &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/in-nomine-satanis-magna-veritas/1ere-edition/daemonis-compendium-fr"&gt;Daemonis Compendium&lt;/a&gt; de la première édition d'INS/MV. C'est le seul bouquin qui me manque pour compléter ma collection. Alors, euh, si vous avez ça dans vos placards, faites-moi signe pour que je vous en débarasse ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;17. Le jeu le plus drôle auquel j'ai joué&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/non-merci/non-merci-fr-86884"&gt;Non merci&lt;/a&gt;, le jeu où il faut refuser l'aventure, m'a donné quelques moments d'anthologie. Mais franchement, beaucoup de jeux ont un potentiel comique énorme si on sait bien s'entourer.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;18. Mon système préféré&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ma réponse change toutes les six semaines environ mais en ce moment, j'ai un petit faible pour le système de &lt;em&gt;Donjon &amp;amp; Cie&lt;/em&gt;, qui est en réalité celui de &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/macchiato-monsters"&gt;Macchiato Monsters&lt;/a&gt;. Simple, efficace, avec un système permettant d'abstraire la limitation des ressources, c'est un bijou.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;19. Mon aventure publiée préférée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;J'ai un petit faible pour &lt;em&gt;Le Pendule de Jean-Pierre Foucault&lt;/em&gt; publiée dans le supplément &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/in-nomine-satanis-magna-veritas/1ere-edition/heaven-hell-fr"&gt;Heaven &amp;amp; Hell&lt;/a&gt; d'INS/MV, mais difficile d'en dire beaucoup sans devoir divulgâcher une bonne partie du scénario. Toujours est-il que la scène finale dans les escaliers ? La chair de poule, les amis.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;20. J'y jouerai encore dans vingt ans&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Vous avez pas lu ma réponse sur INS/MV ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;21. Mon JDR préféré sous licence&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le fanboy hurle &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/star-wars-ffg/force-destiny/force-et-destinee-fr"&gt;Force &amp;amp; Destinée&lt;/a&gt; de la version FFG du jeu de rôle &lt;em&gt;Star Wars&lt;/em&gt;, même si je crois lui avoir préféré le système imaginé par Modiphius pour le jeu de rôle &lt;em&gt;Fallout&lt;/em&gt;. Peut-être que tout changera quand j'aurai enfin lu mon exemplaire de STALKER.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;22. Mon meilleur achat JDR d'occasion&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le bouquin de base de la troisième édition d'INS/MV est sans doute l'achat d'occasion que j'ai le plus rentabilisé.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;23. Le JDR aux visuels les plus cools&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le GURPS &lt;em&gt;Discworld&lt;/em&gt;, même si c'est de la triche puisqu'il reprend les illustrations faites par Paul Kidby pour les Annales du Disque-monde de Terry Pratchett.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;24. Un JDR simple ou complexe auquel je joue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jeu le plus complexe que je tolère encore est La Légendes des cinq anneaux, mais la concurrence de L'Empire des Cerisiers pourrait bien le conduire au rebut plus rapidement que prévu.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;25. Un JDR que je possède auquel je n'ai encore jamais joué&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Ben, STALKER du coup. Et c'est 100% faute de temps pour lire le manuel.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;26. Ma feuille de personnage préférée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Alors, en fait je joue en grande majorité en ligne, donc je vois rarement des fiches de perso papier. Celle faite par Le Grümph pour Dragon de Poche est super bien fichue, avec tous les rappels de règles dessus. Du coup ce sera ma réponse. Mettez des rappels des règles sur vos modèles de feuille de perso !&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;27. Un jeu dont j'aimerais une nouvelle édition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Franchement, je dirais aucun. Il y a déjà beaucoup de nouvelles éditions qui sortent, certaines bien, d'autres non. Je pense que le jeu de rôle a bien évolué ces quinze dernières années, notamment grâce au courant narrativiste. Si vous y tenez, faites-moi une nouvelle mouture de &lt;em&gt;Cendres&lt;/em&gt; (cf. #30) avec un système un peu plus léger.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;28. Le jeu le plus flippant auquel j'ai joué&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le jeu d'horreur où les actions se résolvent avec une tour de Jenga: &lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/dread"&gt;Dread&lt;/a&gt;. L'idée de matérialiser l'équilibre précaire d'une situation horrifique par une tour branlante est géniale. Sauf que moi, j'ai la tremblotte alors que ça me plonge dans des états de stress rapidement incompatibles avec la progression de l'aventure. Néanmoins, c'est très efficace pour faire monter la flippe !&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;29. Ma rencontre la plus mémorable&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Je sais pas et je m'en fous, je veux pas raconter mes anecdotes de partie qui n'intéresseront que les cinq personnes qui y étaient ! La meilleure rencontre sera celle que tu me feras jouer à ta table.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;30. Un JDR obscur auquel j'ai joué&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/cendres"&gt;Cendres&lt;/a&gt;. Je ne sais pas si c'est un jeu si obscur que ça. C'est un JDR français de 2002 qui se passe des décennies après un cataclysme qui a détruit la civilisation. Elle est doucement en train de se reconstruire, avec des technologies d'antan assez mal comprises. Et le pouvoir est extrêmement fragmenté, avec un retour à un système féodal où de multiples baronnies locales se marchent sur les pieds. Le système est infâme en plus d'être extrêmement punitif mais l'univers est fascinant. C'est du post-post-apo français ! Moi j'adore.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;31. Mon JDR préféré de tous les temps&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La réponse tient en six lettres et un caractère spécial. Faites un effort, Je vais pas vous l'épeler non plus.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;Dites-le moi si vous savez, que je mette cet article à jour et que j'ai l'air moins idiot.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Jeux de rôle"></category><category term="jdr"></category><category term="quizz"></category></entry><entry><title>Critique de film - Cash</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-cash.html" rel="alternate"></link><published>2023-08-11T00:00:00+02:00</published><updated>2023-08-11T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2023-08-11:/critique-cash.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Je vous en parlais déjà &lt;a href="https://blog.altay.fr/critique-yannick.html"&gt;hier&lt;/a&gt;, j'ai vu le film &lt;strong&gt;Cash&lt;/strong&gt; cette semaine, deux jours avant &lt;em&gt;Yannick&lt;/em&gt;, un autre film avec Raphaël Quenard dans le rôle principal. Ce qui est amusant, c'est que son phrasé, son vocabulaire et sa posture sont quasiment les mêmes dans les deux films, instaurant une …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Je vous en parlais déjà &lt;a href="https://blog.altay.fr/critique-yannick.html"&gt;hier&lt;/a&gt;, j'ai vu le film &lt;strong&gt;Cash&lt;/strong&gt; cette semaine, deux jours avant &lt;em&gt;Yannick&lt;/em&gt;, un autre film avec Raphaël Quenard dans le rôle principal. Ce qui est amusant, c'est que son phrasé, son vocabulaire et sa posture sont quasiment les mêmes dans les deux films, instaurant une sorte de continué non-officielle, bref, un RQ &lt;em&gt;Cinematic Universe&lt;/em&gt; qui n'a de sens que pour moi. Trève de bavardages, parlons du long-métrage qui nous intéresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cash&lt;/strong&gt; est un film de gangster français, mêlant arnaques et braquages au fin fond de la Beauce, puisque l'intrigue se place dans une ville rarement vue sur grand écran : Chartres. Forcément, c'est un cadre qui me parle puisque j'ai passé mon enfance et mon adolescence dans les champs à la limite entre le 91 et le 28. Dans &lt;strong&gt;Cash&lt;/strong&gt;, la ville est dominée par une famille blindée de pognon : les Breuil, qui possèdent une usine de mise en bouteille de parfums de luxe. Face aux notables, Daniel Sauveur (Raphaël Quenard, donc) a bien l'intention de leur faire à l'envers, après que les Breuil aient détruit son business de livraison quelques années plus tôt. Il se fait embaucher comme manutentionnaire et embarque son pote Scania &lt;sup id="fnref:0"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:0"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; (Igor Gotesman) dans une série de petites embrouilles qui vont rapidement leur faire prendre du galon dans le microcosme des voyous chartrains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film est réalisé par Jérémie Rozan, dont c'est à ma connaissance le premier long-métrage. Il signe également le scénario, qui s'inspire à la fois des films de braquage de Soderbergh (un peu les &lt;em&gt;Ocean's&lt;/em&gt; mais surtout l'excellent &lt;em&gt;Logan Lucky&lt;/em&gt;) et de productions françaises, comme la série &lt;em&gt;Family Business&lt;/em&gt;. L'histoire est efficace, punchy et bien rythmée. Les personnages sont archétypaux sans être des caricatures, Antoine Gouy est détestable en fils Breuil, et la liste des seconds couteaux est longue comme le bras &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. La mise en scène n'est pas la plus inventive qui soit mais elle est pleine d'enthousiasme, avec quelques bonnes idées piquées aux classiques du film de gangsters, notamment de Scorsese (narrateur en voix-off, bande son omniprésente, arrêts sur image). &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film s'appuie un peu trop sur le personnage de Sauveur, laissant Raphël Quenard porter le scénario à bout de bras. Alors oui, Daniel est un personnage attachant. Loin d'être un génie du crime, c'est surtout un mec lambda, né dans une petite ville française, qui se transforme en escroc pour rendre la monnaie de leur pièce aux véritables voyous du coin : les Breuil. La gouaille de Quenard est un vrai plus, et donne un cachet assez marqué qui m'a rappelé l'accent de Statham dans &lt;em&gt;Snatch&lt;/em&gt;. Pourtant, un bon film de braquage doit aussi savoir s'appuyer sur son équipe, et donner la possibilité aux seconds rôles de s'épanouir. Ce n'est pas vraiment le cas ici, alors que le potentiel scénaristique des deux bras droits de sauveur, Scania et Virginie, était énorme &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. C'est peut-être une « erreur de jeunesse » de Rozan, qui semble douter en permanence que le public réussisse à suivre les détails de l'arnaque et se concentre donc sur un seul personnage, dont la voix-off rappelle régulièrement la situation et la suite du plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer, difficile de ne pas mentionner le commentaire politique de &lt;strong&gt;Cash&lt;/strong&gt;. Il est assez superficiel pour être réellement intéressant, pour autant ça ne signifie pas qu'il n'est pas réussi. Celles et ceux qui ont vécu dans une de ces bourgades moyennes de la France voient sûrement très bien comment leur canton est dominé par quelques familles de notables bien bourgeois. &lt;strong&gt;Cash&lt;/strong&gt;, c'est la vengeance des classes populaires fantasmée par beaucoup de gens, au travers du « crime légitime ». Là où &lt;a href="https://blog.altay.fr/critique-reprise-en-main.html"&gt;Reprise en main&lt;/a&gt; s'imaginait comme un Ken Loach franchouillard, &lt;strong&gt;Cash&lt;/strong&gt; est plutôt un Guy Ritchie beauceron. Ok, tout n'est pas parfait, mais c'est réjouissant de voir le cinoche français s'emparer d'un genre qu'il a souvent boudé. Alors si Cash peut nous permettre de voir plus de gangsters de province, je signe illico.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:0"&gt;
&lt;p&gt;oui, comme les camions, même si à mon grand désarroi, on ne verra pas beaucoup d'action en semi-remorque dans le film.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:0" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;on retrouve avec plaisir Agathe Rousselle qui passe de &lt;em&gt;Titane&lt;/em&gt; à un rôle de DRH désabusée, Youssef Hadji (&lt;em&gt;Le Daim&lt;/em&gt;) en homme de main discret et efficace, ainsi que Younès Boucif (&lt;em&gt;Drôle&lt;/em&gt;), Irina Muluile (&lt;em&gt;Le Bureau des légendes&lt;/em&gt;) et bien d'autres.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;à la place, on se retrouve avec une sous-intrigue amoureuse à deux balles dont on se serait bien passés.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Yannick</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-yannick.html" rel="alternate"></link><published>2023-08-10T00:00:00+02:00</published><updated>2023-08-10T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2023-08-10:/critique-yannick.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Hier soir, je suis allé au cinéma voir le dernier film de &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Quentin_Dupieux"&gt;Dupieux&lt;/a&gt;: &lt;strong&gt;Yannick&lt;/strong&gt;. Le hasard a fait qu'il s'agit du deuxième film que je vois en quelques jours avec Raphaël Quenard en rôle titre &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Yannick, c'est l'histoire de… Yannick, qui décide d'interrompre une pièce de théâtre pour exprimer …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Hier soir, je suis allé au cinéma voir le dernier film de &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Quentin_Dupieux"&gt;Dupieux&lt;/a&gt;: &lt;strong&gt;Yannick&lt;/strong&gt;. Le hasard a fait qu'il s'agit du deuxième film que je vois en quelques jours avec Raphaël Quenard en rôle titre &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Yannick, c'est l'histoire de… Yannick, qui décide d'interrompre une pièce de théâtre pour exprimer, poliment mais avec une grande assertivité, sa critique plutôt négative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai pas vu beaucoup de films de Dupieux. Oui, je vois les cinéphiles du fond commencer à râler, détendez-vous, les réalisateurs qui s'appellent Quentin ne forment pas l'alpha et l'omega du cinéma. Concrètement, Yannick est le troisième de ses films que je vois, après &lt;em&gt;Au poste !&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Incroyable mais vrai&lt;/em&gt;. Je ne vais pas en faire la critique mais &lt;em&gt;Au poste !&lt;/em&gt; m'avait ennuyé avec son absurde qui multiplie les effets de manche, tandis que &lt;em&gt;Incroyable mais vrai&lt;/em&gt; commençait bien avant de se laisser embarquer dans une fin paresseuse. Bref, j'attendais avec circonspection ce film, d'autant plus que sa durée (1h05 !) rend chère la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans trop dévoiler l'intrigue, Yannick tient en haleine pendant une heure, porté par la performance de Raphaël Quenard dans le rôle titre. Il est accompagné sur scène, littéralement, par Pio Marmaï, Blanche Gardin et Sébastien Chassagne qui incarnent les comédien⋅nes du vaudeville « Le Cocu ». Le trio est excellent, et malgré ce que je pense par ailleurs de Blanche Gardin, elle joue à la perfection la mauvaise comédienne. Sébastien Chassagne est un peu en retrait, pas pour à cause de sa performance mais tout simplement parce que le scénario place son personnage à l'écart de la plupart des situations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas, ou peu, d'absurde dans Yannick. Si je ne dirais pas que l'intrigue est plausible, elle est &lt;em&gt;possible&lt;/em&gt;. Le scénario est dense et aborde non seulement la lutte des classes, mais aussi la relation entre le public et les artistes, la pression (et la joie) de la création, la solitude, la place de l'art, le rôle des réalisateur⋅ices et des producteur⋅ices dans le processus créatif et bien d'autres thèmes. J'y ai vu, peut-être à tort parce que c'est ce que j'avais envie d'y voir, une allégorie de la transformation du public, ingrat et insatisfait, en critique, frustré et acerbe, puis sa mue finale en artiste, naïf, maladroit mais sincère. C'est un film touchant et étrangement bienveillant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du côté de la réalisation, c'est beau. Il y a quelques mouvements de caméra et jeux de focus entre la scène et la public que j'ai bien envie de revoir. Les plans m'ont semblé assez long, le film est bien ancré dans le réel du théâtre, et c'est probablement un des grands avantages d'avoir un réalisateur qui écrit le scénario : le texte et l'image se complètent merveilleusement bien. La musique est assez discrète mais Yannick n'en a pas vraiment besoin, elle se contente de ponctuer les quelques moments de silence, pour apporter une respiration (pas toujours rassénérante !).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon principal grief vis à vis du film est sa fin, que j'ai trouvé, comme pour &lt;em&gt;Incroyable mais vrai&lt;/em&gt;, bâclée. Je comprends pourquoi le film s'arrête là où il s'arrête, et que c'est un choix délibéré et volontaire. Cependant, c'est un schéma qui me paraît récurrent chez Dupieux. J'ai la sensation que ces films s'arrêtent systématiquement juste avant ce qui aurait été la scène finale dans n'importe quel autre scénario. C'est subversif et j'imagine que ça passe pour Dupieux, mais je doute que l'on accepte cette même fantaisie chez des scénaristes moins établi⋅es. Ses trois films m'ont tous donné l'impression que Dupieux ne sait pas conclure ses histoires. En voulant éviter d'en expliciter la morale, il finit par coincer son film dans un cul-de-sac narratif. Rédiger une fin devient une épreuve périlleuse qu'il zappe avec un énième tour de passe-passe. C'est peut-être le secret de la productivité de Dupieux : ne pas écrire de fin permet d'amener son scénario n'importe où, puisqu'il n'y a plus de besoin de conclure sur un dénouement satisfaisant. Chez moi, ça ne passe pas, et c'est bien dommage parce que le reste du film tient franchement la dragée haute à pas mal de  productions récentes qui se prétendent avoir un message subsversif sur l'art, le cinéma ou la société en général. Et en plus, c'est assez drôle.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;après &lt;strong&gt;Cash&lt;/strong&gt;, dont je vous reparlerai sûrement.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Incognito</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-incognito.html" rel="alternate"></link><published>2023-06-25T00:00:00+02:00</published><updated>2023-06-25T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2023-06-25:/critique-incognito.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Pour une raison qui m'échappe, &lt;strong&gt;Incognito&lt;/strong&gt; était sur ma liste de films à regarder depuis un moment. Si je me souviens bien, on me l'avait recommandé comme étant une « bonne » comédie avec Franck Dubosc. Les guillemets sont de rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Incognito&lt;/strong&gt; est une comédie française de 2009, réalisée par Éric Lavaine …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Pour une raison qui m'échappe, &lt;strong&gt;Incognito&lt;/strong&gt; était sur ma liste de films à regarder depuis un moment. Si je me souviens bien, on me l'avait recommandé comme étant une « bonne » comédie avec Franck Dubosc. Les guillemets sont de rigueur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Incognito&lt;/strong&gt; est une comédie française de 2009, réalisée par Éric Lavaine et mettant en scène Bénabar et Franck Dubosc en premiers rôles, avec Jocelyn Quivrin et Anne Marivin en second rôles. Le pitch est une sorte de resucée de &lt;strong&gt;Goodbye Lenin&lt;/strong&gt; version chanteur. Luka (Bénabar) est contrôleur RATP et chanteur dans un groupe amateur. Dix ans après la séparation du groupe, en voulant impressionner sa petite amie Marion (Anne Marivin), il tombe par hasard sur un carnet de chansons composées par son pote Thomas (Jocelyn Quivrin), décédé depuis. Les chansons sont des hits et Luka devient une superstar. Mais quand il s'avère que Thomas n'est en réalité pas mort et de passage en France, Luka décide de lui cacher la vérité. Il embarque dans son mensonge son embarassant coloc' Francis (Franck Dubosc), un mime raté à qui il demande de se faire passer pour un riche comédien afin d'expliquer le nouveau train de vie de Luka.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gags du scénario s'écrivent tous seuls : Luka doit cacher les traces de sa staritude, Francis profite du mensonge pour exploiter Luka, les quiproquo avec Marion s'enchaînent. C'est cousu de fil blanc jusqu'à la fin, sans aucune surprise. Ce ne serait pas si gênant si le film parvenait à être drôle. Malheureusement, les dialogues sont archi-prévisibles et les acteurs peinent à en faire quelque chose: Bénabar n'est pas vraiment à l'aise dans la comédie et Dubosc en fait des caisses. Il n'y a qu'Isabelle Nanty et François Damiens qui sortent un peu leur épingle du jeu dans de (trop) courtes apparitions. Le film d'ailleurs profite du réseau de contacts de la production, avec un passage sur le plateau de Denisot et un double caméo de Pierre Palmade assez gênant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niveau réal, il n'y a pas grand chose à dire. Ce n'est pas particulièrement beau mais ce n'est pas moche non plus. On est dans la moyenne de la comédie française: pas de prise de risque, pas de mise en scène compliquée. Le point le plus positif du film: sa musique, au-dessus de la moyenne (si on aime Bénabar).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas grand chose de plus à se mettre sous la dent malheureusement. On sait comment le film va se terminer dès que l'intrigue démarre, et le scénario se paie en plus le luxe d'avoir une morale franchement douteuse. Côté Bénabar, c'est sa première expérience de jeu au cinéma (il avait été régisseur et réalisateur sur des courts avant sa carrière musicale), lui confier le rôle titre était une décision risquée qui n'a pas vraiment payé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4/10.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Murder Mystery &amp; Murder Mystery 2</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-murder-mystery.html" rel="alternate"></link><published>2023-06-17T00:00:00+02:00</published><updated>2023-06-17T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2023-06-17:/critique-murder-mystery.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Étant en pleine période &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Whodunit"&gt;« whodunit »&lt;/a&gt; (ou &lt;em&gt;kicékilafait&lt;/em&gt;), j'ai profité de deux soirées libres pour visionner deux films de comédie d'enquête assez récents: &lt;strong&gt;Murder Mystery&lt;/strong&gt; (2019) et sa suite, le bien nommé &lt;strong&gt;Murder Mystery 2&lt;/strong&gt; (2023). Le premier film est réalisé par Kyle Newacheck, qui n'a pas fait grand chose d'autre …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Étant en pleine période &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Whodunit"&gt;« whodunit »&lt;/a&gt; (ou &lt;em&gt;kicékilafait&lt;/em&gt;), j'ai profité de deux soirées libres pour visionner deux films de comédie d'enquête assez récents: &lt;strong&gt;Murder Mystery&lt;/strong&gt; (2019) et sa suite, le bien nommé &lt;strong&gt;Murder Mystery 2&lt;/strong&gt; (2023). Le premier film est réalisé par Kyle Newacheck, qui n'a pas fait grand chose d'autre à part un peu de télé, et le second par Jeremy Garelick n'a pas réalisé grand chose non plus. Le gros du boulot est surtout abattu par &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Vanderbilt"&gt;James Vanderbilt&lt;/a&gt; qui scénarise les deux volets et qui avait déjà écrit pas mal de films plus ou moins bons (du Zodiac de Fincher à Scream 6 en passant par X-Men Origins: Wolverine, sacrée étendue qualitative).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux &lt;strong&gt;Murder Mystery&lt;/strong&gt; sont des productions Netflix, avec en stars Adam Sandler et Jennifer Aniston jouant un couple de détectives plus ou moins amateurs. Le premier film s'est fait descendre par la critique (&lt;a href="https://www.rottentomatoes.com/m/murder_mystery"&gt;44% sur Rotten Tomatoes&lt;/a&gt;, 6/10 sur IMDb) et c'est assez surprenant qu'une suite soit sortie quatre ans plus tard. Ou pas forcément, compte-tenu des choix étranges de Netflix concernant son catalogue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le premier film, Nick Spitz (Adam Sandler) est un flic de base, pas bien futé, marié à Audrey Spitz (Jennifer Aniston), coiffeuse avide de romans policiers. Le hasard les amène à être invités sur le yacht du milliardaire Malcolm Quince (Terence Stamp), qui bien entendu se fait assassiner avant la fin de la première demi-heure. S'ensuivent divers déboires, accusations douteuses parmi l'entourage de la victime, mise en cause du couple Spitz, qui doit enquêter pour prouver son innocence. Dans l'ensemble, j'ai bien aimé le film en dépit de ses faiblesses. Certes, Adam Sandler joue un flic un peu beauf, américain moyen, façon Steve Carrell de contrefaçon. Certes, le jeu de Dany Boon en anglais est médiocre au mieux. Certes, la résolution de l'intrigue est à la fois prévisible et mal amenée. Certes, il y a un peu trop de blagues de cul, probablement l'héritage de Sandler. Néanmoins, quelques vannes fonctionnent, Aniston porte le scénario sur ses épaules, Luke Evans, John Kani et Gemme Arterton semblent s'éclater dans leurs petits rôles et le rythme est excellent. Ce n'est ni l'enquête, ni la comédie de l'année 2019, mais c'est un divertissement sans prétention, qui fait ce qu'il a à faire. Je lui mets un 6/10 plutôt solide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le second film décroche un peu de la formule classique du meurtre pour se transformer en kidnapping. Tous les travers du premier film reviennent, y compris Dany Boon qui ne s'est pas amélioré, et Mélanie Laurent dont le jeu froid et cassant est ici mi-figue, mi-raisin. On peut saluer l'apparition de Mark Strong qui reprend son persona habituel d'homme fort dans lequel il est parfaitement à l'aise. Il m'a semblé entendre moins de vannes vulgos, même si le film flirte parfois dangeureusement avec les films de vacances à l'américaine où un couple lambda découvre l'Europe (le film se déroule en bonne partie à Paris). La réalisation se lâche un peu (sur les VFX), probablement parce que le budget a été augmenté, mais on reste dans une mise en scène et un cadrage convenus, il ne faut pas pousser. Le principal défaut du film est d'avoir un scénario dont la complexité est purement superficielle. Le dénouement de l'intrigue n'est bâti sur rien et il n'y a pas réellement de mystère à résoudre, faute d'indices exposés au public. Le final reste sympathique et &lt;strong&gt;Murder Mystery 2&lt;/strong&gt; en général ne manque pourtant pas de bonnes idées. C'est un 5/10 un peu timide.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, les deux films auraient mérité d'assumer un peu plus l'hommage aux vieux whodunits des années 70/80. Il manque aux personnages secondaires la caractérisation archétypale qu'on retrouve dans un roman d'Agatha Christie ou une partie de Cluedo. L'humour tombe un peu trop souvent dans la facilité pour Sandler, qui s'en sort pourtant bien pour jouer le flic flemmard et couillon, sans être crétin. Murder Mystery a le cul entre deux chaises. Ce n'est pas vraiment une interprétation nouvelle du genre de la comédie d'enquête, mais l'hommage n'est pas assez appuyé pour en faire une simple parodie. La saga n'est pas mauvaise et j'ai passé un moment plutôt agréable devant les films. Mais que l'on soit clair, ils ne rejoindront pas le panthéon des meilleurs films d'enquête pour vous triturer le cerveau, ni les plus drôles. À la place, je ne peux que chaudement recommander le film &lt;strong&gt;Cluedo&lt;/strong&gt; de 1985, réalisé par Jonathan Lynn et porté par les inénarrables Tim Curry et Christopher Lloyd, ou bien les concurrents directs de Netflix, &lt;strong&gt;À couteaux tirés&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Glass Onion&lt;/strong&gt;, autrement plus créatifs dans le même ordre d'idée et avec une distribution cinq étoiles.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Bilan rôliste de l'année 2022</title><link href="https://blog.altay.fr/bilan-roliste-2022.html" rel="alternate"></link><published>2023-01-02T16:34:00+01:00</published><updated>2023-01-02T16:34:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2023-01-02:/bilan-roliste-2022.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Nouvelle année, nouvelle itération du bilan rôliste ! Le nombre de parties est resté relativement stable par rapport à &lt;a href="https://blog.altay.fr/bilan-roliste-2021.html"&gt;l'an passé&lt;/a&gt;. Cinquante-sept parties jouées, ou plutôt menées puisque je n'ai été joueur que sur une unique table ! Le détail en tableau :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;thead&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;th&gt;Jeu&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;Nombre de parties&lt;/th&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;COPS&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;42&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Clés en mains (Héritages …&lt;/td&gt;&lt;/tr&gt;&lt;/tbody&gt;&lt;/table&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Nouvelle année, nouvelle itération du bilan rôliste ! Le nombre de parties est resté relativement stable par rapport à &lt;a href="https://blog.altay.fr/bilan-roliste-2021.html"&gt;l'an passé&lt;/a&gt;. Cinquante-sept parties jouées, ou plutôt menées puisque je n'ai été joueur que sur une unique table ! Le détail en tableau :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;thead&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;th&gt;Jeu&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;Nombre de parties&lt;/th&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;COPS&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;42&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Clés en mains (Héritages)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;7&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Soirée enquête&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;INS/MV (3ème édition)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Dragon de poche&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Donjon &amp;amp; Cie&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Fallout&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;57&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Sans grande surprise, c'est &lt;strong&gt;COPS&lt;/strong&gt; qui domine largement le classement grâce à notre partie hebdomadaire. Dans mon billet de l'an dernier, j'annonçais que la campagne nous tiendrait « au moins jusqu'à juin ». Ce n'est pas faux, la campagne n'est pas encore terminée mais devrait l'être dans les prochains mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En deuxième position arrive &lt;strong&gt;Héritages&lt;/strong&gt;, campagne prête à l'emploi éditée par Les XII Singes, que l'on a plié en une petite dizaine de séances. J'ai publié un billet contenant une &lt;a href="https://blog.altay.fr/critique-héritages-campagne.html"&gt;critique du jeu&lt;/a&gt;, que j'ai en résumé trouvé 
plaisant mais prévisible et dirigiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petite nouveauté, cette année j'ai décidé de comptabiliser les « soirée enquête », « soirée meurtre » et autres &lt;em&gt;murder party&lt;/em&gt; dans mon bilan. 2022 a été l'occasion de découvrir la gamme &lt;a href="https://www.culinario-mortale.fr/"&gt;Culinario Mortale&lt;/a&gt;, des « dîner enquête » pour 5 à 10 personnes. Nous avons joué &lt;em&gt;Mort à la carte&lt;/em&gt;, une intrigue gastronomique riche en rebondissements. Le jeu troque l'aspect « grandeur nature » contre l'absence de MJ et une bonne dose de dramaturgie façon Amour, Gloire &amp;amp; Beauté. C'était très bon et j'ai hâte d'en découvrir une nouvelle. Bien entendu, les deux autres &lt;em&gt;murder parties&lt;/em&gt; de cette année ont été les playtests de &lt;strong&gt;2 Fast 2 Murder&lt;/strong&gt;, qui devrait sortir en 2023 en dépit de l'échec du financement participatif cet automne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En queue de peloton arrivent les parties jouées IRL. La grosse expérience nouvelle de cette année a été de se rendre à &lt;em&gt;Paris PlaJDR&lt;/em&gt;, événement organisé par l'association Tenebrae, sorte de mini-convention chaque dimanche d'été. C'est une bonne expérience que j'aurais aimé renouveler, n'ayant pu y aller qu'une unique fois (pour une partie d'INS/MV) faute d'un calendrier bien rempli. J'ai également pu renouer avec des parties en vrai, à la maison cette fois, pour Fallout et Donjon &amp;amp; Cie, la découverte de l'année qui a fait l'unanimité à la table.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Côté production, j'ai été moins prolifique que d'habitude. Une fois n'est pas coutume, je n'ai pas participé au &lt;em&gt;Défi Trois Fois Forgé&lt;/em&gt;. L'essentiel de mon temps créatif est passé dans &lt;em&gt;2 Fast 2 Murder&lt;/em&gt;, ma murder party inspirée par &lt;em&gt;Fast and Furious&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Need for Speed&lt;/em&gt;. L'écriture du livret a nécessité un temps considérable, d'autant plus qu'il a fallu rédiger l'intégralité des indices pour les parties de test de cet automne. Il reste un bout de chemin à faire mais le plus dur est passé et les 100 pages du livret d'organisation sont quasiment écrites et maquettées. La seule nouveauté de 2022 a été la publication de &lt;a href="https://altay.itch.io/osiris-station"&gt;Osiris Station&lt;/a&gt;, un scénario d'horreur dans l'espace pour Dread RPG, en anglais. En réalité, ce scénario a été écrit en 2019 pour une soirée d'Halloween. Il a simplement été étendu et mis en page cet été.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour celles et ceux qui s'intéressent au côté mercantile de la chose, financement participatif mis à part, mes créations ont totalisé douze ventes cette année : 31 Fables à jouer (5 ventes), Osiris Station (5 ventes) et Fresque à jouer (2 ventes), pour un total d'environ 35€. Le taux de conversion est d'environ 4%, c'est-à-dire qu'un jeu téléchargé 100 fois recevra quatre contributions financières. C'est à peu près identique sur DriveThruRPG et sur itch.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bonne année 2023, et on se retrouve l'année prochaine pour un futur bilan !&lt;/p&gt;</content><category term="Jeux de rôle"></category><category term="jdr"></category><category term="meta"></category></entry><entry><title>Critique de film - Reprise en main</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-reprise-en-main.html" rel="alternate"></link><published>2022-11-09T00:00:00+01:00</published><updated>2022-11-09T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-11-09:/critique-reprise-en-main.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprise en main&lt;/strong&gt; est un film social sorti en octobre, réalisé par &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Perret"&gt;Gilles Perret&lt;/a&gt;. C'est dans la veine de sa filmographie passée (films sur la Sécurité Sociale, documentaire sur les Gilets Jaunes co-produit avec François Ruffin, documentaire sur la campagne de Mélenchon en 2017, vous voyez le topo). Le pitch …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprise en main&lt;/strong&gt; est un film social sorti en octobre, réalisé par &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Gilles_Perret"&gt;Gilles Perret&lt;/a&gt;. C'est dans la veine de sa filmographie passée (films sur la Sécurité Sociale, documentaire sur les Gilets Jaunes co-produit avec François Ruffin, documentaire sur la campagne de Mélenchon en 2017, vous voyez le topo). Le pitch est assez simple: les ouvriers d'une usine de mécanique font face au rachat de leur entreprise par un fonds d'investissement étranger. Craignant de perdre leur emploi, ils décident de monter leur propre fonds d'investissement pour racheter eux-mêmes la boîte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un film d'actualité, au scénario qui s'oppose résolument à la mainmise des financiers et des fonds d'investissement sur les moyens de production. C'est impossible d'y lire quoi que ce soit d'autre qu'un plaidoyer pour la socialisation des entreprises. On est sur un film &lt;em&gt;feel good&lt;/em&gt;, qui se plaît à montrer le triomphe de la classe ouvrière sur des patrons et des actionnaires cyniques et détachés du réel. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De ce côté-ci, le contrat est rempli. On passe un moment divertissant à voir notre trio de protagonistes reprendre le contrôle sur leur usine. Le mauvais côté, c'est que &lt;strong&gt;Reprise en main&lt;/strong&gt; est franchement prêchi-prêcha et pas tellement drôle. Il y a bien quelques passages jouissifs qui prêtent à sourire quand les capitalistes en prennent pour leur grade, mais dans l'ensemble l'humour est plat et convenu &lt;sup id="fnref:0"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:0"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Tous les poncifs y passent: l'accident du travail, l'employée virée sans raison légitime, les cadences infernales, le papi syndicaliste, un vrai film de lutte des classes. Pas de grande surprise, ni bonne, ni mauvaise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, le film semble hésiter à mi-chemin entre le croquis naturaliste et l'esthétique stylisée du braquage de casino. On sent que Perret a l'habitude du documentaire : réalisation fonctionnelle, avec une mise en scène propre mais sans âme ni génie. Les dialogues se veulent coller au discours du réel mais sont balancés par des acteurs avec un jeu pas toujours finaud, si bien qu'on a du mal à croire qu'ils sont vraiment ouvriers. Grégory Montel (Alain) s'en sort finalement le mieux, dans le rôle de conseiller bancaire « sympa mais beauf ». C'est à mon sens le plus réaliste du trio.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un dernier défaut majeur du film est d'être encore concentré sur les hommes. Des quatre personnages féminins nommés, un seul joue un véritable rôle dans l'intrigue (Julie, jouée par Laetitia Dosch). Et encore, seulement à la fin du film. En ajoutant à ça une poignée de « blagues » sexistes &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, on a la sale impression de voir les femmes reléguées au second plan pour servir de faire-valoir aux héros « mecs » qui ont échafaudé le plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ajouter à tout ça ? &lt;strong&gt;Reprise en main&lt;/strong&gt; avait du potentiel d'être un meilleur film, qui traiterait, avec humour, de la mise en commun des moyens de production, des façons de faire mordre la poussière à son échelle au système financier globalisé. Finalement, on se retrouve avec un petit film sympathique mais oubliable qui ne raconte rien de plus que ce le public qui ira le voir ne sait pas déjà. C'est pas mal fait, mais ça aurait définitivement pu être mieux fait.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:0"&gt;
&lt;p&gt;je dis ça mais une spectatrice dans le cinéma où j'étais était hilare à chaque réplique, comme quoi c'est sûrement une question de public.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:0" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;et je pense que les scénaristes savent que ces blagues sont misogynes et qu'elles ont été intégrées au film exprès, pour faire « vrai ». Sauf que sans aucun recul, ben c'est encore des réflexions sexistes jamais détrompées dans l'histoire.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de jeu - A Plague Tale: Innocence</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-a-plague-tale-innocence.html" rel="alternate"></link><published>2022-11-08T00:00:00+01:00</published><updated>2022-11-08T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-11-08:/critique-a-plague-tale-innocence.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Et voilà un jeu qui attendait sagement dans ma liste depuis sa sortie 2019. &lt;strong&gt;A Plague Tale: Innocence&lt;/strong&gt; est le jeu qui a propulsé son développeur, &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Asobo_Studio"&gt;Asobo Studios&lt;/a&gt;, sur le devant de la scène vidéoludique française. Un double A d'action aventure, salué par la critique, qui a tout raflé aux …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Et voilà un jeu qui attendait sagement dans ma liste depuis sa sortie 2019. &lt;strong&gt;A Plague Tale: Innocence&lt;/strong&gt; est le jeu qui a propulsé son développeur, &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Asobo_Studio"&gt;Asobo Studios&lt;/a&gt;, sur le devant de la scène vidéoludique française. Un double A d'action aventure, salué par la critique, qui a tout raflé aux Pégase 2020. Sans aucun doute un excellent jeu selon la presse. Est-ce bien le cas ?&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Quelque chose dans l'air&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Ben, dans l'ensemble oui. &lt;strong&gt;A Plague Tale&lt;/strong&gt; est bourré de qualités. En quelques mots, son histoire nous plonge au XIVe siècle, dans le sud-ouest de la France. La région est ravagée par la guerre contre ces satanés Anglois, mais aussi par la peste noire qui s'est répandue comme une traînée de poudre. Entre le marteau et l'enclume, Amicia et son petit frère Hugo, héritiers de la famille de Rune, qui doivent échapper à une Inquisition qui semble particulièrement intéressée dans le benjamin de la famille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si vous avez vu quelques images du jeu, vous aurez compris que l'ambiance n'est pas à la rigolade. Les rues sont pleines de rats, on se faufile dans les ombres de peur de se faire attraper par les soldats et on apprend, tant bien que mal, à faire ce qu'on doit pour survivre. L'atmosphère est lugubre mais, fort heureusement, les scénaristes nous gratifient de parenthèses régulières, petits moments heureux entre Amicia et son frère ou émerveillements devant un paysage surprenament pittoresque. Ces moments de gaïeté permettent de souffler quelques minutes, le temps de reprendre sa route. On retrouve ce qui a fait le succès de &lt;em&gt;The Last of Us&lt;/em&gt; en mieux. Plutôt que d'incarner un gros costaud bien viril, on a ici une adolescente de 15 ans qui tente de protéger sa famille comme elle le peut. Et croyez bien que ça change beaucoup de choses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans trop en dévoiler, l'histoire est classique mais parfaitement exécutée. Les personnages, à commencer par Amicia et Hugo, sont adorables. On s'attache rapidement au frère et à la sœur, et leurs interactions sont un des points forts du jeu. La cohorte de personnages secondaires (leurs parents mais aussi leurs alliés Melie, Lucas, etc.) ont une personnalité propre et marquée et ne sont que rarement des personnages-fonctions. Seul l'antagoniste, le chevalier Nicholas, de l'Inquisition, est un peu en retrait, faute à un Grand Inquisiteur qui lui vole la vedette à partir de la deuxième moitié du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un point à souligner est que la narration au travers du jeu est excellente. Amicia n'a rien d'une combattante aguerrie et rechigne à la violence. Les animations et les répliques contextuelles lancées par les personnages au cours de la partie ancrent les actions du joueur dans la diégèse. Choisir de tuer un garde plutôt que de l'éviter n'a pas d'effet mécanique, et pourtant ses conséquences « morales » transpirent au travers de la narration. Les dialogues, plus que corrects dans l'ensemble, sont servis par un doublage de qualité &lt;sup id="fnref:vf"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:vf"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. En résumé, &lt;strong&gt;A Plague Tale&lt;/strong&gt; propose une histoire franchement captivante et une ambiance immersive à souhait et c'est bien là sa principale qualité.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Quelque chose dans le sang&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Du côté de gameplay, le bilan est mi-figue mi-raisin. &lt;strong&gt;A Plague Tale&lt;/strong&gt; propose un système d'infiltration plutôt classique: éviter le champ de vision des gardes et des soldats (qui tuent en un coup), lancer des objets pour les distraire et, en dernier recours, utiliser sa fronde pour se battre. Le jeu souffre de ce qui fait à mon avis le défaut de tous les jeux d'infiltration: l'IA est bête comme ses pieds. Le champ de vision des PNJ est étriqué, on peut se cacher derrière des murs aux trois-quarts défoncés et un garde fera sans rechigner deux fois le même aller-retour dès qu'on lance un caillou dans la bonne direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En alternance, le jeu propose quelques phases de puzzle. Il s'agit généralement de trouver une solution pour contourner les hordes de rats extrêmement agressives qui ont accompagné l'arrivée de la peste en Gironde. Les surmulots ayant peur du feu, il faut généralement trouver une façon de se frayer un chemin, torche à la main ou en allumant des brasiers ici et là. La complexité augmente petit à petit avec l'introduction de nouveaux éléments (lanternes directionnelles, brasiers mobiles, objets pour attirer les rats, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les meilleurs niveaux sont généralement ceux qui mélangent les deux aspects. On éteint la torche à côté d'un garde pour que les rats se jettent dessus, on balance une concoction alchimique pour endormir le gros balaise en armure puis on rallume le feu pour pouvoir éviter les rats soi-même. Tout ceci sans compter que l'action se passe généralement avec Hugo, qui du haut de ses cinq ans peut effectuer quelques manœuvres en autonomie, mais doit généralement coller au train d'Amicia, ce qui complique quelque peu l'infiltration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, rien de bien négatif. C'est sans compter sur les deux travers dans lesquels les &lt;em&gt;designers&lt;/em&gt; de &lt;strong&gt;A Plague Tale&lt;/strong&gt; sont tombés un peu trop souvent. Tout d'abord, le jeu est linéaire. Il n'y a généralement qu'une seule solution pour avancer, ce qui transforme l'infiltration en un simple puzzle: quel objet dois-je utiliser sur quel autre pour pouvoir passer ces deux gardes? Bien sûr, il y a une poignée de projectiles spéciaux qui permettent de se faciliter la vie (en endormissant un garde ou un faisant disparaître les rats d'une zone), mais ils coûtent des ressources utiles par ailleurs pour améliorer son équipement. Le jeu est donc plutôt directif, ce qui peut être frustrant quand la solution imaginée par l'équipe de développement ne nous est pas évidente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre problème du jeu, plus majeur cette fois-ci, est l'évaluation parfois approximative de la difficulté des niveaux, surtout dans les trois derniers chapitres. Il est souvent difficile de jauger quand les rats vont commencer à submerger Hugo et Amicia (quand on s'en aperçoit, c'est trop tard) et les actions contextuelles (se baisser, escalader un obstacle) ne se déclenchent pas toujours correctement. Vers la fin du jeu, les puzzles à éléments multiples laissent place à de l'élimination de gardes à la chaîne, de façon un peu brutale. Il faut donc choisir une approche nettement plus agressive qu'auparavant et faire preuve d'un peu de réflexes, sans quoi il faudra recommencer une dizaine de fois chaque scène avant de trouver la bonne combinaison qui permet d'avancer. Le boss final a notamment pas mal testé ma patience, étant d'une difficulté assez élevée sans raison. Je suppose que la fin du jeu n'a pas été autant playtestée que le reste et c'est dommage car, comme je le disais, le scénario est vraiment bon.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Quelque chose dans la chair&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Techniquement, le jeu est nettement dans le haut du panier des productions françaises. Certes, ce n'est pas une mégaproduction bourrée d'effets de shaders et de particules. Néanmoins, la modélisation des personnages est crédible, avec des visages qui prennent les coups, la poussière et la boue au fur et à mesure de l'aventure. Les environnements ont été conçus avec soin. La ville dans laquelle se déroule plusieurs chapitres est inspirée de Carcassonne et ça se voit. Le travail des &lt;em&gt;environment artists&lt;/em&gt; est plutôt bon, c'est joliet le soin apporté aux lumières est tout simplement magnifique. Ça ne mettra pas à genoux votre RTX4090, pourtant il serait malhonnête de dire que ce n'est pas aussi plaisant à l'œil qu'un Assassin's Creed récent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que les environnements, s'ils sont bien fichus, sont aussi plutôt étriqués. Il n'est jamais possible de se perdre tellement les niveaux sont linéaires. C'est ce qui participe d'une façon à la construction de la narration et à l'aspect cinématographique de certains plans. Dommage car on se prend parfois à rêver de pouvoir explorer un peu plus ce qui se cache derrière les murs artificiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le gimmick principal du jeu est ses hordes de rats, qui grouillent par centaines, voire par milliers, dans les rues autour d'Amicia et Hugo. Le système est plutôt crédible de loin, voir cette masse polymorphe de rongeurs se balader autour des personnages avec le risque de se faire bouffer à tout instant ajoute une bonne couche de stress aux parties. De près, on voit quand même assez vite les ficelles. Les rats sont, je suppose, implémentés avec une sorte de vaste effet de particules qui se déplace comme un liquide visqueux. Du coup, inviduellement, leurs mouvements ne ressemblent rien. Mais l'effet d'ensemble est chouette !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Musicalement, la bande sonore fait son job avec un thème principal repris régulièrement sous différentes formes et qui reste dans la tête. Les cinématiques sont exceptionnellement propres pour un jeu de ce budget et le recours à la &lt;em&gt;motion capture&lt;/em&gt; a payé à mon avis.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Quelque chose, quelque chose&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Le bilan en ce qui me concerne est nettement positif. Asobo a sorti, avec &lt;strong&gt;A Plague Tale&lt;/strong&gt;, un jeu qui montre que les français savent faire des jeux d'action-aventure qui ne soient pas Assassin's Creed. En plus, ils se paient le luxe de pondre un des scénarios les plus accrocheurs de ces dernières années, avec une ambiance léchée et une narration aux petits oignons. C'est malheureux d'avoir trébuché autant sur le gameplay, qui est dans l'ensemble passable et manque cruellement d'équilibrage, et d'un zeste de créativité. La suite (&lt;strong&gt;A Plague Tale: Requiem&lt;/strong&gt;, qui vient de sortir) corrige peut-être ces errements. Pour un premier essai, c'est en tout cas une solide contribution vidéoludique et je ne suis pas surpris que la critique se soit précipitée pour saluer l'émergence d'un nouvel acteur du jeu vidéo français.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:vf"&gt;
&lt;p&gt;En tout cas en VF en ce qui me concerne.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:vf" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Jeux vidéo"></category><category term="jeux vidéo"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique - Murderville</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-murderville.html" rel="alternate"></link><published>2022-07-21T00:00:00+02:00</published><updated>2022-07-21T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-07-21:/critique-murderville.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Terry Seattle est détective senior au services des homicides. Pour lui, un nouveau jour signifie un nouveau meurtre. Bienvenue à &lt;/em&gt;&lt;em&gt;Murderville&lt;/em&gt;&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;C'est quoiiiii ?&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Murderville&lt;/strong&gt; est une série d'enquête avec un principe simple mais malin qui fait la part belle à l'improvisation. Le détective Terry Seattle (incarné par le brillant Will …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Terry Seattle est détective senior au services des homicides. Pour lui, un nouveau jour signifie un nouveau meurtre. Bienvenue à &lt;/em&gt;&lt;em&gt;Murderville&lt;/em&gt;&lt;em&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;C'est quoiiiii ?&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Murderville&lt;/strong&gt; est une série d'enquête avec un principe simple mais malin qui fait la part belle à l'improvisation. Le détective Terry Seattle (incarné par le brillant Will Arnett &lt;sup id="fnref:arnett"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:arnett"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;) est accompagné à chaque épisode par une célébrité, invitée pour l'occasion comme « détective stagiaire ». Le petit détail qui fait mouche: ladite célébrité n'a pas accès au script de l'épisode. Elle suit donc le reste du casting de scène en scène, en menant l'enquête du mieux qu'elle le peut. Ce qui signifie improviser une infiltration dans les rangs de la mafia ou l'interrogatoire d'une cheffe étoilée. À la fin de l'épisode, ce sera à la célébrité invitée de désigner qui est coupable du meurtre…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une seule saison est sortie pour l'instant, de seulement six épisodes de 30 minutes chacun. Mais quel casting pour débuter! Les invités sont Conan O'Brien, le footballeur Marshawn Lynch, Kumail Nanjiani (&lt;em&gt;Les Éternels&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Kenobi&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Silicon Valley&lt;/em&gt;), Annie Murphy (&lt;em&gt;Bienvenue à Schitt's Creek&lt;/em&gt;), Sharon Stone et Ken Jeong (&lt;em&gt;The Hangover&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Community&lt;/em&gt;)!&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Qu'est-ce qu'on en pense ?&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Et ben c'est top. Même si les enquêtes sont plutôt simples, les invités s'impliquent à fond et les scènes en impro fonctionnent vraiment bien. Tout n'est pas parfait mais il y a finalement assez peu de déchet, avec un mélange de gags absurdes, de répliques cinglantes et d'humour de situation. Will Arnett tient le fil de la série avec une main de fer et donne le ton avec un personnage loser et incompétent qui rappelle le G.O.B. des grands jours d'Arrested Development. L'humour absurde rappelle parfois Angie Tribeca, sans toutefois partir autant dans le n'importe quoi : les enquêtes restent vaguement cohérentes, histoire de laisser une chance à l'invité d'identifier le coupable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Côté technique, pas grand chose à dire : c'est du niveau de n'importe quelle sitcom policière. Pas de belle cinématographie mais du simple et efficace, qui donne du rythme même aux scènes où l'impro semble avoir été un peu plus molle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À noter qu'il s'agit d'une adaptation très libre de &lt;em&gt;Murder in Successville&lt;/em&gt;, une série britannique au même principe d'impro, qu'il faut désormais que je regarde.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:arnett"&gt;
&lt;p&gt;connu principalement pour son rôle dans &lt;em&gt;Arrested Development&lt;/em&gt; mais aussi la voix de &lt;em&gt;Bojack Horseman&lt;/em&gt; et de Batman dans les films Lego.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:arnett" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="critique"></category><category term="série"></category></entry><entry><title>Critique - Obi-Wan Kenobi</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-obi-wan-kenobi.html" rel="alternate"></link><published>2022-06-22T00:00:00+02:00</published><updated>2022-06-22T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-06-22:/critique-obi-wan-kenobi.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Avant de parler de la série &lt;strong&gt;Obi-Wan Kenobi&lt;/strong&gt;, je me dois de préfacer ce billet par un avertissement. Si aucune critique ne peut prétendre à l'objectivité, j'y renonce intégralement quand il s'agit de Star Wars. J'aime cette saga depuis tout-petit, y compris ses tréfonds polémiques (j'aime à la fois la …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Avant de parler de la série &lt;strong&gt;Obi-Wan Kenobi&lt;/strong&gt;, je me dois de préfacer ce billet par un avertissement. Si aucune critique ne peut prétendre à l'objectivité, j'y renonce intégralement quand il s'agit de Star Wars. J'aime cette saga depuis tout-petit, y compris ses tréfonds polémiques (j'aime à la fois la prélogie &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;The Last Jedi&lt;/em&gt; &lt;strong&gt;et&lt;/strong&gt; &lt;em&gt;Rise of Skywalker&lt;/em&gt;). Dans le milieu, on pourrait appeler ça, « être un bon iencli ». Fin de l'avertissement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Obi-Wan Kenobi&lt;/strong&gt; donc est une série de six épisodes de cinquante minutes centrée sur le chevalier Jedi éponyme. Située chronologiquement entre les deux premières trilogies (après &lt;em&gt;La Revanche des Siths&lt;/em&gt; et avant &lt;em&gt;Un nouvel espoir&lt;/em&gt;), elle narre les tribulations d'Obi-Wan, devenu simplement Ben, contraint à sortir de son ermitisme par des circonstances qui le dépassent. &lt;sup id="fnref:livre"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:livre"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Qui s'y colle ?&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;La showrunneuse de la série est Deborah Chow, qui est également derrière &lt;em&gt;The Mandalorian&lt;/em&gt;, le premier succès important de Disney+. Elle est à la réalisation des six épisodes et il n'y a pas grand chose à en dire : c'est de la belle ouvrage. Au scénario, deux inconnus pour moi: Hossein Amini et Joby Harold. On y reviendra mais de ce côté, le taf est fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À la distribution, du lourd. Ewan McGregor reprend sans surprise le rôle de Kenobi, qu'il tient à merveille, et Hayden Christensen fait quelques apparitions en tant qu'Anakin Skywalker/Dark Vador. Il est entouré de seconds rôles de haute volée: Joel Edgerton et Bonnie Piesse (Owen et Beru Lars), l'excellent Kumail Nanjiani et la talentueuse Indira Varma. La découverte de cette série pour moi demeure néanmoins Moses Ingram, qui incarne avec brio l'inquisitrice et une des antagonistes principales. Quelques rôles mineurs sont attribués à des acteurs que j'aime bien, comme Sung Kang qui a le droit à son propre inquisiteur. Soulignons quand même le bon travail de Vivian Lyra Blair, qui, du haut de ses dix ans, fait plus qu'honneur à son jeune âge !&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Ça raconte quoi ?&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Comme je le disais, &lt;strong&gt;Obi-Wan Kenobi&lt;/strong&gt; traite de l'entre-deux. L'Empire est installé depuis dix ans, l'Ordre Jedi a été anéanti et l'Inquisition pourchasse sans relâche les rares rescapé⋅es. Obi-Wan, désormais simplement &lt;em&gt;Ben&lt;/em&gt;, vit donc reclus sur Tatooine et veille discrètement sur Luke, recueilli par son oncle Owen et sa tante Beru.
Mais, à la demande du sénateur Bail Organa, leader de la frange républicaine du Sénat galactique, Ben doit reprendre la route. Ce prétexte débouche sur six épisodes d'action-aventure, à taille légèrement plus humaine que les films, mais bénéficiant tout de même d'une bonne dose de space opera.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La série traite aussi avec un certain talent le conflit intérieur de Ben/Obi-Wan. Après des années de guerre, les Jedi ont été défait. Dix ans plus tard, que reste-t-il du général Kenobi ? Pas grand chose ! Ben n'a plus aucune envie de se battre, pas plus qu'il ne s'estime encore Jedi, hanté qu'il est par son échec à sauver Anakin du côté obscur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En face, l'Inquisition, au service de Vador, traque les Jedi. La Troisième Sœur Reva (Moses Ingram, donc), pleine d'ambition, ne voit elle qu'une seule proie digne de lui attirer les faveurs du seigneur Vador : Kenobi.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Et c'est bien ?&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Oh que oui. Il y a de quoi pinailler et je pense que les petits défauts de la série viennent d'une ambition revue à la baisse. Si j'ai bien suivi, &lt;strong&gt;Kenobi&lt;/strong&gt; devait être un film, comme &lt;strong&gt;Rogue One&lt;/strong&gt;, mais le box-office décevant de &lt;strong&gt;Solo&lt;/strong&gt; a découragé Disney, qui a préféré le format série, moins coûteux à produire. Exit donc les décors réels, les aliens dingues en VFX, retour aux décors numériques de &lt;em&gt;The Mandalorian&lt;/em&gt; et aux masques en latex. Dans l'ensemble la production est plutôt bonne mais le côté opératique en prend un (petit) coup. Il y a peu d'extraterrestres passé le troisième épisode et les décors sont souvent un peu vides.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pourtant, quelle aventure ! Déjà, le casting est bon, ça joue bien et juste la grande majorité du temps. La direction artistique est plutôt belle et il y a quelques plans bien inspirés. En tout cas, c'est jamais laid et on voit que Deborah Chow connaît bien son sujet. L'histoire avance rapidement, sans temps mort, avec des rebondissements originaux pour la saga. Le scénario en profite pour étoffer des personnages connus, mais aussi pour donner un peu de profondeur à l'univers. On voit apparaître les contours d'un début d'Alliance Rebelle, on comprend mieux comment est apparue l'Inquisition et on en découvre plus sur le statut de Vador au sein de l'Empire. Contrairement à d'autres entrées de l'univers étendu, la série est très respectueuse du canon des films (et même d'éléments plus annexes, comme les séries animées &lt;em&gt;Rebels&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Clone Wars&lt;/em&gt; et le jeu &lt;em&gt;Fallen Order&lt;/em&gt;). Elle déborde de clins d'œil pour le fan service mais qui sont toujours subtils et de bon goût.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors certes, il y a quelques incohérences scénaristiques, plus ou moins importantes. Plusieurs ont été raillées dans les épisodes 1 et 2 lors de scènes où la géométrie de l'environnement aurait dû permettre à des personnages de s'échapper (ou inversement). Ce n'est pas rédhibitoire si on accepte de faire un peu appel à sa suspension d'incrédulité. Il y a quelques ficelles scénaristiques un peu plus grossières qui ne détonnent pas dans Star Wars dans sa globalité mais auraient pu être mieux traitées&lt;sup id="fnref:incohérences"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:incohérences"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Ces détails ne m'ont pas du tout empêché d'apprécier &lt;strong&gt;Kenobi&lt;/strong&gt; mais si on n'a pas ma sympathie naturelle pour le personnage, c'est possible que cela donne une impression d'un scénario un peu trop grossier.&lt;sup id="fnref:mais"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:mais"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. La fin de la série (les épisodes 5 et 6) est narrativement brillante et apporte une conclusion satisfaisante et méritée aux personnages de la série. Certains peuvent simplement achever leur migration vers leur rôle futur, d'autres réapparaîtront sans aucun doute dans d'autres médias Star Wars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une grande qualité du scénario de &lt;strong&gt;Kenobi&lt;/strong&gt; est d'avoir su remettre les émotions au centre de la table. C'est d'ailleurs aussi ce qui rend le principal défaut de la série encore plus frustrant : elle ne prend pas suffisamment son temps. Oh, l'émotion est là, dans le jeu des acteurs, dans les dialogues, dans la mise en scène et la photographie, et dans la musique &lt;sup id="fnref:ost"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:ost"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Mais c'est trop d'un coup. Les sentiments qu'il faut ressentir sont un peu &lt;em&gt;on the nose&lt;/em&gt; et les personnages ont des arcs narratifs un soupçon trop court pour que les &lt;em&gt;setup/payoffs&lt;/em&gt; émotionnels fonctionnent à plein régime. Ça fonctionne pour Obi-Wan, que l'on connaît bien par ailleurs, mais beaucoup moins pour les seconds couteaux. Et c'est dommage parce qu'avec un ou deux épisodes de plus, la série aurait vraiment pu atteindre le sans faute à mes yeux.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Pour conclure&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Ben c'était bien. &lt;strong&gt;Kenobi&lt;/strong&gt; est en pases de devenir un de mes médias Star Wars préférés. Si vous aimez Star Wars (et encore plus si vous aimez le Obi-Wan d'Ewan McGregor), c'est une valeur sûre. Si vous n'avez pas aimé la prélogie, c'est probable que la série soit très dispensable. Si vous ne connaissez pas Star Wars, je ne saurais pas bien quoi en dire. C'est sûrement sympathique, mais sans connaître le passé (et le devenir) des personnages, la plupart des enjeux disparaissent. Donc… commencez par regarder Star Wars ?&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:livre"&gt;
&lt;p&gt;Tiens, au passage remarquons qu'il n'y a quasiment aucun rapport avec &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Kenobi"&gt;Kenobi&lt;/a&gt;, le roman de 2013 qui se passe dans l'univers étendu (maintenant appelé &lt;em&gt;Legends&lt;/em&gt;, en opposition au « canon » des films de Lucas, puis de la trilogie Disney). Techniquement, ce que le livre raconte pourrait aussi se dérouler pas très longtemps avant ou après la série, mais il y a quelques points de divergence notables qui laissent à penser que les &lt;em&gt;showrunners&lt;/em&gt; de la série n'avaient pas du tout l'intention de rester « compatibles ». Pour autant que je sache, le roman relève désormais de la fanfiction du point de vue de Disney.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:livre" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:incohérences"&gt;
&lt;p&gt;Disons que la gravité des blessures n'est pas toujours complètement claire dans la série.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:incohérences" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:mais"&gt;
&lt;p&gt;Les épisodes 5 et 6 expliquent une partie de ces « incohérences » (oui, certaines ont été moquées avant d'avoir le fin mot de l'histoire, et toc).&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:mais" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:ost"&gt;
&lt;p&gt;Natalie Holt a réarrangé et adapté la bande originale de John Williams pour la série, c'est franchement un travail d'enfer.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:ost" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="critique"></category><category term="série"></category></entry><entry><title>Critique - Héritages, la campagne Clé en mains</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-h%C3%A9ritages-campagne.html" rel="alternate"></link><published>2022-06-19T00:00:00+02:00</published><updated>2022-06-19T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-06-19:/critique-héritages-campagne.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/heritages/heritages-fr"&gt;Héritages&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est une campagne publiée chez &lt;em&gt;Les 12 Singes&lt;/em&gt;, utilisant le système Clé en mains qui motorise une bonne partie de la gamme de l'éditeur.
J'avais participé au financement participatif sur GameOnTabletop lorsque Les 12 Singes préparait ses deux nouvelles campagnes, à savoir Héritages (action pré et post-apocalyptique), mais aussi …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href="https://www.legrog.org/jeux/heritages/heritages-fr"&gt;Héritages&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; est une campagne publiée chez &lt;em&gt;Les 12 Singes&lt;/em&gt;, utilisant le système Clé en mains qui motorise une bonne partie de la gamme de l'éditeur.
J'avais participé au financement participatif sur GameOnTabletop lorsque Les 12 Singes préparait ses deux nouvelles campagnes, à savoir Héritages (action pré et post-apocalyptique), mais aussi Limbes (horreur contemporaine). Le pitch des deux campagnes me plaisait bien, donc j'ai versé mon obole. Quelques mois plus tard, je reçois le PDF et le livret d'environ 80 pages à la maison.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Matériel&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Au vu de son prix public (33€), &lt;strong&gt;Héritages&lt;/strong&gt; est un objet surprenamment pas très bien fini. On a devant les yeux un petit livret format A5, en noir &amp;amp; blanc, avec une couverture papier (mais en couleurs). Le tout est accompagné d'une trentaine de feuillets d'aide de jeu pour les règles, les personnages et quelques illustrations. Il y a bien entendu une version numérique (au format PDF) plutôt complète. Il y avait un léger défaut à la découpe sur mon exemplaire qui m'a obligé à séparer moi-même une vingtaine de pages encore attachées entre elles. Rien de dramatique jusqu'ici mais plutôt étonnant.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;L'aventure&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;L'idée principale de cette campagne est de jouer sur deux chronologies différentes. D'un côté, l'équipe A, qui tente d'éviter (ou du moins de minimiser) les conséquences d'une catastrophe apocalyptique imminente. De l'autre côté, l'équipe B, qui cherche à rétablir un monde vivable des siècles plus tard. Ce pitch plutôt original est ce qui m'avait beaucoup fait envie à l'origine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les détails, &lt;strong&gt;Héritages&lt;/strong&gt; est une campagne orientée action, fortement linéaire même si les scénarios proposent quelques « options alternatives » pour gérer les bifurcations engendrées par certaines décisions importantes de l'aventure. Que ce soit bien clair, ce n'est pas du tout un bac à sable et les PJ n'ont jamais le choix de l'objectif à poursuivre, mais il y a quelques variantes dans les environnements explorés ou les personnages rencontrés. Notamment, les conséquences des actions des personnages de l'ère pré-Apocalypse se répercutent sur les personnages de l'ère après-Apocalypse. Cela joue notamment sur la difficulté de réussir les derniers scénarios, qui peuvent devenir quasi-insurmontable sur les PJ se sont pris trop souvent les pieds dans le tapis au préalable. Par contre, au moins deux scénarios font intervenir un PNJ qui fait quasiment tout le boulot pour les PJ et se content de les mettre sur les rails, avec une longue intro où le groupe ne fait que subir un infodump avant d'être incapacité d'une manière ou d'une autre. Un peu frustrant et pas très intéressant à jouer. Il y a aussi quelques scènes qui sentent bon le remplissage à coups de jets superflus histoire de donner du grain à moudre mais qui n'ont pas ou peu d'impact sur l'histoire, que j'ai allègrement sauté.
Au niveau de la narration, c'est quand même cliché et cousu de fil blanc. Les antagonistes de l'histoire manquent cruellement d'épaisseur et d'ailleurs, les PJ n'interagissent quasiment jamais avec leurs véritables ennemis &lt;sup id="fnref:fin"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:fin"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les PNJ de manière générale sont assez oubliables et sont en grande majorité des personnages-fonction (le premier ministre, la commandante, la scientifique, le général, …). Faute d'un meilleur mot, c'est un peu beauf par endroits, avec des personnages féminins pas très inspirés et une sur-représentation de mecs dans les PNJ qui font vraiment avancer l'histoire. Les pré-tirés sont OK et bien équilibrés mais pourraient être beaucoup mieux intégrés à l'histoire. L'absence totale de backstory en fait vraiment des personnages « de film ». Bref, on n'est pas là pour le roleplay dramatique mais pour sauver le monde à coup de piou-piou, de cabrioles et de pilotage extrême. De ce côté là, rien à dire, le système Clé en main fait le job (mais il faut aimer les combats).&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Les petits détails&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Sur la forme, &lt;strong&gt;Héritages&lt;/strong&gt; est nettement en-dessous du standard qualité habituel des 12 Singes et il y a de nombreux problèmes que la relecture n'aurait pas dû laisser passer. Il y a des petites erreurs d'inattention (fautes de frappe ou erreurs d'orthographe) qui ne sont pas anormales, en revanche le sommaire ultra-minimaliste, ça fait un peu radin. Il n'y a pas non plus de récapitulatif de l'univers pour les joueurs et joueuses, ce qui n'est pas très dans l'esprit Clé en mains. Côté MJ, on manque d'informations sur les intentions narratives, les textes sont courts et efficaces mais manquent de détails. À vrai dire, on a parfois la sensation qu'on a voulu économiser le nombre de pages en compressant les choses au maximum.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces petits détails pourraient passer si cette relecture à la va-vite n'impactait pas le jeu. Il y a de fréquents soucis de cohérence interne dans la campagne : des entités (ou des objets) changent de nom d'un scénario à l'autre, plusieurs descriptions omettent des détails importants pour la suite du scénario et chaque mission a au moins une incohérence narrative qu'il va falloir rustiner en cours de jeu pour ne pas faire dérailler l'histoire. Honnêtement, c'est à se demander si ça a été relu en entier par une autre personne que l'auteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les illustrations, celles qui sont fournies sont très bien mais j'en aurais bien vu deux ou trois supplémentaires pour décrire quelques lieux (ou objets) emblématiques, qu'on a du mal à se figurer uniquement sur la base des descriptions rapides du livre.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;En résumé&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;En comparaison des autres campagnes Clé en main que j'ai lu (Pax Elfica, Limbes, Le Roi des Gobelins et dans une moindre mesure World War Korea), c'est de loin la plus faible. Elle a néanmoins le bon goût d'être courte (9 scénarios, qui nous ont occupé 10 sessions de &amp;lt;3h), ce qui nous aura permis d'en voir le bout. Dans l'ensemble, mon avis est mi-figue, mi-raisin. Faut-il conseiller &lt;strong&gt;Héritages&lt;/strong&gt; ? Si on aime le système Clé en mains, qu'on veut une campagne courte, pas trop prise de tête, avec un groupe de personnages déjà équilibré et des scénarios d'action linéaires mais proposant plusieurs embranchements de choix, et qu'on a épuisé les autres options des 12 Singes, je dirais peut-être. En occasion, pour profiter d'un rapport qualité/prix un peu plus acceptable.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:fin"&gt;
&lt;p&gt;Sans trop divulgâcher, l'unique interaction arrive dans le dernier tiers de la campagne et est extrêmement brève. La confrontation finale se fait avec des seconds couteaux, ce qui est quand même un peu dommage.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:fin" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Jeux de rôle"></category><category term="jdr"></category><category term="campagne"></category><category term="12 singes"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de série - Drôle</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-dr%C3%B4le.html" rel="alternate"></link><published>2022-04-17T00:00:00+02:00</published><updated>2022-04-17T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-04-17:/critique-drôle.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Drôle&lt;/strong&gt; a deux qualités indéniables : la candeur de son scénario et son casting aux petits oignons. Je n'ai vu que des bribes de 10 pour cent, la série précédente de Fanny Herrero qui parlait déjà, d'une certaine façon, de spectacle et de rêves de célébrité. Drôle se penche sur les …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Drôle&lt;/strong&gt; a deux qualités indéniables : la candeur de son scénario et son casting aux petits oignons. Je n'ai vu que des bribes de 10 pour cent, la série précédente de Fanny Herrero qui parlait déjà, d'une certaine façon, de spectacle et de rêves de célébrité. Drôle se penche sur les vies entremêlées de quatre comédien⋅nes, plus ou moins jeunes et au talent plus ou moins grandiose : Nezir, dont le talent pour l'écriture n'égale que son manque de thunes, Aïssatou, qui est à un doigt du stardom, Bling, ancienne star reconvertie en gérant de &lt;em&gt;comedy club&lt;/em&gt; et Apolline, étudiante friquée prête à tout claquer pour monter sur scène.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La série parle surtout de la jeunesse, de sa vie et de ses aspirations. Les dialogues des personnages principaux sont crédibles et les acteurs touchants. L'amitié entre Aïssa et Nezir est probablement une des relations les plus sincères que la télé française ait réussi à mettre à l'écran. Aucun sujet évoqué n'est traité par-dessus la jambe, y compris certaines problématiques d'habitude franchement tabous comme l'avortement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le scénario est par moments plutôt prévisibles, chaque personnage suit sa propre histoire selon des trajectoires que l'on connaît bien. Mais la sauce prend parce qu'on y croit. On croit aux embrouilles de couple, aux plateaux télé hypocrites, aux problèmes d'addiction, à la pression familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réalisation se fait quelques petits plaisirs ici et là et laisse le temps d'apprécier les dialogues. Les scènes de stand-up sont drôles (sans être à se tordre de rire). Les vannes font mouche quand elles doivent, et tombent à plat quand elles le doivent ! Il y a un soupçon d'humour &lt;em&gt;cringe&lt;/em&gt; quand inévitablement nos chouchous finissent par bider sur scène, mais ces scènes sont rares (et bien entendu temporaires).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la meilleure série française mais c'est une bonne comédie qui invite à un peu moins de cynisme et un peu plus de bienveillance. Une saison 2 ne serait définitivement pas de trop. &lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="série"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Un air de famille</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-un-air-de-famille.html" rel="alternate"></link><published>2022-02-26T00:00:00+01:00</published><updated>2022-02-26T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-02-26:/critique-un-air-de-famille.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Étant plein de préjugés concernant Cédric Klapisch, je nourrissais quelques appréhensions concernant &lt;strong&gt;Un air de famille&lt;/strong&gt;. Heureusement, il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri au scénario, le film est l'adaptation d'une de leurs pièces de théâtre du début des années 90.  Le principe est simple …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Étant plein de préjugés concernant Cédric Klapisch, je nourrissais quelques appréhensions concernant &lt;strong&gt;Un air de famille&lt;/strong&gt;. Heureusement, il n'en est rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme souvent avec Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri au scénario, le film est l'adaptation d'une de leurs pièces de théâtre du début des années 90.  Le principe est simple : un vendredi soir, une famille se retrouve au café tenu par Henri (Bacri) pour fêter un anniversaire. Voici donc que débarquent Yolande (Catherine Frot), épouse de Philippe (Wladimir Yordanoff), son frère, ainsi que Betty (Jaoui), sa sœur et leur mère (Claire Maurier). Enfin, Denis (Jean-Pierre Darroussin), employé du café, vient jouer les spectateurs indiscrets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme le titre l'indique, on parle ici de famille. Une seule famille qui se démultiplie lorsqu'on l'observe par le prisme de ses membres : la famille d'Henri, qui l'étouffe et l'ignore à la fois, celle de Philippe, qui le porte aux nues et qu'il tente sans cesse d'impressionner, celle de Betty, qui renvoie ses convictions à une posture d'ado rebelle, celle de Yolande, qui l'érige à ses dépends en parangon de la femme aux foyers et surtout, celle de leur mère, dont les problèmes doivent être tus, quoi qu'il en coûte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La distribution est impeccable et sublime des dialogues ciselés qui enfilent les vannes cinglantes comme des perles (à quoi s'attendre d'autre, c'est du Jabac !). Le texte est touchant dans les relations qu'il décrit entre aspirations individuelles et cordon familial, entre le rôle que l'on voudrait jouer et celui que l'on nous accorde. Et puis on peut difficilement passer à côté du texte féministe, porté par le personnage de Betty bien sûr puis dans un étonnant revirement par Yolande, qui viennent clouer le bec aux partisans du statu quo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, &lt;strong&gt;Un air de famille&lt;/strong&gt; est un charmant huis-clos bourré d'humour, dont l'acidité apparente dans sa façon de dépeindre les relations familiales cache de la tendresse pour toutes les familles plus ou moins fonctionnelles qui peuplent le monde. Un bon cru de chez Jabac.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Bilan rôliste de l'année 2021</title><link href="https://blog.altay.fr/bilan-roliste-2021.html" rel="alternate"></link><published>2022-01-15T17:19:00+01:00</published><updated>2022-01-15T17:19:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-01-15:/bilan-roliste-2021.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Quand &lt;a href="https://jenesuispasmjmais.wordpress.com/2022/01/09/bilan-2021/"&gt;quelqu'un&lt;/a&gt; a une bonne idée, on la pique et on la recycle.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Qu'est-ce qu'on a joué ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Épidémie ou pas, 2021 a été plutôt riche en jeu de rôle. Il faut dire que je joue en virtuel depuis 2010, autant dire que les confinements ne m'ont pas vraiment arrêté. En …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Quand &lt;a href="https://jenesuispasmjmais.wordpress.com/2022/01/09/bilan-2021/"&gt;quelqu'un&lt;/a&gt; a une bonne idée, on la pique et on la recycle.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Qu'est-ce qu'on a joué ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Épidémie ou pas, 2021 a été plutôt riche en jeu de rôle. Il faut dire que je joue en virtuel depuis 2010, autant dire que les confinements ne m'ont pas vraiment arrêté. En tout, j'ai participé à 56 parties dont seulement 2 ont lieu autour d'une table physique. J'ai aussi de façon écrasante été maître du jeu l'année passée : 54 parties comme MJ contre 2 parties comme joueur. Un tableau, un tableau ! Bon, ok, le voilà :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;thead&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;th&gt;Jeu&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;Nombre de parties&lt;/th&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;INS/MV (3ème édition) &lt;sup id="fnref:insmv"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:insmv"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;COPS&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;14&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Clés en mains (Héritages)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;4&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Abstract Donjon &lt;sup id="fnref:abstract"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:abstract"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;&lt;a href="https://steve-j.itch.io/mais-comment-peut-on-tre-parasite"&gt;Mais comment peut-on être parasite ?&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;&lt;a href="https://awarestudios.blogspot.com/2013/05/techniques-dinterrogation.html"&gt;Techniques d'interrogation&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;&lt;a href="https://comemartin.itch.io/rise-fight"&gt;Levez-vous et combattez&lt;/a&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;Total&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;&lt;strong&gt;56&lt;/strong&gt;&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Sans trop de surprises, c'est INS/MV qui arrive en tête puisque la première moitié de l'année a été consacrée à terminer &lt;a href="https://www.casusno.fr/viewtopic.php?f=32&amp;amp;t=37597"&gt;la campagne Fire &amp;amp; Ice&lt;/a&gt; et à jouer quelques scénarios cultes, dont Le Pendule de Jean-Pierre Foucault &lt;sup id="fnref:pendule"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:pendule"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et L'Envol. C'est mon jeu de rôle fétiche donc il devrait y avoir quelques sessions en 2022 mais a priori beaucoup moins. COPS arrive bon second avec le début de la campagne que je suis en train d'écrire, &lt;a href="https://www.casusno.fr/viewtopic.php?t=39569"&gt;Au nom de l'agua&lt;/a&gt;. Ce sera sûrement le jeu #1 de 2022 avec son rythme hebdomadaire qui devrait encore nous tenir au moins jusqu'à juin. En troisième position, &lt;a href="https://www.casusno.fr/viewtopic.php?t=39570"&gt;Héritages&lt;/a&gt; vient se caser. C'est une campagne au rythme mensuel commencée en septembre, jusqu'ici le cap est tenu et elle devrait encore nous procurer une petite dizaine de séances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fin de classement, on trouve les &lt;em&gt;one-shot&lt;/em&gt;: une double partie d'Abstract Donjon en tant que joueur et trois petits jeux expérimentaux plein de fun.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Et la création alors ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Côté production, 2021 a été aussi riche que 2020. En mars est sortie la &lt;a href="https://www.lulu.com/en/en/shop/cathulhu-and-altay-/fresque-%C3%A0-jouer/paperback/product-pny5p2.html?page=1&amp;amp;pageSize=4"&gt;Fresque à jouer&lt;/a&gt; (également disponible &lt;a href="https://altay.itch.io/fresque-jouer"&gt;en PDF&lt;/a&gt; à prix libre), à mi-chemin entre la collection d'aides de jeu génériques et l'album photo. J'ai encore une fois participé au &lt;a href="https://ptgptb.fr/defi-troisfoisforge-6-les-jeux"&gt;Défi PTGPTB Trois Fois Forgé&lt;/a&gt; avec trois jeux disponibles:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://ptgptb.fr/3FF6/etape1/ABLHU-1.odt"&gt;Le Placard des Profondeurs&lt;/a&gt;, cocktail approximatif de Delta Green, Laverie et Abstract Donjon avec une touche de Blades in the Dark.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://ptgptb.fr/3FF6/etape2/MALMOR-2.odt"&gt;Bakemono&lt;/a&gt;, une aventure à la Lady Blackbird où une bande de personnages issue du Japon féodal raconte l'histoire tragicomique d'un samurai maudit et de la suite de roturiers qui souffre dans son sillage.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://ptgptb.fr/3FF6/etape3/SCIENUSH-3.pdf"&gt;Exsilio&lt;/a&gt;, un jeu/campagne bac à sable à tendance éco-guerilla mêlant un méta-jeu d'intrigues politico-corporatistes et un jeu OSR sur des animaux anthromorphes se rébellant contre l'oppression industrialo-capitaliste.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Reste plus qu'à y jouer…&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:insmv"&gt;
&lt;p&gt;voir &lt;a href="https://blog.altay.fr/regles-alternatives-pour-insmv.html"&gt;cet autre article&lt;/a&gt; pour les ajustements maison.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:insmv" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:abstract"&gt;
&lt;p&gt;dans une version maison pour jouer dans l'univers de Mass Effect.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:abstract" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:pendule"&gt;
&lt;p&gt;supplément &lt;del&gt;Insh'Allah&lt;/del&gt; Heaven &amp;amp; Hell (c'est l'Envol qui est dans Insh'Allah) d'INS/MV, plus disponible dans aucune librairie mais &lt;a href="https://www.xxiemeciel.com/ins_ebook06.php"&gt;les PDF sont diffusés gratuitement&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:pendule" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Jeux de rôle"></category><category term="jdr"></category><category term="meta"></category></entry><entry><title>Critique de jeu - We. The Revolution</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-we-the-revolution.html" rel="alternate"></link><published>2022-01-07T00:00:00+01:00</published><updated>2022-01-07T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2022-01-07:/critique-we-the-revolution.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Voilà un jeu que j'aurais aimé aimer. J'y ai cru pendant plusieurs heures. &lt;strong&gt;We. The Revolution&lt;/strong&gt; nous met dans la peau d'Alexis Fidèle, jeune juge révolutionnaire qui va devoir, au cours des trois actes, condamner ou disculper les citoyens et citoyennes qui ont le malheur de se retrouver sur les …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Voilà un jeu que j'aurais aimé aimer. J'y ai cru pendant plusieurs heures. &lt;strong&gt;We. The Revolution&lt;/strong&gt; nous met dans la peau d'Alexis Fidèle, jeune juge révolutionnaire qui va devoir, au cours des trois actes, condamner ou disculper les citoyens et citoyennes qui ont le malheur de se retrouver sur les bancs de son tribunal. En parallèle, Alexis devra composer avec sa vie de famille mais aussi les avec les troubles politiques de l'époque. En sortant son épingle du jeu et grâce à sa position privilégiée dans l'écosystème parisien, peut-être qu'Alexis parviendra à surmonter les épreuves de la Révolution.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Citoyen, quel est ton gameplay ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les séances de procès sont plaisantes à jouer, mêlant investigation et jeux de pouvoirs. L'enquête est simple : il s'agit de relier des éléments du dossier à différentes catégories (mobile, victime, circonstance atténuante, scène de crime…). Ce faisant, on débloque des questions qui permettent d'aiguiller l'interrogatoire et d'influencer le jury. Selon le verdict, différentes factions de la population seront plus ou moins satisfaites. Et attention, à trop déplaire, on se fait des ennemis…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On retrouve dans We. The Revolution des mécanismes éprouvés, à mi-chemin entre Reigns et les jeux d'enquête Sherlock Holmes. La direction artistique est marquée, dans un style géométrique qui personnellement m'a bien plu. Les procès sont en général bien ficelés et mêlent habilement illustres anonymes et figures célèbres, parfois alliées, parfois ennemies. On en vient à pardonner le doublage médiocre des cinématiques, qui sont loin d'être le meilleur de ce que le jeu à a offrir de toute façon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jeu principalement narratif, We. The Revolution se prend les pieds dans le tapis dans l'illusion du choix qu'il nous offre. Le scénario, plutôt correct, est assez directif. Les jauges de popularité auprès des différentes factions deviennent de simples ressources stratégiques à optimiser, indépendamment de ce que l'on pense être le « bon » verdict. On acquitte un coupable évident pour flatter les révolutionnaires. On condamne sans preuve pour s'attirer la sympathie du peuple. Frustrant mais cela fait après tout partie de l'expérience de la difficulté à rendre la Justice. Et puis Alexis est un personnage, un vrai, avec des motivations, de l'ambition. Alexis n'est pas un simple substitut du joueur, c'est un protagoniste qui prend des initiatives et met en place ses propres intrigues. Ce qui signifie aussi qu'il faut faire avec quand le juge que l'on essaie d'incarner avec intégrité se révèle être un arriviste sans scrupule. On peut le pardonner, cela rend l'histoire plus épicée.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Oui Ze Déception&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le vrai hold-up arrive dans le dernier tiers du jeu, après six ou sept heures derrière soi. Déjà, il y a une sombre affaire de partie de dés où le jeu triche de façon visible et éhontée. Illusion du choix. Puis vient une longue succession de batailles, avec un gameplay pauvre. Le scénario ralentit, on compte les jours qui nous restent à jouer. Toute agentivité est perdue, on suit ce que l'histoire nous impose, même les procès perdent leur enjeu. Le troisième acte de We. The Revolution est fastidieux, aussi interminable que difficile. La fin est cousue de fil blanc et le soufflé retombe aussi sec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, We. The Revolution était un jeu plein de promesses mais qui perd sa saveur petit à petit. À abuser des effets de manche, d'illusionisme et des gameplays secondaires, le simulateur de procès haletant du premier acte se mue en un visual novel tiède et frustrant. Une grande déception.&lt;/p&gt;</content><category term="Jeux vidéo"></category><category term="jeux vidéo"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>La tournée des opérateurs mobiles</title><link href="https://blog.altay.fr/tournee-des-operateurs-mobiles.html" rel="alternate"></link><published>2021-10-04T20:00:00+02:00</published><updated>2021-10-04T20:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2021-10-04:/tournee-des-operateurs-mobiles.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Presque tous les ans, je change d'opérateur mobile pour profiter des nombreuses offres promotionnelles réservées aux nouveaux clients. En général, tout se passe très bien : portabilité du numéro, couverture réseau et tarifs avantageux (souvent aux alentours de 5€/mois). Cette année en revanche, j'ai enchaîné quelques déconvenues assez étranges et …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Presque tous les ans, je change d'opérateur mobile pour profiter des nombreuses offres promotionnelles réservées aux nouveaux clients. En général, tout se passe très bien : portabilité du numéro, couverture réseau et tarifs avantageux (souvent aux alentours de 5€/mois). Cette année en revanche, j'ai enchaîné quelques déconvenues assez étranges et je suis passé par pas moins de quatre opérateurs.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Sosh : le commencement&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Initialement je profitais d'un forfait « série limitée » de Sosh à 10€/mois pour 70Go de données, SMS/MMS/appels illimités. Le tarif était valable un an. À son expiration, plutôt que de me faire payer plein pot (25€/mois !), Sosh m'a migré en avril sur une autre série limitée à 15€/mois pour 80Go. J'ai donc commencé sans me presser à chercher une autre offre moins chère.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;RED by SFR : passage éclair&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;En juin, RED propose une offre mobile à 5€/mois &lt;em&gt;à vie&lt;/em&gt;, sans engagement avec 20Go de données. Ça me va très bien, je souscris, la portabilité se fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès le premier jour, les ennuis commencent : le réseau est nul. À mon travail, je ne capte plus du tout les appels, à la maison, c'est mitigé. La 4G passe néanmoins partout donc je me dis que je vais activer &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/VoLTE"&gt;VoLTE&lt;/a&gt; pour recevoir les appels à 4G. Après tout, j'avais cette option chez Sosh et ça fonctionnait plutôt bien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que le passage chez SFR a fait disparaître le paramétrage VoLTE de mon téléphone. Après vérification, il faut activer une option (gratuite, heureusement) sur son forfait. Je le fais, je patiente 24h… rien. Je contacte le SAV SFR qui, fidèle à sa réputation, m'envoie un tuto pour configurer Internet sur son téléphone. OK. Je les relance, même réponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant, je rate un appel sur deux. Je décide de regarder ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Syma : pas cher, pas cher&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Mon attention se porte sur Syma Mobile, un opérateur virtuel qui exploite le réseau Orange. Chouette, je me dis que ça va résoudre mes problèmes de réception et peut-être même de VoLTE ! Quel optimisme. En tout cas, je change début août.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors Syma, c'est pas cher : 5€/mois pour 20Go (en promo), 2€/mois pour 2Go ! Mais c'est nul. Certes, retourner sur le réseau Orange me permet de capter les appels. Par contre, les SMS arrivent et partent dans le désordre, avec un retard pouvant aller jusqu'à une heure. Pire, les SMS des numéros courts n'arrivent plus du tout, ce qui casse la double authentification de ma banque. Cerise sur le gâteau, les appels sortants ont tendance à ne pas passer et il me faut trois ou quatre tentatives pour réussir à joindre quelqu'un.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me plaignais plus haut du SAV SFR (enfin, celui de RED qui n'est joignable que par message) mais alors le support technique Syma, c'est quelque chose. Messagerie en ligne H.S., je me rabats sur le service téléphonique. On m'explique que le problème va être escaladé au service technique pour investigation. Trois jours plus tard, je reçois un SMS m'indiquant que mes services réseaux vont être réinitialisés. Je dois réinstaller les &lt;a href="https://www.frandroid.com/telecom/351732_configurer-lapn-de-mobile-android"&gt;paramètres APN&lt;/a&gt; de mon téléphone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je le fais et je constate vite que les problèmes n'ont pas du tout été réglés. Pire, dans la manip', Syma a réinitialisé ma messagerie vocale, effaçant dans la foulée un message laissé par un médecin. Bravo les veaux.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Sosh : la boucle est bouclée&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;J'abandonne. Fin septembre, je tombe sur une promo Sosh série limitée à 10€/mois pour 40Go de données. Je saute dessus. Carte SIM reçue et activée la semaine dernière, tout fonctionne parfaitement : 4G, appels, SMS (y compris numéros courts), VoLTE.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Conclusions&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;En bref, ce petit tour de manège a pas mal renforcé les impressions que j'avais déjà sur l'état du secteur des télécoms mobiles en France. Au-delà d'Orange (qui a ses travers mais qui, dans l'ensemble, fournit un service de qualité et pas trop cher via Sosh), la téléphonie est un secteur où le service client est naze et on cherche surtout à faire du chiffre rapidement en gagnant des abonnés, sans trop se réoccuper de leur rétention.&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;La portabilité du numéro fonctionne bien (j'ai le même depuis… 2003, je crois !?), quelque soit l'opérateur. La résiliation est automatique et gratuite, c'est bien rodé. On reçoit la SIM à l'avance donc en général il n'y a qu'à la changer le jour J et il n'y a pas d'interruption de service.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;La couverture 4G est franchement correcte chez tous les opérateurs avec des débits raisonnables.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;VoLTE qui n'a fonctionné que chez Orange, étrangement.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;SFR est fidèle à sa réputation de SAV pas terrible (chez RED en tout cas).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Des problèmes de réseau franchement inexplicables, aussi bien chez Syma en MVNO que chez SFR sur un réseau en propre, avec dans les deux cas un SAV à la ramasse sur les problèmes techniques plus complexes que la configuration de base. Impossible de joindre un véritable support technique.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Je ne parle pas de Bouygues dans cet article tout simplement parce que je ne crois pas avoir jamais été client chez eux. J'ai longtemps été client Free en revanche et j'ai rien de particulier à dire sur cette période, si ce n'est que j'ai changé pour avoir une meilleure couverture 4G quand la techno a commencé à être déployé. J'avais quelques problèmes de réseau chez Free hors des grandes agglomérations qui devraient théoriquement être résolus mais je n'ai pas vraiment d'incitation à essayer (puisque Free ne gère pas VoLTE alors que c'est devenu un usage important pour moi).&lt;/p&gt;</content><category term="Technologie"></category><category term="téléphonie"></category><category term="tech"></category><category term="informatique"></category></entry><entry><title>Critique de série - The Chair (Directrice)</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-the-chair-directrice.html" rel="alternate"></link><published>2021-08-28T00:00:00+02:00</published><updated>2021-08-28T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2021-08-28:/critique-the-chair-directrice.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;The Chair&lt;/strong&gt; (dont Directrice est le titre français) raconte l'histoire d'une professeure d'anglais dans une université fictive prenant ses fonctions comme nouvelle diretrice (&lt;em&gt;chair&lt;/em&gt;) de la faculté de lettres. C'est correct mais assez maladroit. Niveau réalisation rien à dire, c'est propre et fonctionnel, avec un rythme tout à fait satisfaisant …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;The Chair&lt;/strong&gt; (dont Directrice est le titre français) raconte l'histoire d'une professeure d'anglais dans une université fictive prenant ses fonctions comme nouvelle diretrice (&lt;em&gt;chair&lt;/em&gt;) de la faculté de lettres. C'est correct mais assez maladroit. Niveau réalisation rien à dire, c'est propre et fonctionnel, avec un rythme tout à fait satisfaisant, une bande sonore de qualité et quelques jolies images. Le scénario et les dialogues pêchent un peu plus. Le personnel de la faculté est globalement bien écrit. Ji-Yoon (Sandra Oh) est un personnage fouillé et nuancé et même Bill Dobson (Jay Duplass) finit par dévoiler un peu de complexité autour de son avatar de prof je-m'en-foutiste et débraillé. Les élèves sont nettement moins convaincants et semblent former un bloc quasi-monolithique où tout le monde a la même opinion. Les étudiants et étudiantes n'hésitent jamais à monter au créneau, même face à des profs qui détiennent leur futur (académique) entre leurs mains, ce qui donne des dialogues qui sonnent souvent faux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout l'arc narratif autour du conflit entre les élèves woke et la faculté est une succession de malentendus et d'incompréhension qui semble presque venir dire :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« au fond, leurs revendications sont légitimes mais, dans notre cas, les élèves exagèrent un peu ».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le reste des magouilles politiques entre universitaires sont en revanche parfaitement retranscrites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La série s'attarde aussi assez longtemps sur les déboires personnels de Ji-Yoon, peut-être pour tenter de plaire à un public plus large. Au final les six épisodes s'enchaînent à toute vitesse et on ne profite qu'assez peu cadre original de la faculté des lettres, au profit des scènes de vie plus classiques. Directrice aurait mérité de plus assumer vouloir parler de l'université et de donner un rôle plus importants aux élèves pour creuser les délicieuses péripéties que l'on peut vivre dans cet écosystème un peu à part du monde. Mais ce qui est fait est fait et la forme étant de qualité, on se lamentera juste de cette occasion à semi-manquée en espérant qu'une autre série prenne le relais.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="série"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - The Green Knight</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-the-green-knight.html" rel="alternate"></link><published>2021-08-28T00:00:00+02:00</published><updated>2021-08-28T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2021-08-28:/critique-the-green-knight.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Je suis bien embêté pour noter &lt;strong&gt;The Green Knight&lt;/strong&gt; parce que j'ai aimé le film dans son ensemble. Visuellement c'est somptueux avec des images parmi les plus belles de ces dernières années (les géants, la table ronde, les paysages…). Mais… ça ne dit pas grand chose pendant 2h10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou plutôt …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Je suis bien embêté pour noter &lt;strong&gt;The Green Knight&lt;/strong&gt; parce que j'ai aimé le film dans son ensemble. Visuellement c'est somptueux avec des images parmi les plus belles de ces dernières années (les géants, la table ronde, les paysages…). Mais… ça ne dit pas grand chose pendant 2h10.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou plutôt le film dit des choses mais semble ne pas être sûr de l'interprétation que l'on doit en faire. Pour être concis, The Green Knight est le rite initiatique de Gauvain (l'excellent Dev Patel) qui, pour se faire un nom comme chevalier, décide d'affronter le chevalier vert éponyme. On le suit dans son voyage, souvent seul, vivre quelques difficiles péripéties. C'est l'histoire d'un jeune homme en quête de l'honneur qui lui vaudra la reconnaissance de ses pairs, et surtout d'Arthur, son père de substitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, dans les interviews de David Lowery, le réalisateur lui-même semble ne pas être certain de l'histoire qu'il souhaite raconter. Il est assez clair durant le film que Gauvain n'est pas honorable mais qu'il aspire à le devenir. Dans le scénario et au travers des dialogues, l'honneur semble pourtant être à la fois quelque chose de noble à poursuivre mais aussi une idée parfaitement futile pour laquelle il serait ridicule de mourir. Le rôle de Morgane, la mère de Gauvain, est également ambivalent. Elle semble à la fois manipuler son fils pour qu'il parte chercher la gloire, mais aussi tout faire pour le protéger des risques de son expédition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, le Green Knight est presque une allégorie de la nature sans pourtant que cela soit réellement exploité (ou alors les signes étaient trop subtils pour moi). Les métaphores se mélangent et s'entrechoquent dans le film, laissant planer une étrange confusion dont on a du mal à se défaire. C'est long, avec un rythme pas pressé, et on attend durant tout le film le dénouement en se laissant bercer par les belles images.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et en même temps, ça joue très bien, c'est mis en scène avec talent. C'est un bel objet de cinéma mais que je n'ai envie de voir qu'une fois.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - Pacific Rim</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-pacific-rim.html" rel="alternate"></link><published>2021-08-21T00:00:00+02:00</published><updated>2021-08-21T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2021-08-21:/critique-pacific-rim.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Des robots géants, des kaijus, un scénario cousu de fil blanc. Sans la réalisation de Guillermo Del Toro, c'est probable que &lt;strong&gt;Pacific Rim&lt;/strong&gt; eût été un flop monumental ou tout du moins un énième film Z tout à fait oubliable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niveau cinématographique, c'est impeccable. Les bastons sont impressionnantes, la musique …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Des robots géants, des kaijus, un scénario cousu de fil blanc. Sans la réalisation de Guillermo Del Toro, c'est probable que &lt;strong&gt;Pacific Rim&lt;/strong&gt; eût été un flop monumental ou tout du moins un énième film Z tout à fait oubliable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niveau cinématographique, c'est impeccable. Les bastons sont impressionnantes, la musique prend aux tripes, les kaijus sont monstrueux. Le casting est dans l'ensemble franchement au-dessus de ce que le scénario mérite avec quelques personnages secondaires parfaits dans leurs rôles pulp (Charlie Day, Ron Perlman, Burn Gorman…). Étrangement j'ai trouvé Idris Elba un peu à côté de ses pompes, là où Charlie Hunnam et Rinko Kikuchi font le job avec talent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Niveau scénario c'est… débile. Mais c'est un film résolument pulp qui ne s'embarrasse qu'assez peu de questions comme : « est-ce que c'est cohérent ? » ou bien « c'est physiquement possible ça ? » &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. C'est divertissant, sans être très profond et ce n'est définitivement pas un film d'action-catastrophe qui se veut sérieux. C'est joli, c'est bien fait, on passe un bon moment.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;vive le nucléaire analogique.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Vulgarisation scientifique et infodivertissement</title><link href="https://blog.altay.fr/vulgarisation-infodivertissement.html" rel="alternate"></link><published>2021-05-27T22:12:00+02:00</published><updated>2021-05-27T22:12:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2021-05-27:/vulgarisation-infodivertissement.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;La vulgarisation a plutôt le vent en poupe en ce moment, surtout en vidéo. Le nombre de vidéastes qui produisent des vidéos de vulgarisation dans tous les domaines (biologie, mathématiques, économie, cinéma, histoire, droit, sociologie, linguistique, physique, électronique, j'en passe et des meilleures) ne cesse de croître. Après tout, la …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;La vulgarisation a plutôt le vent en poupe en ce moment, surtout en vidéo. Le nombre de vidéastes qui produisent des vidéos de vulgarisation dans tous les domaines (biologie, mathématiques, économie, cinéma, histoire, droit, sociologie, linguistique, physique, électronique, j'en passe et des meilleures) ne cesse de croître. Après tout, la barrière à l'entrée n'a jamais été aussi faible et il y a visiblement de la demande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Moi, il paraît que je sers la science et c'est ma joie&lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Parfois on me demande mon avis sur la vulgarisation scientifique. Et comme j'ai souvent la flemme de me répéter, je résume ici ce que j'en pense. Vous constaterez que je dresse un tableau assez assez négatif dans l'ensemble, mais restez tout de même jusqu'à la fin, il y a quelques points positifs.&lt;sup id="fnref:note"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:note"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;1. Les vulgarisateurs et vulgarisatrices&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Mon grief numéro 1 porte sur les vidéastes. Voilà, c'est un peu moche, c'est à la limite du &lt;em&gt;ad hominem&lt;/em&gt; et ça flirte avec l'argument d'autorité mais je suis gêné aux entournures quand une personne qui n'est pas spécialiste d'un domaine prétend pouvoir le vulgariser correctement. Ce qui est délicat en vulgarisation c'est que l'on cherche à transmettre un savoir. Il est donc préférable de le maîtriser et surtout d'avoir du recul sur celui-ci afin de pouvoir déterminer :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;ce qui est important de dire (la substanfique moëlle que le public doit retenir),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;ce qui est important de ne pas dire (ce qui brouille le message ou complexifie la compréhension),&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;et ce sans trahir l'état actuel des connaissances !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En réalité, il me semble que ce recul s'acquiert soit au travers d'une expertise obtenue par des années de pratique, soit une activité de recherche ou d'enseignement à un haut niveau (disons, dans l'enseignement supérieur). Mais le profil de beaucoup de vidéastes est assez différent, on trouve pêle-mêle des amateurs et amatrices éclairées, des hobbyistes, des chercheurs et chercheuses mais aussi des docteur⋅e⋅s et des jeunes diplômé⋅e⋅s. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, faire de la vulgarisation ne s'invente pas. En fait, la médiation scientifique est un métier. Il faut savoir identifier une idée, la présenter et l'illustrer, si possible avec des expériences pratiques et dans tous les cas avec une bibliographie fiable et accessible. Prenez cinq minutes, prenez une vidéo de vulgarisation que vous adorez : y a-t-il une bibliographie ? Les affirmations sont-elles sourcées ? Y a-t-il plusieurs sources ?&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;2. Quoi vulgariser ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Problème n°2 : l'infodivertissement &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. C'est souvent un choix inconscient des vidéastes, poussé par les plateformes qui les rémunèrent, mais le contenu des vidéos est généralement assez pauvre en information. Qu'avez-vous retenu de la dernière vidéo de vulgarisation que vous avez-vu ? Une anecdote amusante sur l'impératrice d'Autriche ? Est-ce que c'est &lt;em&gt;si&lt;/em&gt; intéressant ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais bien sûr tous les sujets ne se valent pas. Pour qu'une vidéo rémunère convenablement la personne qui la réalise (d'autant plus s'il s'agit d'une équipe), il va falloir attirer des vues. D'où les mécanismes attrape-clics d'aperçus affriolants et de titres provocateurs. Parfois c'est simplement superficiel, parfois cela s'infiltre même dans le contenu. Combien de vidéos de vulgarisation sont en fait des « top 10 » déguisés d'anecdotes (ces animaux qui voient des couleurs invisibles ! les batailles les plus sanglantes de Bretagne ! les lois les bizarres des États-Unis !) ? Je ne crois pas que ce soit de la médiation scientifique ou culturelle de qualité &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a ces chaînes qui sont là depuis longtemps et qui inévitablement finissent par sortir de leur spécialité. Tout devient plus dur : on ne maîtrise plus le sujet aussi bien, la biblio est plus laborieuse, préparer la vidéo prend plus de temps. Mais derrière il y a la pression aux vues, le besoin de se rémunérer pour payer le loyer, alors peut-être que l'on baisse un peu la barre. Une fois que l'on a vulgarisé toute la physique quantique, soit il faut aller dans les détails (mais alors on fait un cours, on ne vulgarise plus vraiment), soit il faut faire autre chose. Quitte à être moins exact.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;3. Comment vulgariser ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le problème n°3 est une autre facette de l'&lt;em&gt;infotainment&lt;/em&gt;: pour capter l'attention, le format même des vidéos tend à dériver de l'informatif vers le divertissant. Une grande majorité des vidéastes en vulgarisation incluent de l'humour dans leur contenu. Ce n'est pas un mal, c'est même un ressort souvent utilisé dans l'enseignement pour maintenir l'intérêt. Mais c'est parfois au détriment de la clarté du message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi souvent au détriment de la profondeur du message. Certains concepts sont difficiles à assimiler la première fois et il faut y passer plus de quelques minutes. Ces quelques minutes sont souvent moyennement agréables parce qu'il faut réfléchir. Si la concentration est interrompue parce que la vidéo vous balance un calembour à la figure, on reste dans de la pensée superficielle. Ce n'est pas fondamentalement une mauvaise chose mais on n'en retire a priori beaucoup moins de connaissance et de compréhension.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est affreux c'est que par-dessus tout ça vient s'ajouter un phénomène contre-intuitif : des explications claires ont tendance à provoquer un excès confiance chez la personne qui les reçoit. Autrement dit, en regardant de la vulgarisation, on a tendance à croire que l'on comprend mieux que ce que l'on a réellement compris. Je pense que c'est d'autant plus vrai si le contenu n'est pas structuré de sorte à réellement nous laisser réfléchir. Alors si en plus le fond est bancal, la vidéo est plus néfaste qu'utile du point de vue de la transmission des connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique, bien vulgariser demande une certaine rigueur: des sources, une structure claire, des essais sur un public test. Et toujours se poser la question de savoir ce que le public va réellement retenir.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Donc...&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Donc en général je n'aime pas trop la vulgarisation. Si j'en regarde c'est plus pour passer le temps que pour m'instruire. Pour avoir fait (un peu) de vulgarisation scientifique, je réalise bien que c'est un exercice difficile. Je ne jette pas la pierre aux vidéastes qui s'y lancent : c'est fait avec enthousiasme, pour partager des connaissances passionnantes sur des domaines pas toujours bien enseignés. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bon, le bilan dressé est assez noir alors je vous fais une confession. Il y a deux chaînes de vulgarisation que je regarde et qui ne m'ont pour l'instant encore jamais déçues. Les deux ont un standard de qualité assez exceptionnel et les deux vidéastes ont fait de la médiation scientifique leur métier (et pas que sur YouTube !) :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://www.youtube.com/user/scilabus"&gt;Scilabus&lt;/a&gt; (Viviane Lalande) est docteure en biomécanique et vulgarise... des sciences. Principalement de la mécanique (au sens large, pas les moteurs: les muscles, les mouvements des fluides, etc.) mais aussi de la biologie (surtout liée au corps humain, le biomédical étant sa spécialité) et un peu de physique (matériaux, thermodynamique, etc.). Ses vidéos les plus anciennes sont souvent des illustrations amusantes et expérimentales de phénomènes physiques assez simples (niveau lycée) tandis que les plus récentes discutent plutôt de l'état actuel des connaissances scientifiques sur des problèmes très précis (comme la forme optimale des tournevis ou la formation des ecchymoses) avec des interventions régulières de spécialistes invité⋅e⋅s. C'est d'une rigueur impeccable, toutes les affirmations sont sourcées dans la vidéo &lt;em&gt;et&lt;/em&gt; dans la description, c'est souvent bourré d'expériences réelles pour illustrer, bref, c'est le &lt;em&gt;gold standard&lt;/em&gt; de la vulgarisation francophone.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://www.youtube.com/user/Micmaths"&gt;MicMaths&lt;/a&gt; (Mickaël Launay) est docteur en probabilités et vulgarise des mathématiques. Si vous pensez que c'est ennuyeux et théorique, vous pouvez d'ores et déjà changer d'avis. C'est toujours illustré de façon très concrète, même pour des problèmes assez difficiles à conceptualiser (la vidéo sur le nœud de Conway est un bijou alors que le sujet est plutôt du style que l'on verrait être enseigné en master). Les vidéos sont ludiques et l'idée est souvent de « montrer » des concepts mathématiques qui interviennent sans que l'on s'en rende compte dans la vie de tous les jours. &lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ne me remerciez pas, après ce tableau déprimant, c'était le moins que je puisse faire.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;cf. &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9onard_(bande_dessin%C3%A9e)"&gt;Léonard&lt;/a&gt; (de Groot et de Graef).&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:note"&gt;
&lt;p&gt;Notons quand même que je ne parle ici que des vidéos de vulgarisation mais que je me garde bien de définir le terme. J'exclue d'emblée les chaînes éducatives (comme L'Esprit Sorcier) et les chaînes quasi-journalistiques (comme Deus Ex Silicium, Linus Tech Tips) qui mélangent études de cas et actualités. En gros, on va mettre la limite de façon un peu arbitraire à « diffuser des connaissances au-delà du niveau bac ». Vous ne pouvez rien y faire vu que c'est moi qui écrit, et toc.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:note" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;je sais qu'on utilise plutôt le terme anglais &lt;em&gt;infotainment&lt;/em&gt; mais le français a un petit côté désuet qui me plaît bien.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;notons que ce n'est pas une spécificité d'Internet, les émissions de Stéphane Bern sont blindées d'approximations et ressemblent tout autant à des listes d'anecdotes croustillantes que n'importe quel top 10 YouTube.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="vulgarisation"></category><category term="science"></category></entry><entry><title>Twisted Pair - Au-delà du réel</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-twisted-pair.html" rel="alternate"></link><published>2021-03-28T14:45:00+02:00</published><updated>2021-03-28T14:45:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2021-03-28:/critique-twisted-pair.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article est une &lt;a href="https://www.senscritique.com/film/Twisted_Pair/critique/202783108"&gt;rediffusion&lt;/a&gt; d'une critique initialement publiée sur SensCritique. Je compte republier à terme sur ce blog toutes mes anciennes critiques, éventuellement dans un format légèrement réactualisé.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Préambule : j'ai vu ce film lors de la &lt;a href="https://nuitnanarland.com/"&gt;Nuit Nanarland&lt;/a&gt; n°4 en septembre 2019. Il me semble impensable ou du …&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;em&gt;Cet article est une &lt;a href="https://www.senscritique.com/film/Twisted_Pair/critique/202783108"&gt;rediffusion&lt;/a&gt; d'une critique initialement publiée sur SensCritique. Je compte republier à terme sur ce blog toutes mes anciennes critiques, éventuellement dans un format légèrement réactualisé.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Préambule : j'ai vu ce film lors de la &lt;a href="https://nuitnanarland.com/"&gt;Nuit Nanarland&lt;/a&gt; n°4 en septembre 2019. Il me semble impensable ou du tout moins incroyablement masochiste de regarder &lt;/em&gt;Twisted Pair&lt;em&gt; seul. Trouvez-vous un groupe et regardez-le à plusieurs. C'est pour votre santé mentale que je dis ça.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile de réaliser une critique de Twisted Pair comme un artefact de cinéma clasique. Neil Breen, le scénariste, réalisateur, monteur, metteur en scène et interprète du rôle principal, n'est pas un « professionnel de la profession » &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="Affiche du film Twisted Pair (2018), réalisé par Neil Breen." src="images/twisted_pair_affiche.jpg"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en est pas à son coup d'essai et pourtant, Twisted Pair (son cinquième film !) est un objet résolument amateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le plan technique déjà, la moitié des plans sont des stock shots sur lesquels Breen incruste difficilement des personnages mal détourés.
La seule transition permettant de passer d'une scène à l'autre est le fondu au noir.
Sur les décors, 80% des scènes réellement tournées par Breen ont lieu sur le parvis du Nevada State College, qui sert de décor pêle-mêle à un parc, un restaurant, une agence de la CIA, au QG du méchant et des entreprises cotées en bourse.
Les effets spéciaux sont indignes d'être qualifiés en tant que tels. On parle d'ici d'explosions modélisées par le même &lt;em&gt;sprite&lt;/em&gt; copié/collé sur l'image et le même sample sonore répété jusqu'à donner la nausée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="Neil Breen en incrustation médiocre caresse un aigle" src="images/twisted_pair_aigle.jpg"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a les « détails ». Les dialogues qui sont montées avec des silences infernaux entre chaque réplique, signe d'un charcutage assez tragique de dizaines de prises rafistolées ensemble. Les costumes bricolés avec les moyens du bord, à l'aune de ce personnage secondaire porte une moustache qui est littéralement dessinée au marqueur sur un bout de ruban adhésif d'électricien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, pire encore, dans ce film, Neil Breen joue deux versions de lui-même (des jumeaux augmentés par une intelligence artificielle). Mais le réalisateur ne maîtrise pas du tout les ficelles techniques qui permettent de réaliser ce genre d'astuce à l'écran. Pas du tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À ce stade, je ne saurais quoi dire. Bien sûr que la qualité globale est abyssale, même comparé à d'autres nanars/navets. Même les équipes de tournage des téléfilms les plus miteux de Syfy savent comment produire un film et connaissent les codes du cinéma. Neil Breen, non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="Illustration de ladite moustache." src="images/twisted_pair_mustache.jpg"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait s'arrêter là et considérer que Twisted Pair est simplement un produit amateur de très mauvaise qualité. Un peu comme un projet étudiant fauché ou un court-métrage de potes sur YouTube. Sauf que, croyez-moi, ce film est une purge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Breen se met en scène comme héros messianique venant sauver un monde corrompu par les politiciens véreux, les PDG malhonnêtes et les pêcheurs de tout poil. Ses films ont acquis un statut culte outre-Atlantique au même titre que The Room ou Samurai Cop. À mon avis, il ne joue pas dans la même cour n'étant pas un film réalisé par quelqu'un dont on pourrait attendre qu'il sache faire des films (et qui, de surcroît, fait quasiment tout tout seul).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, je comprends la comparaison. Comme dans Birdemic, rien ne va. Rien. Ni le son, ni l'image, ni les acteurs, ni les dialogues, c'est un scandale que qui que ce soit ait pu croire que des spectateurs tirent du plaisir de ce film. Comme dans Flic ou Ninja le scénario n'a aucun sens, les scènes s'enchaînent sans raison, les flashbacks se mélangent au présent sans queue ni tête, comme dans The Room, des intrigues secondaires sont lancées et jamais résolues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Visionner Twisted Pair est une expérience. Le film est très long, ou tout du moins le visionnage vous paraîtra interminable. De nombreux plans ne montrent rien, se contenant d'un leeeeent travelling de gauche à droite, puis de droite à gauche. Vous croirez à plusieurs reprises que c'est fini, avant de constater avec horreur qu'une autre scène apparaît. Le film ne respecte aucun des codes du cinéma. On en apprend beaucoup sur ce que l'on est capable de tolérer comme spectateur en regardant Twisted Pair. Peut-être est-ce une de ses raisons d'être. Ce n'est pas un nanar traditionnel. C'est un accident industriel cinématographique produit en un tournemain par un ancien agent immobilier qui a décidé de mettre en scène son délire mégalomane personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Soyez prévenus.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;son occupation principale est agent immobilier.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="critique"></category><category term="film"></category><category term="nanar"></category></entry><entry><title>Fahrenheit - Indigo Prophecy</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-fahrenheit-indigo-prophecy.html" rel="alternate"></link><published>2021-02-06T17:44:00+01:00</published><updated>2021-02-06T17:44:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2021-02-06:/critique-fahrenheit-indigo-prophecy.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Si vous me suivez sur &lt;a href="https://twitch.tv/dr_altay"&gt;Twitch&lt;/a&gt;, vous avez peut-être assisté à ma partie de Fahrenheit Indigo Prophecy, un jeu narratif à mi-chemin avec le film interactif. J'avais donné mes impressions à chaud sur le jeu en direct mais l'expérience est tellement intense qu'elle mérite bien une critique un peu plus …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Si vous me suivez sur &lt;a href="https://twitch.tv/dr_altay"&gt;Twitch&lt;/a&gt;, vous avez peut-être assisté à ma partie de Fahrenheit Indigo Prophecy, un jeu narratif à mi-chemin avec le film interactif. J'avais donné mes impressions à chaud sur le jeu en direct mais l'expérience est tellement intense qu'elle mérite bien une critique un peu plus détaillée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="Logo du jeu Fahrenheit" src="images/Fahrenheit_Logo.jpg"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;De quoi est-ce que l'on parle ?&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Fahrenheit&lt;/em&gt; (&lt;em&gt;Indigo Prophecy&lt;/em&gt; &lt;sup id="fnref:titre"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:titre"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; aux États-Unis) est un jeu vidéo développé par le studio français &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Quantic_Dream"&gt;Quantic Dream&lt;/a&gt;, sorti en 2005 sur Playstation 2, Xbox et Windows puis en 2015 dans une version remastérisée &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. C'est le premier jeu majeur du studio (le précédent, &lt;em&gt;The Nomad Soul&lt;/em&gt;, est sorti en 1999 et n'a pas reçu le succès escompté). Comme toutes les productions Quantic, le jeu est fortement marqué par l'empreinte de son PDG, &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/David_Cage"&gt;David Cage&lt;/a&gt; &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.
Cage est depuis quinze ans un acteur majeur (mais controversé) dans le monde du jeu vidéo, en France mais aussi à l'international. En plus d'avoir fondé Quantic Dream (à l'heure actuelle un des plus gros studios français et l'un des plus médiatisés, en bien comme en mal &lt;sup id="fnref:quantic"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:quantic"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;), il a aussi écrit ou co-écrit la plupart de ses productions. Il est d'ailleurs crédité comme seul et unique scénariste sur Fahrenheit, qui est donc son bébé de nombreux points de vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son propre aveu, David Cage cherche à produire des jeux éloignés du format traditionnel pour se rapprocher du cinéma. Dans une &lt;a href="https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18673220.html"&gt;interview à Allociné&lt;/a&gt; à propos de Detroit (le dernier jeu de Quantic, sorti en 2018) &lt;sup id="fnref:interview"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:interview"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, il affirme souhaiter fournir une expérience narrative interactive, à mi-chemin entre cinéma et jeu. Cage est d'ailleurs pionnier sur l'usage de la &lt;em&gt;motion capture&lt;/em&gt; et fait office de réalisateur et metteur en scène lors des dialogues, ce qui montre bien son désir de se rapprocher au plus près d'une expérience cinématographique. En résumé : incarner un personnage, faire des choix pour influencer l'histoire. Le &lt;em&gt;gameplay&lt;/em&gt; et l'aspect ludique passent au second plan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'ici, Quantic a sorti 3 autres jeux qui suivent le modèle élaboré initialement dans Fahrenheit : Heavy Rain (2010), Beyond Two Souls (2013) et Detroit : Become Human (2018). Leur style est identique à celui de Fahrenheit : une histoire cinématique entrecoupée de QTE et des dialogues avec une poignée de choix supposés avoir un impact sur la suite de l'aventure.
Ce type de &lt;em&gt;gameplay&lt;/em&gt; n'est pas complètement nouveau, on retrouve le même principe dans des jeux en FMV des années 80, comme &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/Dragon%27s_Lair"&gt;Dragon's Lair&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Le résumé&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;J'ai découvert Fahrenheit peu de temps après sa sortie en 2005 sur un DVD de démo fourni dans la boîte de ma PS2. On pouvait y jouer le premier chapitre du jeu. On y incarne Lucas Kane, un trentenaire qui se retrouve possédé mystérieusement dans les toilettes d'un restaurant. Pris de transe, il se scarifie puis poignarde un pauvre type qui passait par là. Lorsqu'il reprend possession de ses moyens, Lucas doit camoufler ses traces et s'enfuir sans se faire remarquer par le policier qu'il sait accoudé au comptoir du &lt;em&gt;diner&lt;/em&gt;, à quelques mètres de là de l'autre côté de la porte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À première vue, le jeu est grisant par la liberté qu'il nous laisse : on peut prendre le temps de nettoyer les traces de sang, simplement prendre ses jambes à son coup sans payer, s'arrêter pour appeler un taxi, etc. Les prémisses du scénario sont simples mais efficaces. Dans la suite du jeu, on incarnera tour à tour Lucas le fugitif, cherchant à comprendre ce qui lui est arrivé, ou bien Carla et Tyler, les deux détectives du NYPD à qui incombe la résolution du crime. Sur le papier, tout cela sonne bien mais le résutlat est plutôt de l'ordre de la cacophonie.
En effet, à vouloir faire d'un jeu vidéo un film (ou d'un film un jeu vidéo), David Cage se prend les pieds dans les tapis et n'arrive à faire correctement aucun des deux. Ce paradoxe interne résume à lui seul tout les défauts de Fahrenheit.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;L'écriture&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Évacuons d'emblée le principal point noir de ce jeu narratif : c'est mal écrit. Passés les chapitres introductifs qui reprennent les codes classiques du &lt;em&gt;thriller&lt;/em&gt;, le scénario s'embourbe rapidement dans des considérations mystico-fantastiques, mêlant des hallucinations, des visions prémonitoires, de l'esotérisme maya et des superpouvoirs.
On sent bien que David Cage a voulu y intégrer de nombreuses inspirations cinématographiques mais en faisant rentrer au chausse-pied autant de clins d'œil et d'hommages, le résultat final est un &lt;em&gt;patchwork&lt;/em&gt; désorganisé sans aucune cohérence. L'histoire de Fahrenheit mélange des inspirations de Matrix (superpouvoirs, chorégraphies de combats, protagoniste élu, &lt;em&gt;open spaces&lt;/em&gt;), Le Jour d'Après (vague de froid qui s'abat sur New York), Da Vinci Code (sociétés secrètes ésotériques) et beaucoup d'autres. Une scène dans un asile psychiatrique reprend très largement la rencontre avec Hannibal Lecter dans le Silence des agneaux &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. On empile de nombreux clichés qui sont certes bien utiles pour caractériser rapidemment un personnage ou un lieu mais qui servent trop souvent de raccourcis afin d'éviter de développer la cohérence de l'univers. Un exemple (attention, divulgâchage) : un personnage se révèle vers la fin du jeu être en réalité une intelligence artificielle. Cette révélation tombe comme un cheveu sur la soupe et n'était présagée en rien dans les chapitres précédents, d'autant que jusqu'à présent toute l'intrigue semblait tourner autour d'un rituel maya.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre problème d'écriture qui frappe Fahrenheit se trouve dans ses dialogues. Comme je le disais, Cage a tendance à s'inspirer de l'existant et à coller des clichés pour s'épargner d'avoir à détailler les motivations des personnages. Carla est un donc une femme forte typique, une flic à qui on ne le fait pas, mariée à son boulot de détective.
Son partenaire Tyler est un afro-américain cool et rigolo, qui aime la funk et le basketball.
Cette flemmardise se retrouve aussi dans la distribution des voix : Carla est doublée en version française par Françoise Cadol (Sandra Bullock et Angelina Jolie au cinéma, Lara Croft et Kate Walker dans le jeu vidéo) tandis que Tyler est incarné par Greg Germain (la voix française de Will Smith).
Lucas, qui est un trentenaire informaticien se découvrant peu à peu des pouvoirs, est quant à lui doublé par Jean-Pierre Michaël (Brad Pitt et surtout Néo/Keanu Reeves dans Matrix).
Certes, le casting vocal est excellent et il montre la volonté de Cage de s'approcher au plus près du niveau de qualité du cinéma &lt;sup id="fnref:4"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:4"&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Mais c'est d'autant plus dommage d'avoir fait des choix aussi banals. Par la voix et l'écriture, Carla est une version détective de Lara Croft, Tyler est une version alternative du Will Smith flic de Men In Black et Lucas n'est qu'une pâle copie de Neo.
Quantic s'est contenté de singer les classiques d'Hollywood pour au final atterrir avec un scénario plat, inutilement complexe et incohérent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En pratique, les dialogues oscillent entre le correct sans plus au vraiment affligeant. On n'échappe malheureusement pas aux accents forcés (russe et chinois). Le jeu tente occasionnellement de s'excuser de certains poncifs en brisant le quatrième mur. En rentrant dans une librairie ancienne où il est reçu par un vieil homme à l'apparence de sage asiatique, Tyler s'exclame qu'il se croirait dans Gremlins. Quelques minutes plus tard, on apprendra que le vieil homme fait semblant d'avoir un accent à couper au couteau car c'est ce que les touristes veulent. Dans cette même scène, le libraire demande un service à Tyler, ce que ce dernier compare à une quête bidon donnée dans un jeu vidéo un peu nul. Bref, le jeu casse le quatrième mur pour attirer l'attention de la joueuse sur sa propre médiocrité, espérant ainsi s'absoudre de sa paresse d'écriture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour être clair, je trouve le doublage tout à fait acceptable et le ton des répliques est souvent juste, &lt;strong&gt;en dépit&lt;/strong&gt; de l'écriture médiocre. Même si les limitations techniques de l'époque ont rendu la synchronisation labiale un peu douteuse, les acteurs et actrices qui prêtent leur voix au jeu font de leur mieux pour délivrer leur texte. Même si celui-ci est un enchaînement de répliques bateau sans grande saveur.
Point particulièrement agaçant du scénario, tous les personnages que Lucas interroge dans sa quête de réponses se contentent de demi-vérités déclamées sur un ton mystérieux. Intriguant au début, lassant à la fin. Les seconds couteaux ont tous déjà été vus des dizaines de fois et on est rarement surpris par ce qui se passe à l'écran, simplement parce que les grandes lignes de l'intrigue sont cousues de fil blanc. On passera également sur des scènes de sexe insipides et superflues &lt;sup id="fnref:5"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:5"&gt;8&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; et une romance venue de nulle part qui viennent parachever un scénario déjà pas bien folichon. Aussi incroyable que cela puisse paraître, David Cage a été récompensé d'un BAFTA pour le scénario de Heavy Rain, ce qui laisse espérer qu'il y a eu de l'amélioration par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;La mise en scène&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;On aurait pu croire que Fahrenheit tirerait son épingle du jeu sur la mise en scène. Après tout, son réalisateur puise ses inspirations dans d'excellents films. Et la barre n'est pas très haute : les cinématiques dans les jeux vidéo sont la plupart du temps plates et fonctionnelles.
Mais Indigo Prophecy ne brille pas non plus par cet aspect. Si vous espérez un cadrage innovant, il n'en est généralement rien. Dans les phases de contrôle libre du personnage, on peut au mieux choisir entre quelques angles de caméra (pas toujours judicieusement choisis, d'ailleurs). La caméra n'autorise presque jamais le déplacement libre ce qui est plutôt désagréable pour explorer les environnements, en particulier durant les phases d'enquête ou d'infiltration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jeu abuse des écrans splittés façon 24 Heures Chrono qui ont une fâcheuse tendance à rendre l'action confuse. On ne sait plus où regarder pour contrôler notre personnage et on se retrouve à tourner en rond avant de comprendre dans quel sens pousser le stick. Ce type de cadrage revient à chaque fois que l'on doit réaliser une action en temps limité. Ce n'est pas une mauvaise idée de mise en scène en soi mais, puisque le chrono tourne, on a peu d'attention à accorder aux autres points de vue (mais j'y reviendrai).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À sa décharge, Fahrenheit comporte tout de même quelques bonnes idées de cadrage, notamment une lente transition d'un plan large vers un plan cassé quand on entre dans la maison d'Agatha qui relaie assez bien l'ambiance anxiogène de la demeure. Ces fantaisies sont hélas trop rares. En général, la mise en scène est fadasse : champ/contre-champ, plans d'exposition pour introduire un nouveau lieu, plans américains quand ça parle et zooms sur des indices. Seules les scènes d'action se démarquent un peu mais c'est parce qu'elles piochent dans des idées de mise en scène vues ailleurs, Cage pillant allègrement les bastons de Matrix et du Spiderman de Sam Raimi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, il n'y a donc pas de quoi se relever la nuit concernant la réalisation. En tant que spectateur ou spectatrice, Fahrenheit n'est donc même pas un vraiment un bon film à regarder. Mais peut-être que c'est un bon jeu ?&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Le jeu&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Non. L'expérience de jeu dans Fahrenheit est mauvaise. Pas nulle, pas excécrable, juste mauvaise. On peut diviser les scènes du jeu en trois type : dialogues, exploration, action. Les meilleures phases du jeu sont indéniablement les scènes d'exploration qui consistent soit à enquêter en tant que Carla ou Tyler, soit à dissimuler ses traces et s'enfuir avec Lucas. Ces moments ont été les plus agréables à jouer car ce sont les seuls durant lesquels on a réellement le contrôle complet du personnage et l'on doit réfléchir en même temps que lui ou elle pour atteindre son objectif &lt;sup id="fnref:6"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:6"&gt;9&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;.
Ces scènes sont malheureusement concentrées dans la première moitié du jeu. Le reste des phases d'exploration consiste bien souvent à se balader dans des environements fermés (librairie, poste de police, appartement) pour trouver quelqu'un à qui parler.
Les pires phases d'exploration libre sont des séquences d'infiltration qui sont, très sincèrement, cassées. Les IA nous détectent parfois sans qu'on sache pourquoi, tandis que d'autres nous laissent passer cinq mètres devant elles. Il faut s'y reprendre à quatre ou cinq fois à subir la même boucle musicale d'action de 15 secondes &lt;sup id="fnref:musique"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:musique"&gt;11&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Infernal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les phases de dialogues sont moyennes. Certes, on peut choisir les sujets à aborder mais on ne sait jamais trop exactement comment la question sera formulée. Pas d'interrogatoire à proprement parler et peu d'enjeu à rater une question, il est impossible de louper une information qui serait nécessaire pour faire avancer l'intrigue. Le seul dialogue avec un peu d'enjeu est une conversation entre Lucas et son ex-petite amie Tiffany qui peut permettre de les rabibocher. Pas de quoi fouetter un chat. Le jeu tente de compenser cette faiblesse en introduisant un système de santé mentale : un ami meurt ? Perdez des points. Boire un verre de lait ? Gagnez des points. Dans l'idée, pourquoi pas mais on peut de fait se retrouver bloquer 3 chapitres plus tard à cause d'une réserve de points trop faible et le scénario exige de nous faire dépenser 20 points sur un événement scripté. Frustrant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre phase de &lt;em&gt;gameplay&lt;/em&gt; consiste à des scènes d'action où il faut réaliser un QTE en même temps, c'est-à-dire appuyer sur une séquence de touches pour réussir. Le terme action est employé au sens large puisque le QTE peut aussi bien permettre de résister à l'interrogatoire d'un policier, sauter sur un hélicoptère en vol ou plonger dans un lac gelé. En théorie, le QTE améliore l'immersion car les gestes à faire sur le joystick correspondent (vaguement) aux gestes réalisés par le personnage. En théorie seulement parce qu'en pratique, pas du tout, d'autant qu'on doit souvent réaliser des QTE lors de phases dialogues (pour rester concentré et résister à une hallucination par exemple) où le personnage est donc immobile. Ces séquences de jeu se résument de fait à appuyer sur des boutons en rythme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Là où le bât blesse, c'est que les QTE sont très longs et sont affichés en transparence par-dessus l'image. Une succession d'échecs implique de refaire la séquence &lt;sup id="fnref:7"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:7"&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Résultat des courses : on reste concentrés sur le QTE et pas sur le reste. On ne suit pas le dialogue. On ne regarde pas la super scène de combat chorégraphiée avec soin (et pourtant Fahrenheit est un jeu précurseur sur l'usage de la &lt;em&gt;motion capture&lt;/em&gt; en France, autant dire qu'il y a eu des efforts de fait). On se bat pour faire le QTE et quand il est terminé, le chapitre est fini et on réalise qu'on a rien compris à ce qui venait de se passer. Oups. Autant pour la narration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, je ne peux pas conclure cette section sans évoquer l'absurdité de vouloir caser des QTE partout pour l'immersion. Pousser le joystick droit pour se lever d'une chaise ? Ce n'est pas très intéressant comme action. Agiter le joystick dans le bon sens pour réussir à grimper à un poteau ? Admettons. Je ne crois pas une seule seconde au fait que mon action colle avec les gestes mais au moins Quantic Dream a essayé quelque chose. Là où je mets le holà, c'est sur cet affreux QTE lors d'une scène de sexe. Non seulement mettre du sexe dans votre jeu ne le rend pas plus mature pour autant mais pourquoi vouloir faire &lt;em&gt;jouer&lt;/em&gt; ce moment ? Appuyez sur le joystick pour mettre un coup de pénis. Monsieur Cage, non, rendez-vous immédiatement dans la prison pour personnes libidineuses sans passer par la case départ.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;L'égo&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Pour terminer, faisons de la psychologie de comptoir. J'ai le sentiment que Fahrenheit est un égo-trip de son créateur. Le scénario et les dialogues n'ont visiblement pas été relus avec un œil critique. Cage aime se mettre en scène (il anime lui-même le tutorial) et se jeter des fleurs (il y a beaucoup de clins d'œil au fondateur de Quantic dans le jeu &lt;sup id="fnref:8"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:8"&gt;12&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;). L'idée de rendre interactif un média animé n'est pas nouvelle. L'épisode Bandersnatch de Black Mirror l'a fait. Dragon's Lair l'a fait il y a 40 ans !
Faire d'un jeu une expérience narrative ? C'est possible. What Remains of Edith Finch est un exemple d'excellente histoire racontée avec un &lt;em&gt;gameplay&lt;/em&gt; minimal.
Faire des enquêtes interactives ? L.A. Noire l'a réussi et son approche n'est pas si éloignée de ce que propose Fahrenheit par moments.
Mais pour faire un jeu narratif de qualité, pour faire un film doté d'une interaction qui engage celles et ceux qui y jouent, il faut se demander pourquoi ? Qu'est-ce que l'interactivité va apporter ? Qu'apporte-t-elle dans Fahrenheit ? Pas grand chose. Le &lt;em&gt;gameplay&lt;/em&gt; est une distraction par rapport à l'histoire qui nous est proposée. Donc l'aspect jeu n'est pas bon, reste le film. Qui n'est pas terrible non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas pourquoi Fahrenheit a marqué les esprits suffisamment pour lancer d'autres jeux chez Quantic. Peut-être qu'en 2005, essayer était suffisant. Depuis Quantic a démontré que le studio ne savait pas vraiment comment aller plus loin, en dépit de moyens toujours plus conséquents. N'écoutez pas David Cage, il ne sait pas plus que vous ce qui sera le futur du jeu vidéo. Il n'y a jamais eu autant d'excellents jeux narratifs interactifs, là, dehors, juste à portée de demain. Ne jouez pas à Fahrenheit. Vous valez mieux que ça.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:titre"&gt;
&lt;p&gt;pour des raisons marketing, probablement parce que &lt;em&gt;fahrenheit&lt;/em&gt; est un mot trop courant en Amérique du Nord.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:titre" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;le &lt;em&gt;remaster&lt;/em&gt; a été développé par &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/Aspyr"&gt;Aspyr Media&lt;/a&gt;. Il s'agit principalement d'un léger lissage graphique, la gestion des résolutions HD, un portage pour la PS4 et la correction de quelques bugs.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;de son vrai nom, David De Gruttola, créateur de jeu et scénariste.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:quantic"&gt;
&lt;p&gt;presque 200 employé⋅e⋅s en 2016, environ 120 en 2019 et 14M€ de chiffre d'affaires. C'est loin derrière Ubisoft qui est le mastodonte français (18 000 personnes, 1600M€ de CA) mais plus que d'autres gros studios comme Arkane, Amplitude ou Ankama et comparable à Asobo Studio. Quantic Dream a été à l'origine de plusieurs dossiers de presse décriant des conditions de travail toxiques, des photomontages déplacés cautionnés par la direction et a été condamné à plusieurs reprises aux prud'hommes à ce sujet.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:quantic" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:interview"&gt;
&lt;p&gt;je recommande beaucoup cette interview parce qu'on y voit transparaître les doutes et les réflexions de Cage sur sa façon de concevoir les jeux. On sent chez lui qu'il craint avant tout d'être considéré comme illégitime, que le jeu vidéo ne soit pas perçu comme un média artistique à part entière et que ses histoires soient déconsidérées car « seulement du jeu vidéo ». Il y a une sorte de complexe d'infériorité par rapport au cinéma qui ne me semble plus d'actualité aujourd'hui mais qui visiblement le torture encore. Même s'il se défend d'être un réalisateur de films qui doit se contenter du jeu. :-)&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:interview" title="Jump back to footnote 5 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;où, par ailleurs, tous les malades sont décrits comme des psychopathes, voire des animaux violents, ce qui est assez désobligeant compte-tenu de ce que sont réellement les établissements de santé mentale.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 6 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:4"&gt;
&lt;p&gt;la musique de Fahrenheit est d'ailleurs d'Angelo Badalamenti, compositeur phare de David Lynch.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:4" title="Jump back to footnote 7 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:5"&gt;
&lt;p&gt;présentes dans ma version remastérisée, qui est en réalité une &lt;em&gt;Director's Cut&lt;/em&gt; non censurée.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:5" title="Jump back to footnote 8 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:6"&gt;
&lt;p&gt;à tempérer par le fait qu'il n'y a hélas pas beaucoup de façons différentes de résoudre une situation donnée. On ne pourra généralement même pas quitter une scène de crime avant d'avoir obtenu tous les indices. Mais je ne veux pas non plus trop tirer sur l'ambulance.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:6" title="Jump back to footnote 9 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:7"&gt;
&lt;p&gt;un problème en partie corrigé dans Heavy Rain où un échec dans une scène n'empêche pas l'histoire d'avancer, ce qui donne des &lt;a href="https://www.youtube.com/watch?v=Yy44s_de15Y"&gt;séquences absurdes particulièrement savoureuses&lt;/a&gt;.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:7" title="Jump back to footnote 10 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:musique"&gt;
&lt;p&gt;la musique de Fahrenheit est bien dans l'ensemble mais les scènes d'action utilisent toujours la même et la boucle est trop courte pour qu'on ne s'en rende pas compte.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:musique" title="Jump back to footnote 11 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:8"&gt;
&lt;p&gt;une affiche de Citizen Kane détournée en Citizen Cage (oui, c'est subtil), une série de livres aux éditions &lt;em&gt;De Gruttola&lt;/em&gt;, des affiches et des vinyles cachés dans le jeu à l'effigie d'autres jeux du studio, etc.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:8" title="Jump back to footnote 12 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Jeux vidéo"></category><category term="critique"></category><category term="jeux vidéo"></category><category term="stream"></category></entry><entry><title>Virtualiser son dual boot avec VirtualBox</title><link href="https://blog.altay.fr/virtualiser-son-dual-boot.html" rel="alternate"></link><published>2020-12-30T11:30:00+01:00</published><updated>2020-12-30T11:30:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2020-12-30:/virtualiser-son-dual-boot.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;Depuis le premier confinement en mars, mon PC de jeu me sert aussi de machine de travail. Jusqu'ici, la machine était installée sous Windows puisque quasi-exclusivement réservée au jeu vidéo. L'idée de migrer sous Linux me trottait dans la tête, d'autant que le perfectionnement de &lt;a href="https://github.com/ValveSoftware/Proton"&gt;Proton&lt;/a&gt;&lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; a significativement augmenté …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;Depuis le premier confinement en mars, mon PC de jeu me sert aussi de machine de travail. Jusqu'ici, la machine était installée sous Windows puisque quasi-exclusivement réservée au jeu vidéo. L'idée de migrer sous Linux me trottait dans la tête, d'autant que le perfectionnement de &lt;a href="https://github.com/ValveSoftware/Proton"&gt;Proton&lt;/a&gt;&lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; a significativement augmenté le nombre de jeux AA et AAA jouables sous Linux. À titre d'exemple, un tour sur &lt;a href="https://www.protondb.com/"&gt;ProtonDB&lt;/a&gt; m'informe que sur les 500 jeux de ma bibliothèque Steam :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;200 sont disponibles nativement sous Linux,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;31 sont sur la liste blanche de Valve en termes de compatibilité avec Proton,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;225 ont une compatibilité Or ou Platine sur ProtonDB,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;44 sont injouables ou difficilement jouables avec Proton (incompatibles ou compatibilité Bronze/Argent).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;La contrainte du télétravail m'a finalement convaincu à basculer la machine sous Linux. Sauf que je ne peux pas entièrement me passer de Windows, pour deux raisons :
1. il y a une poignée de jeux et de logiciels qui ne fonctionnent pas vraiment sous Wine/Proton,
2. mon casque de réalité virtuelle a une compatibilité Linux inexistante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis donc au &lt;em&gt;dual boot&lt;/em&gt; en UEFI avec une partition Windows et une partition Manjaro Linux. Avec un SSD, le redémarrage se fait en une dizaine de secondes mais si j'ai besoin d'accéder à Windows ponctuellement &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, est-ce que je peux m'éviter d'avoir à redémarrer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La réponse est oui en passant par la virtualisation d'un disque physique.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Avertissement :&lt;/strong&gt; n'utilisez la technique décrite ci-dessous qu'avec la plus grande prudence. En amont, il faudra désactiver l'hibernation dans Windows. À l'usage, il faut s'assurer de bien éteindre correctement la machine virtuelle pour éviter des corruptions de données ou des états incohérents du système de fichiers. Faites une sauvegarde de vos données et soyez prêts à réinstaller votre système en cas de plantage si vous vous lancez dans cette opération.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h2&gt;1. Préparation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plupart des virtualiseurs modernes sont capables d'utiliser comme disque dur une partition physique (plutôt que les disque durs virtuels habituellement émulés). Bien sûr, cela signifie alors que la machine virtuelle manipule des données réelles sur les disques et qu'il faudra donc ne pas faire n'importe quoi puisque l'invité n'est plus isolé de l'hôte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href="https://www.virtualbox.org/manual/ch09.html#rawdisk"&gt;chapitre 9 de la documentation de VirtualBox&lt;/a&gt; a une section consacrée à l'accès direct à un disque dur physique. L'approche la plus simple consiste à monter l'intégralité d'un disque comme un disque virtuel (c'est-à-dire créer un fichier &lt;code&gt;.vmdk&lt;/code&gt; spécial qui fait le lien entre la machine virtuelle et le disque réel). Cela fonctionne si votre Windows est installé sur un disque physique différent de votre disque Linux mais ce n'est pas mon cas.
En effet, mon disque réel est divisé en cinq partitions :&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;partition de récupération Windows,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;partition EFI,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;partition réservée Microsoft,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;partition NTFS Windows,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;partition ext4 Manjaro Linux.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas indispensable mais pour éviter de passer par le superutilisateur système, on va supposer que l'utilisateur actuel a les permissions pour manipuler VirtualBox et les droits d'accès sur toutes les données des disques montés. Si ce n'est pas le cas, pour la plupart des distributions Linux cela signifie qu'il faut ajouter l'utilisateur aux groupes &lt;code&gt;disk&lt;/code&gt; (accès aux disques physiques) et &lt;code&gt;vboxusers&lt;/code&gt; (permission d'utiliser VirtualBox) :&lt;/p&gt;
&lt;div class="codehilite"&gt;&lt;pre&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;code&gt;sudo&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;usermod&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-aG&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;disk,vboxusers&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;nom_de_mon_utilisateur
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;

&lt;h2&gt;2. Création du disque virtuel&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On commence par créer un disque dur virtuel au format VirtualBox (&lt;code&gt;.vmdk&lt;/code&gt;) que l'on pourra ensuite associer à la machine virtuelle correspondante. Une fois n'est pas coutume avec VirtualBox, il faut passer par la ligne de commande et l'outil &lt;code&gt;VBoxManage&lt;/code&gt;.
La commande suivante permet de créer disque virtuel qui permettra à la machine virtuelle d'accéder aux bonnes partitions :&lt;/p&gt;
&lt;div class="codehilite"&gt;&lt;pre&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;code&gt;VBoxManage&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;internalcommands&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;createrawvmdk&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-filename&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;mon_disque_windows.vmdk&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-rawdisk&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;/dev/sda&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-partitions&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class="m"&gt;1&lt;/span&gt;,2,3,4&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-relative
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;

&lt;p&gt;Décortiquons les options :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;code&gt;/dev/sda&lt;/code&gt; correspond au disque vu par Linux (à remplacer par le disque sur lequel se trouvent vos partitions Windows),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;code&gt;-partitions 1,2,3,4&lt;/code&gt; indique que l'on souhaite un accès en écriture aux partitions 1 à 4 &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;code&gt;-relative&lt;/code&gt; n'est nécessaire que si l'utilisateur qui lance VirtualBox n'a pas l'accès en écriture à tout le disque (il faut au moins l'accès en écriture aux partitions concernées),&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;code&gt;-filename&lt;/code&gt; spécifie le nom du fichier correspondant au disque virtuel.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h2&gt;3. Création de la machine virtuelle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Cette étape est relativement simple, il suffit de créer une machine virtuelle classique en utilisant VirtualBox. Vous pouvez lui allouer la mémoire et le nombre de cœurs processeurs que vous souhaitez mais je vous conseille de ne pas dépasser 50% des ressources de votre machine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois que c'est fait, on peut ensuite importer le fichier &lt;code&gt;.vmdk&lt;/code&gt; dans le gestionnaire de médias de VirtualBox puis l'attacher à la machine virtuelle nouvellement créée.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attention&lt;/strong&gt; : lors de la création de la machine virtuelle, il faut s'assurer que l'architecture système virtualisée correspond à celle du système réel. Si vous utilisez un système 64 bits, il faudra activer la virtualisation matérielle (SVM/AMD-V pour les processeurs AMD, VT/VT-X pour les processeurs Intel) dans le BIOS.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Pour éviter les problèmes d'activation de la licence Windows, il est recommandé de cloner l'identifiant &lt;em&gt;hardware&lt;/em&gt; du système pour que la machine virtuelle et la machine physique utilisent le même :&lt;/p&gt;
&lt;div class="codehilite"&gt;&lt;pre&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;code&gt;&lt;span class="c1"&gt;# remplacer Win10native par le nom de la VM&lt;/span&gt;
VBoxManage&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;modifyvm&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;Win10native&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;--hardwareuuid&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;&lt;span class="sb"&gt;`&lt;/span&gt;sudo&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;dmidecode&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-s&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;system-uuid&lt;span class="sb"&gt;`&lt;/span&gt;
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;

&lt;h2&gt;4. Démarrage&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Si l'on démarre la VM, il y a des chances que celle-ci ne sache pas comment démarrer. En passant par le menu de démarrage (F12 ou Échap au lancement de la machine), on peut distinguer deux cas :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;le disque est au format GPT avec un UEFI : c'est le plus simple. Il faut activer le mode EFI dans les paramètres de la VM (carte mère &amp;gt; Activer le mode EFI). Dans les options du &lt;em&gt;Boot Maintenance Manager&lt;/em&gt; (Échap au démarrage de la VM), on peut ajouter une option de démarrage (&lt;em&gt;Add Boot Option&lt;/em&gt;) et sélectionner le script de démarrage de Windows (&lt;code&gt;EFI/Microsoft/Boot/bootmgfw.efi&lt;/code&gt; &lt;sup id="fnref:4"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:4"&gt;4&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;). Alternativement on peut aussi utiliser l'option &lt;em&gt;Boot from file&lt;/em&gt; et démarrer ce même script, il semblerait que l'option soit alors automatiquement ajoutée.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;le disque est au format MBR : la VM devrait démarrer et arriver sous Grub, auquel cas il faut un peu plus bricoler pour démarrer. La seule option à ma connaissance est de récupérer le MBR d'un disque installé sous Windows avec le bon partitionnement et d'utiliser l'option &lt;code&gt;-mbr&lt;/code&gt; de la commande &lt;code&gt;createrawvmdk&lt;/code&gt; pour l'injecter dans la VM &lt;sup id="fnref:5"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:5"&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. L'avantage est que cela permet de ne pas toucher à l'UEFI et de mieux isoler la machine virtuelle, puisque celle-ci ne doit gérer que les partitions Windows (et pas la partition EFI du système hôte).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Une fois ce travail fait, vous devriez normalement pouvoir accéder à votre système Windows réel depuis votre machine virtuelle ! En théorie, avec un GPU connecté via un PCI &lt;em&gt;passthrough&lt;/em&gt;, on pourrait même jouer sous Windows de cette façon mais VirtualBox ne semble plus gérer cette option et elle nécessite de toute façon deux cartes graphiques pour fonctionner correctement.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Références&lt;/h2&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://www.virtualbox.org/manual/ch09.html#rawdisk"&gt;VirtualBox documentation - Using a Raw Host Hard Disk From a Guest&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;a href="https://www.anginf.de/?p=685"&gt;AngInf - Use native Windows 10 via VirtualBox in Linux&lt;/a&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;une surcouche développée par Valve (l'entreprise derrière Steam) autour de &lt;a href="https://www.winehq.org/"&gt;Wine&lt;/a&gt; pour lancer des jeux Windows sous Linux.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;c'est-à-dire pas pour jouer mais pour éditer un PDF signé avec Adobe, etc.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;mais pas le 5ème partition, qui est celle de Linux. Monter dans une VM invitée la partition sytème de la machine hôte me semble être une idée désastreuse. La documentation prévient en tout cas que cela risque fortement de dégénérer en corruption généralisée du système de fichiers.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:4"&gt;
&lt;p&gt;attention à bien sélectionner &lt;code&gt;bootmgfw.efi&lt;/code&gt; et &lt;strong&gt;pas&lt;/strong&gt; &lt;code&gt;bootmgr.efi&lt;/code&gt; (ce dernier correspond au démarrage en mode BIOS).&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:4" title="Jump back to footnote 4 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:5"&gt;
&lt;p&gt;voir par exemple &lt;a href="https://forums.virtualbox.org/viewtopic.php?f=2&amp;amp;t=77237"&gt;ce fil (en anglais)&lt;/a&gt; du forum VirtualBox.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:5" title="Jump back to footnote 5 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Informatique"></category><category term="virtualisation"></category><category term="système"></category></entry><entry><title>Critique de manga - 87 Clockers</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-87-clockers.html" rel="alternate"></link><published>2020-09-19T00:00:00+02:00</published><updated>2020-09-19T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2020-09-19:/critique-87-clockers.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;87 Clockers&lt;/strong&gt; est un &lt;em&gt;seinen&lt;/em&gt; mêlant overclocking (l'activité qui consiste à booster les performances d'un ordinateur) et romance. Le pitch est assez simple : Kanade, un étudiant violoniste tombe amoureux de Hana, une jeune fille passionnée d'overclocking. Pour la conquérir, il va donc se jeter corps et âme dans ce nouveau …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;87 Clockers&lt;/strong&gt; est un &lt;em&gt;seinen&lt;/em&gt; mêlant overclocking (l'activité qui consiste à booster les performances d'un ordinateur) et romance. Le pitch est assez simple : Kanade, un étudiant violoniste tombe amoureux de Hana, une jeune fille passionnée d'overclocking. Pour la conquérir, il va donc se jeter corps et âme dans ce nouveau hobby.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les chapitres des 9 volumes alternent entre overclocking et romance. Le scénario mélange souvent des explications des techniques d'overclocking avec des questionnements métaphysiques du type :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;« Si je deviens meilleur, m'aimera-t-elle plus ? ».&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les compétitions d'OC ont quant à elles parfois un petit côté shonen pas déplaisant à lire. L'autrice (Ninomiya Tomoko) n'est pas du tout spécialiste de l'overclocking mais s'est entourée de plusieurs personnes pour ses recherches. Le sujet est abordé avec beaucoup de bienveillance et les personnages, même les plus nerds, réussissent la plupart du temps à ne pas être trop stéréotypés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le dessin est plutôt dans la moyenne avec un petit effort sur le réalisme des ordinateurs. Visuellement ce n'est pas marquant non plus mais c'est plus que correct.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le principal point noir de la série est son rythme un peu haché. Certains chapitres sont entièrement dévolus à la romance, quitte à introduire des personnages superflus (l'ex-futur fiancé arrangé de Hana) et des relations unilatérales qui ne mènent à rien (Julia et Kanade notamment). C'est plutôt voulu par le genre mais le manga a quelques difficultés à réconcilier ces deux styles aux codes différents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'ensemble, 87 Clockers se laisse lire. La série est terminée et le final offre une conclusion satisfaisante au manga et qui a le mérite de ne pas être aussi convenue que ce à quoi je m'attendais.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="BD"></category><category term="manga"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Critique de film - An Honest Liar</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-an-honest-liar.html" rel="alternate"></link><published>2020-09-19T00:00:00+02:00</published><updated>2020-09-19T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2020-09-19:/critique-an-honest-liar.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;An Honest Liar&lt;/strong&gt; est un documentaire sur &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Randi_Educational_Foundation"&gt;James Randi&lt;/a&gt;, presidigitateur et sceptique, avec du potentiel mais trop superficiel si l'on s'intéresse à ses activités d'investigateur. Il s'agit plutôt d'une biographie qui va évoquer les coups marquants de sa vie (sa carrière de magicien, son enquête sur le révérend Popoff, son …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;An Honest Liar&lt;/strong&gt; est un documentaire sur &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/James_Randi_Educational_Foundation"&gt;James Randi&lt;/a&gt;, presidigitateur et sceptique, avec du potentiel mais trop superficiel si l'on s'intéresse à ses activités d'investigateur. Il s'agit plutôt d'une biographie qui va évoquer les coups marquants de sa vie (sa carrière de magicien, son enquête sur le révérend Popoff, son conflit de longue haleine avec Uri Geller) et dévoiler quelques pans de sa vie privé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu longuet et, malheureusement, le documentaire n'explique jamais comment Randi a réussi à démasquer les impostures des différents charlatans sur lesquels il a enquêté. C'est un peu chiche en contenu sceptique donc. D'ailleurs, le film ne parle quasiment pas du &lt;a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/One_Million_Dollar_Paranormal_Challenge"&gt;One Million Dollar Paranormal Challenge&lt;/a&gt; qui est pourtant l'initiative la plus connue de Randi à ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, un documentaire pas dénué de substance mais qui s'intéresse à l'homme plus qu'à ses activités.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="film"></category><category term="documentaire"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Des règles alternatives pour INS/MV</title><link href="https://blog.altay.fr/regles-alternatives-pour-insmv.html" rel="alternate"></link><published>2020-05-03T18:14:00+02:00</published><updated>2020-05-03T18:14:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2020-05-03:/regles-alternatives-pour-insmv.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;M'étant remis récemment à maîtriser INS/MV &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, je me suis rappelé à quel point les règles de la 3ème édition sont frustrantes pour les joueurs. Les débutants sont faibles, les pouvoirs et talents au niveau 1 ne réussissent même pas une fois sur trois et la caractéristique associée à …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;M'étant remis récemment à maîtriser INS/MV &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;, je me suis rappelé à quel point les règles de la 3ème édition sont frustrantes pour les joueurs. Les débutants sont faibles, les pouvoirs et talents au niveau 1 ne réussissent même pas une fois sur trois et la caractéristique associée à un talent n'a quasiment aucune influence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce dernier point est d'ailleurs étrange puisqu'il a changé entre la deuxième édition et la troisième. Néanmoins, la troisième édition est, je crois, celle la plus jouée et surtout celle pour laquelle le plus de contenu est disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les règles de la quatrième édition ne sont pas très satisfaisantes (elles sont nettement plus lourdes qu'avant) mais heureusement, le web regorge de ressources. 
&lt;a href="http://www.legrog.org/biographies/olivier-fanton"&gt;Olivier Fanton&lt;/a&gt;, un de ses auteurs, a d'ailleurs mis en ligne &lt;a href="http://olivier.fanton.free.fr/bouquins/INSMV-apero-final.pdf"&gt;INS/MV Apéro&lt;/a&gt;, une version condensée d'INS/MV qui s'affranchit de la &lt;abbr title="Table Unique Multiple"&gt;TUM&lt;/abbr&gt; et utilise des règles très différentes. L'inconvénient c'est qu'il faut un travail conséquent d'adaptation si on veut réutiliser d'autres ressources et, surtout, s'habituer à d'autres règles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais j'ai trouvé en flânant sur le net une &lt;a href="http://insmv.free.fr/aides%20de%20jeu.htm"&gt;version alternative des règles&lt;/a&gt; qui se base sur des seuils de réussite modifiés et qui réintroduit la caractéristique dans le jet, comme c'était le cas pour les premières éditions.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Règles alternatives pour INS/MV 3ème édition&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;L'idée est la suivante : au lieu d'utiliser le niveau du talent (ou du pouvoir) pour déterminer la colonne de la table unique multiple (&lt;abbr title="Table Unique Multiple"&gt;TUM&lt;/abbr&gt;), on se base sur la somme de caractéristique + talent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La &lt;abbr title="Table Unique Multiple"&gt;TUM&lt;/abbr&gt; est modifiée de manière à ce que les anciens seuils correspondent à la moyenne entre talent et caractéristique. Par exemple, dans ce nouveau système, on a les même chances de réussir si on a &lt;em&gt;Conduite&lt;/em&gt; à 3 et &lt;em&gt;Perception&lt;/em&gt; à 3 ou &lt;em&gt;Conduite&lt;/em&gt; à 1 et &lt;em&gt;Perception&lt;/em&gt; à 5. Ces chances sont les mêmes que si on avait simplement &lt;em&gt;Conduite&lt;/em&gt; à 3 dans le système de la 3ème éd. classique.&lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par rapport à la &lt;abbr title="Table Unique Multiple"&gt;TUM&lt;/abbr&gt; alternative du lien ci-dessus, j'ai modifié la mienne de la façon suivante :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;thead&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;th&gt;Difficulté&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;1&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;2&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;3&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;4&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;5&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;6&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;-&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;7&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;8&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;-&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;9&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;-&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;-&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;10&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;-&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;11&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;-&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;12&lt;/th&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Très difficile&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;11&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;13&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;23&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;24&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;25&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;32&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;33&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;34&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;35&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;41&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;43&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;46&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;53&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;61&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Difficile&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;13&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;26&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;32&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;36&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;43&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;45&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;51&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;54&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;55&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;56&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;62&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;64&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Moyen&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;16&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;24&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;34&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;43&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;54&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;62&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;63&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;64&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Facile&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;31&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;43&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;56&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;L'intérêt de cette version du système, c'est que toutes les autres règles sont inchangées et restent parfaitement compatibles, ce qui est parfait pour les gens un peu flemmards (comme moi) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les seuils des premières colonnes sont légèrement réhaussés de sorte à ce qu'un pouvoir ou un talent au niveau 1 réussisse à peu près une fois sur deux en difficulté moyenne, ce qui semble plus cohérent que le 1/4 précédemment utilisé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'y vois trois avantages :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;les personnages sont un cran plus puissants et peuvent plus facilement se diversifier en choisissant des nouveaux talents ou pouvoirs au niveau 1,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;la &lt;abbr title="Table Unique Multiple"&gt;TUM&lt;/abbr&gt; modifiée encourage la prise de risque : les seuils étant plus élevés, décaler pour augmenter son &lt;abbr title="résultat des unités"&gt;RU&lt;/abbr&gt; devient un enjeu important,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;le système devient plus flexible car on peut décider d'utiliser une autre caractéristique pour un jet si jamais c'est approprié.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h1&gt;Convertir mes aides de jeu et mes personnages aux règles alternatives&lt;/h1&gt;
&lt;h2&gt;Je joue à la 3ème édition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Comme mentionné plus haut, pour la troisième édition, il n'y a rien à faire.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Je joue à la 1ère ou la 2ème édition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Pour la première et le seconde édition, c'est assez simple : les niveaux +0/+1/+2/+3 sont remplacés par niveau 1, niveau 2, niveau 4 et niveau 6. Si jamais la caractéristique associée du personnage est inférieure au nouveau niveau, utilisez sa valeur à la place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par exemple :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Bernard l'ermite : FO 2, VO 5, AP 1, PE 3, PR 2, AG 3&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Course +0, Survie (forêt) +1, Discussion +3, Discrétion +2.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ces talents se transforment en :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Course (1), Discussion (5), Discrétion (3), Survie (2).&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Le talent de Discussion est à 5 car il dépend de la volonté (VO). Idem pour Discrétion qui dépend de l'agilité (AG).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on compare les seuils de réussite :&lt;/p&gt;
&lt;table&gt;
&lt;thead&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;th&gt;Talent&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;1ère/2ème éd.&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;3ème éd.&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;Système alternatif&lt;/th&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Course&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;21&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;24&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;34&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Discussion&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66 (+11)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66 (+5)&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;66 (+5)&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Discrétion&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;62&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;62&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;62&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;Survie&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;43&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;43&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;54&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Le nombre entre parenthèses correspond au nombre de colonnes "gratuites" de décalage.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La progression est légèrement lissée : les extrêmes (valeurs basses et hautes) sont resserrées mais les valeurs moyennes sont à peu près identiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on peut le voir, avec une force moyenne (2) et un niveau débutant en Course, Bernard réussit ses jets plus d'une fois sur deux plutôt qu'une fois sur quatre dans l'ancien système. Cela semble cohérent pour une tâche de difficulté "moyenne" (qu'un débutant avec des capacités innées moyennes devrait réussir à faire la plupart du temps, quitte à s'y reprendre à deux fois).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut bien sûr toujours jouer la difficulté pour changer de ligne.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Je joue à la 4ème édition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On ne va pas se mentir, c'est une galère. La 4ème édition utilise toujours une échelle exponentielle de niveaux mais cette fois-ci ils vont grosso modo de 0 à 9 et il existe des paliers intermédiaires entre chaque niveaux (par exemple, le niveau 4+ est situé entre 4 et 5).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les caractéristiques ont changé. &lt;em&gt;Apparence&lt;/em&gt; devient &lt;em&gt;Présence&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;Précision&lt;/em&gt; disparaît et &lt;em&gt;Foi&lt;/em&gt; apparaît. Vous pouvez aisément faire la conversion en sens inverse mais il faut deviner quelle valeur assigner à la caractérisique de &lt;em&gt;Précision&lt;/em&gt; en fonction du personnage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les talents, &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; il est possible de simplement de diviser le niveau par 2 en faisant fi des "+". Heureusement la liste des talents est à peu près la même.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les pouvoirs, c'est pareil sauf qu'il faut un peu plus chercher pour faire la correspondance vu que la liste a changé. Il faut également diviser les PP par 2 pour retomber sur des valeurs similaires à celles de la troisième édition.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Je joue à Génération Perdue&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Aucune idée, 5 ans après avoir reçu le bouquin je n'ai toujours pas lu plus que la première page.&lt;/p&gt;
&lt;h1&gt;Quelques règles maisons&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Je liste ci-dessous d'autres modifications du système de la troisième édition que j'apprécie. Elles peuvent s'utiliser en conjonction avec le &lt;abbr title="Table Unique Multiple"&gt;TUM&lt;/abbr&gt; modifiée ou indépendamment avec le système classique.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Forcer un pouvoir&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Une règle maison que j'apprécie est la règle du "forçage" de pouvoir. En effet, je trouve qu'il y a un déséquilibre notable entre les pouvoirs automatiques et les pouvoirs à jet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour leur redonner l'utilité, je permets aux personnages de forcer un pouvoir en dépensant &lt;strong&gt;le double de son coût en PP&lt;/strong&gt;. Dans ce cas, le pouvoir est considéré comme automatiquement réussi mais &lt;strong&gt;avec un &lt;abbr title="résultat des unités"&gt;RU&lt;/abbr&gt; de (niveau du pouvoir)&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela redonne de l'intérêt aux pouvoirs comme Détection du Bien ou aux pouvoirs de Charme ou de Sommeil contre des cibles "fragiles" (des humains avec peu de volonté notamment).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Exemple 1 : Claude interroge une suspecte dans le cadre de son enquête. Soupçonnant cette dernière de mentir, elle utilise &lt;/em&gt;Lire les sentiments&lt;em&gt; (niveau 2). Pour assurer le coup, Claude dépense 2PP (au lieu d'un seul) et réussit automatiquement son jet avec un &lt;abbr title="résultat des unités"&gt;RU&lt;/abbr&gt; de 2. La victime a tout de même le droit à un jet de Volonté pour résister.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Exemple 2 : Mehdi s'apprête à traverser un fleuve à la nage. Il veut utiliser Augmentation temporaire de force (qu'il au niveau 1) pour réussir plus facilement. Il décide de forcer le pouvoir et dépense 2PP pour réussir automatiquement. Il obtient un bonus d'une colonne pendant 1 minutes (le &lt;abbr title="résultat des unités"&gt;RU&lt;/abbr&gt; du "jet").&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Pouvoirs mineurs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La plupart des pouvoirs peuvent s'interpréter de différentes façons. Souvent, le texte est formulé du point de vue des règles pour donner des effets mécaniques mais qu'est-ce qui empêche les personnages possédant Jet de glace de s'en servir pour autre chose que le combat ? À mon avis, rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je considère donc que les pouvoirs peuvent être utilisés gratuitement dans des versions mineures, dans la limite du raisonnable. Par exemple, un Démon avec Jet de flammes peut s'en servir pour allumer une cigarette avec ses doigts dans dépenser de PP et le pouvoir privilégié de Crocell (Froid) permet de refroidir une bière.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la même façon, Polymorphie peut être utilisé sans dépense pour alléger ses cernes pendant une présentation et Vol permet de léviter deux centimères au-dessus du sol le temps d'éviter une flaque de vomi.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Durée d'un tour&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Par défaut, un tour de jeu dans INS/MV dure 1 seconde. C'est très court ! Cela rend les combats quasiment instantanés et les pouvoirs très chers à maintenir dans le temps. En règle général, je considère qu'un tour dure « quelques secondes » (environ 6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tous les pouvoirs qui consomment des PP chaque seconde sont revus de sorte qu'ils consomment désormais des PP chaque tour (ou environ toutes les 6 secondes hors combat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Narrativement, le seul changement que cela induit est qu'on ne jette pas les dés à chaque coup, mais pour une manœuvre dans son ensemble. Cela permet aussi d'accélérer le jeu en permettant aux personnages de se déplacer plus facilement pendant les combats.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Liste des talents consolidée&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La liste des talents de la troisième édition est un peu étrange en cela que les compétences sont parfois très précises (Grimpé) ou, au contraire, fourre-tout (Discussion). Cela encourage à se concentrer sur les talents importants au détriment des talents spécifiques qui permettent pourtant d'épicer les parties.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Donc voici une liste alternative de talents qui essaie d'avoir une granularité constante. Il s'agit d'une synthèse entre les talents de la troisième édition, de la quatrième édition et de la version Apéro. Entre parenthèses sont indiqués la caractéristique associée (celle qui permet de déterminer le niveau max. du talent) ainsi que le nombre de colonnes de pénalité si l'on souhaite utiliser le talent sans l'avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut garder en tête qu'il est possible d'utiliser une autre caractéristique que celle associée au talent pour un jet particulier. Par exemple, &lt;em&gt;Arme à feu&lt;/em&gt; correspond à la caractéristique &lt;em&gt;Perception&lt;/em&gt; mais son entretien pourrait plutôt relever de la &lt;em&gt;Précision&lt;/em&gt;, tandis que connaître son fonctionnement dépend de la &lt;em&gt;Volonté&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Social :&lt;/h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Aisance (Apparence, -1) : l'aisance correspond à la capacité à sociabiliser, se comporter en public en s'adaptant aux normes. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt;  faire la conversation, trouver les bons mots pour consoler quelqu'un.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Baratin (Apparence, -1) : le baratin correspond à la tchatche, au bagout. C'est surtout une mesure de la capacité à faire avaler n'importe quoi à quelqu'un en en le noyant de paroles et de faits illogiques. Les effets sont généralement de courte durée et la victime se rend souvent vite compte qu'elle s'est faite baratiner. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; négocier le prix d'une voiture, débiter des mensonges.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Commander (Apparence, -2) : ce talent évalue la faculté à diriger des troupes et à se faire obéir. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; organiser un assaut, donner un ordre à un sous-fifre.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Discussion (Volonté, -2) : la discussion permet de faire triompher son point de vue dans un débat ou de convaincre par la rhétorique. Contrairement au baratin, l'interlocuteur ou l'interlocutrice est généralement convaincue pour un moment. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; faire un discours politique, convaincre un ami de renoncer à la cigarette.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Langues (Volonté, -4) : recouvre tous les talents de langues étrangères. On considère que le niveau 1 suffit pour s'exprimer et se faire comprendre dans la vie quotidienne. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; comprendre (ou de produire) des textes sophistiqués, maîtriser un dialecte régional.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h3&gt;Ruse :&lt;/h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Crochetage (Précision, -3) : recouvre les compétences nécessaires à accéder à des endroits dont l'accès est verrouillé. &lt;em&gt;Exemples&lt;/em&gt; : ouvrir un cadenas, couper une alarme.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Discrétion (Perception, -1) : ce talent correspond aux ruses et tactiques permettant de passer inaperçu. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; se fondre dans une foule, se déplacer silencieusement.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Investigation (Perception) : l'investigation regroupe les différentes facultés à repérer ce qui sort de l'ordinaire. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; repérer des traces de sang, soupçonner un mensonge.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Manipulation (Précision, -2) : la manipulation correspond à la dextérité manuelle, comme pour la predistigiation. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; jongler, faire les poches.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h3&gt;Métier :&lt;/h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Art (Précision/Agilité/Apparence selon l'art): talent multiple à spécifier en fonction du domaine (musique, arts graphiques, théâtre, ...).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Artisanat (Précision) : l'artisanat correspond à la faculté à fabriquer des choses de ses mains. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; poser un parquet, improviser une arme.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Conduite (Précision, -2) : la conduite regroupe toutes les compétences nécessaires au pilotage des véhicules terrestres à deux, trois, quatre roues (ou plus) dans des situations difficiles. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; gagner une course automobile, conduire une moto hors-piste.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Science (Volonté, -4) : autre talent multiple à spécifier en fonction du domaine considéré (informatique, chimie, électronique, mécanique, vivant, histoire, politique, jeu...). Il correspond aussi bien à une compétence théorique qu'à une expertise pratique.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Médecine (Volonté, -3) : il s'agit d'un talent scientifique spécifique qui permet entre autres de regagner (&lt;abbr title="résultat des unités"&gt;RU&lt;/abbr&gt;/2) points de Force. Le nombre maximum de points récupérés (et la durée du soin) dépend du niveau du talent.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;table&gt;
&lt;thead&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;th&gt;Niveau&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;Durée&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;PF max.      récupérés&lt;/th&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 minute&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 heure&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;2&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 journée&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;4&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 heure&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;5&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 minute&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;3&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;td&gt;6&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;1 heure&lt;/td&gt;
&lt;td&gt;5&lt;/td&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Navigation (Perception, -3) : la navigation regroupe les compétences nécessaires pour se déplacer en mer, indépendamment du mode de transport employé. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; piloter un jet-ski, établir une trajectoire en bateau.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Pilotage (Précision, -4) : le pilotage correspond aux différentes facultés à faire voler des appareils aériens. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; faire décoller un avion, piloter un hélicoptère.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h3&gt;Physique :&lt;/h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Acrobatie (Agilité, -3) : ce talent regroupe les facultés à se mouvoir avec son corps. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; grimper un mur, garder son équilibre.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Athlétisme (Force, -1) : l'athlétisme recouvre la plupart des compétences sportives orientées sur la condition physique. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; nager en papillon, sprinter un 100m.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Intimidation (Force, -1) : l'intimidation correspond à la présence et la capacité à faire peur. Contrairement aux autres talents sociaux, cela se joue principalement au niveau de la carrure et de la démarche. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; racketter quelqu'un, effrayer un informateur.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Lancer (Force, -2) : ce talent regroupe la faculté à jeter des choses, notamment des armes de jet (y compris explosives). &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; jeter une grenade, marquer un panier à trois points.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Survie (Perception, -1) : la survie correspond à la capacité à se repérer et à se déplacer dans un milieu hostile. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; retrouver son chemin en forêt, faire un feu.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h3&gt;Bagarre :&lt;/h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Arme blanche (Agilité, -2) : le combat à l'arme blanche regroupe la plupart des armes de contact et leur entretien. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; donner des coups de matraque, affûter un sabre.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Arme à deux mains (Force, -2) : ce talent regroupe les armes de contact « lourdes » et leur entretien. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; frapper avec un marteau de guerre, réparer le manche d'une hallebarde.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Arme à feu (Perception, -2) : ce talent rassemble les armes à feu classiques et leur entretien. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; tirer au fusil de chasse, nettoyer un revolver.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Arme de trait (Perception, -4) : les armes de trait, quoiqu'un peu désuètes, sont encore appréciées par certains. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; tirer à l'arc, recharger une arbalète.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Arme lourde (Force, -3) : les armes lourdes correspondent à l'armement non-standard et souvent plutôt conçus pour des véhicules. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; tirer au lance-grenade, installer une mitrailleuse lourde.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Corps à corps (Agilité, -1) : le corps à corps correspond aux arts martiaux classiques et à la faculté de se battre à coups de pieds et de poings. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; faire une clé de bras, donner un coup de boule.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Esquive (Agilité, -1) : l'esquive permet d'éviter les coups ou autres périls en utilisant ses réflexes. &lt;em&gt;Exemples :&lt;/em&gt; éviter un coup de pied, se jeter hors du trajet d'une voiture.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h2&gt;Grand Jeu&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;INS/MV étant un « vieux » jeu, il y a beaucoup de connaissances d'univers qui peuvent couler de source quand on en a l'habitude mais qui, au contraire, ont tendance à dérouter les néophytes. Pour faciliter la découverte du monde d'INS/MV et des règles qui le régissent (fonctionnement des administrations, qui connaître, qui contacter, quelles sont les rumeurs du moment), j'introduis parfois un talent &lt;em&gt;Grand Jeu&lt;/em&gt; (Volonté, -6) qui fonctionne comme les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par défaut, toutes les créatures angéliques et démoniaques possèdent ce talent à 1 à leur création. Les humains &lt;em&gt;aware&lt;/em&gt; (membres de cultes païens, d'une loge de sorcellerie, d'une organisation psi, etc.) peuvent éventuellement avoir un point dans ce talent en fonction de leur expérience. Sans ce talent, il est a priori extrêmement difficile de savoir quoi que ce soit concernant le Grand Jeu mais pas impossible, pour peu que l'on soit un versé dans l'ésotérisme ou la théologie (d'où le malus de -6).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exemples d'utilisation :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Jean-Benoît l'Ange, après une mission affreusement ratée, doit se rendre aux services de Dominique pour recevoir son « débriefing ». Un jet réussi de Grand Jeu (&lt;abbr title="résultat des unités"&gt;RU&lt;/abbr&gt; de 4) lui permet de savoir qu'il risque de prendre une limitation. Mais il a entendu parler de gens plutôt sympas dans les services de Jean-Luc qui peuvent aider les Anges comme lui à réparer une boulette. Ouf.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Raymonde la Démone surveille une personne suspectée d'appartenir au camp d'en-face. Lors de sa filature, elle surprend une conversation évoquant les ordres d'un certain Marc. Un jet à peine réussi de Grand Jeu (&lt;abbr title="résultat des unités"&gt;RU&lt;/abbr&gt; de 1) lui permet de se souvenir qu'il y a bien un Archange nommé Marc.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;em&gt;Cynthia l'Ange au service de Laurent a repéré deux zombies dans une usine désaffectée. Elle se demande si elle peut les attaquer sans craindre de rompre le principe de discrétion. Un jet de Grand Jeu bien réussi (&lt;abbr title="résultat des unités"&gt;RU&lt;/abbr&gt; de 7) lui indique que les zombies sont suffisamment faibles et ne divisent pas les dégâts. En revanche, elle se souvient aussi avoir entendu dire que contrairement aux Démons, les morts-vivants laissent un corps derrière eux. Il va falloir être prudente.&lt;/em&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h2&gt;Bénédictions/malédictions&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les bénédictions sont désormais des pouvoirs automatiques. La durée de prière est réduite d'une journée entière à quelques heures. À l'exception du pouvoir « rajeunissement », l'Ange n'a pas besoin de voir son patient pendant la prière. Le coût du pouvoir passe à (8 - niveau) PP. Le résultat des unités dans la description du pouvoir est remplacé par le niveau du pouvoir. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les malédictions sont désormais des pouvoirs automatiques. Le résultat des unités dans la description du pouvoir est remplacé par le niveau du pouvoir. Le coût du pouvoir passe à (8 - niveau) PP.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise à jour du 18/05/2020&lt;/strong&gt; : ajout de la règle concernant le talent &lt;em&gt;Grand Jeu&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mise à jour du 04/06/2020&lt;/strong&gt; : ajout de la règle concernant la durée des tours de jeu.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;In Nomine Satanis/Magna Veritas, un jeu de rôles français un peu daté où l'on incarne des anges et des démons. Se référer à &lt;a href=""&gt;la fiche du jeu sur le Grog&lt;/a&gt; pour plus de détails, le reste de l'article n'est pas très intéressant si l'on ne connaît pas le jeu.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;Qui plus est, la &lt;abbr title="Table Unique Multiple"&gt;TUM&lt;/abbr&gt; du livre de base de la 3ème édition est bogué. Si, si ! Par exemple, prenez deux Anges avec 5 en Agilité. Le premier a Discrétion (1), la deuxième non. L'Ange &lt;strong&gt;avec&lt;/strong&gt; Discrétion fait son jet sous 24 tandis que l'Ange &lt;strong&gt;sans&lt;/strong&gt; fait son jet en Agilité en Très Difficile avec une colonne de malus... c'est-à-dire sous 41. En pratique, cela marche avec la plupart des talents niveau 1 pour lesquels on a leur caractéristique associée à 5, voire à 4 pour certains talents ou le malus est faible (une seule colonne).&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Jeux de rôle"></category><category term="jdr"></category><category term="ins/mv"></category></entry><entry><title>Déplomber un PDF verrouillé</title><link href="https://blog.altay.fr/deplomber-un-pdf.html" rel="alternate"></link><published>2020-04-17T16:15:00+02:00</published><updated>2020-04-17T16:15:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2020-04-17:/deplomber-un-pdf.html</id><summary type="html">&lt;h1&gt;Déplomber un PDF verrouillé&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Régulièrement, je reçois des fichiers au format PDF que j'ai ensuite besoin de modifier. C'est, le plus souvent, pour ajouter une signature (ce qui m'évite d'imprimer, de signer et de scanner ce qui est fastidieux et pas vraiment écologique, en plus de perdre le texte intégré …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;h1&gt;Déplomber un PDF verrouillé&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Régulièrement, je reçois des fichiers au format PDF que j'ai ensuite besoin de modifier. C'est, le plus souvent, pour ajouter une signature (ce qui m'évite d'imprimer, de signer et de scanner ce qui est fastidieux et pas vraiment écologique, en plus de perdre le texte intégré au document).
Parfois, il s'agit carrément d'éditer le PDF, par exemple pour ajouter (ou retirer) un &lt;em&gt;watermark&lt;/em&gt; &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; ou du texte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a des tas de façons d'éditer un PDF (Acrobat, LibreOffice Draw, Inkscape...) mais le problème qui se pose est de savoir que faire quand le fichier en question est verrouillé. En effet, certaines personnes, pour de bonnes ou mauvaises raisons, "sécurisent" leur PDF en les chiffrant et en les protégeant par mot de passe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois cela empêche même la lecture sans le mot de passe mais le plus souvent ce genre de protection sert surtout à éviter que l'on bricole le PDF pour le changer. Pas de bol, c'est exactement ce qu'on voudrait faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous sauver la mise, on peut s'appuyer sur deux logiciels bien pratiques : Ghostscript et pdftk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec Ghostscript, on va commencer par générer un PDF identique au fichier initial mais sans aucune protection :&lt;/p&gt;
&lt;div class="codehilite"&gt;&lt;pre&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;code&gt;&lt;span class="c1"&gt;# -q active le mode silencieux, car la sortie est écrite dans un fichier&lt;/span&gt;
&lt;span class="c1"&gt;# -sOutputFile spécifie le fichier PDF de sortie&lt;/span&gt;
&lt;span class="c1"&gt;# -dNOPAUSE traite toutes pages sans s&amp;#39;arrêter&lt;/span&gt;
&lt;span class="c1"&gt;# -dBATCH active le mode batch (plutôt que le mode interactif de ghostscript)&lt;/span&gt;
&lt;span class="c1"&gt;# -f correspond au fichier à déverrouiller&lt;/span&gt;
gs&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-q&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-dNOPAUSE&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-dBATCH&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-sDEVICE&lt;span class="o"&gt;=&lt;/span&gt;pdfwrite&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-sOutputFile&lt;span class="o"&gt;=&lt;/span&gt;unencrypted.pdf&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;-f&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;mon_fichier.pdf
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;

&lt;p&gt;Il est possible d'ajouter d'autres options de Ghostscript si l'on veut. Par exemple, Ghostscript peut optimiser les PDF pour différents media avec l'option &lt;code&gt;-dPDFSETTINGS=/printer&lt;/code&gt; ou &lt;code&gt;-dPDFSETTINGS=/ebook&lt;/code&gt;, ce qui permet de réduire la taille du fichier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois le fichier déverouillé, il est modifiable avec l'éditeur de son choix. Toutefois, dans mon cas je dois parfois retirer le &lt;em&gt;watermark&lt;/em&gt; de toutes les pages pour des PDF qui en contiennent plus d'une centaine. Ce n'est bien sûr pas faisable manuellement mais on peut s'en sortir autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je décompresse le PDF avec &lt;code&gt;pdftk&lt;/code&gt; pour obtenir ses sources :&lt;/p&gt;
&lt;div class="codehilite"&gt;&lt;pre&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;code&gt;pdftk&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;unencrypted.pdf&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;output&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;uncompressed.pdf&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;uncompress
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;

&lt;p&gt;Puis je modifie le fichier avec &lt;code&gt;vim&lt;/code&gt; ou n'importe quel éditeur de texte qui gère le chercher/remplacer. Une fois que j'ai fait la modification souhaitée, j'enregistre le fichier source puis je le recompresse :&lt;/p&gt;
&lt;div class="codehilite"&gt;&lt;pre&gt;&lt;span&gt;&lt;/span&gt;&lt;code&gt;pdftk&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;uncompressed.pdf&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;output&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;fichier_modifié.pdf&lt;span class="w"&gt; &lt;/span&gt;compress
&lt;/code&gt;&lt;/pre&gt;&lt;/div&gt;

&lt;p&gt;Magie, j'ai maintenant un fichier PDF déverrouillé, sans mot de passe et modifié comme je l'entends.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour me simplifier la vie, j'en ai fait un court &lt;a href="https://gist.github.com/DrAltay/858e504ffd64f9318df2a7c15a22e879"&gt;script bash&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;ou tatouage numérique en français mais je ne connais personne qui utilise cette locution. En gros, c'est une image qui apparaît en filigrane sur le document (par exemple, &lt;em&gt;SPECIMEN&lt;/em&gt; sur des illustrations de billets de banque).&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Informatique"></category><category term="informatique"></category><category term="pdf"></category><category term="sécurité"></category></entry><entry><title>Critique de jeu - Brütal Legend</title><link href="https://blog.altay.fr/critique-brutal-legend.html" rel="alternate"></link><published>2019-11-10T00:00:00+01:00</published><updated>2019-11-10T00:00:00+01:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2019-11-10:/critique-brutal-legend.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brütal Legend&lt;/strong&gt; a mal vieilli. C'est ce que je me suis dit quand j'y ai joué. La bande-son est bien sûr de très bonne qualité pour peu que l'on aime le hard rock et la direction artistique a un certain charme. Double Fine a su donner un style 80s assez …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Brütal Legend&lt;/strong&gt; a mal vieilli. C'est ce que je me suis dit quand j'y ai joué. La bande-son est bien sûr de très bonne qualité pour peu que l'on aime le hard rock et la direction artistique a un certain charme. Double Fine a su donner un style 80s assez unique en son genre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le problème c'est que tout le reste est moyen. Brütal Legend n'est pas un bon jeu de baston. La lisibilité des combats est mauvaise : la plupart du temps, on enchaîne les coups sans trop comprendre si ce qu'on fait impacte les ennemis.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;For those about to play&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Brütal Legend n'est pas un bon jeu tactique. La stratégie se résume à capturer des points de contrôles et produire/déplacer des masses de troupes d'un côté à l'autre de la carte sans beaucoup de réflexion. La plupart des batailles se gagnent assez facilement avec une tactique basique : le rush. Pas de quoi fouetter un chat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brütal Legend ne raconte pas une bonne histoire. C'est une énième resucée du héros fort et beau, un élu qui va libérer cet univers parallèle de l'oppression. Les dialogues n'ont rien d'exceptionnel et surtout... que c'est beauf. Les clichés sont omniprésents : les sbires masculins sont des montagnes de muscles bas du front, les sous-fifres féminins des canons de beauté sans cervelle. Les seconds couteaux s'en sortent légèrement mieux (ils ne sont pas complètement décérébrés) mais on reste dans le virilisme classique à la Manowar. Bof.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brütal Legend n'a pas un monde intéressant. Certes, le monde ouvert propose des petites bricoles à collectionner mais concrètement on n'y fait pas grand chose. Les décors sont vides et peu inspirés.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;We salute you&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En fin de compte, Brütal Legend n'est pas un jeu qui exploite son thème. Malgré les clins d'œil et une ambiance à la Tenacious D, la musique n'a qu'une importance marginale dans le jeu. Elle n'est qu'un prétexte pour justifier une direction artistique vieillotte et la bande-son qui claque. On écoute la musique pendant les batailles et dans la voiture. Mais elle n'influe pas sur le gameplay et le gameplay n'influe pas sur elle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, Brütal Legend m'aurait plu à 15 ans. Aujourd'hui, force est de constater que ce n'est pas le jeu qui a vieilli. C'est moi.&lt;/p&gt;</content><category term="Jeux vidéo"></category><category term="jeux vidéo"></category><category term="critique"></category></entry><entry><title>Nanarologie - Karate contra Mafia</title><link href="https://blog.altay.fr/nanarologie-karate-contra-mafia.html" rel="alternate"></link><published>2019-09-22T00:00:00+02:00</published><updated>2019-09-22T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2019-09-22:/nanarologie-karate-contra-mafia.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karate contra mafia&lt;/strong&gt; est un petit joyau méconnu dans le monde des nanars d'arts martiaux. Le scénario est d'une simplicité terrifiante (un jeune karateka est embrigadé malgré lui dans un trafic de diamant et va bagarrer des criminels pour prouver son innocence) mais le décorum en fait un objet de …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karate contra mafia&lt;/strong&gt; est un petit joyau méconnu dans le monde des nanars d'arts martiaux. Le scénario est d'une simplicité terrifiante (un jeune karateka est embrigadé malgré lui dans un trafic de diamant et va bagarrer des criminels pour prouver son innocence) mais le décorum en fait un objet de cinéma tout à fait spécial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tourné avec un budget lilliputien, le film regorge de détails hilarants dus notamment au fait qu'il soit tourné à l'arrache sur les îles Canaries et que l'action est supposée se déroulée à Hong-Kong. Les acteurs sont des marins chinois recrutés au dernier moment sur un cargo de passage, les voitures ont toutes la même plaque minéralogique, les déguisements viennent de la Foir'fouille et les sbires du méchant sont tous cagoulés pour dissimuler le fait que ce sont des karatékas espagnols.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ramon Saldias admet sans problème avoir tourné avec les moyens du bord et son ingéniosité est remarquable. À défaut de savoir-faire, il y a une volonté de bien faire (ou plutôt une volonté de faire suffisamment bien pour se mettre un peu de blé de côté).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les combats sont nuls, la caméra se balade partout sans savoir quoi faire, les courses poursuites sont d'une lenteur rarement égalée (mais sauvées par une musique entraînante à défaut d'être de qualité), bref, Karaté contre mafia c'est 1h20 de bonheur. Si vous avez la chance d'en trouver une version sous-titrée ou si vous parlez espagnol, jetez-vous sur la perle ibérique des films d'arts martiaux hong-kongais.&lt;/p&gt;</content><category term="Média"></category><category term="critique"></category><category term="film"></category><category term="nanar"></category></entry><entry><title>Nanarologie - Le Clandestin</title><link href="https://blog.altay.fr/nanarologie-le-clandestin.html" rel="alternate"></link><published>2019-09-22T00:00:00+02:00</published><updated>2019-09-22T00:00:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2019-09-22:/nanarologie-le-clandestin.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Clandestin&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Uninvited&lt;/em&gt; en version originale) est un nanar de type &lt;em&gt;slasher&lt;/em&gt;, réalisé par Greydon Clark dans les règles de l'art. C'est tellement « bien » fait qu'il n'y a finalement pas grand chose à en dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le synopsis tient en une demi-phrase : chat mutant massacre yacht. Ok, élaborons. Un chat subit …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Clandestin&lt;/strong&gt; (&lt;em&gt;Uninvited&lt;/em&gt; en version originale) est un nanar de type &lt;em&gt;slasher&lt;/em&gt;, réalisé par Greydon Clark dans les règles de l'art. C'est tellement « bien » fait qu'il n'y a finalement pas grand chose à en dire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le synopsis tient en une demi-phrase : chat mutant massacre yacht. Ok, élaborons. Un chat subit une mutation dans un laboratoire de génétique, s'échappe et se retrouve par un concours de circonstances sur un yacht appartenant à un entrepeneur malhonnête qui veut filer aux Caraïbes avant que le fisc ne vienne trop fouiller dans ses affaires. Il emmène avec lui cinq jeunes en plein Spring Break comme équipage, la capitaine et ses deux partenaire d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Forcément, le chat mutant est plutôt agressif. Ou pour être exact, il est agressif avec ceux qui l'emmerdent et, un par un, chacun va lui donner de quoi se vexer. Et quand je dis vexer, c'est limite s'ils ne se font pas bouffer pour lui avoir marché sur la queue ou simplement ouvert la porte du placard dans lequel il se planque. Vénère pomme de terre ce félin clandestin. Oh, et sa mutation le rend par ailleurs venimeux, c'est comme ça, c'est cadeau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est sur du grand classique de l'épouvante en huis-clos, les personnages féminins sont là pour aguicher le spectateur mâle hétérosexuel (les couples se forment très vite), le monstre est moche mais la marionnette donne un cachet un peu désuet &lt;sup id="fnref:1"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:1"&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt; aux effets spéciaux et les acteurs font au plus simple &lt;sup id="fnref:2"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:2"&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;. Les dialogues sont assez déglingués en VF, avec des expressions qui ne veulent rien dire comme "la chasse, c'est la chasse".&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;À noter que la distribution n'a rien de honteuse puisqu'on retrouve George Kennedy (Airport, Mort sur le Nil, Y a-t-il un flic...), Alex Cord (Supercopter) ou encore Shari Shattuck (Terrain Miné &lt;sup id="fnref:3"&gt;&lt;a class="footnote-ref" href="#fn:3"&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/sup&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, on est sur un honnête nanar, la réalisation fait le minimum syndical mais le scénario, les dialogues, les effets spéciaux et les acteurs sont suffisamment en roue libre pour que chacun y trouve son petit plaisir.&lt;/p&gt;
&lt;div class="footnote"&gt;
&lt;hr&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li id="fn:1"&gt;
&lt;p&gt;euphémisme sponsorisé par le Grand Concours des Euphémismes Français.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:1" title="Jump back to footnote 1 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:2"&gt;
&lt;p&gt;c'est pas qu'ils ne jouent pas, c'est qu'ils jouent à la mesure de ce qu'ils sont payés.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:2" title="Jump back to footnote 2 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li id="fn:3"&gt;
&lt;p&gt;oui, bon, ça arrive à tout le monde d'avoir un film un peu moins bien sur son CV.&amp;#160;&lt;a class="footnote-backref" href="#fnref:3" title="Jump back to footnote 3 in the text"&gt;&amp;#8617;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;/div&gt;</content><category term="Média"></category><category term="critique"></category><category term="film"></category><category term="nanar"></category></entry><entry><title>Clés et pièces - Le jeu de rôles pour jouer à Fort Boyard</title><link href="https://blog.altay.fr/cles-et-pieces.html" rel="alternate"></link><published>2019-08-16T00:54:00+02:00</published><updated>2019-08-16T00:54:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2019-08-16:/cles-et-pieces.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;En regardant la rédaction du magazine &lt;a href="http://www.canardpc.com"&gt;CanardPC&lt;/a&gt; jouer au jeu vidéo Fort Boyard, je me suis fait la réflexion que l'émission se prêterait bien à une adaptation en jeu de rôles. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard car Jacques Antoine, le concepteur du jeu télévisé, dit s'être &lt;a href="https://youtu.be/TRdXyrhjbrs?t=40"&gt;inspiré de Donjons …&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;En regardant la rédaction du magazine &lt;a href="http://www.canardpc.com"&gt;CanardPC&lt;/a&gt; jouer au jeu vidéo Fort Boyard, je me suis fait la réflexion que l'émission se prêterait bien à une adaptation en jeu de rôles. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard car Jacques Antoine, le concepteur du jeu télévisé, dit s'être &lt;a href="https://youtu.be/TRdXyrhjbrs?t=40"&gt;inspiré de Donjons &amp;amp; Dragons&lt;/a&gt; pour Fort Boyard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai commencé à griffonner quelques idées sur un bout de papier puis au bout de quelques jours, une ébauche a fini par émerger de mon cerveau en ébullition. Je vous propose donc Clés &amp;amp; Pièces, le premier (et à ma connaissance seul) jeu de rôles non-officiel pour jouer à Fort Boyard sur la terrasse pendant l'apéro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme dans l'émission, le principe consiste à réunir des clés et des indices pour ouvrir la porte qui mène au trésor. Sauf que, pour ne pas trop se fatiguer, les épreuves sont jouées à coups de dé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pouvez également trouver le jeu sur &lt;a href="http://troplongpaslu.fr/jeux-de-role-court/cles-et-pieces/"&gt;TropLongPasLu.fr&lt;/a&gt;, le site dédié aux jeux de rôles en moins de 10 pages.&lt;/p&gt;</content><category term="Jeux de rôle"></category><category term="jdr"></category><category term="fort boyard"></category><category term="création"></category></entry><entry><title>RPG a Day 2018</title><link href="https://blog.altay.fr/rpg-a-day-2018.html" rel="alternate"></link><published>2018-09-24T21:33:00+02:00</published><updated>2018-09-24T21:33:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2018-09-24:/rpg-a-day-2018.html</id><summary type="html">&lt;h1&gt;RPGaDay2018&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;La version 2018 du questionnaire pour discuter jeux de rôles au coin du feu.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Quoi&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;1. Qu'est-ce que tu aimes le plus dans le jeu de rôles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Raconter des histoires cools et en inventer.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;2. Que recherches-tu dans un jeu de rôles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Principalement un cadre de jeu, ou au …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;h1&gt;RPGaDay2018&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;La version 2018 du questionnaire pour discuter jeux de rôles au coin du feu.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Quoi&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;1. Qu'est-ce que tu aimes le plus dans le jeu de rôles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Raconter des histoires cools et en inventer.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;2. Que recherches-tu dans un jeu de rôles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Principalement un cadre de jeu, ou au moins des accroches qui stimulent l'imagination. J'aime bien les aspects mécaniques, mais au fond c'est vraiment pas l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;3. Dans un jeu, quel élément te fait y accrocher sur la durée ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La raison pour laquelle je continue à refaire jouer aux mêmes jeux, c'est parce que j'y ai encore des idées. La plupart du temps, ça tient juste à "la partie précédente était cool et j'ai une nouvelle idée donc on rempile".&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;4. Quel est ton PNJ le plus mémorable ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les miens, il faudrait demander aux joueurs, mais alors dans ceux des autres, il y en a un paquet. Celui auquel je repense souvent, c'est Monseigneur Léonard, qui gère les affaires angéliques dans notre Bruxelles version INS/MV. Concrètement, c'est un énorme pourri qui couvre les pires affaires, notamment en traficotant avec Ceux-d'en-bas, et à qui on a fini par planter un énorme couteau dans le dos en lui collant les services de Dominique aux fesses. Souvenirs, souvenirs.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;5. Quel est ton PNJ récurrent préféré ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce gars qui crève les pneus de la voiture de flics des joueurs dans COPS quand ils la garent dans un quartier craignos sans surveillance. Il s'est encore jamais fait gauler sur aucune de mes tables, mais ça finira bien par arriver.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Comment&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;6. Comment les joueurs peuvent-ils rendre le monde plus réel ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En ajoutant leur grain de sel, surtout quand c'est juste pour le plaisir de la décoration. Ta joueuse qui te décrit le rade miteux dans lequel le groupe vient d'entrer parce que "ah bah oui, c'est le bar de routier où mon perso allait otut le temps, rien n'a changé même pas le jukebox et ses chansons des années 80", c'est nettement plus intéressant que quand c'est moi.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;7. Comment le meneur peut-il rendre les enjeux plus importants ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Y a pas 15 000 solutions : faut que ça devienne personnel. Sauver le monde, c'est du pipi de chat à côté de &lt;a href="https://www.imdb.com/title/tt2911666/?ref_=fn_al_tt_1"&gt;venger la mort de ton chien&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;8. Comment donner envie à d'autres personnes de faire du jeu de rôles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En montrant que c'est pas seulement un passe-temps qui nécessite 12h de préparation et la lecture d'un pavé de 500 pages. En réalité, la plupart des gens sont curieux et seraient intéressés pour en faire, mais les premières expériences (à D&amp;amp;D notamment, hum hum) se résument trop souvent à : "On a passé 3h à créer des persos et finalement on n'a rien fait".&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis, jouez à autre chose. Les soirées enquête, ça marche du tonnerre.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;9. Comment est-ce qu'un jeu a réussi à te surprendre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis souvent plus surpris par les joueurs que par les jeux, pour être honnête.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;10. Comment est ce que le jeu de rôles t'a changé ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai pris le pli de : parler en public, improviser, dire des bêtises et maintenir l'attention sur moi.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;11. Le nom de personnage-joueur le plus délirant ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;À 3:16 Carnage dans les étoiles, j'ai joué un soldat du nom de Buddh-A. Aucun rapport avec l'éveillé, c'est simplement &lt;a href="https://www.urbandictionary.com/define.php?term=BuddaBudda"&gt;le bruit de sa mitrailleuse lourde&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;12. Le concept de personnage le plus fou ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pas un concept individuel, mais un délire collectif. Sur une partie de &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/heavy-metal"&gt;Heavy Metal&lt;/a&gt; (enfin, un début avorté de campagne), mes joueurs ont créé un... culte d'adorateurs et de collectionneurs de &lt;em&gt;panneaux de signalisation&lt;/em&gt;, centré sur un androïde qui refusait à tout prix d'être leur chef. Ils sortaient la nuit pour piller les alentours de Melun et accumulaient leur trésor dans un entrepôt abandonné. Voilà, voilà.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Décris&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;13. Comment ton style de jeu a évolué&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis passé de fonctionnel et efficace à décousu et improvisé. Je ne prévois plus tellement la progression de mes personnages (et ça ne m'intéresse plus outre-mesure) et j'ai tendance maintenant à me laisser une large marge de manoeuvre pour adapter les scénarios en partie. Et en tant que joueur, je fais prendre à mes personnages des décisions qui les mettent volontairement dans la panade (en impliquant les collègues si possible) quand je trouve ça intéressant que ça dégénère.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;14. Un échec qui est devenu génial&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur ma campagne de &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/knight"&gt;Knight&lt;/a&gt;, un des PJ est fortement affecté par l'Anathème. Alors que le groupe longe une gigantesque tache de ténèbres, ledit PJ ressent un appel profond l'enjoignant à entrer dans l'obscurité. Ce qu'il fait. Le problème, c'est que la tache est au beau milieu du désert. Et il détourne donc l'attention de ses petits camarades avec un bon vieux "eh dites donc, regardez-voir là-bas c'est pas Roger ?". Ils ont tous regardé et ont &lt;em&gt;tous&lt;/em&gt; échoué à s'apercevoir que leur pote était pendant ce temps en train de sprinter comme un dératé pour se jeter dans les ténèbres. Il leur a fallu bien des peines pour aller le chercher, le retrouver et en ressortir en vie. Et c'était pas exactement comme ça que j'avais prévu de finir le scénario.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;15. Une expérience de jeu délicate mais plaisante&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai organisé des soirées enquête avec des personnages supposément amoureux ou en relation de couple avec des joueurs qui ne le sont pas. Déjà que c'est compliqué sur table, en grandeur nature c'est pas piqué de hannetons et croyiez-moi que j'ai un peu sué des aisselles quand j'ai expliqué ça aux joueurs. Mais ils l'ont tous bien pris, ont intégré ça dans leur jeu d'acteur et ça s'est passé comme sur des roulettes.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;16. Tes projets pour ta prochaine partie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme certains de mes joueurs me lisent, je ne vais pas évoquer ma prochaine partie de Knight. La prochaine partie que j'aimerais bien faire, c'est avec un groupe de débutants et je pense leur faire jouer quelque chose de cool et décontracté, peut-être dans la gamme Chibi pour une prise en main facile (et pour respecter ma réponse à la question 8).&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;17. Le meilleur compliment que l'on t'a fait pendant une partie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;"On en refait quand ?", avec une table de débutants qui jouaient pour la première ou la deuxième fois.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;18. Quels visuels t'inspirent en jeu ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je me balade allègrement sur DeviantArt et compagnie pour trouver des illustrations. J'aime bien les illustrations d'&lt;a href="http://wwww.andyfisherart.com"&gt;Andy Fisher&lt;/a&gt; et de &lt;a href="http://www.simonstalenhag.se"&gt;Simon Stalenhag&lt;/a&gt;, mais c'est vraiment loin d'être exhaustif.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;19. Quelles musiques subliment tes parties ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je mets plutôt des musiques d'ambiance, soit des musiques épiques de films (qui sont assez génériques), soit des bandes sonores de jeux vidéo (parce qu'elles ne déconcentrent pas trop). Dans l'absolu, c'est vraiment du bonus et rarement incontournable chez moi.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Lequel&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;20. Quelle mécanique de jeu t'inspire le plus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai un petit faible pour la mécanique de &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/wushu/wushu-fr"&gt;Wushu&lt;/a&gt; qui permet d'octroyer des dés bonus aux joueurs quand ils décrivent comment ils agissent. Le jeu devient plutôt descriptif mais ça incite la table à s'investir dans la narration et pour de l'action soutenue ça marche vraiment bien.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;21. Quel système de jeu à dés te plaît le plus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En dépit de sa table unique multiple déséquilibrée (les mauvaises langues diront complètement pétée), j'aime bien le système 1d666 de &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/in-nomine-satanis-magna-veritas"&gt;INS/MV&lt;/a&gt;. C'est plutôt simple à comprendre et ça fait le taf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le système de &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/knight"&gt;Knight&lt;/a&gt; me plaît bien aussi principalement parce que le système de combo force les joueurs à expliquer comment ils réalisent leur action ("tu veux utiliser Technique + Parole pour ouvrir cette serrure ? Ok va me faire des détails là"). Et le système est vraiment basique : des dés six, les succès sur les pairs et les échecs sur les impairs.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;22. Quel système de jeu sans dés te plaît le plus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pff. J'ai dû me gratter un peu la tête avant de trouver une réponse, mais je crois que celui qui m'a paru le plus intéressant c'était &lt;a href="http://www.shamazam.net/blog/nos-jeux-de-roles/aux-marches-du-pouvoir/"&gt;Aux Marches du Pouvoir&lt;/a&gt; avec son système de dominos. Mais au bout du compte, c'est plus l'aspect narratif/compétitif du jeu qui m'a marqué.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;23. À quel jeu espères-tu rejouer ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Au &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/livre-des-cinq-anneaux"&gt;Livre des Cinq Anneaux&lt;/a&gt;. J'y peux rien, j'adore ce jeu malgré l'univers pouet-pouet et tous ces figurants super classes, tellement que tes PJ se demandent ce qu'ils foutent là, et le système à "lance 312 dés et gardes-en 127". Fiche quoi, vu la dose de contradictions dans les personnages (le Bushido &lt;em&gt;et&lt;/em&gt; la politique &lt;em&gt;et&lt;/em&gt; l'envie d'exister sur le plan individuel ?), la léthalité des bastons et l'invraisemblable quantité d'intrigues à tous les niveaux, je pourrais y jouer des années sans me lasser. Et je trouve jamais personne pour en faire !&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;24. Quel jeu mériterait d'être plus reconnu ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Pas un jeu spécifique mais un type de jeu : les gens ne font pas assez de soirées enquête. Celles que je vois s'organiser (ou que j'organise moi-même) ont toujours un succès diabolique, mais c'est la croix et la bannière pour en trouver des nouvelles. C'est juste pas très répandu et c'est bien dommage.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;25. Quel jeu t'a marqué l'année passée ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai commencé à jouer sur la campagne Extrême-Orion de Sébastien Delfino avec le système Mecha de Chris Perrin, donc voilà c'est le principal changement pour cette année. Je suis encore un peu dubitatif sur le système mais on se laisse porter par le courant et on verra bien où tout cela nous fait atterrir.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;26. Quelles sont tes attentes de jeu pour l'année prochaine ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jouer et faire jouer. Ne mettons pas la barre trop haute.&lt;/p&gt;
&lt;h2&gt;Partage&lt;/h2&gt;
&lt;h3&gt;27. Ta meilleure partie de jeu de rôles filmée&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Meh. Je n'en regarde quasiment pas et les rares que je regarde suffisent rarement à m'accrocher, je finis souvent par m'en désintéresser et faire autre chose à côté. &lt;a href="https://en.wikipedia.org/wiki/HarmonQuest"&gt;HarmonQuest&lt;/a&gt; est une série sympathique mais surtout parce que j'ai beaucoup de sympathie pour Spencer Crittenden, qui y officie comme maître du donjon, et pour certains des invités.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;28. Une personne dont le talent pour le jeu de rôles t'a inspiré&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;a href="http://mementoludi.net/index.php/category/carnets-ludographiques/"&gt;Carnets Ludographiques&lt;/a&gt; ont beaucoup changé ma façon d'envisager le jeu de rôles et j'apprécie vraiment quasiment tout ce que fait leur auteur, &lt;a href="http://mementoludi.net"&gt;Sébastien Delfino&lt;/a&gt;. &lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;29. Une amitié que tu as créé à cause du jeu de rôles&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai rencontré pas mal de gens en club, et j'ai beaucoup rôlé avec initialement des connaissances qui sont devenus des amis (pas forcément uniquement à cause du jeu de rôles, mais entre autres). Voilà, c'était super informatif.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;30. Quelque chose que tu as appris à propos de jouer ton personnage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les secrets c'est génial &lt;em&gt;quand les autres les connaissent&lt;/em&gt;. Aucun historique, aucun passé, si détaillé soit-il, n'est intéressant tant que les seules personnes au courant sont toi et ton MJ. Surtout que dans la plupart des cas, ton MJ ne s'en souvient pas.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;31. Pourquoi tu participes à RPGaDay&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Parce que ça me permet de produire un article supplémentaire sur ce blog sans avoir trop à réfléchir à un sujet.&lt;/p&gt;</content><category term="Jeux de rôle"></category><category term="jdr"></category><category term="quizz"></category></entry><entry><title>RPG a Day 2017</title><link href="https://blog.altay.fr/rpg-a-day-2017.html" rel="alternate"></link><published>2017-10-25T15:05:00+02:00</published><updated>2017-10-25T15:05:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2017-10-25:/rpg-a-day-2017.html</id><summary type="html">&lt;h1&gt;RPGaDay2017&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Un petit questionnaire pour parler de jeux de rôles, en tout bien tout honneur.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;1. À quel jeu de rôles déjà publié aimerais-tu jouer là, tout de suite ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ça dépend de la définition qu'on a de "publié". Si ça inclue les bricolages amateurs, plutôt &lt;a href="https://drive.google.com/file/d/0B7DcYw2Lz0ZFc0J6MTNfaEhReTQ/edit?pli=1"&gt;Fate of Eleusis&lt;/a&gt; où on …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;h1&gt;RPGaDay2017&lt;/h1&gt;
&lt;p&gt;Un petit questionnaire pour parler de jeux de rôles, en tout bien tout honneur.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;1. À quel jeu de rôles déjà publié aimerais-tu jouer là, tout de suite ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ça dépend de la définition qu'on a de "publié". Si ça inclue les bricolages amateurs, plutôt &lt;a href="https://drive.google.com/file/d/0B7DcYw2Lz0ZFc0J6MTNfaEhReTQ/edit?pli=1"&gt;Fate of Eleusis&lt;/a&gt; où on jouerait des escrocs et des pourris sur la Côte d'Azur. Si on se restreint aux jeux publiés par un éditeur, je dirais &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/livre-des-cinq-anneaux"&gt;Le Livre des Cinq Anneaux&lt;/a&gt;, je suis toujours motivé pour jouer un bushi Kakita duelliste minimaxé au possible.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;2. Quel jeu de rôles aimerais-tu voir publié ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'ai déjà tellement de jeux à lire... Mais ce que j'aimerais, c'est voir de nouvelles soirées enquête. Il n'y en a quasiment plus qui paraîssent et c'est bien dommage.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;3. Comment te tiens-tu au courant des nouveautés rôlistes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis le flux RSS du &lt;a href="http://www.legrog.org"&gt;Grog&lt;/a&gt; et de quelques acteurs du milieu qui tiennent un blog, mais sinon, c'est surtout le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux qui m'amènent les actualités.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;4. À quel jeu de rôles as-tu le plus joué durant l'année passée ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Vu que je tiens depuis à peu près un an une partie hebdomadaire de &lt;a href="http://editionsorygins.org/"&gt;Knight&lt;/a&gt;, le jeu de rôle de chevaliers arthuriens en méta-amures, je pense que c'est ça. Et j'en suis très content d'ailleurs, j'apprécie beaucoup ce jeu, aussi bien l'univers que le système.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;5. Quelle couverture de jeu de rôles représente le mieux l'essence du jeu ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si maintenant il faut que je me rappelle de toutes les couvertures des bouquins... J'aime bien celle de &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/methode-du-docteur-chestel/methode-du-docteur-chestel-fr"&gt;La Méthode du Docteur Chestel&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;6. Tu peux jouer tous les jours pendant une semaine. Qu'est-ce que tu fais ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Soit on teste plein de trucs dans un pot-pourri de jeux divers et variés, soit on se fait une petite campagne sur un jeu rigolo type &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/3-16-carnage-dans-les-etoiles/3-16-carnage-dans-les-etoiles-fr"&gt;3:16&lt;/a&gt; ou &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/dragon-de-poche/dragon-de-poche-2-2eme-ed-fr"&gt;Dragon de Poche ²&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;7. Quelle est la partie qui a eu le plus d'effet sur toi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bêtement, je dirais la première, puisque c'est celle qui m'a initié à ce loisir. Sinon, j'avais fait une partie en convention sur du Pathfinder avec une apocalypse imminente, dans lequel les personnages étaient très puissants mais le scénario consistait en une enquête extrêmement difficile. On a eu l'impression de ne pas avancer alors qu'on a pourtant joué plusieurs heures. À la fin, le MJ a fini par admettre qu'aucun groupe n'était allé aussi loin que nous et qu'on était presque au bout, alors qu'on n'avait vraiment plus aucune idée de quoi faire. Il a également reconnu que c'était un scénario hyper difficile et quasiment impossible à résoudre. Cette expérience m'a clairement montér deux choses : 1) j'étais content que mon perso, malgré son échec, ait failli réussir, 2) je ne vois pas l'intérêt de filer un scénario d'enquête à ses joueurs s'ils n'ont pas les cartes en main pour arriver au bout.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;8. Quel jeu de rôles recommandes-tu pour une partie de moins de 2 heures ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;N'importe quel jeu de rôles où la création de personnage se fait en moins de 5 minutes. &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux-amateurs/lady-blackbird"&gt;Lady Blackbird&lt;/a&gt; ça marche bien.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;9. Quel jeu de rôles recommandes-tu pour jouer une dizaine de parties ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur une petite campagne, y a des tas de jeux qui font l'affaire. Ça me botterait bien de faire de &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/appel-de-cthulhu"&gt;L'Appel de Cthulhu&lt;/a&gt; sur cette durée.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;10. Où trouves-tu des critiques de jeux de rôles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur &lt;a href="http://www.legrog.org"&gt;Le Grog&lt;/a&gt;, chez les copains et occasionnellement sur le forum de &lt;a href="https://www.casusno.fr/"&gt;CasusNo&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;11. Quel jeu "mort" aimerais-tu voir renaître ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ben, j'ai fait jouer du &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/cendres"&gt;Cendres&lt;/a&gt; récemment et c'est plutôt cool, si on omet le système assez vieillot. Vu que j'aimerais bien en avoir plus à me mettre sous la dent concernant l'univers, je crois que c'est ma réponse.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;12. Quel jeu de rôles a les illustrations les plus inspirantes ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Celles de &lt;a href="http://editionsorygins.org/"&gt;Knight&lt;/a&gt; me donnent toujours pas mal d'idées.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;13. Décris une expérience de jeu qui a changé ta façon de jouer.&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Quand on a collectivement arrêté un partie (que je maîtrisais) parce qu'on commençait à fatiguer et que la partie ne nous intéressait pas assez pour qu'on continue. Après ça, j'ai commencé à sérieusement m'intéresser aux mécanismes ludiques pour faire des parties intéressantes avec des vrais enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;14. Quel jeu de rôles est-ce que tu préfères pour une campagne sans fin définie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/cops"&gt;COPS&lt;/a&gt; avec un bon générateur d'enquêtes. &lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;15. Sur quel jeu de rôles est-ce que tu apprécies le plus faire des modifications ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Difficile à dire, j'ai pas bricolé tant de jeux que ça. On va dire &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/dk-system/dk-2eme-ed-fr"&gt;dk²&lt;/a&gt;, mais c'est plus parce que c'est le système vers lequel je me rabats quand un jeu arrive avec un système pourri à la mords-moi-le-noeud.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;16. Quel jeu de rôles apprécies-tu le plus jouer tel quel ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;À peu près tous, je me contente souvent du système qui est conçu pour le jeu.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;17. Quel est le jeu de rôles que tu possèdes depuis le plus longtemps sans y avoir joué ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'à récemment, &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/cendres"&gt;Cendres&lt;/a&gt;, que je traînais dans mes cartons depuis 2010. Maintenant, il faudrait que je vérifie, mais je crois que c'est &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/in-nomine-satanis-magna-veritas/generation-perdue/in-nomine-satanis-magna-veritas-generation-perdue-cinquieme-ed-fr"&gt;INS/MV Génération Perdue&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;18. À quel jeu de rôles est-ce que tu as le plus joué dans ta vie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Difficile à dire, mais vu que j'ai tourné sur deux grosses campagnes &lt;a href="http://www.regles-donjons-dragons.com/index.html"&gt;Donjons &amp;amp; Dragons 3.5&lt;/a&gt;, c'est sûrement sur ce vénérable jeu que j'ai passé le plus de temps.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;19. Quel est le jeu de rôles le mieux écrit ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le problème c'est que les jeux de rôles sont souvent très inégaux en terme d'écriture. Si on se borne à l'univers le mieux construit et avec les problématiques les plus intéressantes, sûrement &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/eclipse-phase/eclipse-phase-fr"&gt;Eclipse Phase&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;20. Quelle est la meilleure source pour trouver des jeux de rôles qui ne sont plus édités ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les sites et forums d'occasion et bien souvent, les PDF pas très très légaux sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;21. Quel jeu de rôles en fait le plus avec le moins de mots ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lady Blackbird fait assez fort de ce côté là je trouve. 12 pages, dont la moitié pour les fiches de personnage pour une session complète de fun en improvisation.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;22. Quels sont les jeux de rôles les plus faciles à maîtriser pour toi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je commence à avoir une bonne habitude du système et de l'univers d'&lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/in-nomine-satanis-magna-veritas"&gt;INS/MV&lt;/a&gt; sous sa 3ème édition. C'est de manière générale plutôt simple, tu colles les joueurs quelque part en leur donnant une bonne raison d'aller titiller le camp d'en face et tu attends.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;23. Quel jeu de rôles a la mise en page la plus impressionnante ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Aucune idée, j'ai pas vraiment l'oeil pour ça.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;24. Quel éditeur en "payez-ce-que-vous-voulez" devrait faire payer plus ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;¯\_(ツ)_/¯&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;25. Quelle est la meilleure façon de remercier son maître du jeu ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Dire "merci" et faire des retours sur la partie. C'est assez dur quand on est MJ de jauger ce qui a plu et ce qui a ennuyé un joueur, donc je sais que j'apprécie les commentaires pour mieux doser les parties suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;26. Quel jeu de rôles possède les meilleures ressources ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;De ce que j'en ai vu, &lt;a href="http://www.legrog.org/jeux/dragon-de-poche/dragon-de-poche-2-2eme-ed-fr"&gt;Dragon de Poche ²&lt;/a&gt; a un tas de chouettes tables et de questionnaires pour tout un tas de trucs, mais c'est de ce que j'ai compris le cas de toute la gamme Chibi.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;27. Quels sont tes outils essentiels pour une bonne partie ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;IRL, des dés, des crayons et de quoi prendre des notes, si possible avec des snacks pour garder la pêche. En ligne, un bon casque avec micro (sans-fil, pour pouvoir continuer à écouter en vadrouillant dans la baraque) et une connexion qui déconne pas trop.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;28. Quels films et séries sont les principales sources de citation de ton groupe de joueurs ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La Cité de la Peur et Kaamelott sont clairement en tête, suivis de Reflets d'Acide et Donjon de Naheulbeuk. Cela dit, on s'impose plus ou moins de se détendre dessus quand ça pète l'ambiance du jeu.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;29. Quel jeu de rôles en financement participatif auquel tu as participé a eu le meilleur suivi ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ah. Ben vu que j'ai financé qu'un seul jeu et qu'il a pas eu un suivi fou non plus (INS/MV Génération Perdue), je peux pas tellement répondre.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;30. Quel mélange de genres souhaiterais-tu voir en jeux de rôles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je trouve qu'on n'a pas assez de jeux pour jouer des crapules contemporaines, le genre de Balkany ou de Shkreli sans scrupule qui magouille sans complexe avec un large réseau d'influence.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;31. Qu'est-ce que tu attends le plus pour l'année 2018 en termes de jeux de rôles ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Que ça continue à être aussi cool. J'aime bien quand des jeux sortent et me prennent par surprise.&lt;/p&gt;</content><category term="Jeux de rôle"></category><category term="jdr"></category><category term="quizz"></category></entry><entry><title>Video Game Quizz 2017</title><link href="https://blog.altay.fr/video-game-quizz-2017.html" rel="alternate"></link><published>2017-07-17T13:05:00+02:00</published><updated>2017-07-17T13:05:00+02:00</updated><author><name>Altay</name></author><id>tag:blog.altay.fr,2017-07-17:/video-game-quizz-2017.html</id><summary type="html">&lt;p&gt;En me baladant sur Twitter il y a quelques temps, j'étais tombé sur un "30 day video game challenge" contenant 30 questions tournant autour du jeu vidéo auxquelles répondre au rythme de une par jour. Comme je suis incapable de tenir ce genre de rythme régulier, je me suis dit …&lt;/p&gt;</summary><content type="html">&lt;p&gt;En me baladant sur Twitter il y a quelques temps, j'étais tombé sur un "30 day video game challenge" contenant 30 questions tournant autour du jeu vidéo auxquelles répondre au rythme de une par jour. Comme je suis incapable de tenir ce genre de rythme régulier, je me suis dit que ce serait un billet de blog serait plus pertinent. Ci-dessous, une interview de moi à moi-même.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q1 : Premier jeu vidéo joué ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bugs Bunny Crazy Castle 3&lt;/strong&gt; sur Gameboy Color. Un jeu en 2D où Bugs doit se balader dans un niveau rempli d'ennemis à éviter, pour fouiller des salles et trouver la clé permettant de débloquer la sortie. Le principe est simple mais le jeu devient très vite difficile, j'ai mis des années à en voir le bout.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q2 : Personnage préféré ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bon, j'exclus d'emblée les personnages principaux des RPG dans lesquels le joueur dispose de la liberté de choisir, puisque chacun se fait sa propre expérience. Du coup, Kazuma Kiryu de &lt;strong&gt;Yakuza&lt;/strong&gt; sur Playstation 2. Dans l'idée c'est un bandit honorable dans la droite lignée des films de gangsters japonais, mais l'écriture du jeu est tellement intéressante et l'histoire si fondamentalement triste que c'est difficile de ne pas avoir une empathie énorme pour ce gros dur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les personnages secondaires, j'avoue être toujours aussi fan de l'inénarrable optimisme et rationalisme scientifique de Mordin Solus dans Mass Effect.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q3 : Un jeu sous-estimé ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alpha Protocol&lt;/strong&gt; d'Obsidian. Un RPG d'espion ! Un scénario bien ficelé, un système de combat très propre et un joli éventail de choix narratifs.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q4 : Un plaisir coupable vidéoludique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Eurotruck Simulator 2&lt;/strong&gt;, mais je n'en ai pas particulièrement honte. En revanche, &lt;strong&gt;Need for Speed Underground 2&lt;/strong&gt; et &lt;strong&gt;Need for Speed Carbon&lt;/strong&gt; sont mes petits plaisirs vraiment coupables. J'imagine que ça va de pair avec les Fast &amp;amp; Furious, qui sont mon plaisir coupable cinématographique.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q5 : Un personnage auquel tu penses le plus ressembler ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Difficile à dire, probablement un personnage d'arrière-plan que j'ai oublié depuis.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q6 : Le personnage le plus agaçant ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La taupe qui t'engueule quand tu as quitté sans sauvegarder dans &lt;strong&gt;Animal's Crossing&lt;/strong&gt;. Insupportable.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q7 : Couple de jeux vidéo préféré ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Tali Zorah et Garrus Vakarian dans &lt;strong&gt;Mass Effect 3&lt;/strong&gt;. Mille fois oui !&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q8 : Meilleure bande-son ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est un choix cornélien mais je dirais &lt;strong&gt;Fallout New Vegas&lt;/strong&gt;. Elle met immédiatement dans l'ambiance et quelle joie d'écouter les Ink Spot en traversant le Mojave.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q9 : Scène la plus triste ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La fin de &lt;strong&gt;The Walking Dead Season 1&lt;/strong&gt; de Telltale m'a mis les larmes aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q10 : Meilleur gameplay ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Braid&lt;/strong&gt; avait un game design vraiment hallucinant, je me souviens avoir été épaté par l'intelligence de certains mécanismes la première fois que j'y ai joué. L'intrication du gameplay et du propos de &lt;strong&gt;Papers, Please&lt;/strong&gt; est également un exemple époustouflant de game design.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q11 : Quel support de jeu ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;PC. Je ne joue quasiment plus sur console.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q12 : Un jeu auquel tout le monde devrait jouer ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le jeu que je conseille à tout le monde, c'est &lt;strong&gt;The Stanley Parable&lt;/strong&gt;. Peu de challenge ludique mais une narration super et un foisonnement d'idées sur le jeu vidéo, les histoires et l'ennui.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q13 : Un jeu auquel j'ai joué plus de 5 fois ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;The Elder Scrolls IV : Oblivion&lt;/strong&gt;. Tout confondu, c'est sûrement le jeu auquel j'ai le plus joué.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q14 : Dernier fond d'écran vidéoludique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Portal 2, mais sur un écran de verrouillage que je ne vois pratiquement jamais. J'ai des fonds d'écran très basiques maintenant.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q15 : Capture d'écran du dernier jeu auquel j'ai joué ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;img alt="Capture d'écran de Ducktales Remastered" src="images/ducktales.jpg"&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q16 : Jeu avec les meilleures cinématiques ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suis plus vraiment fan des cinématiques. Je crois que celles de &lt;strong&gt;Final Fantasy VIII&lt;/strong&gt; sont celles qui m'ont le plus marqué.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q17 : Antagoniste préféré ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;J'adore détester les dirigeants des autres factions dans les Civilization.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q18 : Protagoniste préféré ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le personnage du joueur dans &lt;strong&gt;Saints Row&lt;/strong&gt;, notamment le 3 et le 4.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q19:  Un univers de jeu dans lequel j'aimerais vivre ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Rayman, peut-être ? Ou Ducktales à nouveau ? Honnêtement, je suis bien où je suis.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q20 : Genre préféré&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les RPG.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q21 : Jeu avec la meilleure histoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La saga &lt;strong&gt;The Walking Dead&lt;/strong&gt; de Telltale est clairement le jeu qui m'a le plus scotché à mon siège. C'est prenant à un niveau viscéral.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q22 : Une séquelle qui m'a déçu ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Hotline Miami 2. Je ne comprends toujours pas comment ils ont pu perdre autant le feeling du premier.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q23 : Jeu avec les meilleurs graphismes ou le meilleur style graphique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;La direction artistique de &lt;strong&gt;Papers, Please&lt;/strong&gt; avec son minimalisme soviétique est superbe.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q24 : Jeu "classique" préféré ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Je suppose que par classique on entend "avant les années 2000". Je dirais &lt;strong&gt;Lands of Lore&lt;/strong&gt;, du coup, vu qu'il est chargé de nostalgie. J'avais le jeu sur disquette sur le Windows 3.1 de mes parents !&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q25 : Un jeu auquel je prévoie de jouer ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Divinity : Original Sin&lt;/strong&gt;. J'ai entendu tellement de bien du titre de Larian Games que je ne peux pas passer à côté.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q26 : Le meilleur doublage ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les doubleurs de Shepard (et surtout la voix féminine) dans &lt;strong&gt;Mass Effect&lt;/strong&gt; sont inégalés à mes oreilles à ce jour.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q27 : Scène de jeu la plus épique ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les combats désespérés dans &lt;strong&gt;Mount &amp;amp; Blade: Warband&lt;/strong&gt;. En soi, il n'y a rien d'épique là-dedans, mais les enjeux qu'on se créé dans une partie rendent certaines batailles particulièrement intenses.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q28 : Développeurs préférés ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Bioware, avec Obsidian sur les talons.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q29 : Un jeu auquel je ne pensais pas accrocher, mais que j'ai fini par adorer ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;S.T.A.L.K.E.R&lt;/strong&gt;. On m'a vendu un jeu rude et difficile, mais j'ai persévéré un peu et j'ai adoré ce que j'ai trouvé. En termes d'ambiance et d'immersion, je n'ai rien trouvé qui s'en rapproche.&lt;/p&gt;
&lt;h3&gt;Q30 : Jeu préféré de tous les temps ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mass Effect&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Mass Effect&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Mass Effect&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Mass Effect&lt;/strong&gt;. &lt;strong&gt;Mass Effect&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;</content><category term="Jeux vidéo"></category><category term="jeux vidéo"></category><category term="quizz"></category></entry></feed>